Elections 2008 - Le Canada doit renégocier l'ALENA maintenant !



    La politique canadienne de libre-échange remise en question

    MONTREAL et OTTAWA, le 2 oct. /CNW Telbec/ - Alors que l'Accord
nord-américain de libre-échange (ALENA) est à nouveau un enjeu de la campagne
électorale aux Etats-Unis, le gouvernement Harper s'est empressé de vanter les
mérites de l'accord dans une tentative évidente d'éviter de le renégocier.
Nous, organisations de la société civile du Québec et du Canada, disons : pas
si vite !
    Pour le Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC) et Common
Frontiers-Canada, l'idée de rouvrir l'ALENA ne doit pas être écartée aussi
facilement par nos dirigeants politiques. L'accord non seulement comporte des
problèmes fondamentaux qu'il est urgent de corriger, mais ses aspects les plus
litigieux ont été repris comme modèle dans tous les autres traités de
"libre"-échange que le Canada a négociés depuis.
    D'abord, la place prépondérante du secteur privé dans les négociations et
dans la définition des objectifs des accords est inacceptable : seules les
grandes entreprises ont l'écoute des gouvernements, tandis que tous les autres
secteurs de la société et même les membres élus du Parlement sont exclus. Non
content des privilèges que l'ALENA accorde aux grandes entreprises, le secteur
privé a saisi l'opportunité des événements du 11 septembre 2001 pour demander
l'approfondissement de l'ALENA tout en sommant le Canada et le Mexique
d'endosser l'ordre du jour des Etats-Unis en matière de sécurité.
    Faisant leur l'agenda des corporations, les chefs d'Etat du Canada, du
Mexique et des Etats-Unis se sont réunis au ranch de Bush en mars 2005 pour
annoncer le lancement du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la
prospérité (PSP). Depuis, le PSP a porté la domination des grandes entreprises
à son paroxysme en instituant en 2006 le Conseil nord-américain de la
compétitivité (CNAC), composé de trente PDG qui dirigent les plus grandes
corporations des trois pays. Les ministres responsables du PSP leur ont même
ouvertement signifié : "Dites-nous ce que nous devons faire et nous ferons en
sorte que ça se produise". Est-ce normal que seuls les Paul Desmarais et
Thomas d'Aquino de ce monde aient leur mot à dire quant à l'avenir de
l'Amérique du Nord?
    Une autre mesure inacceptable aux yeux de l'opinion publique est le
"droit" qui est octroyé aux entreprises de poursuivre des gouvernements
lorsque ceux-ci adoptent des politiques publiques que les entreprises jugent
nuisibles à leurs investissements. L'infâme chapitre 11 de l'ALENA rend les
gouvernements frileux d'élargir leur sphère d'intervention publique, de peur
d'être l'objet de poursuites par les investisseurs étrangers. Le recours
investisseur/Etat peut être engagé pour de multiples raisons : parce qu'un
investisseur étranger n'a pas reçu le même traitement qu'un investisseur
national, parce qu'un gouvernement pose comme condition à l'investissement que
celui-ci ait des retombées dans l'économie locale en utilisant les produits et
services locaux, parce qu'un gouvernement empêche un investissement étranger
qui pourrait nuire à la santé de la population, ou parce qu'un investisseur
étranger considère qu'il n'a pas été traité de manière juste et équitable par
un gouvernement. Tous ces droits des investisseurs constituent autant de
contraintes à toute stratégie de développement national ou régional qu'un
gouvernement peut souhaiter adopter. Nous exigeons donc le retrait du chapitre
11 au moment de renégocier l'ALENA parce qu'il constitue ni plus ni moins
qu'une charte de protection des droits des investisseurs par laquelle les pays
signataires se trouvent à transférer des éléments de leur souveraineté à des
intérêts privés.
    Un autre aspect de l'ALENA à revoir, particulièrement en cette période
d'instabilité des cours du pétrole, est la clause de proportionnalité figurant
au chapitre 6 de l'ALENA car elle représente une menace pour l'avenir de notre
sécurité énergétique. Le Mexique s'est d'ailleurs soustrait à cette clause
lors des négociations de l'ALENA. Dans leur récente étude "Sortir du baril : A
bas la clause de proportionnalité de l'ALENA", Gordon Laxer et John Dillon
démontrent la façon dont l'ALENA empêche les Canadiens d'exercer leur
souveraineté sur leurs propres ressources énergétiques. Loin d'être une
"superpuissance énergétique" comme l'affirme le premier ministre Harper, le
Canada est présentement une colonie énergétique qui sert l'appétit vorace des
Etats-Unis en hydrocarbures non renouvelables aux dépens de ses propres
besoins.
    Enfin, avec l'ALENA, nos gouvernements privilégient la protection des
droits des investisseurs avant toute autre considération, à un point tel que
toutes les négociations commerciales ultérieures ont suivi la même recette.
Par exemple, malgré que le Comité permanent du commerce international du
Parlement ait recommandé la suspension des négociations bilatérales avec la
Colombie compte tenu des violations des droits humains qui y sont perpétrées,
dont l'assassinat systématique de dizaines de syndicalistes chaque année, le
gouvernement canadien a récemment annoncé la conclusion des négociations d'un
accord de libre-échange avec la Colombie, et sa probable ratification avant la
fin de 2008. Nous exigeons qu'à l'avenir, la primauté des droits humains,
sociaux, économiques et culturels, soit garantie dans l'établissement de
nouvelles règles financières et commerciales entre les pays.
    Lors des présentes élections fédérales, il est plus que temps que les
candidats placent l'ALENA et l'ensemble de la politique commerciale canadienne
au coeur des débats, car le modèle du libre-échange a fait du Canada un pays
de moins en moins équitable.

    Le RQIC et Common Frontiers-Canada envoient un signal clair : l'avenir du
développement de nos sociétés ne peut être confié au libre jeu des forces du
marché! Le prochain gouvernement du Canada doit engager un débat de fond sur
la création d'un modèle alternatif d'intégration, qui favorise la répartition
équitable de la richesse et garantisse la préséance des droits économiques,
sociaux, culturels et environnementaux des populations, par-delà les ambitions
des corporations transnationales et leur recherche du profit à tout prix.




Renseignements :

Renseignements: RQIC: Pierre-Yves Serinet, (514) 276-1075,
rqic@ciso.qc.ca; Common Frontiers: Rick Arnold, (905) 352-2430,
comfront@web.ca

Profil de l'entreprise

RESEAU QUEBECOIS SUR L'INTEGRATION CONTINENTALE

Renseignements sur cet organisme

ELECTIONS FEDERALES 2008

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.