Droit à l'égalité entre les hommes et les femmes et liberté religieuse - TROIS VALEURS FONDAMENTALES DE LA SOCIETE QUEBECOISE



    MONTREAL, le 27 sept. /CNW Telbec/ - L'avis du Conseil du statut de la
femme sur l'égalité entre les femmes et les hommes et la liberté de religion
identifie trois valeurs fondamentales de la société québécoise. Ces valeurs
ont été réitérées par le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest,
lors de la création de la Commission de consultation sur les pratiques
d'accommodements reliées aux différences culturelles, la commission
Bouchard-Taylor :

    
        1.  la séparation de l'Etat et de la religion;
        2.  la primauté du fait français;
        3.  l'égalité entre les femmes et les hommes.
    

    1- La séparation de l'Etat et de la religion

    Dans l'histoire des institutions québécoises, il n'existe aucune
tradition juridique de laicité. Le droit canadien et québécois ignore ce
concept. En revanche, en 2008, le Québec aura terminé le processus de
séparation des pouvoirs religieux et politique, que l'on nomme laicisation,
par la déconfessionnalisation complète de son système d'éducation. Il existe
donc au Québec une laicité de fait. Ponctuellement, le gouvernement réaffirme
cette laicité, comme il l'a fait en décembre 2006 lors de l'adoption de la
politique gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes, Pour
que l'égalité de droit devienne une égalité de fait.

    La marche vers la laicisation

    L'histoire du Québec témoigne du contrôle que l'Eglise a exercé sur toute
la vie sociale des femmes et des hommes du Canada français de l'époque.
L'Eglise catholique a été la représentante du peuple canadien-français, et
l'identité de celui-ci se construisait avant tout et obligatoirement par son
appartenance à l'Eglise catholique. Bien que le Québec n'ait jamais eu
officiellement de religion d'Etat et que la liberté de religion ait été
reconnue dans la Proclamation royale de 1763, il n'en demeure pas moins que
l'Eglise a contrôlé des pans entiers des institutions civiles et de la société
canadienne-française depuis le temps qui a précédé la naissance d'un
gouvernement responsable et jusque dans les années 1960. Au cours de cette
longue période, la présence de l'Eglise a nettement marqué la gestion des
systèmes d'éducation et de santé, en plus d'exercer une influence notoire sur
les orientations du gouvernement, notamment celui de Maurice Duplessis. La
laicisation de l'Etat s'est déroulée bien prudemment jusqu'à la Révolution
tranquille.
    Aujourd'hui, au Québec, comme dans beaucoup de sociétés occidentales, la
religion n'est plus présente dans l'espace public. Cette conquête de la
neutralité de l'Etat et de la séparation des pouvoirs a aussi favorisé la
liberté de religion pour tous les croyants et les croyantes de différentes
confessions.
    Cette rétrospective illustre la place occupée par l'Eglise catholique
dans les institutions publiques, dans la réglementation des relations
sociales, dans la sphère politique et dans la gestion des affaires publiques
du Québec. Elle démontre aussi la longue marche du Québec vers la laicité.
L'omnipotence de l'Eglise dans la société québécoise explique, pour plusieurs,
le retard de notre collectivité à accéder à la modernité, porteuse de laicité,
du respect des libertés individuelles et de la promotion de l'égalité entre
les femmes et les hommes. Cette laicité nouvellement affirmée comme valeur
commune du peuple québécois prend tout son sens à la lumière de notre
histoire. La neutralité de l'Etat - la séparation des pouvoirs civil et
religieux - est la meilleure garantie du respect de la liberté de religion,
qui inclut aussi le droit de ne pas être forcé d'adhérer à une croyance.

    2- La primauté du fait français

    Le Québec étant le seul territoire en Amérique du Nord sur lequel on
retrouve une communauté francophone majoritaire, il va de soi que la langue
française a depuis longtemps représenté le trait distinctif de l'identité
québécoise. Aujourd'hui, la primauté du fait français est bien ancrée au
Québec et le constat que ce soit une valeur commune et un marqueur de notre
identité n'est plus sérieusement contesté.
    Cette prééminence est matérialisée principalement dans la Charte de la
langue française qui, depuis trente ans maintenant, protège la langue
française, en fait la langue de l'éducation, de l'Administration et de
l'affichage commercial, et s'applique à créer des outils pour éliminer les
anglicismes et les impropriétés. La Charte a été contestée à de nombreuses
reprises devant les tribunaux, au nom des droits individuels. L'invalidation
de certaines de ses dispositions a fourni l'occasion aux pouvoirs exécutif et
législatif de réaffirmer l'importance accordée à la primauté du fait français
par rapport aux libertés et aux droits individuels.

    L'interculturalisme, conséquence du fait français

    L'importance que revêtent nos valeurs collectives quant à notre identité,
tout particulièrement le fait français, a guidé la préférence du Québec pour
l'interculturalisme comme modèle d'intégration des immigrantes et des
immigrants. Cette politique est propre au Québec et se distingue de la
politique canadienne du multiculturalisme. Elle découle de la volonté commune
de protéger la culture québécoise ainsi que les valeurs de neutralité
religieuse de nos institutions et d'égalité entre les femmes et les hommes.
    Globalement, l'interculturalisme propose d'intégrer les personnes
immigrantes à la société québécoise autour du pôle de la langue française,
tout en affichant l'ouverture des Québécoises et des Québécois à l'apport des
cultures étrangères dans la définition de leur identité collective.
L'originalité du modèle québécois tient entre autres au rôle de l'Etat qui
préserve positivement le bien commun et l'intérêt général.

    3- L'égalité entre les femmes et les hommes

    Le Québec d'aujourd'hui est certainement très avancé dans la
concrétisation de l'égalité entre les femmes et les hommes. Toutefois, la
reconnaissance de la femme et sa participation dans la sphère publique comme
être individuel à part entière ayant la capacité juridique sont relativement
récentes au Québec.

    Le droit de vote des femmes

    La lutte pour l'obtention du droit de vote des femmes aux élections
provinciales illustre la longue marche des femmes vers l'égalité. En effet,
cette quête du droit de vote est sans doute l'exemple le plus probant de la
lutte pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Ce n'est qu'en 1940 que
les femmes du Québec obtiennent le droit de vote, alors que ce même droit leur
avait été octroyé pour les élections fédérales en 1918.

    Un Québec engagé à assurer l'égalité entre les sexes

    Aujourd'hui, au Québec et ailleurs dans le monde, le caractère
inaliénable de l'égalité entre les sexes tient au fait qu'elle est le produit
de luttes historiques en faveur des droits des femmes auxquelles les femmes et
beaucoup d'hommes de tous les milieux ont participé. Pour témoigner de
l'importance accordée à cette valeur, notons que depuis plus de vingt ans, le
Québec est lié par plusieurs conventions internationales, dont la Convention
sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
L'égalité entre les femmes et les hommes est aussi un droit garanti par la
Charte des droits et libertés de la personne, qui a une valeur
supralégislative, de même que par la Charte canadienne des droits et libertés,
enchâssée dans la Constitution canadienne.
    De plus, à la suite de la dernière élection provinciale tenue en mars
2007, le Québec, pour la première fois, est gouverné par un Conseil des
ministres composé également de femmes et d'hommes.
    -%SU: SOC,LAW
    -%RE: 1




Renseignements :

Renseignements: Benoit L'Allier, Directeur des communications, Conseil
du statut de la femme, (418) 643-4326, poste 236, Cell.: (418) 473-4035


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.