Droit à l'avortement: décriminalisé depuis 20 ans, mais toujours fragile



    MONTREAL, le 28 janv. /CNW Telbec/ - La Fédération du Québec pour le
planning des naissances (FQPN) souligne aujourd'hui le 20e anniversaire de la
décriminalisation de l'avortement au Canada, survenue à la suite du jugement
de la Cour suprême dans l'affaire Morgentaler, le 28 janvier 1988. "Nous
réaffirmons aujourd'hui l'importance pour les femmes d'avoir la liberté de
choisir, de décider d'avoir ou non des enfants, du nombre et du moment. Fruit
d'une longue lutte collective, cette victoire a été majeure pour les femmes
sur le plan juridique, politique et sociosanitaire", a déclaré Monika Dunn,
coordonatrice de la FQPN. "Le droit à l'avortement représente une condition
essentielle au droit à la sécurité, à la santé, à l'autonomie et à l'égalité",
a renchéri Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec
(FFQ).

    L'avortement, un droit fragile

    Depuis le jugement du 28 janvier 1988, de multiples projets de loi ont
été déposés afin de fragiliser ce droit des femmes et de le remettre en
question. La montée de la droite et l'arrivée du gouvernement conservateur au
pouvoir ont accentué les pressions : trois projets de loi ont été déposés à la
Chambre des communes, depuis mai 2006, dont l'un est présentement à l'étude.
Il est donc faux de croire que le droit à l'avortement est un acquis
inattaquable.
    En plus des projets de lois, de nouveaux discours tentent aussi de
remettre en cause ce droit. Certains affirment que le nombre d'avortements est
"trop élevé" et tentent d'établir ainsi un lien obscur entre leur nombre et le
phénomène sociodémographique de la dénatalité. "Ce type de discours insidieux
vise à nourrir l'idée selon laquelle la responsabilité de la reproduction de
l'espèce humaine relèverait "naturellement" des femmes et non de la société
dans son ensemble", a dit Monika Dunn. La participation massive des femmes au
marché du travail, l'instabilité des couples, la croissance de l'emploi
précaire et l'insécurité financière des femmes (qui sont toujours les plus
pauvres de notre société) sont autant de facteurs sociaux qui influencent
clairement le choix et le moment d'avoir des enfants.
    De plus, l'adoption de lois qui visent à restreindre l'accès à
l'avortement n'a jamais provoqué une diminution de leur nombre, ici ou
ailleurs. Bien au contraire! Les études démontrent que ce sont dans les pays
restrictifs que le taux d'avortement est particulièrement élevé. Dans ces pays
punitifs, nombreuses sont les femmes qui décèdent à la suite d'avortements
clandestins ou qui en gardent des séquelles physiques importantes. Il est
préférable d'agir sur la prévention des grossesses non désirées que sur les
modalités de sanctions pénales. D'ailleurs, la FQPN déplore le manque actuel
de services, à l'échelle du Québec, en matière d'éducation sexuelle, de
contraception et de planning des naissances.

    L'avortement, une question d'accessibilité

    "L'exercice du libre choix des femmes ne peut se réaliser sans services
d'avortement universels, gratuits et de qualité, et ce, dans toutes les
régions du Québec", a souligné Johanne B. de Passillé, du Centre de santé des
femmes de Montréal. Bien qu'il y ait matière à se réjouir du fait que, depuis
le 14 janvier dernier, tous les avortements sont maintenant couverts par la
Régie de l'assurance-maladie du Québec, qu'ils soient pratiqués en cliniques
publiques ou privées, des obstacles demeurent : délais d'attente qui peuvent
parfois aller jusqu'à cinq semaines, distance fastidieuse à parcourir pour se
rendre au seul point de service régional, pratique répandue de la prise de
rendez-vous par répondeur. La question de la relève médicale est aussi un
facteur préoccupant. A l'heure actuelle, il y aurait environ cinquante
médecins qui pratiquent des avortements au Québec et la formation n'est
toujours pas offerte dans le cursus scolaire. La pénurie de médecins et
d'infirmières formés pour poser ces gestes médicaux affecte grandement l'offre
de services et, par conséquent, leur accessibilité. Le service peut donc être
interrompu (particulièrement en période de vacances) par manque de personnel
qualifié pour assurer son fonctionnement.

    Activités pancanadiennes

    Pour souligner le 20e anniversaire de la décriminalisation du droit à
l'avortement, une campagne de sensibilisation auprès de la population a été
lancée, aujourd'hui. Des activités auront lieu au cours de l'année partout au
Canada. Pour plus d'information, visitez le www.prochoixpourlavie.com .

    La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) est un
organisme communautaire constitué de groupes de femmes et de personnes
préoccupées par la santé reproductive et sexuelle. Sa mission est d'informer
et d'encourager la réflexion critique, de défendre les droits des femmes, et
de promouvoir le libre choix face à la maternité, ceci en vue d'une meilleure
qualité de vie.




Renseignements :

Renseignements: Stéfany Ranger ou Linda Lévesque, LCOM Communication,
(514) 393-3178, 1-877-393-3178; cellulaire (514) 242-8909; Source: Fédération
du Québec pour le planning des naissances (FQPN), www.fqpn.qc.ca

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