Donner un nouvel élan à la francisation des entreprises - Le gouvernement invite les gens d'affaires et les partenaires socioéconomiques de Montréal à un rendez-vous pour consolider le visage français de la métropole



    MONTREAL, le 19 juin /CNW Telbec/ - La ministre de la Culture, des
Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre, a annoncé
aujourd'hui qu'elle convie les gens d'affaires et les partenaires
socioéconomiques montréalais à un rendez-vous pour renforcer l'usage du
français dans les milieux de travail ainsi que dans la langue de service et
d'affichage à Montréal. Le comité organisateur du "Rendez-vous des gens
d'affaires" est coprésidé par Mme Christine St-Pierre, ministre de la Culture,
des Communications et de la Condition féminine, et par M. Raymond Bachand,
ministre du Développement économique et de l'Exportation, responsable de la
région de Montréal. En conviant les entreprises à ce rendez-vous, les deux
ministres souhaitent établir des partenariats entre l'Etat, les entreprises et
les organisations syndicales pour consolider le visage français de la
métropole.
    Le "Rendez-vous des gens d'affaires" sera présidé au mois d'octobre
prochain, à Montréal, par le premier ministre, M. Jean Charest. Ce rendez-vous
constitue la première étape d'une démarche du gouvernement en vue d'assurer la
pérennité de la langue française dans l'ensemble de la vie économique de
Montréal.
    "Notre objectif est de mobiliser les responsables et les employés des
entreprises autour d'une volonté réaffirmée de privilégier l'utilisation du
français dans les commerces et dans les milieux de travail. Il s'agira d'un
exercice de concertation autour d'engagements concrets en faveur de
l'utilisation du français comme langue de travail, langue de service, langue
d'accueil et langue d'affichage", a déclaré Mme St-Pierre.
    "J'invite personnellement les associations, les regroupements et les gens
d'affaires qui représentent les entreprises de moins de 50 employés, ainsi que
les centrales syndicales à travailler avec nous. Ce sera une formidable
occasion d'asseoir autour de la même table les représentants d'une multitude
de secteurs d'affaires et les représentants des centrales syndicales pour leur
permettre d'établir de nouveaux partenariats avec l'Etat", a déclaré le
ministre Bachand.

    L'engagement du milieu des affaires

    Le milieu des affaires et les différents partenaires socioéconomiques du
Québec sont partie prenante de ce rendez-vous. Mme Isabelle Hudon, présidente
et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, a
accepté de présider le comité des gens d'affaires et des partenaires
socioéconomiques du "Rendez-vous des gens d'affaires" en plus de coprésider
avec le premier ministre du Québec la tenue de l'événement en octobre.
    "Les membres de la communauté des affaires, anglophones, allophones et
francophones, ont l'objectif ultime de réussir et de faire rouler l'économie.
Les dirigeants d'entreprise désirent répondre aux exigences de leur clientèle,
et cela, entre autres, dans leur langue d'usage. Pour la très grande majorité
d'entre eux, le français, c'est bon pour les affaires. Il n'y a pas de
meilleur argument pour les convaincre d'y prêter attention", a déclaré
Isabelle Hudon.

    Concertation du gouvernement du Québec en faveur du renforcement de la
    place du français à Montréal

    Un comité interministériel, dont le mandat consiste à explorer les voies
de solution pouvant contribuer à améliorer la francisation dans cette
catégorie d'entreprises, a été formé. Les deux ministres coprésidents de ce
comité ministériel ont obtenu l'entière collaboration de leurs collègues.
    Le "Rendez-vous des gens d'affaires" s'inscrit dans la série des mesures
destinées à renforcer la francisation des entreprises québécoises lancées par
la ministre St-Pierre au printemps dernier. Dans un premier temps, un budget
d'un million de dollars est prévu pour que, à la suite du "Rendez-vous", de
nouvelles mesures de soutien aux entreprises puissent être développées, en
fonction des besoins qu'elles auront exprimés.


    
                   Allocution de la ministre de la Culture,
               des Communications et de la Condition féminine,
                         madame Christine St-Pierre
         A l'occasion de l'annonce du Rendez-vous des gens d'affaires
                          Montréal, le 19 juin 2008
                             Le texte lu fait foi
    -------------------------------------------------------------------------

    La langue française est toujours vivante en Amérique du Nord, grâce
notamment au Québec, qui la garde vivante au prix d'efforts constants. Des
efforts qui trouvent leur motivation dans l'identité de la nation et dans la
définition même de notre société. Mais le Québec ne vit pas dans une bulle et
notre langue subit les pressions de forces importantes, tels l'environnement
linguistique nord-américain ainsi que la mondialisation de l'économie
favorable à l'anglais.
    Cela pose des défis partout, même en France, qui n'échappe pas à cette
pression. Mais là s'arrête la comparaison avec la France parce que l'histoire
linguistique du Québec est bien différente, l'espace public québécois n'a pas
toujours été français.
    Il faut reconnaître que la situation a évolué de manière significative
depuis 1960 et encore davantage depuis l'adoption de la loi 22 faisant de la
langue française la langue officielle du Québec et depuis l'adoption de la
Charte de la langue française. La Charte de la langue française a été conçue
pour accroître l'usage du français notamment par les travailleurs à
l'intérieur des entreprises; pour améliorer le visage français de l'affichage
public et de la publicité commerciale; pour améliorer aussi l'offre, aux
consommateurs, de services en français; et, enfin, pour favoriser
l'intégration des jeunes immigrants à l'école française. En d'autres mots, la
Charte de la langue française allait permettre aux Québécois de vivre en
français. Sur tous ces plans, la Charte a permis au français de progresser.
    Si les progrès sont indéniables, ils ne doivent pas nous empêcher de voir
les défis qui sont les nôtres pour assurer la pérennité du français.
L'Assemblée nationale, dans son ensemble, tous partis confondus, a pris le
parti de protéger et de défendre le français en tant que langue officielle du
Québec.
    Je ne crois pas qu'il y ait une crise linguistique au Québec et ce n'est
pas rendre service à la langue française de vouloir en créer une en exacerbant
les tensions et les craintes.
    Il n'y a pas de crise, mais il y a des défis. Il y en aura toujours, ...
dans 20 ans, 50 ans, 100 ans, le Québec devra encore relever les défis de la
protection et de la promotion du français. Mais je fais partie de ceux et
celles qui pensent que dans 20, 50, 100 ans le Québec sera toujours français,
indépendamment des pressions externes. Pourquoi?
    Parce que cette langue est aussi importante pour nous que le sang qui
coule dans nos veines. Les années qui passent viendront confirmer à nouveau
que la langue française est un atout de notre développement, de notre
créativité et qu'elle exprime une manière d'être. Que c'est une langue qui
fait avancer le Québec, car elle est le socle commun de notre société.
    Dans cet esprit, le gouvernement pose des gestes concrets au soutien de la
protection et de la promotion de la langue française par la réalisation d'une
action gouvernementale cohérente et pertinente. Une action qui mobilisera
plusieurs ministères notamment celui de l'éducation, de l'immigration, du
développement économique, de l'emploi, et celui que je dirige.
    Aujourd'hui, j'annonce officiellement la tenue d'un événement qui vise la
communauté économique, plus particulièrement les entreprises de 49 employés et
moins qui ne sont pas soumises aux mêmes exigences que celles de 50 employés
et plus. Cette action en faveur de la francisation s'échelonnera sur cinq ans
dans un premier temps et pourra, le cas échéant, continuer au delà de cette
période.
    Il est assez évident que nous nous intéresserons d'abord à Montréal qui
est et sera au coeur du chantier linguistique de la francisation au cours
des prochaines années. Lors du sommet Montréal, métropole culturelle, j'ai
affirmé que non seulement cette métropole parlera français, mais qu'elle
protégera aussi son visage français.
    C'est à Montréal que s'installent principalement les nouveaux arrivants,
c'est à Montréal que se vit plus qu'ailleurs la pression sur la langue
française, sur le plan des services comme sur le plan de l'affichage. Il y a
lieu de demeurer vigilant. Il y a lieu de prendre des moyens nouveaux pour
assurer la pérennité du caractère français de notre métropole. Evidemment, la
situation ne ressemble en rien à ce qu'elle était il y a 40 ans. Mais il y a
lieu d'agir avec pertinence et cohérence pour maintenir les gains et
enregistrer d'autres progrès. Nous devons travailler tous ensemble pour éviter
un glissement qui viendrait amoindrir le caractère francophone de l'identité
montréalaise et québécoise. La démarche de sensibilisation que nous
entreprenons sera donc centrée sur cette cible principale, sans pour autant
faire abstraction de l'ensemble des entreprises ailleurs au Québec.
    Nous tiendrons donc l'automne prochain, le Rendez-vous des gens d'affaires
et des partenaires socioéconomiques pour sensibiliser et mobiliser la
communauté économique autour d'un plan d'action de francisation et de respect
de la langue officielle du Québec. Ce rendez-vous sera présidé par le premier
ministre lui-même, M. Jean Charest.
    Il est important de noter que ce sera la première fois que le milieu des
entreprises de moins de 50 employés s'assoira avec le gouvernement pour
examiner la situation, explorer les solutions et prendre les moyens
nécessaires pour atteindre les résultats que nous visons.
    Ce rendez-vous fera appel à la participation d'organismes et
d'associations représentant l'ensemble de la communauté économique et des
partenaires socioéconomiques dont les syndicats.
    Ce rendez vous réunira l'équipe gouvernementale et des représentants du
milieu des affaires pour élaborer et adopter un plan d'action et prendre un
engagement clair en faveur de la langue française, dans les commerces, les
industries et les entreprises de services de moins de 50 employés.
    Pour la préparation de ce rendez-vous comme pour le suivi qui sera
nécessaire, une équipe ministérielle et une équipe de gens d'affaires
conjugueront leurs efforts.
    Je coprésiderai le comité d'orientation et de réalisation de l'équipe
ministérielle avec mon collègue Raymond Bachand, ministre du Développement
économique, de l'Innovation et de l'Exportation, et ministre responsable de la
région de Montréal.
    L'équipe comprendra en plus les ministres Michelle Courchesne (ministre de
l'Education, du Loisir et du Sport, ministre de la Famille), Yolande James
(ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles), Sam Hamad
(ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale), David Whissel (ministre du
Travail), Jean-Marc Fournier (ministre du Revenu) et Monique Jérôme-Forget
(ministre des Finances, des Services gouvernementaux et présidente du Conseil
du trésor). Bref, les ministres concernés par cette problématique
participeront à cette démarche gouvernementale.
    L'équipe de la communauté économique sera présidée par Mme Isabelle Hudon,
présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain.
    Je la remercie d'accepter ce défi et de contribuer à cet important
chantier. Et je la remercie d'être parmi nous aujourd'hui pour cette annonce.
    Elle sera secondée dans ce travail par les représentants de plusieurs
organismes économiques et socioéconomiques. Cette équipe sera responsable de
l'organisation du rendez-vous, de la préparation du plan d'action et de la
validation des moyens mis en place pour atteindre les objectifs.
    Ces deux groupes de travail, du côté gouvernemental comme du côté des
entreprises, devront réaliser au cours des prochains mois un travail important
avec un mandat à la fois exigeant et stimulant ayant pour objectif de :

    1. Présenter la réalité linguistique dans les entreprises de 49 employés
       ou moins, dresser un portrait de la francisation dans les entreprises,
       mesurer les potentiels et les obstacles pour les entreprises. Bref,
       procéder à l'analyse de la réalité des entreprises et des enjeux liés
       au marché, à la clientèle, au recrutement, etc.

    2. Présenter un état de la situation de l'affichage et de la langue de
       service dans le centre-ville de Montréal.

    3. Informer les gens d'affaires des outils et des programmes mis à leur
       disposition pour soutenir les efforts de francisation des entreprises
       de 49 employés ou moins. Créer une offre unique et intégrée des
       services de soutien à la francisation et explorer de nouvelles pistes
       pour bonifier cette offre de service.

    4. Et, bien sûr, susciter l'adhésion et l'engagement des entreprises dans
       la démarche de mise en valeur de la langue officielle du Québec. Et
       adopter une démarche consensuelle de sensibilisation des chefs
       d'entreprise et des employés dans l'application de la Chartre de la
       langue française et dans le respect de ses principes.

    5. Elaborer un plan d'action sur cinq ans afin de soutenir la
       francisation là où cela est nécessaire. Ce plan d'action devra prévoir
       un bilan des progrès accomplis.

    Je suis confiante que nous saurons atteindre nos buts qui sont :

    1) Le respect et une meilleure compréhension de la Chartre de la langue
       française dans les entreprises de moins de 50 employés.

    2) La protection du visage français de Montréal comme métropole
       culturelle du Québec, notamment dans l'affichage et dans les services.

    3) Une francisation plus efficace des nouveaux arrivants en milieu de
       travail.
    

    Cela dit, je suis convaincue que la Charte de la langue française demeure
un outil de premier plan et un cadre de référence essentiel pour l'avenir de
la langue française au Québec et que nous devons nous mobiliser autour de la
nécessité de placer la langue au coeur de notre action.
    La langue n'est pas seulement une affaire de Charte et de loi, c'est
aussi une responsabilité citoyenne qui engage chacun de nous dans l'adhésion
indéfectible à cette valeur identitaire de la société québécoise.
    Sans une mobilisation et un engagement de chacun et de chacune d'entre
nous comme citoyen, la pérennité du fait français risquerait d'être vouée à
l'échec. La vitalité d'une langue tient à la volonté de ses locuteurs. Une
volonté soutenue par un sentiment de fierté. Fierté de parler une langue
partagée par quelque 200 millions de locuteurs dans le monde. Fierté de
maîtriser une langue qui sait traduire nos sentiments, nos pensées, notre
savoir.
    C'est pour ces raisons que le plan du gouvernement prévoit des actions de
mise en valeur de la langue française auprès des citoyens du Québec et qu'il
entend incarner sa démarche par des actions vigoureuses et novatrices comme
celle que nous annonçons aujourd'hui.
    Encore une fois, je remercie Mme Isabelle Hudon pour sa participation et
son engagement à la réussite de cette démarche, de même que je remercie mes
collègues du conseil des ministres qui sont engagés dans une action
gouvernementale globale, pertinente et cohérente.
    Je remercie les membres de la communauté économique et socioéconomique
qui feront de ce rendez-vous un étape majeure de la promotion et de la
protection de la langue française au Québec, et notamment à Montréal,
métropole culturelle et sociale du Québec.
    Merci.
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    -%RE: 40

    
    /AVIS AUX RESPONSABLES DE LA SECTION PHOTOGRAPHIQUE : Une photo
    accompagnant ce communiqué est disponible dans l'Archive photographique
    CNW et archivée à l'adresse http://photos.newswire.ca. Des images
    archivées sont aussi disponibles sur le site Web de l'Archive
    photographique CNW, à l'adresse http://photos.newswire.ca. Ces images
    sont gratuites pour les représentants accrédités des médias/
    





Renseignements :

Renseignements: Valérie Rodrigue, Attachée de presse, Cabinet de la
ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, (418)
380-2310; Manuela Goya, Attachée de presse, Cabinet du ministre du
Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, (418) 691-5650

Profil de l'entreprise

CABINET DE LA MINISTRE DE LA CULTURE, DES COMMUNICATIONS ET DE LA CONDITION FEMININE

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