Dix-huit ans plus tard et pas de changement - La pauvreté des enfants est au même niveau qu'en 1989, selon un nouveau rapport



    TORONTO, le 26 nov. /CNW Telbec/ - Dix-huit ans après la résolution
adoptée à l'unanimité par la Chambre des communes en 1989 d'éradiquer la
pauvreté des enfants au Canada, le taux de pauvreté infantile est exactement
le même, selon un nouveau rapport de Campagne 2000. En dépit d'une économie
croissante, de l'appréciation de notre dollar et d'un faible taux de chômage,
les données de Statistique Canada révèlent que le taux de pauvreté infantile
(revenu après impôt) est à 11,7 p. cent, exactement ce qu'il était lorsque
tous les partis fédéraux ont convenu que des mesures urgentes s'imposaient.
    Le Rapport 2007 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada
montre que 788 000 enfants vivent dans la pauvreté au Canada. Fait troublant,
41 p. cent des enfants défavorisés vivent dans une famille dont au moins un
parent travaille à temps plein toute l'année sans toutefois gagner
suffisamment pour sortir sa famille de la pauvreté. Aussi, le risque de vivre
dans la pauvreté n'est pas le même pour tous les enfants. La pauvreté frappe
beaucoup plus souvent les enfants de communautés racialisées, des Premières
Nations ou d'immigration récente.
    "Nous avons intitulé le rapport Il faut une nation pour éduquer une
génération parce que nous exhortons le gouvernement fédéral à se présenter au
marbre armé d'une stratégie globale de réduction de la pauvreté", a dit
Ann Decter, coordonnatrice nationale de Campagne 2000, lors du lancement du
rapport, aujourd'hui, à Ottawa. "Le gouvernement fédéral a les ressources
fiscales suffisantes à moins qu'il ne choisisse de les consacrer à des
réductions d'impôt générales tous azimuts".
    "Les Canadiennes et Canadiens ont été sondés et se sont prononcés
clairement : réduisez les écarts de pauvreté, voilà le genre de pays dans
lequel nous voulons vivre. C'est ce que nous attendons de notre gouvernement
fédéral. Je veux savoir que les enfants dans la classe de ma fille mangent à
leur faim tous les jours. Je veux savoir qu'aucun enfant ne se retrouvera sans
abri au Canada cet hiver. Je veux que tous les enfants autochtones vivent en
toute sécurité, à l'abri du cycle emprisonnant de la pauvreté", a dit
madame Decter. "C'est ça réduire la pauvreté".
    Madame Decter a souligné que 85 p. cent des Canadiennes et des Canadiens
sondés croyaient qu'avec des mesures concrètes, le gouvernement pourrait
réduire substantiellement la pauvreté au Canada.
    "Les enseignants et les enseignantes connaissent bien le visage de la
pauvreté", a dit Emily Noble, présidente de la Fédération canadienne des
enseignantes et des enseignants. "Ils voient des enfants qui ont trop faim
pour s'asseoir et apprendre, des enfants qui vivent dans des centres
d'hébergement pour personnes sans abri, des enfants écrasés par les soucis
qu'ils se font pour leur famille. La FCE unit sa voix aux autres et lance un
appel aux gouvernements afin qu'ils dotent le Canada d'une stratégie nationale
de réduction de la pauvreté. Les parents devraient être capables d'assurer à
leurs enfants un niveau de vie convenable. S'ils travaillent ensemble, les
gouvernements peuvent faire en sorte que ce soit possible".
    "Les initiatives pour réduire la pauvreté se multiplient partout au
pays", a ajouté madame Decter. "Quatre gouvernements provinciaux ont mis en
oeuvre une stratégie ou se sont engagés à le faire. Le parti libéral fédéral a
annoncé des cibles audacieuses. Des premiers ministres de diverses allégeances
politiques s'engagent dans des plans d'action intégrés et à long terme. Le
gouvernement fédéral peut jouer un rôle de premier plan en lançant une
stratégie nationale de réduction de la pauvreté".
    Le rapport montre comment certains programmes fédéraux déjà en place
permettent de réduire la pauvreté et réclame d'autres mesures. "Nous demandons
au gouvernement fédéral de stimuler la réduction de la pauvreté par
l'augmentation de la Prestation fiscale canadienne pour enfants et des crédits
d'impôt remboursables fédéraux pour l'emploi, par des investissements
importants dans les services de garde à l'enfance et le logement abordable et
par un plan d'action ciblé pour s'attaquer à la pauvreté des Autochtones", a
dit Adje Van de Sande de l'Université Carleton.
    "Les épargnes réalisées par le fédéral résultant de la baisse des
intérêts sur notre dette devraient être investies dans la réduction de la
pauvreté", a dit madame Decter. "Ne nous contentons pas de libérer le Canada
de sa dette, libérons-le aussi de la pauvreté. Voilà une vision pour une
grande nation".

    
    Autres faits saillants de "Il faut une nation pour éduquer une génération"
:

       - Des enfants vivent dans la pauvreté dans tout le Canada. Les taux de
         pauvreté sont supérieurs à 10 p. cent dans toutes les provinces,
         sauf en Alberta, au Québec et à l'Ile-du-Prince-Edouard.
       - Plus de parents travaillent, mais ils demeurent pauvres. Où que vous
         habitiez au Canada, travailler à temps plein au salaire minimum ne
         vous permettra pas d'échapper à la pauvreté.
       - Les enfants de familles confrontées à la discrimination systémique
         sont beaucoup plus à risque de grandir dans la pauvreté. Les taux de
         pauvreté infantile (revenu avant impôt) d'enfants d'immigration
         récente et de communautés racialisées, d'enfants ayant des
         incapacités et d'enfants de familles monoparentales dirigées par une
         femme varient de 28 à 49 p. cent.
       - Les populations autochtones sont jeunes et en croissance et les taux
         de pauvreté infantile y sont un obstacle formidable.
         Vingt-huit p. cent des enfants autochtones habitant une communauté
         des Premières Nations et 40 p. cent habitant en dehors d'une
         communauté des Premières Nations vivaient dans la pauvreté en 2001.
       - Les familles vivent toujours dans une pauvreté profonde. Une famille
         à faible revenu a besoin, en moyenne, de 9 000 à 11 000 dollars de
         plus par année pour échapper à la pauvreté.
       - Les enfants dépendent des banques alimentaires pour manger à leur
         faim. 280 900 enfants ont eu recours, en 2006, aux banques
         alimentaires, presque le double par rapport à 1989.
       - Les programmes gouvernementaux font une différence. En 2005, le taux
         de pauvreté infantile aurait été trois fois plus élevé sans les
         investissements publics.
    

    Des rapports provinciaux sur la pauvreté des enfants ont également été
rendus publics aujourd'hui en Colombie-Britannique, au Manitoba, au
Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Ecosse. En Alberta, on a lancé un rapport sur
le salaire décent. On peut se les procurer tous au www.campaign2000.ca




Renseignements :

Renseignements: Echelle nationale: Ann Decter, coordonnatrice, Campagne
2000, Cellulaire: (416) 706-4686; Emily Noble, présidente, Fédération
canadienne des enseignantes et des enseignants, (613) 688-4300; Adje van de
Sande, Ecole de service social, Université Carleton (porte-parole
francophone), (613) 520-2600, poste 6692; Echelle régionale: C.-B. - Michael
Goldberg, First Call, (604) 222-2290; Adrienne Montani, (604) 875-3629;
Alberta - Bill Moore-Kilgannon, Public Interest Alberta, (780) 420-0471;
Manitoba - Sid Frankel, Social Planning Council of Winnipeg, (204) 474-9706,
(204) 261-3749; Nouveau-Brunswick - Randy Hatfield, Human Development Council,
(506) 636-8540; Nouvelle-Ecosse - Pauline Raven, Canadian Centre for Policy
Alternatives, (902) 542-3085

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