Devons-nous traiter ou non les anévrismes cérébraux non rompus?



    Le CHUM entreprend la première étude multicentrique internationale sur le
    traitement endovasculaire de ces anévrismes et obtient des Instituts de
    recherche en santé du Canada le financement pour cet essai

    MONTREAL, le 15 mars /CNW Telbec/ - Le Centre hospitalier de l'Université
de Montréal (CHUM) entreprend la plus vaste étude multicentrique
internationale sur le traitement des anévrismes cérébraux non rompus. L'étude
TEAM (Trial on Endovascular Aneurysm Management), dont le centre
d'investigation principal est à l'Hôpital Notre-Dame du CHUM, obtient
également un financement de plus de 5 M$ des Instituts de recherche en santé
du Canada (IRSC) pour la première phase de cinq ans.
    Cette étude multicentrique est dirigée par le Dr Jean Raymond,
neuroradiologue au Département de radiologie du CHUM et professeur à
l'Université de Montréal, et sera réalisée auprès de 2002 patients à travers
le monde, pendant dix ans. La coordination de l'étude est faite à Montréal, en
collaboration notamment avec la Radcliffe Infirmary d'Oxford, Grande-Bretagne,
l'Université de Californie à San Francisco, l'Université de Toronto,
l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver et le Service de
neuropsychologie du CHUM. L'étude est aussi cautionnée par le Canadian Stroke
Consortium et la Société française de Neuroradiologie.
    TEAM est une étude randomisée qui vise à recruter dans plus de 60 centres
d'excellence internationaux, 2002 patients, hommes ou femmes âgés de 18 ans et
plus chez qui on a diagnostiqué un ou plusieurs anévrismes cérébraux non
rompus. L'objectif premier de l'étude est d'évaluer le traitement
endovasculaire des anévrismes intracrâniens non rompus, sa sécurité et son
efficacité dans la prévention des hémorragies méningées.

    Le traitement des anévrismes cérébraux non rompus : controversé

    Le traitement ou non des patients porteurs d'anévrismes cérébraux non
rompus est l'un des plus sérieux dilemmes auxquels fait face la communauté
médicale depuis plusieurs années(1)(2). Le traitement endovasculaire des
anévrismes non rompus existe depuis plus de 10 ans et les risques qu'il
comporte ainsi que son action bénéfique à long terme sont mieux connus(3).
Cependant, son indication demeure jusqu'à ce jour controversée. Les patients
porteurs peuvent être victimes d'une hémorragie intracrânienne, mais
l'incidence de cet événement est mal connue. Le traitement peut également
comporter des risques. La disponibilité grandissante des méthodes modernes
d'imagerie et le vieillissement de la population conduisent à la découverte
d'un nombre croissant d'anévrismes non rompus. Faut-il les traiter? "Aucune
étude scientifique n'a jusqu'à ce jour démontré la valeur d'un traitement
quelconque des anévrismes non rompus", souligne le Dr Jean Raymond.
"L'équilibre des risques et des bénéfices est donc indéterminé. Une étude
clinique randomisée est la meilleure façon de démontrer le bénéfice potentiel
du traitement endovasculaire dans la prise en charge des patients",
ajoute-t-il.
    Une étude clinique de cette envergure ne peut être réalisée sans une
contribution financière significative, et TEAM est devenue réalité grâce à cet
investissement des IRSC. "Il est impératif de répondre à ces questions en
raison de la très grande popularité du traitement endovasculaire que reçoivent
des milliers de patients chaque année à travers le monde. Déterminer la valeur
du traitement endovasculaire pour la prévention des anévrismes non rompus est
une question de santé publique", souligne le Dr Rémi Quirion, directeur
scientifique de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des
toxicomanies des IRSC.

    L'étude proposée

    TEAM est une étude comparative internationale randomisée et contrôlée de
la morbidité et de la mortalité liée à l'hémorragie intracrânienne ou au
traitement des patients porteurs d'au moins un anévrisme non rompu. Les
patients seront pris en charge par une approche endovasculaire ou
observationnelle et suivis pendant dix ans ou jusqu'à ce qu'une indication
formelle de traitement survienne. Les critères de jugement secondaires
incluent l'incidence des événements hémorragiques, la morbidité et la
mortalité du traitement, les résultats morphologiques à cinq et dix ans, le
devenir et l'état clinique des patients à cinq et à dix ans, les résultats
d'études cognitives, de qualité de vie et de niveaux d'anxiété ou de
dépression tels que jugés par des questionnaires standardisés.

    Les anévrismes non rompus : prévalence inconnue mais condition
    inquiétante pour le patient

    La prévalence exacte des anévrismes cérébraux est encore inconnue; on
l'estime à 1 % à 5 % de la population adulte(4). Un nombre sans cesse
croissant de patients sont diagnostiqués porteurs d'un ou plusieurs anévrismes
non rompus lors de l'investigation de symptômes non liés à la présence de ces
anévrismes. La plupart des anévrismes demeurent asymptomatiques jusqu'au
moment de leur rupture, ce qui se produit chez huit à dix personnes par
tranche de 100 000 habitants(5) par année. La rupture des anévrismes
sous-arachnoidiens, est associée à un haut taux de morbidité et de mortalité
de 45 % à 75 %, malgré les avancées technologiques des dernières années.

    Pourquoi TEAM?

    Il n'existe toujours pas de preuve scientifique de la nécessité de
traiter préventivement les anévrismes non rompus, ni de normes de traitement
clairement établies. La meilleure façon d'aborder le problème demeure
incertaine.
    Le traitement endovasculaire des anévrismes existe depuis 1992. Cette
approche a permis d'améliorer significativement le pronostic chez les patients
traités après la rupture, en comparaison avec la chirurgie conventionnelle.
Mais les bénéfices du traitement préventif par chirurgie endovasculaire, avant
la rupture, n'ont jamais été démontrés.
    Il est grandement temps de déterminer si le traitement endovasculaire est
efficace dans la prévention de la rupture des anévrismes et si c'est le cas,
s'il apporte un bénéfice à la plupart des patients éligibles à celui-ci.
Répondre à cette question doit se faire lors d'un essai clinique à cette fin.

    A propos du CHUM

    Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) offre des
services spécialisés et ultraspécialisés à une clientèle régionale et
suprarégionale. Il offre également, pour sa zone de desserte plus immédiate,
des soins et des services hospitaliers généraux et spécialisés. Le CHUM
réalise les cinq volets de sa mission de soins, de recherche, d'enseignement,
d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé et de
promotion de la santé dans une perspective de réseaux intégrés. L'Hôtel-Dieu,
l'Hôpital Notre-Dame et l'Hôpital Saint-Luc forment le CHUM, dont les quelque
10 000 employés, 900 médecins, 270 chercheurs, 5 000 étudiants et stagiaires,
ainsi que 800 bénévoles, accueillent plus d'un demi-million de patients par
année. www.chumontreal.qc.ca

    A propos de l'Université de Montréal

    Montréalaise par ses racines, internationale par vocation, l'Université
de Montréal compte parmi les plus grandes universités de la francophonie. Elle
a été fondée en 1878, et compte aujourd'hui 13 facultés. Elle forme avec ses
deux écoles affiliées, HEC Montréal et l'Ecole Polytechnique, le premier pôle
d'enseignement supérieur et de recherche du Québec, le deuxième au Canada et
l'un des plus importants en Amérique du Nord. L'Université de Montréal réunit
2 400 professeurs et chercheurs, accueille plus de 55 000 étudiants, offre
au-delà de 650 programmes à tous les cycles d'études et décerne quelque 3 000
diplômes de maîtrise et de doctorat chaque année. www.umontreal.ca

    A propos des Instituts de recherche en santé du Canada

    Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) sont l'organisme de
recherche en santé du gouvernement du Canada. Leur objectif est de créer de
nouvelles connaissances scientifiques et de favoriser leur application en vue
d'améliorer la santé, d'offrir de meilleurs produits et services de santé et
de renforcer le système de santé au Canada. Composés de 13 instituts, les IRSC
offrent leadership et soutien à plus de 10 000 chercheurs et stagiaires en
santé dans tout le Canada. www.irsc-cihr.gc.ca

    --------------------------
    (1) Weir B. Unruptured intracranial aneurysms: A review. J Neurosurg.
    2002;96:3-42

    (2) Kassell N, Lanzino G. Unruptured intracranial aneurysms: In search of
    the best management strategy. Editorial comment. Stroke. 2001;32:603-605

    (3) Raymond J, Guilbert F, Georganos S, Juravsky L, Lambert A, Lamoureux
    J, Chagnon M, Weill A, Roy D. Long-term angiographic recurrences after
    selective endovascular treatment of aneurysms with detachable coils.
    Stroke. 2003;34:421-427

    (4) Deruty R, Pelissou-Guyotat I, Mottolese C, Amat D. Management of
    unruptured cerebral aneurysms. Neurol. Res. 1996;18:39-44

    (5) Menghini VV, Brown RD, Jr., Sicks JD, O'Fallon WM, Wiebers DO.
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    is feasible. Interventional Neuroradiology, June 2004;10(2):103-112.




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Forgue, Conseillère en communication, Centre
hospitalier de l'Université de Montréal, (514) 890-8000, poste 15380,
Téléavertisseur: 514 860-7110; Sophie Langlois, Directrice des relations
médias, Université de Montréal, (514) 343-7704; David Coulombe, Spécialiste
des médias, Instituts de recherche en santé du Canada, (613) 941-4563,
Cellulaire: (613) 808-7526; Source: Jean Raymond, M.D., neuroradiologue,
Directeur, Laboratoire de neuroradiologie interventionnelle, Hôpital
Notre-Dame du CHUM; www.TEAMstudy.org (disponible en français et en anglais)

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