Des travailleuses empêchées de se syndiquer - La CSQ et la FIPEQ exigent qu'on rétablisse l'injustice faite aux responsables de garde en milieu familial



    MONTREAL, le 1er avril /CNW Telbec/ - "L'adoption de la loi 8, sous le
bâillon en 2003, empêchant la syndicalisation des responsables de services de
garde en milieu familial (RSG) a créé une grave injustice à l'égard de ces
travailleuses qui n'ont droit à aucune forme de protection sociale telle que
la CSST, l'assurance-emploi ou aux normes minimales du travail. Cette
situation arbitraire suscite une vive insatisfaction à la CSQ qui compte
maintenant interpeller le nouveau gouvernement, de même que les partis
d'opposition siégeant à l'Assemblée nationale, pour qu'ils corrigent cette
situation profondément inéquitable à l'égard de ces travailleuses.
    Entouré de la présidente de la Fédération des intervenantes de la petite
enfance du Québec (FIPEQ), Mme Sylvie Tonnelier, et du vice-président de la
Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Daniel B. Lafrenière, le président
de la CSQ, M. Réjean Parent, soutient que ces travailleuses, à qui l'on a
retiré leur droit à la syndicalisation, doivent obtenir une certaine forme de
reconnaissance qui leur permettra d'améliorer leurs conditions de travail et
leurs protections sociales.
    "Il est inacceptable que des centaines de travailleuses se retrouvent
sans aucune protection sociale comme c'est présentement le cas. L'adoption de
la loi 8, bloquant l'accès à la syndicalisation pour ces salariées et niant
ainsi leur droit de négocier collectivement leurs conditions de travail, a de
graves conséquences. En refusant à ces personnes, en très grande majorité des
femmes, la reconnaissance de salariées au sens du Code du travail, le
gouvernement Charest a commis une injustice flagrante à leur égard, les
rendant dépendantes du "bon vouloir" gouvernemental pour obtenir la moindre
amélioration de leurs conditions de travail", déplore le président de la CSQ,
M. Réjean Parent.

    Des scénarios de regroupement à l'étude

    M. Parent ajoute qu'aucune raison bien fondée ne justifie que les RSG
soient maintenues dans un tel statut de travailleuses autonomes, sinon une
attitude de mesquinerie de la part d'un gouvernement qui a abusé de son
pouvoir de détenteur de la majorité à l'Assemblée nationale, ce qui n'est plus
le cas maintenant.
    "Ces travailleuses doivent récupérer d'une façon ou d'une autre leur
droit collectif de négocier leurs conditions de travail. Aussi longtemps que
cela ne sera pas fait, il restera une tache gênante à la société démocratique
québécoise", affirme le président de la CSQ.

    Une reconnaissance collective essentielle

    Pour sa part, la présidente de la FIPEQ, Mme Sylvie Tonnelier, confirme
la détermination de son organisation syndicale à continuer à se battre pour
que les responsables de services de garde obtiennent une reconnaissance
collective qui leur revient de droit.
    "A l'issue d'un colloque qui s'est déroulé hier à Montréal et auquel ont
participé des représentantes des RSG, nous avons étudié divers scénarios
possibles de regroupement, dont l'un qui pourrait ressembler au régime
particulier existant à l'Union des artistes. Une chose est certaine, les
responsables de service de garde doivent retrouver une voix collective pour
défendre leurs intérêts et récupérer un rapport de force qu'on reconnaît à
toutes les travailleuses et travailleurs. Le maintien du statut ambigu actuel
ne fait que condamner ces travailleuses à un appauvrissement collectif
puisqu'elles se trouvent sans recours réel pour revendiquer une amélioration
de leurs conditions de travail", soutient la présidente de la FIPEQ,
Mme Sylvie Tonnelier.
    D'autre part, Mme Tonnelier tient à rappeler qu'il y a un an le Bureau
international du travail (BIT) a condamné l'adoption par le gouvernement du
Québec de la loi 8, de même que de la loi 7 concernant les ressources
intermédiaires ou ressources de type familial, stipulant que ces travailleuses
et les travailleurs devraient pouvoir bénéficier des dispositions du Code du
travail, ou jouir de droits véritablement équivalents.
    "Le BIT a clairement demandé au gouvernement du Québec de modifier les
lois 8 et 7 afin que les travailleuses et les travailleurs concernés puissent
constituer des organisations de leur choix dans le cadre du régime général de
droit du travail collectif, ou dans un cadre leur offrant véritablement des
droits et protections semblables. Un an plus tard, le gouvernement n'a rien
fait et les droits de ces travailleuses et travailleurs sont toujours
bafoués", dénonce la présidente de la FIPEQ.
    Mme Tonnelier rappelle également qu'au mois de mai 2003, le ministre du
Travail de l'époque, M. Michel Després, avait reçu le mandat de se pencher sur
la protection sociale des travailleurs atypiques directement du premier
ministre M. Jean Charest, mais que la situation est demeurée inchangée.

    Un premier test pour les trois partis politiques

    Le vice-président de la CSQ, M. Daniel B. Lafrenière, ajoute que les
trois partis politiques qui siègeront à l'Assemblée nationale, ont une belle
occasion de démontrer, comme ils le prétendent, qu'ils sont à l'écoute de la
population, donc de ces travailleuses.
    "Le rétablissement de la justice envers les responsables de services de
garde est un premier test pour le nouveau gouvernement libéral minoritaire,
ainsi que les partis d'opposition. Dans la situation fragile où il se trouve,
le gouvernement Charest ne peut plus se payer le luxe de l'arrogance qu'il a
démontrée au début de son précédent mandat. De son côté, le chef de l'ADQ,
M. Mario Dumont, qui prétend écouter le vrai monde et parler en son nom, doit
saisir cette opportunité pour le prouver. Même chose pour le Parti québécois,
dont son chef, M. André Boisclair, gagnerait en popularité en endossant la
cause de ces travailleuses oubliées et confirmerait ainsi la volonté de son
parti politique de se rapprocher des préoccupations des travailleuses et des
travailleurs," conclut M. Daniel B. Lafrenière.

    Profil de la FIPEQ-CSQ

    La Centrale des syndicats du Québec représente environ 172 000 membres,
dont environ un millier d'intervenantes en milieu familial et plus de
1400 travailleuses (éducatrices, cuisinières, secrétaires-comptables) dans les
installations des CPE. Celles-ci sont regroupées au sein de la Fédération des
intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, Cell.: (514)
237-4432


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