Des signes annonciateurs d'un ralentissement du marché de l'habitation, selon une économiste de la Banque Scotia



    TORONTO, le 4 juin /CNW/ - Certains facteurs cycliques à court terme
laissent entrevoir un ralentissement graduel du marché canadien de
l'habitation, selon la dernière édition du rapport "Real Estate Trends",
publiée aujourd'hui par Etudes économiques Scotia. En même temps, des facteurs
économiques fondamentaux à long terme, notamment une croissance démographique
plus lente, devraient tempérer la demande de logements.
    Selon le rapport, on prévoit que le taux annuel moyen d'accroissement de
la population va ralentir et atteindre à peine 0,8 % pendant la prochaine
décennie, conséquence du vieillissement de la société et des taux de fécondité
historiquement bas.
    De l'avis d'Adrienne Warren, économiste principale, Banque Scotia, "cette
tendance démographique moins favorable ne pose pas en soi un risque majeur
pour le marché de l'habitation. La croissance réelle des revenus des ménages
et le niveau des taux d'intérêt exercent, statistiquement, une influence plus
importante sur les ventes d'habitations et sur la hausse des prix."
    Toutefois, la modération attendue de la demande sous-jacente
d'habitations se produit à un moment où l'accessibilité économique se situe à
un creux cyclique, où les conditions de l'offre deviennent plus équilibrées et
où la demande accumulée a été largement satisfaite, ce qui pourrait renforcer
les perspectives de ralentissement du secteur.
    "Les changements démographiques auront aussi une influence sur le type
d'habitation qui sera en demande", a ajouté Mme Warren. "En particulier,
l'évolution de la population canadienne selon l'âge et l'importance croissante
de l'immigration favoriseront vraisemblablement certains types d'habitations
et certaines régions géographiques."
    La population canadienne âgée de 25 à 44 ans, qui représente le groupe le
plus susceptible de devenir propriétaire d'une habitation une année ou
l'autre, devrait augmenter de seulement 2 % ou 195 000 personnes entre 2006 et
2016. Toute la croissance viendra des plus jeunes de cette cohorte (les 25 à
34 ans), ce qui correspond à la maturité de la génération de l'écho. "Ces
acheteurs, dont beaucoup sont des célibataires ou de jeunes couples de
professionnels, devraient favoriser le maintien d'une demande modérée pour des
maisons et condominiums abordables, en particulier dans les centres urbains, à
proximité des possibilités d'emploi", explique Mme Warren.
    Parallèlement, on prévoit que le nombre de Canadiens âgés entre 35 et 44
ans (essentiellement, les membres de la génération X qui sont beaucoup moins
nombreux) déclinera au cours de la même période, en nombre absolu. Ce groupe
englobe les premiers acheteurs et les ménages qui en sont à leurs premiers
achats dans une catégorie supérieure. Ces personnes sont plus susceptibles
d'avoir une jeune famille et, par rapport à la génération qui les suit, elles
tendent à privilégier de grandes maisons en banlieue, un secteur de
l'immobilier dont le rendement peut laisser à désirer.
    En même temps, le nombre de Canadiens âgés entre 45 et 64 ans devrait
augmenter de 15 % (1,3 million), tandis que celui des 65 ans et plus bondira
de 65 % (1,5 million). Même en tenant compte du niveau plus élevé d'activité
des jeunes Canadiens sur le marché de l'habitation, le nombre de ventes liées
à des aînés achetant une maison d'une catégorie supérieure ou un logement plus
petit pourrait dépasser celui des acheteurs plus traditionnels. Mme Warren a
poursuivi en ces termes : "Bien que les styles de vie et les besoins en
logement de ces acheteurs plus âgés varient grandement, une population
vieillissante devrait préférer les nouvelles constructions aux reventes, les
options d'habitation moins exigeantes sur le plan de l'entretien comme les
condominiums, les résidences secondaires et les propriétés de vacances, ainsi
que les communes urbaines offrant plus de commodités."
    "L'immigration jouera également un rôle de plus en plus important dans
l'évolution de la demande de logements", précise Mme Warren. "L'immigration
constitue la principale source de nouveaux ménages depuis le début des années
1990, et cette tendance s'accélérera au cours de la prochaine décennie à
mesure que le taux d'accroissement naturel de la population continuera de
diminuer." Le solde migratoire international devrait compter pour plus des
deux tiers de la croissance démographique au Canada entre 2006 et 2016, ce qui
ne s'était pas vu depuis l'époque où Wilfrid Laurier était premier ministre.
L'immigration pourrait constituer l'unique source d'accroissement de la
population canadienne vers 2030.
    La croissance relativement plus faible des revenus des ménages
d'immigrants récents par rapport à ceux des Canadiens de naissance représente
peut-être l'une des explications à l'apparente difficulté des premiers à
effectuer la transition entre locataire et propriétaire. Il est à espérer que
les récentes initiatives politiques visant à évaluer et à reconnaître les
titres de compétences professionnelles de l'étranger contribueront à améliorer
cette situation. Comparativement aux Canadiens de naissance, les familles
immigrantes ont également plus souvent tendance à s'établir dans les grandes
villes où les taux d'accession à la propriété sont généralement plus bas et le
prix des maisons plus élevé.
    Cependant, la forte vague d'immigration depuis le début des années 1990
demeure un important facteur favorable au logement. Les taux d'accession à la
propriété augmentent avec la durée de la résidence et se concentrent parmi les
personnes nées à l'étranger qui vivent au Canada depuis 10 ans ou plus, ce qui
rend compte du temps qu'il faut pour réaliser les économies nécessaires.
    "Plus du tiers des personnes nées à l'étranger et résidant dans un grand
centre urbain du Canada vivent au pays depuis dix ans ou moins. Cela laisse
supposer qu'il existe un important bassin d'acheteurs éventuels prêts à entrer
sur le marché immobilier canadien", affirme Mme Warren. "Au cours de la
prochaine décennie, l'acheteur type ne sera pas aussi traditionnel que par le
passé, et ses caractéristiques sociales et démographiques seront plus
diversifiées."

    Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie
des facteurs qui façonnent l'avenir du Canada et de l'économie mondiale,
notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et
des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie, ainsi que
les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.





Renseignements :

Renseignements: Adrienne Warren, Etudes économiques Scotia, (416)
866-4315, adrienne_warren@scotiacapital.com; Paula Cufre, relations publiques,
Banque Scotia, (416) 933-1093, paula_cufre@scotiacapital.com

Profil de l'entreprise

Banque Scotia - Rapports économiques

Renseignements sur cet organisme

Banque Scotia

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.