Des organismes relancent le débat pour un régime public d'assurance médicaments



    MONTREAL, le 22 juin /CNW Telbec/ - A la suite de l'annonce d'une
nouvelle augmentation des cotisations à l'assurance médicaments, qui entrera
en vigueur le 1er juillet, l'Union des consommateurs, l'Association québécoise
pour la défense des droits des personnes retraitées et pré-retraitées (AQDR)
et la COCQ-SIDA unissent leurs voix pour demander un régime public universel
d'assurance médicaments au Québec. Ils dénoncent le fait que le régime hybride
actuel, public-privé, contribue à la croissance incontrôlée des coûts de la
santé sans pour autant assurer à la population québécoise un accès raisonnable
et équitable aux médicaments.
    En effet, comme l'illustre un mémoire sur l'assurance médicaments de
l'Union des consommateurs, rendu public aujourd'hui, les iniquités du système
hybride d'assurance médicaments sont nombreuses. De plus, tant dans le régime
public que chez les assureurs privés, on assiste à une flambée incontrôlée des
coûts, ce qui met en péril l'accès au médicament pour les ménages les plus
pauvres. Cette flambée est, rappelons-le, la première cause de croissance des
coûts de santé au Québec.
    Le régime hybride fait en sorte que la portion d'adhérents au régime
public qui ne bénéficie pas de la gratuité se partage des coûts
disproportionnés, gonflés par le fait qu'une part importante de cette
clientèle est plus malade et consomme donc plus de médicaments que la moyenne
(personnes âgées, personnes sans emploi, bas salariés, travailleurs à statut
précaire, personnes atteintes de maladie chronique, etc.RL). Cette situation
fait en sorte que les adhérents au régime public ont subi des hausses de prime
annuelle de plus de 334% en 13 ans, sans compter les hausses de la franchise,
de la coassurance et de la contribution mensuelle maximale, ni le fait que la
liste des médicaments non couverts ne cesse de s'allonger.
    De plus, le mode de fixation de la contribution des bénéficiaires manque
nettement de progressivité, le seuil de revenu à partir duquel la prime
maximale (585$ avec la nouvelle hausse) est exigible n'étant fixé qu'à 22
000$.
    Le fardeau croissant du régime public, dû notamment au vieillissement de
la population, condamne le gouvernement à devoir imposer, année après année,
des hausses de contribution des assurés qui dépassent de loin l'inflation et
la capacité de payer des assurés. Il s'agit d'une situation intenable.
    Les régimes privés d'assurances collectives, qui héritent d'un marché
captif globalement plus en santé que la population en général, ne sont pas
pour autant plus avantageux pour leurs assurés. Les coûts sont, ici aussi, en
forte croissance. Les primes sont fixées en fonction du risque d'un groupe
d'employés donné, sans tenir compte du revenu de chaque assuré, ce qui peut
signifier des déboursés disproportionnés pour les ménages à faible revenu. Les
enfants de l'assuré ne bénéficient pas d'une couverture gratuite, comme c'est
le cas au public. Une taxe de 9% est appliquée aux primes et la contribution
de l'employeur constitue un avantage imposable.
    La COCQ-SIDA souligne que le coût élevé des médicaments peut remettre en
question l'intégration ou le maintien au travail de personnes dont l'état de
santé requiert la prise de plusieurs médicaments. Ces personnes doivent
souvent décider entre payer de leur poche, réclamer illégalement leur
remboursement à la RAMQ ou mettre en péril leur emploi ou la couverture
d'assurances collectives de leurs collègues à cause de l'augmentation des
primes.
    L'Union des consommateurs, l'AQDR et la COCQ-SIDA souhaitent relancer le
débat public pour un régime entièrement public, tel que le recommandait le
rapport Gagnon en 1995. Les organismes croient qu'un régime public permettrait
de diminuer les coûts pour tous, assurés, employeurs et gouvernement,
notamment par le fait que tous les employeurs seraient appelés à cotiser au
régime, que la rémunération des pharmaciens serait plafonnée et que l'Etat -
acheteur unique de médicaments - disposerait de meilleurs moyens de contrôle
sur les coûts d'achat et sur l'usage optimal du médicament.
    Le mémoire de l'Union des consommateurs est disponible sur son site web.




Renseignements :

Renseignements: Charles Tanguay, Union des consommateurs, (514) 521-6820
p. 257; Jacques Fournier, AQDR, (514) 721-0193


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