Des groupes rendent publique une étude économique du gouvernement libéral sur les OGM - Ce que les libéraux ont caché aux Québécois



    MONTREAL, et QUEBEC, et SHERBROOKE, QC, le 18 mars /CNW Telbec/ - Une
étude économique donne le feu vert au prochain gouvernement pour mettre en
place l'étiquetage obligatoire des OGM. Une vaste coalition d'organismes
regroupant agriculteurs, consommateurs et écologistes rend publique une
évaluation critique d'une étude entreprise par le ministère de l'agriculture
du Québec (MAPAQ)(1). Cette évaluation confirme que les coûts de l'étiquetage
obligatoire des OGM (organismes génétiquement modifiés) au Québec seraient
largement inférieurs à ce qu'a toujours avancé l'industrie agroalimentaire. Ce
rapport devrait lever le dernier obstacle au dépôt rapide d'un projet
d'étiquetage obligatoire des OGM par le prochain gouvernement du Québec.
    En effet, selon le MAPAQ, il n'en coûtera pas 150 à 200 M $ pour
l'étiquetage obligatoire, comme l'a estimé en 2000(2) l'industrie
agroalimentaire, mais plutôt 28 M $. De même, les coûts annuels pour le
gouvernement du Québec seraient seulement de 1,7 M $. Rappelons que monsieur
Jean Charest et le Parti Libéral du Québec avait clairement promis
l'étiquetage obligatoire des OGM avant les élections de 2003.(3)
    "Cela confirme que l'industrie de l'agroalimentaire a grossièrement
exagéré les coûts annuels de l'étiquetage obligatoire des OGM, et ceci sans
aucun doute, afin de faire peur aux législateurs pour les empêcher d'aller de
l'avant avec l'étiquetage obligatoire des OGM", constate Eric Darier de
Greenpeace. "En fait, l'étiquetage obligatoire des OGM coûterait 7 fois moins
cher par an que ce que l'industrie a toujours prétendu".
    "Cependant, même les coûts identifiés demeurent hypothétiques et l'étude
du MAPAQ sous-estime les capacités d'innovation et d'adaptation des
entreprises", affirme Charles Tanguay de l'Unions des consommateurs. "Il faut
se rappeler que dans les quelques 45 pays qui ont adopté l'étiquetage
obligatoire des OGM, aucun n'a pu documenter des impacts économiques négatifs
significatifs. De toute manière, le droit à l'information des consommateurs
est un droit fondamental reconnu par les Nations-unies."
    "Même dans le cas où il y aurait des coûts supplémentaires pour
l'étiquetage obligatoire des OGM, il serait pertinent de se demander qui
devrait payer", croit Nalini Vaddapalli d'Option consommateurs. "Serait-ce aux
consommateurs qui ne veulent pas manger d'OGM de payer ? Les consommateurs qui
achètent des produits certifiés biologiques pour éviter les OGM payent déjà
une surprime. Pourquoi les agriculteurs qui ne produisent pas d'OGM
devraient-ils payer les coûts de la traçabilité et de la ségrégation pour un
produit dont ils n'obtiennent pas un avantage ?"
    "L'étiquetage obligatoire des OGM permettrait également la mise en place
d'un système de traçabilité qui permettrait d'identifier la source de
contamination causée par les OGM et donc de protéger les agriculteurs victimes
de contamination", croit Benoît Girouard de l'Union paysanne. "Mais d'une
manière plus importante, l'étiquetage obligatoire permettrait aux agriculteurs
de produire des aliments sans OGM comme le veut d'ailleurs la majorité
écrasante des consommateurs. Le non-OGM c'est l'avenir !"
    Enfin, les 28 M $ que coûterait l'étiquetage à l'industrie
agroalimentaire sont peu de choses comparativement aux revenus de
1,2 milliards de dollars des trois géants de la distribution (Loblaws, Métro
et IGA) pour l'exercice 2005-2006. A eux trois, ils présentent un faramineux
chiffres d'affaires de 45 millards de $. A elle seule, Monsanto, cette
multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM sur la planète, a
fait 800 M $ de profit pour la seule année 2006.

    
    Notes

    (1) Etude économique sur les coûts relatifs à l'étiquetage obligatoire
        des filières génétiquement modifiées (GM) versus non-GM au niveau
        québécois. 143 pages, MAPAQ.
        http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et 
liens/documents/evaluation-etiquetage-ogm-quebec
    (2) Economic impact study : potential costs of mandatory labeling of food
        derived from biotechnology in Canada. KPMG 2000   
http://www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/ge-food-label
ing-impactstudy-canada
    (3) Les priorités d'actions politiques du PLQ prévoyaient notamment de :
        "développer une politique rendant obligatoire l'étiquetage de tous
        les aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM),
        qu'il s'agisse d'aliments non transformés, d'aliments transformés ou
        d'intrants utilisés dans la transformation." (Des aliments sains de
        la terre à la table - janvier 2003, PLQ, p. 10)
    




Renseignements :

Renseignements: Eric Darier, Greenpeace, cell.: (514) 605-6797; Charles
Tanguay, Union des consommateurs, cell.: (514) 743-0419; Claude Girard, Option
consommateurs, (514) 598-0620, poste 240; Benoît Girouard, Union paysanne,
cell.: (514) 605-6800; André Nault, AmiEs de la Terre de l'Estrie, (819)
564-3175; Anne-Marie Turmel, AmiEs de la Terre de Québec,(418) 529-0920; Denis
Falardeau, Acef de Québec, cell.: (418) 999-0925;  Jocelyn Desjardins,
Communication, Greenpeace, cell.: (514) 212-5749


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