Des employés en lock-out du Journal de Québec reçus par les TCA



    QUEBEC, le 27 mars /CNW Telbec/ - Demain vendredi, deux travailleurs en
lock-out du Journal de Québec seront invités à prendre la parole devant
quelque 600 délégués du Syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile
(TCA), à Port Elgin en Ontario. La présentation des deux lockoutés aux membres
des TCA s'inscrit dans une grande tournée canadienne de sensibilisation qui
les mènera dans toutes les provinces canadiennes. Rappelons que le lock-out au
Journal de Québec dure depuis plus de 11 mois maintenant.
    Le porte-parole des 252 employés en conflit, Denis Bolduc, s'est dit
"ravi de l'invitation des TCA, d'autant plus qu'il s'agit d'une très grande
organisation syndicale". Denis Bolduc signale par ailleurs que cette tournée
de sensibilisation se déroulera sur quelques mois, "à moins que le bon sens
triomphe et que le conflit trouve son dénouement.". La tournée vise d'abord
les organisations syndicales, rappelle-t-il, mais "elle permet aussi de
prendre contact avec tous les groupes préoccupés par l'avenir des médias,
partout au Canada".

    Les enjeux du lock-out

    Les enjeux de ce conflit de travail sont multiples. N'en mentionnons que
quelques-uns. Pour les employés de bureau, ce sont surtout des questions de
sous-traitance et de délocalisation des emplois. Pour ceux de l'imprimerie,
c'est l'établissement de conditions salariales différenciées. Pour les
journalistes et photographes, c'est la redéfinition même de l'exercice de leur
profession qui est dans la balance, une bataille pour la qualité de
l'information et la liberté de presse. A tous les groupes d'employés,
l'employeur demande de faire passer la semaine de travail de quatre jours à
cinq jours semaine sans aucune compensation.

    Onze mois de lock-out au Journal de Québec

    Les employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec sont sous
le coup d'un lock-out décrété par l'employeur le 22 avril 2007. Avant le
déclenchement du lock-out, aucun des trois syndicats n'avait demandé de mandat
de grève à ses membres ni même exercé de moyens de pression. En solidarité
avec leurs collègues jetés sur le trottoir par la décision de
Quebecor/Corporation Sun Media, les employés de l'imprimerie ont voté la grève
à 97 %.
    Aucun conflit de travail n'avait eu lieu depuis la fondation du Journal
de Québec en 1967. Il y a environ deux ans, tous les employés syndiqués du
Journal avaient accepté de reconduire la convention collective pour un an en
partenariat avec l'employeur pour mieux affronter son concurrent, Le Soleil,
qui passait au format tabloid.
    Au moment du déclenchement du conflit, le Journal de Québec dégageait des
profits nets annuels d'environ 25 millions de dollars et était le numéro un
dans son marché.
    Selon les données de l'Audit Bureau of Circulations (ABC) (organisme
spécialisé dans l'évaluation de la distribution des quotidiens partout sur le
continent nord-américain), au moment de l'annonce du lock-out le Journal de
Québec était celui qui avait connu la plus forte progression au Canada (soit
2,5 %, pour la période de six mois se terminant le 31 mars 2007, du lundi au
vendredi pour les quotidiens de plus de 100 000 exemplaires).
    La brutalité de ce lock-out, malgré la très grande profitabilité de
l'entreprise, fait dire aux syndiqués que Quebecor/Sun Media pratique à leur
endroit du "terrorisme économique".
    Aucun piquet de grève n'a été érigé par les syndiqués depuis le début du
lock-out.
    Depuis le 24 avril 2007, les employés en conflit publient et distribuent
cinq jours semaine 40 000 exemplaires du MédiaMatinQuébec, un quotidien
gratuit qu'ils ont créé, pour rappeler leur cause à la population de Québec.
Quebecor/Corporation Sun Media a entrepris plusieurs recours judiciaires pour
empêcher la publication du MédiaMatinQuébec. Toutes ces démarches ont échoué.
    Malgré le conflit, le Journal de Québec continue d'être publié. Il est
imprimé principalement à Mirabel plutôt qu'à Québec.
    Dans une décision rendue le 23 août 2007, en application de l'article 109
du Code du travail du Québec (dispositions anti-scabs), la Commission des
relations du travail (CRT) du Québec a ordonné à la direction du Journal de
Québec de cesser de recourir aux services de quatre personnes qui
remplissaient les fonctions de salariés en conflit.
    De nouvelles plaintes concernant l'utilisation de travailleurs illégaux
ont été déposées par les syndicats en octobre et novembre 2007. Au total, ces
plaintes visent 17 personnes. Des audiences de la CRT sur ces plaintes ont eu
lieu les 14 et 28 janvier, 12 et 14 mars. Lors des premières audiences, le
rédacteur en chef du Journal de Québec, Serge Gosselin, a déclaré sous serment
qu'il n'estimait "pas pertinent" de savoir qui sont les auteurs des articles
provenant de Canoe et publiés dans son quotidien en lockout. D'autre part,
dans son témoignage Sylvain Chamberland a expliqué que c'est à la demande de
Pierre Karl Péladeau lui-même qu'il a lancé son agence à la fin mai 2007, soit
un mois après le début du lock-out.
    D'autre part, le 5 février 2008, le Journal de Québec, le portail
Internet Canoe et le journaliste de Canoe Hubert Lapointe ont plaidé non
coupables à des accusations criminelles pour avoir, l'été dernier, divulgué le
nom d'une victime d'agression sexuelle malgré une ordonnance de
non-publication de la Cour. Cette affaire reviendra devant le tribunal le
15 avril. Hubert Lapointe est l'une des 17 personnes visées par les plaintes
sur l'emploi de scabs.




Renseignements :

Renseignements: Denis Bolduc, porte-parole des syndiqués en conflit,
(418) 564-8772; Robert Bellerose, Information SCFP, cell. (514) 247-9266;
Source: Syndicat canadien de la fonction publique

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