Des chercheurs cartographient la totalité des sites fragiles du génome de la
levure Saccharomyces cerevisiae

MONTRÉAL, le 8 févr. /CNW Telbec/ - L'équipe du Dr François Robert, chercheur à l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), en collaboration avec celle du Dr Daniel Durocher (Samuel Lunenfeld Research Institute et Université de Toronto), a réussi un tour de force : celui de cartographier la totalité des sites fragiles d'un organisme vivant, la levure Saccharomyces cerevisiae. La méthode décrite par les chercheurs est transposable à l'humain. L'étude est publiée en ligne aujourd'hui dans la revue scientifique Nature Structural and Molecular Biology.

S. cerevisiae est un organisme modèle très utilisé en biologie moléculaire pour l'étude de phénomènes cellulaires de base, comme la régulation de l'expression des gènes, la réplication de l'ADN ou, comme dans le cas présent, la réparation de l'ADN. Cette macromolécule, qui constitue le matériel génétique de nos cellules, est constamment soumise à des atteintes qui mettent en péril son intégrité. On estime en effet que l'ADN de chacune de nos cellules subit, chaque jour, 1 million de dommages. S'ils ne sont pas réparés, ces dommages génétiques peuvent donner lieu à des cancers. Fort heureusement, chaque cellule possède des mécanismes lui permettant de détecter, puis de réparer les dégâts. On savait depuis longtemps que certaines régions du génome étaient plus susceptibles que d'autres de subir des dommages. Toutefois, la liste complète de ces régions fragiles n'avait pas été établie jusqu'ici.

En analysant les sites fragiles nouvellement identifiés, les chercheurs ont fait une découverte surprenante. Ils ont en effet remarqué que plusieurs des sites fragiles étaient situés dans des régions du génome contenant des gènes inactifs. "Cette observation était surprenante, puisque les études préalables suggéraient au contraire que les gènes les plus actifs étaient plus à risque" explique le Dr Robert. En poussant l'étude plus loin, les chercheurs ont découvert que la façon dont les gènes inactifs sont "emballés" est ce qui les rend plus fragiles. "Les gènes inactifs sont empaquetés d'une manière plus dense que les gènes actifs, et nos résultats suggèrent que cet empaquetage les rend plus vulnérables. Cela est surprenant, puisqu'intuitivement, on aurait cru qu'ils auraient été protégés davantage par cet empaquetage serré.

"Les dommages à l'ADN, qui ont tendance à se produire à ces sites fragiles, jouent un rôle important dans les cancers. Comme les méthodes utilisées dans cette étude sont facilement transposables aux cellules humaines, ce phénomène clé dans le développement des cancers pourra être mieux compris.

"Les recherches que les Drs Durocher et Robert ont entreprises avec leurs équipes nous permettent de mieux identifier les changements dans l'ADN et d'accroître nos connaissances sur la façon dont ces changements influencent la possibilité de contracter le cancer", déclare le Dr Morag Park, directeur scientifique à l'Institut du cancer (IC) qui fait partie des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l'agence de recherche en santé du gouvernement canadien. "Les IRSC sont fiers d'appuyer les travaux de chercheurs canadiens qui élucident les mécanismes conduisant à la formation de cellules cancéreuses, ce qui pourrait résulter en des traitements préventifs ou permettre d'offrir des traitements plus efficaces aux personnes déjà atteintes d'un cancer."

Les travaux du Dr Robert ont été subventionnés par l'Institut du cancer (IC) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le Dr Durocher a pour sa part reçu l'appui de la Société canadienne du cancer.Référence bibliographique de cet article : http://www.nature.com/nsmb/journal/vaop/ncurrent/index.html

Le Dr François Robert est professeur adjoint de recherche IRCM et directeur de l'unité de recherche sur la chromatine et l'expression du génome à l'IRCM. Il est aussi chercheur adjoint au département de médecine de l'Université de Montréal, et professeur associé au département de biologie de l'Université de Sherbrooke. Il est récipiendaire du Prix pour nouveau chercheur principal Maud-Menten, secteur biomédical décerné par l'Institut de génétique (IG) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Créé en 1967, l'IRCM (www.ircm.qc.ca) regroupe aujourd'hui 36 unités de recherche spécialisées dans des domaines aussi variés que l'immunité et les infections virales, les maladies cardiovasculaires et métaboliques, le cancer, la neurobiologie et le développement, la biologie intégrative des systèmes et la chimie médicinale, et la recherche clinique et la bioéthique. Plus de 450 personnes y travaillent. L'IRCM est une institution autonome, affiliée à l'Université de Montréal et sa clinique est associée au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). L'Institut entretient une collaboration étroite avec l'Université McGill.

SOURCE Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)

Renseignements : Renseignements: François Robert, Ph. D., Directeur de l'unité de recherche en chromatine et expression du génome; www.ircm.qc.ca/fr/recherche/statique/unite33.html; Olivier Lagueux, Chargé de communication, (514) 987-5555, olivier.lagueux@ircm.qc.ca, www.ircm.qc.ca

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