Des centaines de citoyens se rassemblent pour le français au travail



    MONTREAL, le 29 avril /CNW Telbec/ - A la veille de la Fête des
Travailleurs du 1er mai, plusieurs centaines de personnes ont participé au
rassemblement du Mouvement Montréal français ayant pour thème "Une langue à
partager au travail". Le MMf, une coalition non partisane, vise à mobiliser la
société civile pour faire du français la véritable langue officielle et
commune de la région métropolitaine de Montréal. Ce rassemblement se déroulait
dans le cadre de la campagne de sensibilisation "Une langue à partager"
entreprise par le MMf en décembre dernier. Cette campagne veut inciter les
citoyens et surtout les travailleurs à prendre le temps et à investir les
efforts requis pour communiquer en français dans l'espace civique avec tout
interlocuteur au Québec. Le statut de langue commune pour le français à
Montréal est essentiel pour permettre l'inclusion de tous les citoyens et
citoyennes du Québec dans un espace public commun et pour assurer l'avenir du
français au Québec.
    Le MMf considère essentiel de remobiliser massivement les travailleurs
pour faire du français la langue commune. Un des principaux objectifs de la
loi 101 était de faire du français la langue normale et habituelle du travail.
Trente ans plus tard, les études montrent que cet objectif est encore loin
d'être atteint et qu'il y eu des reculs à plusieurs égards. Moins de la moitié
des Québécois allophones travaillent le plus souvent en français alors que les
francophones forment pourtant 83 % de la population.
    Plusieurs dirigeants syndicaux ont pris la parole lors de cette
assemblée, soit René Roy (secrétaire général de la FTQ), Claudette Carbonneau
(présidente de la CSN), Réjean Parent (président de la CSQ) et Raymond Legault
(président de l'Union des Artistes).
    Selon Mario Beaulieu, porte-parole du MMf, "la campagne Une langue à
partager vise à mobiliser les citoyens, mais il est essentiel que le
gouvernement prenne des mesures importantes. Les difficultés du français dans
les milieux de travail ont fait l'objet de plusieurs études depuis une
quinzaine d'années et récemment d'un Avis du Conseil supérieur de la langue
française (2004), mais à peu près aucune des recommandations importantes n'a
été appliquée."
    D'une part, le MMf considère qu'il est essentiel que les entreprises de
moins de 50 employés fassent l'objet d'un processus de certification de
l'Office québécois de la langue française. Les entreprises de 10 à 49 employés
regroupent le tiers de la main-d'oeuvre au Québec et une forte proportion des
nouveaux arrivants dans la région de Montréal.
    Dans les grandes entreprises, l'attribution des certificats de
francisation permet d'établir des conditions favorables, mais elle n'assure
pas la généralisation de l'usage du français, notamment dans les
communications orales. Ce sont les comités de francisation qui ont le rôle de
maintenir ces conditions et de s'assurer que le français soit véritablement la
langue de travail dans l'entreprise. Il est donc crucial de revitaliser ces
comités, car toutes les études montrent qu'une très faible proportion de ces
comités de francisation sont actifs et efficaces.
    Il faut également modifier les mécanismes de recours en cas d'exigence
injustifiée de bilinguisme dans les offres d'emploi. Les recours actuels sont
inopérants, notamment parce qu'un travailleur qui porte plainte se place dans
une situation fort délicate par rapport à son employeur ou futur employeur.
    Une amélioration du processus de francisation des entreprises nécessite
que les travailleurs aient une bonne maîtrise de la langue. Il faut améliorer
les services de francisation des nouveaux arrivants en ciblant les efforts,
tout particulièrement la formation dans les milieux de travail. Il faut non
seulement abolir les coupures, mais augmenter les allocations pour la
francisation des nouveaux arrivants ! Dans le contexte où la croissance de la
population dépend de plus en plus de l'immigration, il est vital d'investir et
de faire de la francisation un droit fondamental.
    "Il est de plus en plus évident que la volonté politique de faire
respecter le droit de travailler en français est absente. Dans ce cas, la
seule voie pour faire du français la véritable langue commune des milieux de
travail est celle de la mobilisation des composantes de la société civile,
celle de la rue", de déclarer Mario Beaulieu.




Renseignements :

Renseignements: Marc André Bahl, Communication, Mouvement Montréal
français, (514) 835-6319, (514) 839-4140

Profil de l'entreprise

Mouvement Montréal français

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