Déclaration du président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec monsieur Henri-Paul Rousseau à l'occasion de l'examen de la crise du papier commercial par la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale du Québec



    
                       Seul le texte prononcé fait foi

                             Le 28 novembre 2007

    Déclaration du président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et
    placement du Québec à l'occasion de l'examen de la crise du papier
    commercial par la Commission des finances publiques de l'Assemblée
    nationale du Québec
    

    QUEBEC, le 28 nov. /CNW Telbec/ -

    
    -------------------------------------------------------------------------

    Monsieur le Président,
    Madame la ministre,
    Mesdames, Messieurs les députés,

    Je vous remercie de votre invitation.

    Avant d'aller plus loin, il y a un certain nombre de choses que je veux
dire, très clairement.

    La Caisse est en excellente santé financière.

    C'est la même chose pour ses déposants.

    Au cours des quatre dernières années, la Caisse a fait beaucoup d'argent
avec des rendements de 15,2 %, de 12,2 %, de 14,7 % et de 14,6 %.

    Depuis le 31 décembre 2002, l'actif net des déposants a progressé de
65,8 milliards de dollars passant de 77,7 milliards de dollars à
143,5 milliards de dollars à la fin de 2006. Les rendements expliquent 84 %,
c'est-à-dire 55,3 milliards de cette croissance. En clair, c'est 13,8
milliards de dollars de rendement par année.

    Les déposants ont engrangé des montants d'argent très importants.

    Ce furent de très bonnes années. La Caisse a fait mieux que le marché et
mieux que ses pairs canadiens.

    C'est important d'engranger au maximum pendant les bonnes années. En
finance, il y a des bonnes et des moins bonnes années.

    D'ailleurs, à chaque année depuis quatre ans, j'ai dit et écrit que des
rendements comme ceux que nous connaissions n'étaient pas soutenables à long
terme.

    L'objectif de rendement à long terme des déposants est de 7 % et le
rendement moyen des quatre dernières années a été de 14,15 %.

    La santé financière de la Caisse et des déposants est donc bonne, même
très bonne. Les cotisants et les retraités québécois n'ont pas à s'inquiéter.

    Ce ne sont pas les problèmes actuels dans le marché du papier commercial
au Canada qui peuvent changer cela.

    Il y a au moins quatre raisons permettant de faire cette affirmation :

    - Premièrement, les actifs sous-jacents du PCAA que détient la Caisse
      sont de très bonne qualité; cela a été confirmé par les travaux du
      comité pancanadien chargé de la restructuration de ce marché.

    - Deuxièmement, l'exposition de la Caisse au fameux risque des subprimes
      américains est limitée et les provisions éventuelles sur ces placements
      ne changeront pas les équilibres financiers des déposants.

    - Troisièmement, il n'y a pas de crise de liquidité à la Caisse. Nous
      avons classé la totalité de nos placements en PCAA de tiers dans les
      placements à moyen terme. Nous avons rétabli nos liquidités au niveau
      nécessaire pour répondre aux besoins des déposants et poursuivre nos
      investissements. La Caisse n'a donc aucun besoin de liquider ses
      placements en PCAA.

    - Quatrièmement, la Caisse est un investisseur à long terme et a
      amplement les moyens d'attendre que ses placements dans les PCAA
      produisent le rendement prévu. Ce n'est peut pas le cas de tous les
      investisseurs, mais c'est sûrement le cas de la Caisse.

    Enfin, je tiens à rappeler que le papier commercial est un produit
financier de qualité. Il est exact que le PCAA canadien contenait des
subprimes, mais dans une proportion très limitée. On sait maintenant que les
caractéristiques du PCAA canadien correspondaient, à peu de choses près, à ce
qu'elles étaient censées être, soit des actifs de très bonne qualité.

    On verra cependant que ce qui est une crise mondiale a pris des couleurs
particulières au Canada. En effet, les mécanismes censés assurer le maintien
du marché n'ont pas fonctionné, essentiellement parce les banques
internationales qui devaient fournir des lignes de liquidité en pareille
situation ne l'ont pas fait.

    Dès les premiers instants, la Caisse a pris le leadership au Canada pour
réunir les investisseurs et mettre en place une solution à ce problème. La
restructuration du marché est en bonne voie d'être réalisée par le comité
pancanadien qui pilote le projet, ce qui assurera un règlement ordonné de ce
qui était une crise et qui est en train de reprendre ses justes proportions.

    Voilà. L'essentiel est dit.

    Maintenant allons un peu plus loin dans le détail.

    Je tiens d'abord à vous dire, de façon très claire et sans aucune
équivoque, que, à aucun moment depuis que je dirige la Caisse de dépôt et
placement du Québec, je n'ai subi d'ingérences directes ou indirectes des
hommes et des femmes qui ont occupé les postes de premier ministre, de
ministre des Finances ou tout autre poste politique ou administratif de
l'Etat, que ce soit sous le présent gouvernement ou le gouvernement précédent.

    C'est le conseil d'administration et la direction qui sont légalement
responsables de la gestion et des résultats de la Caisse, et nous sommes
toujours étonnés lorsque cette responsabilité est imputée à des hommes et des
femmes politiques qui ne sont pas et ne doivent pas être impliqués dans ces
décisions.

    Comme premier dirigeant, je suis totalement imputable des résultats et de
la qualité de la gestion de la Caisse et j'assume mes responsabilités.

    Vous comprendrez, donc, que j'étais impatient de vous rencontrer pour
répondre à vos questions et à vos sujets d'inquiétude.

    En plus des PCAA, je sais que le sujet du développement économique vous
intéresse et je pourrai répondre à vos questions.

    Dans le cours normal de ses activités, et conformément à la loi qui la
gouverne, la Caisse prépare des états financiers vérifiés au 31 décembre de
chaque année et effectue une reddition de compte complète dans son rapport
annuel rendu public au printemps. Les états financiers de la Caisse sont
vérifiés par le Vérificateur général du Québec.

    Selon la loi et les ententes qui la lient aux déposants, la direction de
la Caisse fait aussi une reddition de compte régulière au conseil
d'administration et aux déposants, à la fois sur ses résultats et sur sa
gestion.

    Mais la crise du papier commercial ne se situe pas, direz-vous, dans le
cours normal des choses.

    Alors pourquoi la Caisse n'a-t-elle pas rendu publics les chiffres de son
investissement dans le PCAA de tiers ?

    Si nous ne l'avons pas fait jusqu'à maintenant, c'est que nous avons jugé,
avec l'accord du conseil d'administration, qu'il n'était pas dans l'intérêt
des déposants de le faire.

    Voici pourquoi.

    La crise du papier commercial au Canada ne vient pas d'abord et avant tout
du problème des hypothèques à risque aux Etats-Unis, appelées subprimes, même
si ce problème en a été un élément déclencheur.

    On sait maintenant que les subprimes ne représentent qu'un faible
pourcentage du total du PCAA qui est visé par la restructuration. 97 % de ce
PCAA est constitué d'actifs de grande qualité, tel qu'établi récemment par le
comité Crawford ainsi que par DBRS.

    La crise canadienne n'est donc pas une crise de crédit, mais une crise de
liquidité "made in Canada", provoquée, pour l'essentiel, par les grandes
banques internationales qui ont réalisé qu'en vertu d'une faille dans la
réglementation canadienne, elles pouvaient ne pas être tenues légalement
d'honorer leurs engagements de liquidités au Canada et de cette manière
utiliser leurs liquidités ailleurs dans le monde.

    Il s'en est suivi un arrêt complet des transactions sur ce papier et la
crise que l'on connaît. Après plusieurs appels téléphoniques au Canada et à
l'étranger, et après avoir constaté que cette absence de liquidité risquait
d'entraîner des répercussions non seulement sur les investisseurs concernés
mais aussi sur l'ensemble du marché canadien, la Caisse a pris rapidement
l'initiative de réunir d'autres investisseurs afin de trouver une solution.

    Nous nous sommes donc retrouvés, le 15 août dernier, en pleine nuit, dans
une salle de la Caisse, avec d'autres investisseurs canadiens, soit l'Office
d'investissement des régimes de pensions du secteur public fédéral (PSP), le
Mouvement Desjardins, la Banque Nationale, la Banque CIBC, la Banque Scotia et
l'agence de notation DBRS, à négocier avec les grandes banques
internationales.

    Ces rencontres ont donné lieu à ce qu'on appelle maintenant "l'Entente de
Montréal". Même si les banques CIBC et Scotia ont refusé de signer l'entente,
cette dernière lie les banques internationales impliquées dans les PCAA
canadiens. Ces banques signataires de l'entente sont ABN Amro, Barclays
Capital, Deutsche Bank, Merrill Lynch et UBS.

    Depuis le 6 septembre dernier, cette entente est pilotée par un comité
pancanadien dirigé par M. Purdy Crawford. En plus des membres initiaux,
plusieurs autres investisseurs canadiens se sont ajoutés au comité. Ils sont :
Alberta Treasury Board Financial, Postes Canada, Credit Union Central of
British Columbia, Credit Union Central Alberta, Credit Union of Ontario,
Credit Union of Saskatchewan, Société canadienne d'hypothèques et de logement,
Credit Union Central of Canada Corporation Canaccord Capital, NAV CANADA,
Northwater Capital Management, University of Alberta et Magna International.

    Initialement conclue jusqu'au 14 octobre dernier, l'entente a depuis été
prolongée jusqu'au 14 décembre prochain.

    Entre le 15 août et le 6 septembre, l'objectif poursuivi par tous les
intervenants concernés était de passer d'une situation de gestion de crise au
contrôle de la situation.

    Ce fut une première période complexe et difficile, car il s'agissait de
réunir les investisseurs autour de la table et de faire converger les intérêts
des différentes parties prenantes.

    Cela voulait dire augmenter le pourcentage d'appui à l'Entente de Montréal
en obtenant des banques canadiennes (qui n'avaient pas signé l'entente)
qu'elles contactent et convainquent leurs clients de se joindre à l'entente.
Cela voulait dire aussi organiser, sur une base totalement privée, la
coordination des multiples intervenants (investisseurs, distributeurs,
fiduciaires, commanditaires). Enfin, cela voulait dire obtenir des grandes
banques internationales l'information nécessaire pour répondre aux exigences
d'une négociation ordonnée.

    C'est ici que la ministre des Finances du Québec a joué un rôle
déterminant pour m'aider et aider les signataires québécois de l'entente à
accomplir les trois choses que je viens d'énumérer.

    Son aide auprès de la Banque du Canada et du ministère fédéral des
Finances a été très importante pour nous permettre de stabiliser la situation.
Elle l'a fait avec doigté parce qu'elle devait à la fois respecter le
caractère confidentiel et stratégique des informations que je lui fournissais,
tout en respectant l'autonomie de la Caisse selon les règles de gouvernance
qui nous régissent et en assumant son rôle de fiduciaire ultime. Ses
interventions auprès du gouverneur de la Banque du Canada et du sous-ministre
des Finances fédéral ont contribué au succès de la mise sur pied du comité
Crawford et à l'obtention d'un pourcentage d'appui à hauteur de 84 % de la
part des détenteurs de PCAA de tiers au Canada.

    Sachez d'abord, que, dès le début de la négociation, nous avons envisagé
de rendre publics les montants investis par la Caisse dans les PCAA de tiers.

    Cependant, nous avons rapidement constaté que nos vis-à-vis, les grandes
banques internationales, n'étaient pas prêts à divulguer l'information
nécessaire à la négociation des solutions.

    Devant l'extrême difficulté de ces pourparlers sur l'accès à
l'information, nous avons jugé, tout comme les autres membres du comité, qu'il
ne serait pas dans l'intérêt des investisseurs de divulguer nos propres
données et ce, tant que les négociations sur l'accès à l'information ne
seraient pas terminées et l'ensemble des paramètres connus. En d'autres mots,
il n'était pas question d'ouvrir notre jeu prématurément. Cela aurait affaibli
la position du comité, qui devait parler d'une seule voix dans cette
négociation cruciale pour le succès de la restructuration.

    Le comité s'est d'ailleurs imposé un cadre très strict pour le contrôle et
la confidentialité de l'information. Chaque investisseur et chaque trust
dévoilait son information de façon confidentielle à Ernst & Young, qui
agissait comme intermédiaire d'information entre les intervenants. Ernst &
Young fournissait l'information sous forme agrégée à J.P. Morgan, le
conseiller financier choisi par le comité.

    Pour illustrer la complexité de la situation, qu'il suffise de mentionner
que ces négociations avec les grandes banques internationales sur l'accès à
l'information se sont étalées sur deux mois, du 15 août dernier à la
mi-octobre.

    Cette longue période tient au fait que, dans l'entente de Montréal, les
investisseurs signataires ont conservé leurs droits de poursuite à l'encontre
des banques internationales et canadiennes. Or, pour négocier une solution
ordonnée, il fallait obtenir de l'information stratégique de la part des
banques signataires de l'entente, alors même que cette information pouvait
être utile à d'éventuels recours. C'était, pour utiliser un euphémisme, une
situation très compliquée.

    Une fois obtenue ces étapes franchies, la qualité de l'information fournie
par les banques a été analysée par les conseillers du comité Crawford, la
firme J.P. Morgan, qui nous a confirmé sa validité à la fin octobre.

    A la séance du conseil d'administration du 25 octobre dernier, le conseil
a réitéré la pertinence de respecter le cadre de reddition de comptes annuel
de la Caisse et l'entente avec le comité Crawford.

    Avec l'accord du conseil, j'ai cependant informé la ministre des Finances
que le président du conseil et moi étions disposés à rencontrer les membres de
la Commission des finances publiques s'ils le jugeaient opportun.

    La ministre a suggéré une telle invitation à l'Assemblée nationale, le
30 octobre. Nous avons reçu votre invitation le jeudi 22 novembre pour une
rencontre aujourd'hui.

    En résumé, du 15 août à la fin octobre, la Caisse ne pouvait pas envisager
une divulgation sans que cela présente un risque de nuire à la négociation et
à la protection de l'avoir des déposants et des membres du comité.

    D'ailleurs, il faut rappeler que sur les 17 membres du comité Crawford,
seulement quatre ont divulgué officiellement leur position dans le marché du
PCAA, soit la Banque Nationale, le Mouvement Desjardins, Alberta Treasury
Board Financial et Magna International. Ces quatre membres étaient obligés de
le faire en raison de diverses obligations s'appliquant à eux en particulier.

    Les questions de l'accès et de l'analyse de l'information étant maintenant
résolues, la direction et le conseil de la Caisse ont décidé de rendre publics
aujourd'hui le niveau de nos investissements dans le PCAA de tiers et le
niveau de notre exposition aux subprimes américains. Les membres du comité
Crawford ont été informés de cette décision et ne s'y sont pas objectés.

    Voyons maintenant les chiffres.

    A la fin de l'année 2006, l'actif total de la Caisse s'élevait à
207,9 milliards de dollars. Il était composé de l'actif net des déposants pour
un montant de 143,5 milliards de dollars et des actifs financés par emprunts
pour 64,4 milliards de dollars.

    Toujours au 31 décembre dernier, l'actif total était diversifié dans les
catégories de placement suivantes : les obligations, les actions publiques et
privées, les biens immobiliers, la dette immobilière et les fonds
d'investissement. Il incluait également des valeurs à court terme pour un
montant de 33,6 milliards de dollars, soit 16% de l'actif total. Ces valeurs à
court terme constituent les liquidités de la Caisse, c'est-à-dire des
placements réputés pour leur liquidité élevée et leur faible risque.

    La Caisse maintient des liquidités pour trois raisons principales.

    D'abord, pour satisfaire les besoins des déposants qui dans leurs
politiques de placement allouent une partie de leurs fonds à cette catégorie
de placement.

    Ensuite, être liquide permet d'agir rapidement et de profiter d'occasions
d'affaires pour le bénéfice des rendements des déposants.

    Enfin, les ventes de placements, l'encaissement de dividendes ou
d'intérêts et le résultat d'activités d'ingénierie financière viennent grossir
les liquidités de la Caisse.

    La Caisse gère centralement l'ensemble de ces liquidités, peu importe les
portefeuilles spécialisés d'où elles proviennent.

    Depuis le début de la crise, le PCAA de tiers ne fait plus partie des
liquidités de la Caisse. Malgré ce changement, la Caisse a pu reconstituer une
solide position de liquidité. L'agence de notation de crédit Standard & Poor's
a émis un communiqué le 28 septembre confirmant notre notation AAA et cette
forte liquidité. Les deux autres agences ont également été informées de la
situation et ont aussi maintenu leur cote AAA.

    Plus important encore, la Caisse poursuit la réalisation de son plan
d'affaires et possède les liquidités nécessaires pour profiter de toutes les
occasions d'investissement.

    La Caisse a investi au total 13,2 milliards de dollars dans le PCAA de
tiers. Ce montant peut sembler élevé. Il est d'ailleurs exact de dire qu'en
dollars, la Caisse est l'investisseur qui détient le plus de PCAA de tiers au
Canada. Mais en pourcentage de ses capitaux propres, si on la compare à ceux
qui ont rendu publiques leurs positions à ce jour, la Caisse est la moins
exposée. La Caisse n'a donc pas été le seul investisseur canadien à avoir une
stratégie accordant une place importante au PCAA de tiers.

    Maintenant, parlons des subprimes.

    Sur ce 13,2 milliards de dollars, l'exposition de la Caisse aux subprimes
représente un peu moins de 1 milliard de dollars.

    Ici, soyons clairs : ce n'est pas tout ce milliard de dollars exposé aux
subprimes qui fera éventuellement l'objet d'une provision.

    Actuellement, les provisions prises par les grandes banques
internationales se situent entre 30 % et 50 % de leur exposition aux
subprimes.

    En faisant l'hypothèse d'une provision aussi élevée que 50 %, cela
représenterait, dans le cas de la Caisse, une provision de 500 millions de
dollars. Une telle provision aurait un impact de 30 points centésimaux sur le
rendement de la Caisse, soit 0,3 %, ce qui n'est pas de nature à changer les
équilibres financiers de la Caisse et de ses déposants.

    Autre point de comparaison, la firme Goldman Sachs estimait dans une étude
récente que les provisions des grandes banques internationales pour leur
exposition aux subprimes américains étaient équivalentes à 8 % de leurs
capitaux propres. Pour la Caisse, comme je l'indiquais, ce ratio serait de
0,3 % de l'actif net au 31 décembre 2006.

    Le reste, soit 12,2 milliards de dollars, est constitué d'actifs de très
bonne qualité, tel que confirmé par les conseillers qui agissent pour le
compte du comité Crawford, la firme J.P. Morgan.

    Voyons maintenant un autre sujet important.

    Comme vous le savez, quelques sociétés ouvertes ont dû se prononcer
récemment sur la juste valeur des PCAA de tiers qu'elles détiennent. Il est
important de préciser que ces sociétés n'avaient d'autre choix que de le faire
maintenant compte tenu de l'obligation de divulguer publiquement leurs
résultats financiers et des principes comptables généralement reconnus du
Canada.

    Or, le moment de cette évaluation ne pouvait être plus mal choisi. Le
marché est en crise de liquidité et le comité Crawford n'a pas encore terminé
ses travaux.

    Il faut faire une nette distinction entre une évaluation qui accorde une
valeur de liquidation plutôt qu'une valeur de recouvrement à terme. C'est
nécessairement cette dernière qui doit s'appliquer pour un investisseur solide
disposé à attendre le remboursement des créances sous-jacentes lorsque rien ne
laisse croire que ce remboursement est menacé. La qualité des actifs est alors
le critère essentiel.

    Par exemple, plus du tiers des actifs de la Caisse ne sont pas liquides,
tels les placements privés et les biens immobiliers. Ces actifs ne sont pas
pour autant évalués à la valeur de liquidation.

    Jusqu'à maintenant, les investisseurs ayant un encours de PCAA de tiers
entre 0 et 10 millions de dollars ont comptabilisé des baisses de valeur entre
0 % et 40 %. Ceux détenant entre 10 et 100 millions de dollars ont provisionné
entre 0 % et 15,4 %. Ceux possédant un encours entre 100 millions de dollars
et 1 milliard de dollars ont pris une dévaluation qui varie entre 0 % et
19,3 %. La baisse de valeur pour les trois investisseurs possédant une
exposition directe supérieure à 1 milliard de dollars est de 6,5 %, 8,4 % et
25 %.

    Plusieurs facteurs expliquent ces écarts.

    - Premièrement, il y a le degré d'exposition aux subprimes.

    - Deuxièmement, il y a le fait que la restructuration du marché n'est pas
      complétée.

    - Troisièmement, la baisse de valeur comptabilisée par certaines
      institutions peut être plus importante compte tenu du fait qu'elles
      jouent simultanément plusieurs rôles dans le marché du PCAA :
      fiduciaires, distributeurs conseillers ainsi que fournisseurs d'actifs
      et de liquidités. Ce n'est pas le cas de la Caisse.

    - Et quatrièmement, il y a la diversification. En effet, contrairement à
      la Caisse, certains petits porteurs n'avaient pas le même degré de
      diversification entre les différents trusts, ce qui explique aussi les
      écarts observés.

    La Caisse fera donc l'évaluation de la juste valeur des PCAA de tiers au
31 décembre 2007 en fonction du contexte et des circonstances qui prévaudront
à ce moment. Maintenant qu'on connaît notre exposition aux subprimes il va
rester à faire l'évaluation des autres actifs au 31 décembre 2007. On va le
faire de façon rigoureuse, mais comme la qualité des actifs est démontrée et
que la Caisse est un investisseur patient, aucun des scénarios envisagés n'est
susceptible de provoquer des changements aux équilibres financiers des
déposants compte tenu, notamment, des sommes engrangées au cours des quatre
dernières années.

    Comme il le fait à chaque année, le Vérificateur général du Québec a déjà
déposé son plan de vérification pour l'année 2007 et la révision de
l'évaluation du PCAA en fait partie. L'ensemble des résultats vérifiés de la
Caisse pour l'année 2007 seront rendus publics en février 2008.

    Ici je souhaite mentionner que j'ai convenu avec les principaux déposants
que je leur communiquerais et que je rendrais publique aujourd'hui la
répartition du 13,2 milliards de dollars de PCAA de tiers dans leurs comptes
respectifs. Ces montants sont, de façon générale, dans des proportions proches
de leur poids relatif dans l'actif net de 143,5 milliards de dollars.

    Le total de 13,2 milliards de dollars de PCAA détenu dans les comptes des
différents déposants est ainsi réparti :

    RREGOP    4,0 milliards $
    RRQ       2,8 milliards $
    FARR      2,7 milliards $
    CCQ        854 millions $
    CSST       779 millions $
    RRPE       671 millions $
    SAAQ       634 millions $
    Autres     650 millions $

    Je veux au passage remercier les déposants pour leur appui continu à la
Caisse au cours des derniers mois, leur compréhension et leur patience. Je
sais pour avoir parlé aux représentants de plusieurs d'entre eux qu'ils ont
compris la situation et qu'ils supportent les actions de la Caisse dans ce
dossier.

    Cela dit, pourquoi, pourrait-on demander, la Caisse a-t-elle investi dans
cet instrument financier alors que d'autres investisseurs canadiens ne l'ont
pas fait?

    Rappelons que le marché des PCAA canadiens a deux composantes. Celui des
banques canadiennes est estimé à 83 milliards de dollars et celui des tiers
est évalué à 33 milliards de dollars.

    La Caisse, comme plusieurs autres investisseurs sophistiqués au Canada,
estimait qu'une crise de liquidité sur ce marché de plus de 116 milliards de
dollars était hautement improbable et ce, pour trois raisons.

    - Premièrement, une paralysie complète du marché des PCAA canadiens en
      raison d'une contamination provenant des subprimes américains était,
      sans être impossible, peu probable.

    - Deuxièmement, les banques internationales et canadiennes étaient
      censées fournir les liquidités nécessaires au marché dans une telle
      situation, ce qu'elles n'ont pas fait en vertu d'une certaine
      interprétation de la réglementation canadienne; cela aussi apparaissait
      peu probable.

    - Troisièmement, nous étions convaincus que si une des composantes du
      marché tombait en crise de liquidité, l'autre serait aussi touchée et
      qu'à cette taille de 116 milliards de dollars, la Banque du Canada
      fournirait les liquidités non seulement aux banques canadiennes mais
      également à l'ensemble du marché. Nous savons maintenant que la Banque
      du Canada a appuyé la composante bancaire du marché, mais qu'elle n'a
      pas pu appuyer le marché des tiers.

    D'ailleurs, le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Pierre Duguay,
affirmait dans un discours prononcé à Québec le 20 novembre dernier et je
cite : "Ces considérations soulèvent la question de savoir s'il ne
conviendrait pas mieux, pour réagir à certaines défaillances du marché, que la
banque centrale instaure un mécanisme d'octroi de liquidités à une échéance de
plus d'un jour, contre des garanties pouvant appartenir à une gamme élargie de
titres."

    Au-delà de la question des PCAA, je crois important de dire un mot sur
l'année en cours.

    Les rendements des caisses de retraite canadiennes en 2007 seront
fortement influencés par les quatre facteurs suivants : le renforcement du
dollar canadien vis-à-vis les principales devises mondiales, les effets de la
crise du crédit reliée aux prêts "subprime" aux Etats-Unis, l'extrême
volatilité des marchés financiers et enfin la crise de liquidité dans le PCAA
non bancaire au Canada.

    A titre d'exemple, les chiffres disponibles sur les rendements des caisses
de retraite au 3e trimestre de 2007 montraient que les stratégies de
protection face au taux de change étaient déterminantes pour l'année en cours.
Par exemple, la stratégie de couverture de change de la Caisse aura, à elle
seule, un impact positif de plusieurs milliards de dollars sur les résultats
de 2007.

    Il faudra évidemment attendre la fin de l'année pour mesurer exactement
l'effet des marchés et de l'ensemble des décisions de placement de la Caisse
en 2007, mais je demeure confiant à ce sujet.

    En terminant, je veux aborder une autre question soulevée par cette
situation, à savoir : "Est-ce que la Caisse prend trop de risque dans sa
gestion de fonds?".

    La réponse à cette question est rigoureusement non. En fait, au cours des
dernières années, la Caisse a, à la fois, pris moins de risque et obtenu de
meilleurs résultats.

    L'objectif de la Caisse est de produire de la valeur ajoutée, c'est-à-dire
une performance supérieure à celle que les marchés produisent seuls. La cible
de base de valeur ajoutée de la Caisse est de 90 points centésimaux. Depuis
1986, soit depuis 20 ans, la seule période de trois années consécutives au
cours de laquelle cette cible de valeur ajoutée a été dépassée et où la Caisse
s'est aussi classée dans le 1er quartile des grandes caisses de retraite
canadiennes a été la période de 2004 à 2006. Cela est montré dans le tableau
en annexe 1 du texte de cette déclaration. Cette performance historique a été
atteinte tout en réduisant le niveau de risque par rapport à nos pairs, comme
le démontre le graphique en annexe 2.

    Par conséquent, ce serait faux d'affirmer que la Caisse prend trop de
risque. Au contraire, elle réussit, en prenant moins, à produire de meilleurs
rendements que ses pairs canadiens.

    Je vous remercie de votre attention.


    Pour consulter les annexes 1 et 2, veuillez cliquer sur le lien suivant :
    http://files.newswire.ca/659/Caisse.doc
    




Renseignements :

Renseignements: Gilles des Roberts, (514) 847-2175


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.