Déclaration du chef national Phil Fontaine au sujet du budget fédéral : Les premières nations sont exclues d'un Canada "plus fort et meilleur" - Une autre occasion ratée : Les Premières nations sont encore bonnes dernières



    OTTAWA, le 20 mars /CNW Telbec/ - "Le budget d'aujourd'hui était censé
réserver quelque chose à tous les Canadiens, mais pour l'heure, les Premières
nations sont plus que déçues. Nous ne voyons aucune raison de croire que le
gouvernement se soucie des conditions honteuses dans lesquelles vivent les
Premières nations. Nous avons essayé de dialoguer et présenté un plan
rationnel pour régler ce problème. La seule chose qui y manque est un
engagement du gouvernement fédéral.
    Il est encourageant de voir ce gouvernement renouveler et augmenter ses
programmes là où les Premières nations réussissent fort bien, comme dans la
Stratégie relative à la justice applicable aux Autochtones et le programme
Partenariat pour les compétences et l'emploi des Autochtones. Pourtant, les
investissements prévus au budget 2007 ne correspondent vraiment pas à un plan
global. Même si nous nous réjouissons de voir les fonds réservés dans le
budget de l'année dernière confirmés en 2007 pour les logements dans les
réserves axés sur le marché de l'habitation, la question des besoins immédiats
de logements sociaux, plus importante, est restée sans réponse.
    Les Premières nations ont manifestement été laissées pour compte dans ce
Canada que le ministre des Finances dépeint comme étant "plus fort, plus
sécuritaire et meilleur".
    Le budget d'aujourd'hui vise avant tout à réduire les impôts et à
rembourser la dette nationale, mais il n'y est nullement question de régler
l'immense dette envers les Premières nations que représentent les
revendications territoriales en souffrance. J'aimerais rappeler à ce
gouvernement le titre d'un récent report du Sénat sur certaines
revendications : Négociation ou confrontation : le Canada doit choisir. Ce
titre veut tout dire.
    Je tiens d'ailleurs à encourager les chefs des Premières nations, en
particulier, les femmes et les enfants, à examiner attentivement le budget et
à transmettre leurs réactions au ministre des Affaires indiennes et au Premier
ministre. Je sais que de nombreux chefs régionaux ne manqueront pas de
formuler leurs propres commentaires.
    Les Canadiens croient en l'équité et estiment que personne ne devrait
être oublié en période de prospérité. Certains Canadiens accueilleront ce
budget avec satisfaction, mais nombreux sont ceux qui seraient alarmés s'ils
avaient une idée de ses effets dévastateurs sur les Premières nations, compte
tenu du peu d'attention qui leur est accordé. La frustration des Premières
nations ne cesse de croître, et ce budget ne fait rien pour apaiser leurs
craintes.
    Il est clair que la situation actuelle des peuples des Premières nations
est un mauvais point pour le Canada. Cet énorme fardeau pèse non seulement sur
les peuples des Premières nations, mais aussi sur tout le pays. Nous voulons
redresser cette situation et ainsi permettre aux Premières nations de
contribuer plus efficacement à la prospérité du Canada. Les Premières nations
doivent pouvoir créer des occasions et non continuer à les rater.
    Nulle part ailleurs le déséquilibre fiscal n'est plus évident que dans le
sous-financement criant de la santé, du bien-être des enfants, de l'éducation,
du logement et de l'infrastructure des Premières nations. Aucun autre citoyen
canadien n'a eu à endurer l'imposition d'un plafond de deux pour cent sur le
financement, qui existe depuis plus d'une dizaine d'années. Notre population
continue de croître, et l'écart de pauvreté ne cesse de se creuser. Le budget
d'aujourd'hui contribue au déséquilibre en accordant 39 milliards de dollars
sur sept ans aux provinces, sans qu'aucune attention du genre ne soit accordée
aux Premières nations.
    En novembre 2005, les Premières nations ont présenté un plan qui avait
été alors adopté à l'unanimité par les premiers ministres et les chefs
autochtones. En tant que député de l'opposition à l'époque, le ministre
Prentice avait alors déclaré : "la lutte contre la pauvreté des Autochtones
est le problème social le plus urgent auquel notre pays est aux prises... et,
en tant que conservateurs, nous estimons qu'il faut agir."
    Outre les investissements, qui revêtent une importance capitale, les
Premières nations de ce pays souhaitent obtenir un engagement envers un
changement structurel. L'Accord politique entre les Premières nations et la
Couronne fédérale sur la reconnaissance et la mise en oeuvre des gouvernements
des Premières nations (signé en mai 2005) propose une stratégie de retrait des
politiques et des structures en vigueur, lesquelles restreignent nos
communautés et condamnent nos peuples à la pauvreté.
    Le ministre Prentice s'était engagé à respecter ce processus établi au
titre dudit accord à l'occasion d'une réunion des Premières nations de la
Colombie-Britannique l'année dernière. Je l'exhorte à agir conformément aux
dispositions de l'Accord de manière à remplacer les procédures et les
politiques gouvernementales qui sont fondamentalement inadéquates.
    Nous avons attendu patiemment et longtemps que les choses bougent. Le
présent budget n'accorde assez de fonds que pour continuer à gérer la misère."

    Phil Fontaine
    Chef national
    Assemblée des Premières Nations

    L'Assemblée des Premières Nations est l'organisme national qui représente
les citoyens des Premières nations au Canada.




Renseignements :

Renseignements: Bryan Hendry, Directeur intérimaire des communications,
(613) 241-6789, poste 229, ou (613) 293-6106 (cell.), bhendry@afn.ca; Nancy
Pine, conseillère en communications - bureau du Chef national, (613) 241-6789,
poste 243, ou (613) 298-6382, npine@afn.ca


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