Déclaration d'experts en santé publique contre le chrysotile - La politique du deux poids, deux mesures



    MONTREAL, le 23 oct. /CNW Telbec/ - Vingt-cinq médecins et experts
québécois en santé publique ont fait état aujourd'hui d'une pétition dénonçant
l'utilisation du chrysotile. Cette charge à fond de train qui épargne les
produits de substitution et le commerce d'autres produits toxiques se produit
à la veille d'une réunion de l'ONU à Rome pour discuter de la Convention de
Rotterdam sur les matières dangereuses. "Décidément, les experts savent se
draper de bons sentiments au bon moment. Sous le couvert de la protection de
la santé publique, ces experts amplifient une campagne qui amalgame le
chrysotile et les autres fibres d'amiante, des fibres fort différentes
lorsqu'il s'agit de biopersistance. Ils passent également sous silence la
dangerosité des produits de substitution dont on connaît peu de choses. Ils
font enfin abstraction de tout le savoir et l'expertise que les travailleurs
ont développés dans les mines pour extraire le chrysotile et l'utiliser de
façon sécuritaire. C'est la politique du deux poids, deux mesures dans toute
sa splendeur", a déclaré Daniel Roy, directeur québécois du Syndicat des
Métallos (FTQ).
    "Pourquoi s'acharner sur une fibre que nous maîtrisons alors que la
population est exposée régulièrement à plus de 2 800 substances
potentiellement dangereuses dont 835 sont cancérigènes. L'Agency for toxic
substances and disease registry des Etats-Unis classe l'amiante chrysotile au
119e rang quant à sa toxicité, devancée par le plomb, le béryllium, le cobalt,
le méthane et le nickel. D'ailleurs, où étaient ces mêmes experts lorsque nous
avons dénoncé en décembre 2007 l'importation de jouets toxiques au plomb, une
substance pourtant plus dangereuse? Les médecins parlent des malades atteints
d'amiantose. Nous connaissons cette terrible réalité car nous nous sommes
battus il y a fort longtemps pour des mesures de prévention et de sécurité.
Nous avons défendu ceux et celles qui ont été atteints. Ceux et celles qui
meurent aujourd'hui sont ceux et celles qui ont travaillé dans les mines où
les conditions d'hygiène était absolument déplorables ou ceux et celles qui
sont exposées lors d'opérations non sécuritaires de déflocage dans les
édifices. Dans les mines où l'on extrait le chrysotile, il y a les mesures de
prévention les plus avancées au monde et il n'y a plus de décès liés à
l'amiantose. Pourquoi ces experts n'en parlent-t-ils pas?", a fait valoir
Daniel Roy.

    Resserrer les normes de sécurité dans le commerce international

    "Les experts en santé publique semblent se préoccuper des questions de
commerce international. Nous en sommes très heureux. Nous aurions aimé les
entendre lors des débats entourant la mondialisation et le commerce
international. Où étaient-ils lors du Sommet de Québec lorsque le mouvement
syndical et les altermondialistes ont réclamé un commerce international
réglementé? Nous sommes préoccupés par les questions de l'environnement. Le
Québec et le Canada ont adopté les normes les plus élevées sur la planète et
se sont donnés comme objectif de les enseigner ailleurs dans le monde.
Plusieurs pays producteurs comme la Russie, l'Ukraine, le Brésil, etc. ont mis
sur pied des Instituts du chrysotile comme celui qui existe au Québec. La
situation est paradoxale pour les tenants du bannissement. Si l'extraction et
l'utilisation du chrysotile disparaissent au Québec, d'autres pays prendront
le relais. Auront-ils la même préoccupation que nous avons de suivre le
produit partout dans le monde pour s'assurer du respect des normes
sécuritaires d'utilisation ?", s'est interrogé le directeur québécois des
Métallos.

    Qu'en est-il des produits de substitution ?

    Daniel Roy a aussi parlé des produits de substitution dont les experts
n'ont pas dit un traître mot. "Nous reconnaissons, dit-il, comme la communauté
scientifique, que le chrysotile fait partie d'une vaste gamme de produits
naturels ou synthétiques qui comportent un danger pour l'être humain. Mais,
nous croyons que nous devons apprendre à manipuler ces produits de façon
sécuritaire. La position des travailleurs miniers de Thetford Mines est basée
sur l'expérience. Plutôt que de prendre des risques avec des produits que l'on
connaît mal, pourquoi ne pas continuer d'utiliser un produit connu et que l'on
contrôle? Plusieurs fibres de remplacement de l'amiante chrysotile comme les
fibres artificielles, les fibres réfractaires de céramique, les fibres de
laine isolante et les fibres de laine de roche sont très mal connues. Elles
sont soupçonnées d'être cancérigènes. Il n'y a aucune étude épidémiologique de
longue durée permettant de déterminer leur niveau de toxicité".

    Biopersistance

    En conclusion, le directeur québécois rappelé que des études sérieuses
ont permis de progresser dans notre connaissance de cette substance vouée aux
gémonies par une kyrielle d'experts, supporters de facto des produits de
substitution. Par exemple, selon le Dr David M. Bernstein, un spécialiste en
toxicologie dont les recherches s'appuient sur plusieurs études effectuées au
cours des dix dernières années sur la biopersistance respective tant de
l'amiante chrysotile que de l'amiante amphibole dans les poumons, il existe
des différences significatives entre ces deux fibres. " Après son inhalation,
explique-t-il, la fibre du chrysotile est plus rapidement évacuée des poumons
contrairement aux autres fibres d'amiante aujourd'hui interdites. Une étude
toxicologique fait état d'une expérience au cours de laquelle des animaux ont
été exposés pendant 90 jours à des fibres du chrysotile avec une norme
500 fois plus élevée que celle communément acceptée d'une fibre par
centimètre cube. En même temps, d'autres animaux ont été exposés pendant
cinq jours à des amphiboles. Ils ont développé des pathologies sévères alors
que ceux qui avaient été exposés aux fibres du chrysotile avaient un état de
santé semblable à ceux qui n'avaient pas été exposés à l'une ou l'autre des
fibres".




Renseignements :

Renseignements: Daniel Roy, Syndicat des Métallos (FTQ), (514) 850-2240


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