Déclaration de Ken Lewenza, président des TCA, en réponse à la lettre de Robert Nardelli et Tom LaSorda aux travailleurs de Chrysler



    PORT ELGIN, ON, le 17 avr. /CNW/ - La semaine écoulée a donné lieu à une
série sans précédent et inadmissible d'attaques à l'encontre des travailleurs
de l'automobile du Canada et de leur syndicat. L'un après l'autre, des patrons
de l'industrie et des leaders politiques, dans un effort manifestement
concerté, ont dénoncé le rôle des TCA dans le processus de restructuration de
l'industrie automobile et demandé que nous acceptions des concessions allant
jusqu'à 19 $ l'heure, sous peine de faire face à des pertes d'emplois massives
et à une dislocation économique.
    Il y a eu d'abord les interventions de Sergio Marchionne, chef de la
direction de Fiat, de Tony Clement, ministre fédéral de l'Industrie, et de
Reid Bigland, chef de la direction de Chrysler Canada. La lettre de Robert
Nardelli et Tom LaSorda, diffusée aujourd'hui dans les usines de Chrysler -
tentative claire d'écarter les TCA et de miner leur représentativité - est la
démarche la plus offensante jusqu'à maintenant.
    Permettez-moi de rappeler à ces leaders d'affaires et politiques, ainsi
qu'au public en général, certains faits essentiels de ce débat :

    
    -  Le Canada a été jusqu'ici incroyablement bon et rentable pour
       Chrysler. En plus d'y avoir réalisé des milliards de dollars de
       profits au cours des dernières décennies, l'entreprise bénéficie d'une
       situation réellement enviable au Canada. Dans ses usines canadiennes,
       Chrysler affiche des coûts horaires de main-d'oeuvre sensiblement
moins
       élevés et une productivité du travail plus élevée que dans ses usines
       américaines. L'entreprise a une très forte part de marché parmi les
       consommateurs canadiens (en fait, en février, Chrysler a vendu pour la
       première fois de son histoire plus de véhicules au Canada que
       n'importe quel autre constructeur automobile). Les services de santé,
       les infrastructures, le système d'éducation et les installations de
       recherche du Canada ont été, et demeurent, d'immenses atouts pour
       cette entreprise. Les Canadiens méritent mieux que d'être menacés par
       une entreprise qui a réalisé ici des milliards de dollars de profits.

    -  Loin d'être "inflexibles" et "intransigeants", les TCA ont été
       proactifs, créatifs et constructifs dans leur réponse à la crise
       financière qui s'est abattue sur notre industrie. En mai 2008, nous
       avons négocié une convention de façon anticipée, plusieurs mois avant
       l'échéance, qui a permis à l'industrie d'économiser 300 millions de
       dollars par année. Puis, en mars de cette année, répondant à
       l'exigence du gouvernement selon laquelle nous devions "faire partie
       de la solution", nous avons de nouveau négocié l'entente (pour la
       deuxième fois en dix mois). Nous nous sommes entendus avec GM sur des
       mesures qui réduiront de plusieurs dollars le coût horaire de la main-
       d'oeuvre active et qui élimineront un milliard de dollars en coûts
dits
       "hérités". GM elle-même a confirmé que cette entente répondait à
       l'objectif de préserver l'avantage canadien en matière
       d'investissements. Nos coûts de main-d'oeuvre demeureront
inférieurs à
       la moyenne de tous les fournisseurs présents sur le marché nord-
       américain. Et en plus, notre productivité est systématiquement
       supérieure.

    -  Cependant, chaque fois que nous négocions une nouvelle entente, la
       barre est placée plus haut par des entreprises qui voient une occasion
       de saper à long terme la crédibilité et l'influence du syndicat. Nous
       aurions pu conclure avec Chrysler, avant l'échéance initiale du 31
       mars, une nouvelle entente avantageuse qui aurait procuré
       d'importantes économies à l'entreprise (y compris des gains de
       productivité et des changements opérationnels propres à Chrysler,
       d'une valeur de plusieurs dollars l'heure). Toutefois, l'entreprise,
       après avoir accepté nos offres, en voulait toujours plus; avec
       l'annonce du président Obama le 30 mars, nos discussions ont été mises
       en veilleuse.

    -  Maintenant, nous risquons de voir notre propre gouvernement fédéral
       s'immiscer dans nos négociations, qui étaient en soi déjà complexes et
       difficiles. Le gouvernement fédéral s'est allié aux employeurs pour
       réclamer exactement les mêmes concessions. Il est profondément
       troublant de voir notre propre gouvernement se faire l'écho de
       demandes difficiles faites par des dirigeants d'entreprises
       multinationales à des Canadiens qui travaillent fort et qui paient des
       impôts. Pire encore, en prenant clairement parti dans des négociations
       privées entre un employeur et le syndicat et, ainsi, en encourageant
       l'entreprise à continuer d'en demander davantage, le gouvernement
       fédéral rend plus difficile la conclusion d'une entente.

    -  Nous rejetons l'allégation de Chrysler selon laquelle le travail des
       membres des TCA coûte 76 $ l'heure. C'est un chiffre gonflé et
       artificiel qui inclut de nombreux facteurs non pertinents, comme les
       dépenses associées à des retraités qui ne travaillent plus chez
       Chrysler depuis des années et les charges sociales qui sont payées au
       gouvernement, non aux travailleurs. Mais l'élément peut-être le plus
       renversant, c'est que le chiffre de Chrysler inclut même le coût
       proportionnel des interruptions de production et des mises à pied.
       Essentiellement, on nous "impute" les coûts de notre propre chômage.
       La meilleure façon de réduire ce chiffre artificiel de 76 $ est de
       remettre les travailleurs de Chrysler au travail : cette seule mesure
       réduirait les coûts horaires de plusieurs dollars.

    -  D'aucune façon, nous n'acceptons l'allégation selon laquelle il existe
       un écart de coûts pouvant atteindre 19 $ l'heure entre nos
       installations et les usines d'assemblage automobile non syndiquées du
       Canada. Les dirigeants canadiens de Toyota et de Honda ont plusieurs
       fois énoncé leur stratégie consistant essentiellement à égaler les
       salaires, les pensions et les avantages sociaux de base offerts dans
       les usines représentées par les TCA (en tant qu'élément clé de leurs
       efforts à long terme pour éviter la syndicalisation).

    -  Rappelons-le : la restructuration de Chrysler et des autres
       entreprises est un processus complexe, avec des enjeux de taille.
       L'avenir de Chrysler sera décidé, au bout du compte, par les porteurs
       d'obligations (qui ont encore à faire quelque concession que ce soit)
       et les gouvernements. Plus nous cédons de terrain, moins les porteurs
       d'obligations et autres intéressés devront se sacrifier.

    -  Les TCA, leurs antécédents le démontrent, ont fait en sorte que les
       usines canadiennes soient concurrentielles en Amérique du Nord. Ce
       n'est pas par hasard que le Canada a attiré plus que sa part de
       nouveaux investissements et que, en fait, notre part de la production
       totale du continent s'est accrue ces dernières années (malgré les
       difficultés générales de l'industrie). Nous travaillerons à défendre
       les intérêts des travailleurs de l'automobile du Canada - aussi bien
       syndiqués que non syndiqués (car, rappelons-le, toute réduction des
       salaires et des avantages sociaux des TCA se traduira rapidement en
       compressions équivalentes des salaires et des avantages sociaux chez
       Toyota et Honda). Nous veillerons à préserver l'avantage offert par
       les usines canadiennes au chapitre des investissements. Si Chrysler ou
       toute autre entreprise se place sous la protection de la loi sur les
       faillites (perspective de plus en plus probable compte tenu de
       l'impasse avec les porteurs d'obligations aux Etats-Unis), ce ne sera
       pas à cause de nous.
    




Renseignements :

Renseignements: Shannon Devine, communications, Syndicat des TCA, (416)
302-1699 (cell.), ou John McClyment, (416) 315-3202 (cell.)

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