Décès de Mmes Audrey et Noémi Bélanger - Dépôt des rapports de la coroner

QUÉBEC, le 2 mars 2015 /CNW Telbec/ - Le Bureau du coroner annonce le dépôt des rapports de la coroner, Dre Renée Roussel, au sujet des décès de Mmes Audrey et Noémi Bélanger. Résidentes de Pohénégamook, les deux sœurs sont décédées le 13 juin 2012 dans une chambre de l'hôtel Phi Phi Palms Residence, en Thaïlande.

Circonstances des décès

Respectivement âgées de 20 et 25 ans, Audrey et Noémi Bélanger avaient planifié un voyage d'une durée d'un mois en Asie du Sud-Est. Vers la fin de leur périple, le 12 juin 2012, elles se rendent à l'hôtel Phi Phi Palms Residence, dans l'archipel des îles Phi Phi, dans le sud de la Thaïlande. Elles y louent et paient une chambre pour une nuit.

Le soir venu, elles sortent faire la fête avec deux amis brésiliens rencontrés au cours de leur voyage. Les caméras de surveillance ont permis de savoir que les quatre amis sont rentrés à l'hôtel vers 1 h; deux se sont rendus dans la chambre des filles et les deux autres dans la chambre des garçons. Vers 4 h, Noémi rejoint sa sœur dans leur chambre. Les deux jeunes femmes n'apparaîtront plus à la caméra par la suite.

Le 15 juin 2012, sans nouvelles des filles depuis deux jours, des membres du personnel de l'hôtel décident d'ouvrir la porte de leur chambre. Ils aperçoivent Audrey et Noémi chacune dans leur lit, inertes et probablement décédées. Plusieurs traces de vomissement sont notables. La police est avisée et des agents arrivent sur les lieux.

Autopsies et analyses toxicologiques en Thaïlande

Au moment de la découverte des corps, les policiers en ont effectué un examen externe sur place et ont recueilli différents prélèvements sur les objets et surfaces de la chambre. Des autopsies ont été réalisées à Bangkok le 19 juin, soit quatre jours plus tard, et n'ont révélé aucune trace de violence ou de traumatisme pouvant expliquer le décès.

Les analyses toxicologiques produites à partir des échantillons biologiques et des prélèvements de la chambre ont mis en évidence du diéthyltoluamide (DEET), un produit chimique couramment utilisé au Canada et dans le monde pour éloigner les insectes piqueurs, et d'autres produits jugés sécuritaires pour les humains. Le médecin légiste thaïlandais a ainsi conclu à deux décès par intoxication au DEET.

Autopsies et analyses toxicologiques au Québec

D'autres autopsies ont été pratiquées le 22 juin 2012 par un pathologiste du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale (LSJML) à Montréal. Quoique limitées par la mauvaise conservation des corps avant l'embaumement et les artéfacts des premières autopsies, elles ont confirmé l'absence de traumatisme pouvant expliquer le décès.

Une expertise toxicologique a de plus été faite au LSJML sur le sang, les organes et les échantillons prélevés sur les effets personnels des deux sœurs. Longue et exhaustive, la recherche s'est avérée négative pour de très nombreux médicaments et drogues. Elle a également été infructueuse pour plus de 32 métaux inorganiques, plus de 67 produits volatils et plus de 700 autres substances parmi les fongicides, insecticides, herbicides et pesticides, dont la phosphine. Ne furent détectées au final que des traces de DEET et de proguanil, un produit contre le paludisme acheté par les deux jeunes femmes avant leur départ.

Cause de décès la plus probable : l'intoxication

Le fait que les deux sœurs ont été très malades en même temps et qu'elles semblent avoir présenté les mêmes symptômes avec la même funeste conséquence porte la coroner et ses partenaires scientifiques à croire qu'elles ont souffert du même problème de santé, fort probablement une intoxication.

Dre Roussel n'est toutefois pas d'accord avec la conclusion du médecin légiste thaïlandais quant à la substance en cause, à savoir le DEET. La concentration notée dans le rapport de son collègue n'est pas du tout toxique et encore moins mortelle selon la littérature; elle correspond tout juste à ce qu'on trouverait dans le sang d'une personne qui aurait tout simplement appliqué un insectifuge à base de ce produit sur sa peau.

La phosphine soupçonnée

Selon des toxicologues, peu de substances ont la capacité de tuer rapidement en ne laissant pratiquement aucune trace dans l'environnement ou dans l'organisme. La phosphine fait partie de ce groupe restreint. Peu dispendieuse, très efficace et, semble-t-il, largement disponible en Asie, la phosphine est un pesticide qui tue tout ce qui vit, tout ce qui respire. Officiellement, la phosphine serait interdite pour la fumigation des chambres d'hôtel en Thaïlande, mais dans les faits, il se pourrait qu'on en fasse quand même l'usage.

Un neuropathologiste a étudié les tissus cérébraux de Mmes Bélanger. Notant des lésions par manque aigu d'oxygène dans le cerveau, il affirme que « des études réalisées en post mortem sur le cerveau d'individus et d'animaux décédés d'une intoxication aiguë à la phosphine montrent de tels changements anoxiques, et aucune pathologie vasculaire, à l'examen neuropathologique du cerveau de la victime, ne permet d'expliquer la survenue de tels changements ». Sans confirmer une exposition à la phosphine, cet avis est tout à fait compatible avec une telle hypothèse.

Autres décès semblables

Depuis 2009, une vingtaine de touristes occidentaux sont décédés dans des circonstances similaires dans des pays en Asie du Sud-Est, dont deux dans l'archipel des îles Phi Phi en 2009 après avoir présenté les mêmes signes et symptômes que les sœurs Bélanger. Ces décès n'ont jamais été expliqués mais les autorités des pays des ressortissants tendent tous à incriminer de plus en plus la phosphine.

Conclusion

Audrey et Noémi Bélanger ont très probablement été mortellement intoxiquées par une substance qui n'a malheureusement pas pu être identifiée formellement, résume Dre Roussel. Les nombreux éléments circonstanciels soumis à son attention ainsi qu'à celle des experts du LSJML les portent à croire que l'intoxication serait d'origine environnementale (probablement un pesticide), accidentelle et probablement causée par la phosphine.

Recommandation

Afin de protéger les voyageurs à destination des pays d'Asie du Sud-Est, la coroner Roussel recommande au Comité consultatif québécois sur la santé des voyageurs de l'Institut national de santé publique du Québec de se pencher sur l'élaboration de mesures visant la sensibilisation :

  • aux dangers mortels que peuvent constituer certains pesticides pouvant être présents dans les chambres d'hôtel;
  • à la façon de s'en prémunir en décelant rapidement la substance ou en reconnaissant les symptômes d'intoxication;
  • à la façon de réagir s'il y a intoxication.

Les rapports complets de la coroner sont disponibles sur le site Internet du Bureau du coroner (www.coroner.gouv.qc.ca).

Source :        
Geneviève Guilbault
Responsable des communications et des relations avec les médias
1 888 CORONER, poste 20225
genevieve.guilbault@coroner.gouv.qc.ca

 

SOURCE Bureau du coroner

Renseignements : Geneviève Guilbault, Responsable des communications et des relations avec les médias, 1 888 CORONER, poste 20225, genevieve.guilbault@coroner.gouv.qc.ca

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