DECES DE DEUX NOURRISSONS - MISE EN GARDE AUX PARENTS CONTRE LA PRATIQUE DU CO-SLEEPING



    QUEBEC, le 6 juin /CNW Telbec/ - Le Bureau du coroner présente les
conclusions des rapports des coroners, Me Catherine Rudel-Tessier et
Dr Jacques Robinson, à la suite des investigations tenues pour éclaircir les
causes et les circonstances des décès de deux bébés, survenus les 12 janvier
et 24 août 2007. Dans les deux cas, les nourrissons, des enfants en santé,
sont décédés à la suite d'une asphyxie positionnelle de type "co-Sleeping".
Ces décès s'ajoutent aux 7 autres survenus dans les mêmes circonstances déjà
répertoriés par le Bureau du coroner entre 2000 et 2006.
    Les coroners s'unissent donc aujourd'hui afin de mettre en garde les
nouveaux parents des dangers que court leur bébé s'il dort avec eux.
    Au Québec, un ouvrage publié par l'Institut national de santé publique du
Québec (INSPQ) "Mieux vivre avec notre enfant de 0 à 2 ans" est,
systématiquement et gratuitement, remis par les centres hospitaliers et les
maisons de naissance aux nouvelles familles. Dans ce guide pratique pour les
mères et les pères, un chapitre est consacré à la question du sommeil du
nourrisson. L'INSPQ y reprend les recommandations de la Société canadienne de
pédiatrie qui, se basant sur les données scientifiques disponibles, recommande
que, pendant la première année de vie, le lieu de sommeil le plus sécuritaire
pour le nourrisson est sa propre couchette, installée dans la chambre de ses
parents pendant les six premiers mois.
    Toutefois, le guide québécois fait également mention des stimulis
olfactifs, tactiles, auditifs, visuels et thermiques produits par les parents
durant leur sommeil et qui seraient bénéfiques au nourrisson. Quoiqu'il soit
également fait mention des conditions nécessaires à la sécurité du bébé et
quoique le guide souligne que cette pratique du co-sleeping peut augmenter les
risques de mort subite du nourrisson, le message qu'il transmet n'est pas
celui de décourager les parents qui préfèrent faire dormir leur bébé avec eux
lors des ses premiers mois de vie.
    Or comme l'a déjà souligné le coroner, Dr Paul G. Dionne, dans un rapport
de 2006, les bénéfices du co-sleeping sont imprécis et discutés dans la
littérature, alors que les risques qui y sont associés, eux, sont réels et
documentés.
    Les coroners Robinson et Rudel-Tessier considèrent que ces neuf décès de
bébés en santé étouffés par leurs parents dans leur sommeil doivent servir à
mettre en garde les jeunes familles contre les dangers liés au co-sleeping.
Ils recommandent qu'une meilleure information soit donnée à celles-ci.

    
                               RECOMMANDATIONS

    Afin de préserver des vies humaines, la coroner, Me Catherine
Rudel-Tessier recommande :

    A l'Institut de santé publique du Québec

    - de revoir le chapitre de leur guide Mieux vivre avec notre enfant de
      0 à 2 ans qui traite du sommeil;
    - de modifier son contenu afin de rendre compte des décès de nourrissons
      survenus au Québec dans les dernières années et qui ont été associés à
      cette pratique du co-sleeping ;
    - de mettre en garde les parents contre les risques qu'ils font courir à
      leur enfant s'ils le font dormir dans leur lit.

    A l'Association québécoise d'établissements de santé et de services
sociaux :

    - de s'assurer que ses membres offrent aux nouveaux parents tous les
      conseils nécessaires pour qu'ils assurent à leurs nourrissons un
      sommeil sécuritaire.

    Pour sa part, Dr Jacques Robinson recommande

    - que l'Association Québécoise d'établissements de santé et de services
      sociaux, s'assure que les parents qui quittent les centres hospitaliers
      avec leur nouveau-né soient informés des risques de "Co-sleeping";
    - que les CLSC donnent l'information aux mères lors des visites
      postnatales;
    - que le Ministère de la Santé et des Services Sociaux, la Santé
      publique, l'Association Canadienne de Pédiatrie et l'Association des
      pédiatres du Québec conjuguent leurs efforts pour sensibiliser les
      parents ainsi que les intervenants qui oeuvrent auprès des parents de
      façon à promouvoir un environnement de sommeil sécuritaire.


                                   ANNEXE
     Recommandations pour créer un environnement de sommeil sécuritaire

    La compréhension de la dynamique familiale et des raisons qui poussent la
famille à choisir un environnement de sommeil donné, de même que la
sensibilisation aux pratiques dangereuses de partage du lit, sont des éléments
importants à souligner au moment d'orienter les parents dans l'organisation du
sommeil. Aucun environnement de sommeil n'est tout à fait dénué de risque,
mais il reste beaucoup à faire pour renseigner les parents afin qu'ils offrent
des environnements de sommeil plus sécuritaires à leur nourrisson. Les
conseils donnés doivent découler des données fondées sur des faits probants
disponibles. D'après ces données, le nourrisson qui dort dans sa propre
couchette est beaucoup plus en sécurité que lorsqu'il partage un lit.
    D'après les données scientifiques disponibles, la Société canadienne de
pédiatrie recommande que, pendant la première année de vie, le lieu de sommeil
le plus sécuritaire pour le nourrisson soit sa propre couchette, installée
dans la chambre de ses parents pendant les six premiers mois. Toutefois, la
Société canadienne de pédiatrie convient que certains parents choisiront
malgré tout de partager leur lit avec leur enfant. Compte tenu de ces mises en
garde, les recommandations suivantes sont proposées, même si aucune étude
aléatoire ne peut être exécutée pour en mesurer les répercussions potentielles
sur la réduction de l'incidence de décès subits et inattendus de nourrissons.

    - Les nourrissons devraient dormir sur le dos, dans une couchette
      respectant les normes de sécurité du gouvernement canadien (46). C'est
      l'organisation du sommeil recommandée pendant la première année de vie,
      dans toutes les situations.
    - L'environnement de sommeil du nourrisson ne devrait pas comprendre de
      courtepointe, de douillette, de contour coussiné, d'oreiller ou d'objet
      ressemblant à un oreiller. Il faudrait envisager de vêtir le nourrisson
      d'une combinaison de nuit pour éliminer le besoin de couvertures, à
      part un drap léger.
    - Les parents devraient également être informés que le partage de la
      chambre protège de la MSN (mort subite du nouveau-né) et que ce type
      d'organisation du sommeil est plus sécuritaire que le partage du lit.
      Ce peut être particulièrement attrayant pour les mères qui allaitent et
      qui veulent garder leur bébé près d'elles sans partager la même surface
      de lit.
    - Des conseils efficaces pour prévenir le tabagisme de la mère devrait
      commencer au début de la grossesse et, idéalement, bien avant.

           - Les mères qui fument pendant leur grossesse devraient être
             informées que leur nourrisson sera plus vulnérable à la MSN.
             L'exposition passive à la fumée secondaire s'associe également à
             une augmentation du risque de MSN.
           - En cas d'exposition au tabagisme, avant ou après la naissance,
             le risque de MSN augmente avec le partage du lit.

    - Dans les hôpitaux, les mères ne devraient pas être autorisées à dormir
      dans le même lit que leur nourrisson en raison des effets de la
      faiblesse ou de la fatigue postpartum, de l'analgésie ou de la
      postanesthésie. Cette politique permettra également d'éduquer les
      parents quant aux pratiques de sommeil sécuritaires. Cependant, en
      aucun cas ces directives ne devraient compromettre l'interaction entre
      la mère et son nourrisson, nécessaire pour l'amorçage d'un allaitement
      réussi.
    - Les parents ne devraient pas installer leur nourrisson sur un lit
      d'eau, un matelas soufflé, un oreiller, des tissus mous ou de la
      literie défaite, même s'il s'agit d'un lit temporaire (pendant des
      déplacements, par exemple). Les sièges d'auto et les porte-bébés ne
      devraient pas remplacer la couchette, en raison du risque d'obstruction
      des voies respiratoires supérieures par les sangles du harnais.
    - Dormir avec un nourrisson ou laisser le nourrisson dormir seul sur un
      divan, un fauteuil inclinable ou une chaise coussinée est une pratique
      dangereuse qui fait courir au nourrisson un risque important d'asphyxie
      ou de suffocation. Les lits improvisés sont également dangereux.

    Source : Société Canadienne de Pédiatrie (www.cps.ca)
    
    -%SU: INF
    -%RE: 1




Renseignements :

Renseignements: Anne-Marie Lessard, Responsable des communications,
(418) 643-1845, poste 225, anne-marie.lessard@msp.gouv.qc.ca


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.