Crise en pharmacie hospitalière - Les pharmaciens d'hôpitaux votent massivement en faveur des moyens de pression



    
    Rappel des faits saillants :

    - Plus de 200 pharmaciens manquent dans les hôpitaux. C'est 1 pharmacien
      sur 5. Toutes proportions gardées, cela représente une pénurie 4 à
      5 fois plus sévère que celle des infirmières.

    - Dans cinq ans, le déficit sera de 600 pharmaciens. Or, il faut six ans
      pour former un pharmacien d'hôpital.

    - La profession est aux prises avec une crise aigue de la relève. Année
      après année, les deux tiers des nouveaux pharmaciens nécessaires dans
      le réseau manquent à l'appel. Il en faudrait 100 par année selon le
      ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Or, moins de
      50 finissants au baccalauréat s'inscrivent au programme de pharmacie
      hospitalière. Et après 3 ans sur le marché du travail, environ
      35 seulement sont toujours en poste dans un hôpital.

    - Le gouvernement a laissé la situation pourrir. Il a laissé un écart
      salarial insoutenable se développer entre les pharmaciens d'hôpitaux et
      les pharmaciens de pratique privée. Inexistant en 1995, l'écart est
      maintenant de 30 %. Résultat : la relève n'est plus intéressée et les
      finissants en pharmacie tournent le dos au programme en pharmacie
      d'hôpital qui exige deux années d'études supplémentaires.

    - En septembre dernier, le gouvernement a fait volte-face quant à la mise
      en place de solutions véritables à court terme pour rétablir une
      rémunération compétitive par rapport à celle offerte aux pharmaciens
      salariés des pharmacies privées, reportant encore une fois à plus tard
      les discussions, comme c'est le cas depuis 10 ans.

    - En 2006-2007, le pourcentage d'heures supplémentaires effectuées par
      les pharmaciens d'hôpitaux est près de deux fois plus élevé que celui
      de l'ensemble des employés du réseau, une situation qui accroît le
      risque d'erreurs médicamenteuses.
    

    MONTREAL, le 30 oct. /CNW Telbec/ - Outrés par la récente volte-face du
gouvernement qui refuse de mettre en place maintenant des solutions à la grave
crise de relève qui les touche durement, 399 pharmaciens hospitaliers du
Québec se sont réunis en assemblée générale spéciale hier soir à
Drummondville. Dans une proportion de 98,7 %, ils ont voté en faveur du plan
de moyens de pression proposé par leur association. Ce faisant, ils lancent un
cri d'alarme au gouvernement quant à l'urgence de reconnaître la sévérité de
la pénurie et de la crise de relève qui affectent leur profession. Les moyens
de pression n'affecteront pas les soins aux patients, mais ciblent plutôt des
activités que réalisent les pharmaciens en sus de leur rôle premier dans les
hôpitaux.
    "Ce que nous demandons au gouvernement, c'est de donner maintenant à la
profession les moyens d'attirer une relève. C'est de revenir à la table de
négociations pour convenir de solutions véritables à l'écart de rémunération
qui dissuade les étudiants de choisir la pratique en milieu hospitalier", a
déclaré le président de l'Association des pharmaciens des établissements de
santé du Québec (A.P.E.S.), M. Charles Fortier.

    Des moyens de pression cohérents

    Les pharmaciens d'hôpitaux réunis en assemblée générale ont mandaté le
conseil d'administration de leur association de déclencher les moyens de
pression au moment jugé opportun. Ainsi, à compter d'aujourd'hui et pour une
période indéterminée, ils se retirent de nombreux comités administratifs et
comités d'experts auxquels ils siègent.
    Les pharmaciens d'hôpitaux s'absentent donc de comités axés sur
l'évaluation de thérapies spécialisées. Ces comités incluent, notamment, des
groupes de travail relevant du Conseil du médicament, qui établit la liste des
médicaments couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec. Ils se
retirent aussi de comités tels que celui sur le Dossier santé du Québec, qui
vise l'informatisation des dossiers patients, ainsi que des comités locaux,
régionaux et provinciaux portant sur l'implantation des systèmes automatisés
et robotisés de distribution des médicaments (SARDM).
    Les pharmaciens d'hôpitaux cessent par ailleurs de siéger aux comités
régionaux sur les services pharmaceutiques (CRSP). Les CRSP sont chargés de
voir à l'organisation des soins et services pharmaceutiques dans les
16 régions administratives du Québec. Par exemple, ils sont responsables de
l'évaluation des effectifs et des besoins sur le territoire. Ils sont
également chargés d'élaborer des protocoles, notamment pour la prise en charge
de clientèles particulières, par exemple des patients traités en
anticoagulothérapie, ainsi que pour assurer le transfert adéquat des patients
entre la pharmacie de l'hôpital et la pharmacie privée après une
hospitalisation.
    "Les mesures que nous privilégions vont retarder, voire paralyser de
nombreux projets en cours, mais elles n'affecteront pas les soins et services
aux patients. Au contraire, elles devraient favoriser une réduction des heures
supplémentaires et aussi permettre aux pharmaciens d'hôpitaux de se concentrer
davantage sur les soins qu'ils parviennent difficilement à donner
présentement. En ce sens, ce sont des moyens tout à fait cohérents par rapport
à la crise actuelle, puisqu'ils favorisent les activités les plus
essentielles", a précisé Mme Linda Vaillant, directrice générale de l'A.P.E.S.
    "Nous espérons que le gouvernement comprendra enfin l'urgence de la
situation et collaborera pour régler la situation", a-t-elle poursuivi.

    Autres moyens à venir : retrait de l'enseignement

    L'A.P.E.S. pourrait également à très court terme donner le signal aux
pharmaciens chargés de l'enseignement aux stagiaires du baccalauréat en
pharmacie de suspendre progressivement les stages, jusqu'à l'arrêt complet.
Soulignons que la majorité des bacheliers se destinent à la pharmacie privée.
    "Il faut comprendre que les pharmaciens hospitaliers encadrent en stage
tous les étudiants du baccalauréat, peu importe le secteur dans lequel ils
s'apprêtent à faire carrière. Dans le contexte actuel de pénurie sévère, nous
pouvons difficilement suffire à cette tâche en plus d'accomplir tout le reste.
Nous allons donc privilégier les stages des résidents en pharmacie, qui se
préparent à venir travailler en milieu hospitalier", a ajouté Mme Vaillant.

    Retour sur la situation

    Entre février et septembre 2008, l'A.P.E.S. et le MSSS ont tenu des
rencontres de travail visant la mise en place à court terme de solutions en
vue d'un rehaussement de la rémunération des pharmaciens. Le MSSS a toutefois
reculé et reporté toute solution en ce sens à 2010, soit à l'échéance de leur
entente de travail et de celles des autres employés de l'Etat.
    Rappelons qu'au coeur de la problématique de la profession, se trouve un
écart salarial d'environ 30 % à la faveur des pharmacies privées, qui attirent
massivement les finissants en pharmacie au détriment du milieu hospitalier.
    "Aujourd'hui, un étudiant qui termine ses quatre années d'études en
pharmacie se trouve face à un choix très simple : aller travailler directement
en pharmacie privée ou réaliser deux années de plus d'études pour travailler
ensuite en milieu hospitalier et gagner environ 20 000 $ de moins
annuellement. Que feriez-vous à sa place? Comment peut-on rivaliser avec le
secteur privé pour attirer une relève dans ces circonstances?", a questionné
M. Charles Fortier.
    "Dans les faits, le ministère lui-même établit qu'il faudrait une
centaine de nouveaux venus dans les hôpitaux chaque année. Et ce chiffre ne
tient pas compte du déficit actuel de plus de 200 pharmaciens. On inscrit
pourtant moins de 50 étudiants à la maîtrise en pharmacie d'hôpital
annuellement. Et après trois ans, on en compte environ 35 qui sont toujours en
poste dans les hôpitaux", a-t-il poursuivi. "A 18 % de pénurie, nous sommes
confrontés à la pire pénurie du réseau, et rien dans l'état actuel des choses
nous permet d'entrevoir l'avenir avec optimisme. Notre situation est
exceptionnelle et elle commande la mise en place de mesures exceptionnelles",
a-t-il conclu.

    A propos de l'A.P.E.S.

    L'A.P.E.S. est un syndicat professionnel incorporé en vertu de la Loi sur
les syndicats professionnels (L.R.Q., chapitre S-40). Elle représente environ
1250 pharmaciens oeuvrant dans quelque 125 établissements publics de santé du
Québec, principalement des centres de santé et de services sociaux - CSSS (qui
regroupent différents centres, tels que centres hospitaliers de soins
généraux, de soins aigus, de soins de longue durée, centres hospitaliers
universitaires ou affiliés, instituts, centres de réadaptation et CLSC).




Renseignements :

Renseignements: France Bouffard, Sphère Communication, (514) 286-2772,
poste 10, cell. (514) 718-4811; Source: Association des pharmaciens des
établissements de santé du Québec (A.P.E.S.)

Profil de l'entreprise

Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES)

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