Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information Décision - Numéro de dossier : D2008-06-087



    
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    Numéro de dossier : D2008-06-087

    Plaignante          Geneviève Manseau

    et

    Mis-en-cause        Mme Marie-Eve Vaillancourt, ajointe aux
                        communications et à la direction des études,
                        organisation de l'enseignement, Cégep de Sept-Iles
                        La revue annuelle Littoral   
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    MONTREAL, le 19 mai /CNW Telbec/ -

    
    RESUME DE LA PLAINTE

    Mme Geneviève Manseau porte plainte contre la revue Littoral datée
d'automne 2007, pour avoir publié des propos outranciers à son égard dans la
page "Opinion". Elle reproche à la rédaction de les avoir publiés en sachant
que ces textes étaient haineux à son endroit. De plus, elle déplore ne pas
avoir eu de droit de réplique.

    GRIEFS DE LA PLAIGNANTE

    1. La plaignante reproche à la rédaction de la revue Littoral d'avoir
       publié des textes haineux, constituant des attaques personnelles à son
       endroit. Elle reproche également aux mis-en-cause de ne pas lui avoir
       accordé de droit de réplique.
    2. La plaignante met en cause l'article "Quelques précisions", publié à
       l'automne 2007. Il s'agit de deux textes d'opinion en réaction à
       l'article qu'elle avait elle-même écrit dans l'édition précédente,
       sous le titre "Rêve interdit".
    3. La plaignante qualifie d'haineux et d'attaques personnelles à son
       endroit ces deux textes.
    4. Elle reproche à la rédaction d'avoir été consciente, au moment de la
       publication, de la teneur haineuse des propos signés par MM. Desgagné
       et Gagnon. Elle s'appuie sur l'introduction qui coiffe l'article en
       cause, où la rédaction précise notamment qu'elle n'acceptera pas de
       réplique de quiconque.
    5. Enfin, la plaignante déplore cette absence de droit de réplique.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de Mme Marie-Eve Vaillancourt, comité directeur de la revue
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    Littoral
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    6. Tout d'abord, les mis-en-cause estiment qu'il leur était légitime de
       publier des réactions "dans la même veine tonique (...) que le texte
       qui les a suscitées". Ils ajoutent que les textes "s'inscrivaient en
       ligne droite avec les "attaques collectives" de madame Manceaux. De
       plus, ils ne sont pas "haineux" mais constituent des répliques vives à
       un article qui ne ménageait pas le lecteur nord côtier."
    7. Ensuite, la partie mise-en-cause précise que la plaignante ne leur a
       pas demandé de droit de réplique.
    8. La rédaction a indiqué vouloir clore le débat dans l'introduction à
       l'article en cause pour que "la section Opinion de (la) revue (ne
       devienne pas) la rubrique d'un sujet unique".
    9. La plaignante avançait que "l'injure n'est pas, n'a jamais été ni ne
       sera jamais un argument". Les mis-en-cause répondent qu'ils se sont
       eux-mêmes sentis insultés par le premier texte de la plaignante,
       qu'ils ont publié, y trouvant de la "condescendance, un soupçon de
       mépris".
    10. Lorsque la plaignante interroge la responsabilité de la rédaction
        dans la publication des répliques, qu'elle juge haineuses, les mis-
        en-cause rétorquent qu'ils ont atténué les propos fournis par les
        deux auteurs. Ils ont tout de même tenu à publier ces répliques au
        nom de la liberté d'expression.

    REPLIQUE DE LA PLAIGNANTE

    11. La plaignante transmet la chronologie de la communication avec la
        revue : le 19 juin 2007, la mise en cause aurait envoyé un courriel à
        la plaignante lui disant que son texte avait suscité de "vives
        réactions". A la suite de cette information, la plaignante estime
        qu'elle aurait dû pouvoir répliquer afin que les points de vue
        divergents soient publiés dans la même édition.
    12. Concernant les auteurs des répliques à l'endroit de son texte, la
        plaignante estime qu'il s'agit "d'auteurs défendant des intérêts
        d'auteurs et non de représentants du public lecteur qu'interpellait
        (son) article".
    13. La plaignante estime que les propos des deux articles sont haineux à
        son endroit. Elle cite deux passages précisément :

    - "Nous comprenons tout de même que (Manceau) se sente comme une (bête)
      africaine exilée en milieu étranger (...). Nous ne pouvons que
      souhaiter à cette (bête) de s'empresser de quitter cette région."
    - "Comme celle-ci (la Compagnie Fer et Titane de Havre Saint-Pierre)
      s'apprête à bâtir sur la lune une base permanente, nous pourrions leur
      demander qu'ils réservent un siège dans l'une de leurs navette (...).
      Comme ça, vous seriez beaucoup plus près de mars où on pourrait vous
      larguer."

    14. La plaignante remet ensuite en cause le fait que les auteurs
        prétendent parler au nom d'un groupe plus large, "donnant
        l'impression que la pensée unique règne en maîtresse incontestée
        parmi les personnes préoccupées de littérature et de culture sur la
        Côte-Nord".
    15. La plaignante précise que l'expression utilisée "langue
        approximative" ne s'adressait pas aux auteurs des répliques.
    16. La plaignante juge que les mis-en-cause ont atténué les propos des
        auteurs avant publication, car ils savaient qu'ils étaient de nature
        haineuse et insultante. Ce serait d'ailleurs la raison pour laquelle
        ils ont écrit une introduction pour se dégager de ces textes, tout en
        précisant qu'ils ne publieraient rien à ce sujet par la suite. La
        plaignante ajoute qu'en fermant le débat à ce moment là, le comité
        directeur de la revue "cautionne ces attaques et se lave les mains
        d'avance du tort qu'elles peuvent causer (à la plaignante)".
    17. La plaignante invoque un article du guide de déontologie du Conseil
        de presse concernant la responsabilité des médias de tout ce qu'ils
        publient. Elle s'interroge alors sur la motivation de cette
        publication, dans la mesure où la rédaction se serait sentie insultée
        par l'article de la plaignante à la première lecture.
    18. La plaignante rappelle que son texte était un article d'opinion,
        présenté comme tel, et qu'elle avait choisi de faire le lien entre la
        littérature et la culture à Sept-Iles. La plaignante souligne qu'elle
        évoquait "le public" et ne visait pas du tout le comité directeur de
        la revue en particulier. Selon elle, elle ne faisait aucunement
        "d'attaques collectives", mais un appel à la réflexion.

    DECISION

    19. La plaignante reproche au comité directeur de la revue annuelle
        Littoral, d'avoir publié des lettres comprenant des propos insultants
        et injurieux à son égard, en réponse à un texte publié dans la même
        revue lors de l'édition précédente. Elle reproche aussi, aux mis-en-
        cause, de ne pas lui avoir accordé de droit de réplique face à ces
        propos.

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           Grief 1 : publication de propos insultants et injurieux
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    20. La plaignante reproche à la rédaction de la revue Littoral d'avoir
        publié deux lettres de lecteurs comprenant des propos insultants,
        injurieux et l'attaquant personnellement.
    21. En la matière, le guide de déontologie du Conseil de presse stipule :
        "Les médias doivent veiller à ce que les lettres des lecteurs ne
        véhiculent pas des propos outranciers, insultants ou discriminatoires
        pouvant être préjudiciables à des personnes ou à des groupes." DERP,
        p. 38
    22. De plus, contrairement aux arguments de la partie mise en cause
        évoquant la responsabilité des propos publiés, le guide de
        déontologie exprime clairement que "les organes de presse étant
        responsables de tout ce qu'ils publient ou diffusent, il en va de
        même en regard de l'information qui leur provient du public pour
        publication ou diffusion dans les espaces et les temps d'antenne
        réservés à cette fin". DERP, p. 37
    23. Après analyse, le Conseil estime que les deux lettres critiquées
        exprimaient une réaction ferme et passionnée de leurs auteurs au
        texte de la plaignante, mais demeuraient néanmoins dans les limites
        du journalisme d'opinion. Il n'y a pas de faute déontologique à
        publier, par exemple : "Jusqu'à hier, je ne vous percevais que comme
        une personne snob, arrogante (et) outrecuidante. Quelle ne fut ma
        surprise, en vous lisant, de réaliser que vous prouviez toutes ces
        assertions!"
    24. Ainsi, le Conseil de presse rejette le grief pour publication de
        propos insultants et injurieux.

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                   Grief 2 : absence de droit de réplique
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    25. Ensuite, la plaignante reproche aux mis-en-cause d'avoir coiffé la
        page d'opinion des lecteurs, d'une introduction expliquant que le
        sujet ne serait pas abordé de nouveau dans leurs pages. Elle aurait
        aimé répliquer aux lettres de lecteurs qu'elle juge insultantes et
        injurieuses à son égard.
    26. En effet, dès l'introduction les mis-en-cause écrivent qu'après la
        lettre de la plaignante dans l'édition précédente, et la réplique de
        deux opposants dans celle mise en cause, le "débat est clos".
    27. En matière de déontologie journalistique, le guide du Conseil de
        presse stipule que "le public n'a pas accès de plein droit aux pages
        des médias écrits ou aux ondes des stations de radios et de
        télévision. Cependant, la presse a le devoir d'en favoriser l'accès à
        ses lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs". DERP, p. 37
     28. Dès lors, le Conseil estime que les mis-en-cause n'ont pas commis de
        faute déontologique en refusant un droit de réplique à la plaignante
        et en mettant fin au débat que cette dernière avait commencé.
    29. Ainsi, le Conseil de presse rejette le grief pour refus de droit de
        réplique.
    30. Au vu de ce qui précède, le Conseil de presse rejette la plainte de
        Mme Geneviève Manseau contre la revue annuelle Littoral.

    Guy Amyot, secrétaire général
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information
    




Renseignements :

Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du
Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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