Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier: D2008-07-006



    
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    Numéro de dossier :     D2008-07-006

    Plaignants              Syndicat canadien de l'énergie et du papier
                            (SCEP), section locale 175
                            M. Jacques Vanier, président

    et

    Mis-en-cause            M. Richard Desmarais, journaliste et animateur
                            M. Louis Trépanier, vice-président, programmation
                            L'émission "L'Avocat du diable"
                            Le réseau TQS
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    MONTREAL, le 1er avr. /CNW Telbec/ -

    
    RESUME DE LA PLAINTE

    Le Syndicat canadien de l'énergie et du papier, représenté par son
président, M. Jacques Vanier, porte plainte contre le journaliste Richard
Desmarais, particulièrement contre les propos qu'il a tenus lors de l'émission
"L'Avocat du diable", le 30 avril 2008, sur la chaîne TQS. Il reproche au
journaliste d'avoir prononcé des propos infondés et inexacts. Il regrette que
la direction n'ait pas fait de rectification.

    GRIEFS DES PLAIGNANTS

    1. Le Syndicat canadien de l'énergie et du papier (SCEP), section locale
       175, et son président Jacques Vanier portent plainte contre la chaîne
       de télévision TQS et le journaliste Richard Desmarais pour des propos
       tenus par ce dernier lors de l'émission "L'Avocat du diable", le
       30 avril 2008.
    2. Le plaignant reproche au journaliste-commentateur d'avoir tenu des
       propos inexacts et diffamatoires à l'encontre du Syndicat, du
       président et de ses membres.
    3. Concernant les raisons du lock-out à Petro-Canada, le journaliste
       Richard Desmarais aurait prétendu connaître la "vraie raison" de ce
       conflit de travail. Le mis-en-cause aurait assuré que le président
       était la cause du conflit parce qu'il ne voulait pas travailler et
       voulait être libéré à temps plein. Pour le plaignant, cette
       affirmation est grave et nécessite des preuves que le journaliste
       n'aurait pas dévoilées, se contentant de dire qu'il savait de quoi il
       parlait. Le plaignant estime que ce sont des affirmations gratuites et
       fausses, constituant une diffamation vis-à-vis du Syndicat et plus
       particulièrement de son président.
    4. Les reproches du plaignant visent principalement ces propos, qu'il
       juge inexacts et que le mis-en-cause appuie en laissant entendre
       qu'ils sont basés sur une source d'information fiable, qu'il ne cite à
       aucun moment. Le plaignant accuse le journaliste d'avoir avancé des
       propos graves sans même rechercher la vérité auprès des officiers
       syndicaux ou du président du Syndicat. Selon le plaignant, le
       journaliste n'a pas vérifié ses sources.
    5. Le plaignant explique enfin les "véritables" raisons du lock-out, dont
       les libérations du président du Syndicat "n'ont été et ne sont qu'un
       point parmi tant d'autres". Il réaffirme que s'il s'agissait du seul
       problème, il n'y aurait pas de conflit. Le plaignant revient point par
       point sur les raisons du lock-out : l'application du pattern national,
       le représentant à la prévention, la ligne de progression, la
       construction du cooker et l'utilisation des sous-contracteurs.
    6. Finalement, le plaignant accuse le mis-en-cause d'avoir nui au
       Syndicat et aux salariés en transmettant de tels commentaires et
       d'encourager alors le conflit industriel, tout en agissant de façon
       irresponsable face à l'intérêt public canadien.
    7. Le plaignant précise qu'il a envoyé une mise en demeure à TQS.
    8. Le plaignant demande que TQS diffuse la rétractation dans la même
       émission ou dans une autre émission d'affaires publiques et qu'elle
       soit publiée dans un des quotidiens français du Québec. Il demande
       également que l'enregistrement diffusé sur le site Internet YouTube
       soit retiré.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    9. M. Richard Desmarais refuse de répondre devant le Conseil de presse à
       la plainte du Syndicat, dans la mesure où ce dernier s'est réservé le
       droit d'entamer ultérieurement des procédures au civil.

    REPLIQUE DES PLAIGNANTS

    10. Les plaignants n'ont soumis aucune réplique.

    DECISION

    11. Le Syndicat canadien de l'énergie et du papier, section locale 175,
        et son président Jacques Vanier portent plainte contre la chaîne de
        télévision TQS et le journaliste Richard Desmarais pour des propos
        tenus, par ce dernier, lors de l'émission "L'Avocat du diable" le
        30 avril 2008. Le plaignant reproche au mis-en-cause l'inexactitude
        de ses propos, le manque de rigueur, et l'absence de rectificatif.

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                     Grief 1 : faits relatifs non exposés
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    12. Le Conseil de presse observe en premier lieu que le mis-en-cause n'a
        pas exposé les faits relatifs au conflit de travail avant d'émettre
        son opinion. Or, le guide de déontologie stipule : "Il importe, par
        ailleurs, que (les chroniqueurs) rappellent les faits relatifs aux
        événements, situations et questions qu'ils décident de traiter avant
        de présenter leurs points de vue, critiques et lectures personnelles
        de l'actualité, afin que le public puisse se former une opinion en
        toute connaissance de cause quant aux sujets sur lesquels ils se
        prononcent." DERP, p. 28
    13. Au vu de ce qui précède le Conseil de presse retient le grief relatif
        au manque de rigueur du mis-en-cause par absence d'un exposé des
        faits au début de la chronique.

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                       Grief 2 : information inexacte
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    14. Ensuite, le plaignant reproche au mis-en-cause, qui agit à titre de
        chroniqueur, d'avoir affirmé des propos inexacts relativement à la
        responsabilité du président du Syndicat dans la décision de
        Petro-Canada de déclencher un lock-out. Le Conseil de presse rappelle
        que la chronique, le billet et la critique sont des genres
        journalistiques qui doivent respecter les exigences d'exactitude, de
        précision et d'intégrité tout en autorisant une plus grande liberté
        d'expression. Au regard du guide de déontologie : "Les auteurs de
        chroniques, de billets et de critiques ne sauraient se soustraire aux
        exigences de rigueur et d'exactitude." DERP, p. 28
    15. Après analyse, le Conseil de presse observe que le mis-en-cause a
        exprimé le fait que la libération syndicale du président M. Vanier
        était le seul litige dans ce conflit de travail. Il a donné son
        explication quant aux raisons du déclenchement du lock-out. La
        question de la libération syndicale de M. Vanier représente
        effectivement un des éléments litigieux dans ce conflit de travail
        mais pas le seul. Le Conseil de presse retient le grief pour
        inexactitude.

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                       Grief 3 : source non identifiée
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    16. Le plaignant dénonce ensuite le manque de rigueur du mis-en-cause qui
        avance des propos sans citer aucune source. En effet, pour défendre
        son point de vue il avance : "Je le tiens de source sure". Cette
        affirmation porte à confusion pour l'auditeur. Le journaliste était
        tenu d'expliciter cette phrase.
    17. Le Conseil de presse rappelle les recommandations du guide des Droits
        et responsabilités de la presse en la matière : "L'utilisation de
        sources anonymes doit être justifiée et demeurer exceptionnelle.
        Quelle que soit la provenance des informations - autorités,
        spécialistes ou témoins de situations ou d'événements - , les médias
        et les journalistes doivent s'assurer que l'anonymat requis par des
        sources ne constitue pas un subterfuge pour manipuler l'opinion
        publique." DERP, p. 32
    18. Au regard de ce qui précède, le Conseil de presse estime que le mis-
        en-cause se devait de clarifier ses propos concernant la présence
        d'une "source sure". S'il ne pouvait l'identifier distinctement, il
        se devait d'en expliciter les raisons. Le Conseil de presse retient
        le grief pour source non identifiée.

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                     Grief 4 : Absence de mise au point
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    19. Puis le plaignant reproche à la direction de ne pas avoir diffusé de
        mise au point relativement aux faits. Compte tenu du premier grief,
        le mis-en-cause se devait de corriger le manquement identifié. Le
        guide de déontologie stipule en effet que les mis-en-cause se doivent
        de corriger tout manquement dont ils font preuve.
    20. "Il relève de la responsabilité des médias de trouver les meilleurs
        moyens pour corriger leurs manquements et leurs erreurs à l'égard de
        personnes, de groupes ou d'instances mis en cause dans leurs
        productions journalistiques, que celles-ci relèvent de l'information
        ou de l'opinion." DERP, p. 46
    21. Ainsi, le Conseil de presse retient le grief pour absence de mise au
        point.

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                     Grief 5 : absence de participation
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    22. Enfin, le Conseil de presse regrette la non-participation des mis-en-
        cause visés par la plainte, ce qui va à l'encontre de la
        responsabilité qu'ont les médias de répondre publiquement de leurs
        actions. Le Conseil de presse insiste sur l'importance pour tous les
        médias de participer aux mécanismes d'autorégulation qui contribuent
        à la qualité de l'information et à la protection de la liberté de
        presse. Cette collaboration constitue un moyen privilégié pour eux de
        répondre publiquement de leur responsabilité d'informer adéquatement
        les citoyens. Le Conseil de presse retient le grief relatif au manque
        de collaboration du mis-en-cause, qui a refusé de répondre devant le
        tribunal d'honneur de la plainte le concernant.
    23. Au vu de tout ce qui précède, le Conseil de presse blâme le
        journaliste Richard Desmarais ainsi que la direction de TQS pour
        manque de rigueur, information inexacte, source non identifiée,
        absence de mise au point, et absence de collaboration.
    

    Guy Amyot, secrétaire général
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information
    Conseil de presse du Québec DECISION 2008-07-006
    CPEI du 6 mars 2009




Renseignements :

Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du
Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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