Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2008-07-004



    
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    Numéro de dossier :  D2008-07-004

    Plaignante           Mme Mehrnoushe Solouki

    et

    Mis-en-cause         Mme Laura-Julie Perreault, journaliste
                         M. Eric Trottier, directeur de l'information
                         Le quotidien La Presse
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    MONTREAL, le 1er avr. /CNW Telbec/ -

    RESUME DE LA PLAINTE

    Mme Mehrnoushe Solouki porte plainte contre la journaliste Laura-Julie
Perreault et le quotidien La Presse, au sujet d'un article paru le 22 janvier
2008. Elle reproche à la journaliste d'avoir déformé ses propos tenus lors
d'une entrevue téléphonique, de ne pas avoir voulu lui remettre la cassette de
cette entrevue, d'avoir utilisé son témoignage pour défendre des intérêts
autres et d'avoir atteint à sa réputation.

    
    GRIEFS DE LA PLAIGNANTE

    1.  Mme Mehrnoushe Solouki porte plainte contre la journaliste
        Laura-Julie Perreault et le quotidien La Presse, au sujet d'un
        article sur sa retenue en Iran du 18 mars 2007 au 18 janvier 2008 en
        tant que documentariste. Elle reproche à la journaliste d'avoir
        déformé ses propos, tenus lors d'une interview téléphonique. Elle
        accuse la journaliste d'avoir utilisé son témoignage pour défendre
        des intérêts autres et d'avoir atteint à sa réputation. Elle reproche
        au quotidien de ne pas lui avoir transmis la cassette de ladite
        interview et de ne pas lui avoir accordé un droit de réplique.
    2.  La plaignante était en France lorsqu'elle a pris connaissance de
        l'article en cause "Les cris ne s'oublient pas", plusieurs mois après
        sa publication.
    3.  Tout d'abord, la plaignante reproche au journal de ne pas avoir voulu
        lui transmettre l'enregistrement de son interview téléphonique avec
        la journaliste, afin de vérifier si les propos cités entre guillemets
        étaient conformes aux siens.
    4.  Ensuite, elle accuse la journaliste d'avoir déformé ses propos.
    5.  "J'étais dans un no man's land, je ne savais pas ce qui m'attendait,
        quel danger me guettait. J'aurais préféré être en prison en sécurité
        sachant qu'un procès viendrait éventuellement." Selon la plaignante,
        cette citation contredit ses véritables propos selon lesquels les
        autorités iraniennes ont oeuvré pour un règlement rapide de ses
        problèmes judiciaires.
    6.  "Elle est restée cloîtrée au domicile de ses parents plusieurs mois,
        subissant les contrôles fréquents des forces de l'ordre,
        autocensurant ses conversations au téléphone et par internet." Selon
        la plaignante, cette phrase remet en cause le fait qu'elle n'était
        pas seule, mais soutenue par des amis canadiens organisés en comité
        autour du cinéaste Denis McCready. De plus, elle était aussi souvent
        interviewée "notamment à (son) domicile" par des journalistes.
    7.  "Elle avait trouvé refuge à l'ambassade. (Elle détient la double
        nationalité canado-française)." Selon la plaignante, elle aurait non
        pas "trouvé refuge", mais été "invitée" à l'ambassade de France,
        détenant la double nationalité franco-iranienne et non "canado-
        française".
    8.  "Hasard ou prémédité? Elle ne le saura jamais." Or, la plaignante
        explique qu'elle avait décrit clairement les raisons de l'accident à
        la journaliste.
    9.  La plaignante reproche à la journaliste d'avoir intentionnellement
        utilisé des expressions qui ne correspondraient pas à ses propos et
        seraient même "à l'opposé des faits racontés à la journaliste".
    10. Enfin, la plaignante accuse la journaliste de conflit d'intérêts et
        de mettre en avant "les relations d'amitiés avec certains groupes
        d'opposantes iraniennes en exil au Canada". Dès lors, la plaignante
        accuse le journal d'avoir servi "de tribune pour ces groupes
        d'opposantes au régime islamique" et de l'avoir utilisée comme
        "outil" à ces fins.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

        Commentaires de M. Eric Trottier, directeur de l'information
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    11. Le mis-en-cause juge la plainte confuse, déraisonnable et considère
        qu'elle n'apporte aucune preuve de manquement à l'éthique
        journalistique.
    12. Il réfute, d'abord, les accusations concernant les demandes
        successives de la plaignante de se procurer l'enregistrement de
        l'interview téléphonique. Selon le directeur de l'information, il n'a
        eu qu'une seule communication avec la plaignante à ce sujet. Il lui
        aurait répondu qu'il n'est pas dans les pratiques du journal de
        remettre une copie d'un enregistrement aux interviewés, encore moins
        six mois après l'entrevue. Le mis-en-cause dit que, dans de meilleurs
        délais, il aurait vérifié l'enregistrement et fait le correctif si
        besoin avait été.
    13. Le mis-en-cause souligne qu'au cours de sa conversation avec la
        plaignante, il a repris l'article avec elle afin de mieux comprendre
        ses reproches. Or, le mis-en-cause a jugé sa demande "confuse et
        pleine de contradictions".
    14. En réponse à l'accusation de la plaignante selon laquelle la
        journaliste entretiendrait des relations d'amitiés avec des groupes
        d'opposants iraniens et se serait servie de la plaignante pour leur
        accorder une tribune, le directeur de l'information la juge
        "grossière, gratuite et ridicule".
    15. Enfin, le directeur de l'information rappelle que Laura-Julie
        Perreault est une journaliste aguerrie, spécialisée dans les affaires
        internationales, dont le travail a souvent été récompensé par ses
        pairs. De plus, l'Iran est un pays qu'elle connaît bien.

        Commentaires de Laura-Julie Perreault, journaliste
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    16. La mise-en-cause rappelle le contexte de production de l'article.
        Elle souligne le fait qu'elle a couvert la retenue de la plaignante
        en Iran à travers plusieurs articles précédemment et qu'elle était en
        contact avec l'ami de la plaignante, Denis McCready.
    17. Au sujet du droit de réplique de la plaignante, la mise-en-cause
        répond qu'en raison du délai écoulé depuis la publication de
        l'article, l'éditeur a refusé la lettre de Mme Solouki.
    18. La mise-en-cause souligne qu'elle a été mise au courant des plaintes
        à son égard par ses collègues et non par la plaignante elle-même.
        Pourtant, la journaliste lui aurait envoyé des courriels, en vain.
        Mme Perreault juge que la plaignante a fait preuve de mauvaise foi.
    19. La mise-en-cause rejette également l'accusation comme quoi la
        plaignante aurait demandé plusieurs fois au journal de lui rendre
        l'enregistrement de l'interview. La journaliste n'aurait pas été
        contactée par la plaignante directement.
    20. La mise-en-cause précise que la plaignante se serait plainte au
        directeur de l'information davantage du contexte donné à l'article
        plutôt que des propos rapportés. Pourtant, c'est sur ce dernier point
        que porte la plainte devant le Conseil de presse.
    21. La journaliste répond, ensuite, méthodiquement aux accusations de la
        plaignante, relatives aux propos et citations de l'article.
    22. "J'étais dans un no man's land, je ne savais pas ce qui m'attendait,
        quel danger me guettait. J'aurais préféré être en prison en sécurité
        sachant qu'un procès viendrait éventuellement."
    23. Pour la journaliste, l'interprétation que fait la plaignante à partir
        de cette phrase n'est pas justifiée. De plus, elle aurait fait
        répéter cette phrase à deux reprises à la plaignante pour être
        certaine des propos. La journaliste se serait également fiée à
        d'autres sources dont le journal français en ligne Rue 89 et aussi
        des courriels échangés entre elle et la plaignante en juin 2007.
    24. "Elle est restée cloîtrée au domicile de ses parents plusieurs mois,
        subissant les contrôles fréquents des forces de l'ordre,
        autocensurant ses conversations au téléphone et par internet."
    25. La mise-en-cause conteste tout autant cette autre interprétation
        faite par la plaignante. En effet, la journaliste souligne qu'elle
        parle des remerciements de la plaignante à ses amis et rappelle
        qu'elle-même était en contact permanent avec Denis McCready. La mise-
        en-cause souligne qu'à aucun moment dans l'article elle ne mentionne
        que la plaignante n'est pas en contact avec les médias, dans la
        mesure où elle-même a échangé courriels et conversations
        téléphoniques.
    26. Pour justifier la notion d'autocensure, la mise-en-cause évoque des
        propos écrits dans les courriels comme quoi la plaignante ne voulait
        pas que la journaliste écrive sur leur communication, ni sur le film
        sur lequel elle travaillait, de peur que les autorités iraniennes ne
        la surprennent.
    27. "Elle avait trouvé refuge à l'ambassade. (Elle détient la double
        nationalité canado-française)."
    28. La mise-en-cause juge ne pas avoir déformé les propos de la
        plaignante en parlant de "refuge". La plaignante lui aurait rapporté
        qu'elle avait été hébergée par l'ambassade parce que ses parents
        étaient absents et qu'elle ne voulait pas rester seule.
    29. La mise-en-cause justifie le terme "cloîtrée" dans le fait que la
        plaignante a, à plusieurs reprises, dans des courriels à la
        journaliste et sur Rue 89 dit être "assignée à résidence".
    30. La mise-en-cause dit ne pas être au courant des vacances à Caspienne
        de la plaignante.
    31. La mise-en-cause reconnaît l'erreur de la double nationalité faite
        par le journal, en aval de l'écriture par la journaliste. Dans les
        articles précédents, la journaliste avait précisé la véritable
        situation de la plaignante.
    32. "Hasard ou prémédité? Elle ne le saura jamais." La mise-en-cause,
        bien qu'ayant parlé du trafic infernal de Téhéran avec la plaignante,
        récuse le fait que cette dernière lui ait clairement expliqué les
        causes de l'accident. De plus, dans les documents envoyés aux
        journalistes, le cinéaste ami de la plaignante, faisait référence aux
        "circonstances suspectes" entourant l'accident.
    33. Enfin, au sujet des allégations de la plaignante concernant le
        conflit d'intérêts et la manipulation de l'information dont aurait
        fait preuve la journaliste, celle-ci estime qu'il s'agit d'une
        atteinte à sa réputation. Elle met en avant le fait qu'elle a
        l'expérience du traitement de l'information iranienne, un pays où
        elle s'est rendue à plusieurs reprises et où elle a toujours été
        impartiale dans ses reportages, interrogeant divers acteurs. Selon la
        mise-en-cause, les accusations de la plaignante seraient gratuites et
        insidieuses.

    REPLIQUE DE LA PLAIGNANTE

    34. La plaignante remet en cause la démarche journalistique qui s'appuie
        sur des propos anciens de plus de six mois, compte tenu de
        l'évolution de la situation. Elle met en lumière le paradoxe selon
        lequel le journal ne lui a pas autorisé de droit de réplique "trois
        mois après la publication", mais a repris certains de ses propos
        datant de plus de six mois.
    35. Ensuite, la plaignante évoque le fait que, dans la mesure où la
        journaliste a utilisé des propos de courriels, elle aurait dû les
        reprendre en contexte et dans leur globalité "plutôt que d'y opérer
        une ponction arbitraire".
    36. Puis, la plaignante remet en question le fait que la journaliste ait
        utilisé certains de ses propos tenus sur le site Rue 89, de manière
        arbitraire.
    37. La plaignante insiste sur le fait que les citations faites par la
        journaliste auraient nui à son intégrité professionnelle et
        familiale, au Canada et en France.
    38. Dans des documents complémentaires, la plaignante affirme que, lors
        de sa conversation téléphonique avec le directeur de l'information,
        Eric Trottier, ce dernier lui aurait assuré que l'article n'était pas
        conforme aux règles déontologiques et qu'il fallait rectifier les
        propos allant à l'encontre de ceux tenus lors de l'interview du 21
        janvier. Or, la plaignante n'aurait pas eu de suite à cette
        conversation.

    COMMENTAIRES A LA REPLIQUE
    39. Le directeur de l'information récuse les propos que lui attribue la
        plaignante, concernant leur conversation téléphonique.

    DECISION

    40. Mme Mehrnoushe Solouki porte plainte contre la journaliste
        Laura-Julie Perreault et le quotidien La Presse, au sujet d'un
        article portant sur son séjour en Iran. Elle reproche à la
        journaliste d'avoir déformé ses propos, tenus lors d'une entrevue
        téléphonique qui relevait, selon elle, de la sphère privée. Elle
        l'accuse aussi d'avoir utilisé son témoignage pour défendre des
        intérêts autres et d'avoir atteint à sa réputation. Elle regrette que
        le quotidien ne lui ait pas transmis la cassette de ladite interview
        et ne lui ait pas accordé un droit de réplique.

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                          Grief 1 : propos déformés
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    41. En premier lieu, la plaignante reprochait à la journaliste d'avoir
        déformé ses propos, tenus lors d'une interview téléphonique le 21
        janvier 2008.
    42. Au regard des documents fournis, notamment, la communication par
        courriels entre la plaignante et la mise-en-cause et les articles en
        cause, le Conseil estime que la journaliste n'a pas commis de faute
        déontologique. Elle a rapporté les propos et les a mis en contexte,
        tel stipulé dans le guide de déontologie du Conseil de presse : "En
        ce qui a trait à la nouvelle et au reportage, les médias et les
        professionnels de l'information doivent s'en tenir à rapporter les
        faits et à les situer dans leur contexte sans les commenter. Quel que
        soit l'angle de traitement retenu pour une nouvelle ou un reportage,
        les médias et les journalistes doivent transmettre une information
        qui reflète l'ensemble d'une situation et le faire avec honnêteté,
        exactitude et impartialité." DERP, p. 26
    43. Au vu de ce qui précède, le Conseil rejette le grief pour propos
        déformés.

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                   Grief 2 : publication de propos privés
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    44. La plaignante accuse aussi la mise-en-cause d'avoir publié des
        informations contenues dans des courriels échangés en juin 2007 qui
        étaient de l'ordre privé.
    45. Après analyse, le Conseil de presse estime que la journaliste n'a pas
        commis de faute déontologique en rapportant les propos tenus par la
        plaignante en juin 2007 dans la mesure où ils sont d'intérêt public,
        qu'ils permettent de comprendre la situation vécue par la plaignante
        et que la plaignante n'a jamais interdit à la journaliste de publier
        les propos controversés.

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                         Grief 3 : conflit d'intérêts
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    46. Ensuite, la plaignante accusait la mise-en-cause d'être en conflit
        d'intérêts. Elle affirmait que la journaliste entretiendrait des
        relations d'amitié avec des groupes d'opposantes iraniennes qui
        biaiseraient son traitement de l'information. Elle estime que la
        journaliste a utilisé son témoignage pour défendre l'intérêt de ce
        groupe.
    47. Après analyse, le Conseil observe que ces accusations ne sont
        aucunement démontrées et rejette le grief concernant le conflit
        d'intérêts.

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                         Grief 3 : refus de réplique
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    48. Puis, la plaignante reprochait au journal d'avoir refusé de publier
        sa lettre de réplique.
    49. En matière de droit de réponse du public, le guide de déontologie
        stipule : "Le public n'a pas accès de plein droit aux pages des
        médias écrits ou aux ondes des stations de radios et de télévision.
        Cependant, la presse a le devoir d'en favoriser l'accès à ses
        lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs." DERP, p. 37
    50. Puisqu'il n'y a pas eu faute de la part de la journaliste et que les
        éditeurs ne sont pas tenus de publier systématiquement les lettres de
        répliques, le Conseil rejette le grief.

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          Grief 4 : refus de transmettre du matériel journalistique
    -------------------------------------------------------------------------

    51. La plaignante reprochait aux mis-en-cause de ne pas lui avoir
        transmis l'enregistrement de l'interview téléphonique avec la
        journaliste, afin qu'elle puisse en vérifier le contenu. Le Conseil
        estime que le matériel journalistique demeure, en tout temps, la
        propriété des médias. Les sources d'information ne détiennent aucun
        droit d'accès à ce matériel journalistique, même si elles y ont
        contribué. C'est la raison pour laquelle le Conseil de presse rejette
        le grief.

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                     Grief 5 : respect de la réputation
    -------------------------------------------------------------------------

    52. Enfin, la plaignante reprochait à l'article de la journaliste d'avoir
        manqué de respect à sa réputation et d'avoir nui à sa situation
        familiale et professionnelle.
    53. Le Conseil de presse n'ignore pas que la publication d'un article
        peut avoir des conséquences parfois néfastes. Or, il est de la
        responsabilité des journalistes de faire des choix rédactionnels en
        fonction du degré d'intérêt public. Dans ce cas, le Conseil estime
        que la journaliste n'a pas commis de faute au regard de l'éthique
        journalistique et n'a pas, dans ces propos, manqué de respect à la
        réputation de la plaignante. Après analyse, le Conseil a observé que
        les propos respectaient les faits à partir des témoignages reçus. Le
        Conseil ne retient pas ce grief.
    54. Au vu de tout ce qui précède, le Conseil de presse rejette la plainte
        de Mme Mehrnoushe Solouki contre la journaliste Laura-Julie Perreault
        et le quotidien La Presse.
    

    Guy Amyot, secrétaire général
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Guy Amyot, secrétaire général, Conseil de presse du
Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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