Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2007-06-095



    
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    Numéro de dossier : D2007-06-095


    Plaignant:         M. John Woolfrey

    et

    Mis-en-cause       M. Andrew Phillips, rédacteur en chef
                       M. Raymond Brassard, directeur de la rédaction
                       Le quotidien The Gazette
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    MONTREAL, le 4 mars /CNW Telbec/ -


    RESUME DE LA PLAINTE

    Le plaignant, M. John Woolfrey, reproche l'utilisation de l'expression
"manly meat market" pour désigner le bar Le Stud, dans un éditorial intitulé
"Le Stud mustn't bar women", paru dans le quotidien The Gazette, le 1er juin
2007. Le plaignant accuse le journal d'avoir publié de fausses affirmations,
découlant de l'utilisation de cette expression par l'éditorialiste, dans une
intention d'entretenir des préjugés à l'égard des homosexuels.

    GRIEFS DU PLAIGNANT

    L'éditorial en cause fait suite à une controverse impliquant le bar
montréalais Le Stud. En mai 2007, Mme Audrey Vachon se rendait dans ce bar
accompagnée de son père; elle fut sommée de quitter l'endroit, un employé
affirmant que les femmes n'y étaient pas admises. Mme Vachon a porté plainte
contre l'établissement Le Stud auprès de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse du Québec à la suite de cette affaire.
    Le plaignant conteste l'utilisation dans l'éditorial de l'expression
"manly meat market" pour désigner le bar Le Stud. Selon lui, cet établissement
n'a jamais fait sa promotion par ces mots, contrairement à ce qui serait
affirmé par l'éditorialiste. En outre, cette expression ne figurant pas à
l'extérieur du bar, les clients, dont Mme Vachon, ne peuvent connaître la
nature de l'endroit, explique le plaignant. Dans ce cas, l'affirmation
contenue dans l'éditorial selon laquelle "the nature of the place is pretty
evident" serait fausse.
    Le plaignant s'interroge par ailleurs sur l'utilisation d'une telle
expression ainsi que sur les intentions du journal, car les affirmations
contenues dans l'éditorial pourraient selon lui inciter à des comportements
haineux à l'égard des homosexuels.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de M. Andrew Phillips, rédacteur en chef
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    M. Andrew Phillips explique en amorce de son commentaire que les mots
"manly meat market" n'ont pas été inventés par l'éditorialiste du quotidien
The Gazette, contrairement à ce que laisserait entendre le plaignant. Le
mis-en-cause explique que l'établissement Le Stud emploie ces mots dans sa
propre annonce dans les Pages Jaunes en ligne, figurant sur le site
Montrealplus.ca. Ces mots furent également utilisés dans plusieurs articles
rédigés à la suite de la controverse impliquant l'établissement Le Stud et Mme
Audrey Vachon. M. Phillips cite notamment les sites Internet CTV.ca et
LifeSiteNews.ca sur lesquels furent publiés de tels reportages, pour justifier
ses dires. Il joint par ailleurs des copies de ces articles en annexe de son
commentaire.
    Le mis-en-cause indique ensuite que, l'expression "manly meat market"
étant utilisée par l'établissement Le Stud lui-même pour faire sa promotion,
l'éditorialiste n'a donc pas livré une fausse information en écrivant au sujet
du bar : "promoted as a truly "manly meat market"". Selon M. Phillips,
l'auteur de l'éditorial n'aurait pas utilisé cette expression pour décrire le
bar avec quelque mauvaise intention que ce soit.

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    Dans sa réplique, le plaignant souligne que l'expression "manly meat
market" n'apparaît pas à l'extérieur du bar Le Stud, contrairement à ce que
semblerait suggérer l'éditorialiste dans la phrase "With that name, in the
heart of Montreal's Gay Village, and promoted as a truly "manly meat market",
the nature of the place is pretty evident." Selon le plaignant, l'intention de
l'auteur était de faire croire que la mention en question était visible aux
clients du bar.
    Le plaignant affirme que l'éditorialiste aurait plutôt dû utiliser les
termes "leather bar" pour désigner Le Stud, ce qui serait l'expression
consacrée pour définir "un bar de ce genre". Selon lui, The Gazette a choisi
de publier "manly meat market" pour "provoquer ceux qui trouvent répugnant la
vie des hommes gais".


    DECISION

    M. John Woolfrey portait plainte contre le quotidien The Gazette au sujet
d'un éditorial paru le 1er juin 2007. M. Woolfrey formulait des griefs ayant
trait au manque d'exactitude de l'information ainsi qu'au manque de respect dû
aux groupes sociaux.
    Le premier grief portait sur des manquements en regard de l'exactitude de
l'information. L'éditorialiste a, selon le plaignant, utilisé une expression
non appropriée, "manly meat market", pour désigner le bar montréalais Le Stud,
situé dans le Village gay. Pour le plaignant, l'expression apparaît impropre
dans la mesure où Le Stud n'aurait jamais fait sa promotion sous ce
qualificatif. Cette inexactitude en engendrerait une autre, d'après le
plaignant : contrairement à ce que laisserait entendre l'éditorialiste, la
nature de l'établissement n'est dans ce cas pas du tout évidente pour ses
clients potentiels.
    Les organes de presse et les journalistes ont le devoir de livrer au
public une information complète, rigoureuse et conforme aux faits et aux
événements.
    Le Conseil de presse estime que les informations apportées dans
l'éditorial sont exactes, dans la mesure où le bar Le Stud fait lui-même sa
promotion par l'expression "a manly meat market" sur Internet. Il n'était donc
pas inexact d'écrire, au sujet de cet établissement, "promoted as a truly
"manly meat market"". De même, l'éditorialiste n'indique pas que ces termes
figurent à l'extérieur du bar et qu'ils sont visibles aux clients. Pour ce qui
est de l'affirmation selon laquelle la nature du bar est tout à fait évidente
("the nature of the place is pretty evident"), cette opinion peut se justifier
au vu des informations qui précédaient dans l'éditorial. Le Conseil tient à
rappeler à ce stade que les éditorialistes et commentateurs disposent d'une
grande latitude pour exprimer leurs opinions, pourvu qu'ils soient fidèles aux
faits. Les griefs pour manquements en regard de l'exactitude de l'information
sont rejetés.
    Le plaignant formulait un deuxième grief, pour manquement en regard du
respect des groupes sociaux. Par l'utilisation de l'expression "manly meat
market", l'éditorialiste entretiendrait des stéréotypes concernant les
homosexuels et inciterait à "la haine" à l'encontre de cette communauté.
    L'utilisation de l'expression "manly meat market" visait ici à définir
l'établissement Le Stud, conformément à la façon dont celui-ci fait sa
promotion sur Internet. Cette mention peut donc être jugée pertinente, et ne
semble pas appeler à la haine ou au mépris à l'égard des homosexuels.
    L'accusation d'incitation à la haine envers la communauté homosexuelle
relève d'un avis personnel du plaignant et n'est pas démontrée. Le grief ayant
trait à un manquement en regard du respect des groupes sociaux est rejeté.
    Pour l'ensemble des motifs précédemment exposés, le Conseil de presse
rejette la plainte de M. John Woolfrey contre le quotidien The Gazette.


    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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