Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2007-05-088



    
    -------------------------------------------------------------------------
    Numéro de dossier : D2007-05-088

    Plaignants      M. Luke De Stéphano, directeur général et copropriétaire
                    Mme Cécile D'Amour, administratrice et copropriétaire
                    Le Centre de Ski Mont Rigaud

    et

    Mis-en-cause    M. Yanick Michaud, journaliste
                    Mme Carole Marcoux, rédactrice en chef
                    Mme Angèle M. Prévost, directrice générale et éditrice
                    L'hebdomadaire L'Etoile
    -------------------------------------------------------------------------
    

    MONTREAL, le 6 fév. /CNW Telbec/ -

    RESUME DE LA PLAINTE

    M. Luke De Stéphano et Mme Cécile D'Amour, copropriétaires du Centre de
Ski Mont Rigaud, portent plainte contre le journaliste M. Yanick Michaud et
l'hebdomadaire L'Etoile, pour avoir nui à la réputation de leur Centre en
diffusant des informations qu'ils jugent mensongères et non vérifiées, dans un
article publié dans l'édition du 14 mars 2007.

    GRIEFS DES PLAIGNANTS

    Les plaignants, M. Luke De Stéphano et Mme Cécile D'Amour, rappellent
d'abord les faits ayant conduit à la publication de l'article du journaliste
M. Yanick Michaud, et en conséquence, à sa plainte auprès du Conseil de
presse. M. De Stéphano explique qu'à l'été 2006, lui et Mme D'Amour,
propriétaires du Centre de Ski Mont Rigaud, ont accepté de louer une partie de
leurs installations pour la tenue d'une compétition de ski alpin dans le cadre
des Jeux olympiques spéciaux du Québec l'hiver suivant. Il précise qu'il avait
alors été convenu avec les organisateurs de cette compétition que le public ne
pourrait avoir accès aux pentes pour des raisons de sécurité.
    Les plaignants reprochent à M. Michaud d'avoir écrit, dans son article du
14 mars 2007, que les proches des athlètes participant à la compétition de ski
alpin "ont été confinés au chalet du Mont Rigaud par les propriétaires et ont
même été menacés de disqualification et de renvoi".
    Le journaliste citait aussi les propos d'une proche d'une compétitrice,
concernant les propriétaires du Centre de Ski : "ils ont dit d'arrêter de nous
plaindre, sinon la compétition serait annulée et qu'ils nous renverraient au
mont Saint-Bruno".
    Les plaignants indiquent qu'ils "n'ont jamais fait une telle
déclaration". Le journaliste leur aurait attribué ces propos et ce
comportement à tort, sans vérifier ses sources. En outre, les plaignants
reprochent au journaliste d'avoir gravement nui à leur réputation et à celle
du Centre de Ski Mont Rigaud par la publication de cet article.
    M. De Stéphano expose également dans sa plainte qu'il a entrepris
différentes démarches auprès de la rédaction du journal L'Etoile afin
d'obtenir la publication d'un rectificatif. Il explique qu'il a tout d'abord
contacté M. Michaud, journaliste, le lendemain de la parution de l'article,
soit le 15 mars 2007. Celui-ci lui aurait assuré qu'un rectificatif allait
paraître dans une édition ultérieure. En l'absence de publication d'un tel
rectificatif, M. De Stéphano contacte à nouveau la rédaction le 6 avril 2007.
Dans cette conversation téléphonique, Mme Marcoux, rédactrice en chef, lui
aurait affirmé que les informations rapportées dans l'article de M. Michaud
étaient véridiques et qu'aucun rectificatif ne serait publié. M. De Stéphano
indique avoir également eu une conversation avec Mme Carole Tessier,
directrice des ventes des Hebdos du Suroît, le 4 mai 2007. Celle-ci certifiait
alors que les organisateurs de la compétition avaient prononcé les paroles
rapportées dans l'article, les vendredi 9 et samedi 10 mai. Les propriétaires
seraient, selon elle, responsables des propos tenus alors et le journal était
parfaitement en droit de les rapporter.
    En annexe de leur plainte, les plaignants joignent un échange de
courriels de M. Grégory McKenna, directeur de la compétition de ski alpin des
Jeux olympiques spéciaux du Suroît, avec les mis-en-cause. M. McKenna tenait à
exprimer dans ses courriels son approbation envers les mesures de sécurité
appliquées par les responsables du Centre de Ski.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de Mme Carole Marcoux, rédactrice en chef
    ------------------------------------------------------

    Mme Marcoux joint à son commentaire un erratum publié dans l'édition du 9
mai 2007 du journal L'Etoile. Elle affirme que celui-ci rectifie l'article du
14 mars 2007. Elle indique également que le journaliste, M. Yanick Michaud, a
eu une conversation téléphonique avec le plaignant M. De Stéphano la veille de
la publication de cet erratum. M. De Stéphano l'aurait alors informé de sa
décision de soumettre une plainte au Conseil de presse.

    Commentaires de Mme Angèle M. Prévost, directrice générale et éditrice
    ----------------------------------------------------------------------

    Mme Prévost dit avoir rencontré Mme Marcoux, rédactrice en chef du
journal, ainsi que Mme Tessier, directrice des ventes aux Hebdos du Suroît,
toutes deux présentes sur les lieux de la compétition, la première, le
dimanche 11 mars, et la seconde, toute la fin de semaine durant laquelle se
tenaient les Jeux. Elle affirme que ces deux personnes ont pu témoigner de la
frustration palpable des familles des athlètes lors de ces Jeux, et que cette
atmosphère a été décrite avec justesse dans l'article rédigé par M. Michaud.
    Mme Prévost affirme aussi que l'article était pleinement justifié par le
devoir que s'est fait l'hebdomadaire d'encourager et soutenir les personnes
atteintes d'handicaps, telles celles ayant participé aux compétitions
organisées dans le cadre des Jeux olympiques spéciaux du Québec. Mme Prévost
estime que l'équipe du journal a laissé "le bénéfice du doute au Centre de Ski
Mont Rigaud, en publiant un erratum". Ainsi, d'après elle, "l'événement est
passé et clos".
    La directrice du journal relève que des familles des jeunes handicapés
participant aux Jeux ont été déçues de l'accueil et de l'organisation sur le
site appartenant au Centre de Ski Mont Rigaud. Deux parents, Rachel Giguère et
Dominique Leclerc, l'attestent dans la copie d'un courriel qu'elle joint à son
commentaire. Mme Prévost annexe également un courriel de M. Richard Tessier,
entraîneur de ski alpin des Jeux olympiques spéciaux du Québec exprimant sa
déception quant à l'organisation de la compétition de ski alpin sur le site
appartenant au Centre de Ski. Une lettre de Mme Carole Tessier, directrice des
ventes des Hebdos du Suroît, présente aux Jeux du 9 au 11 mars, complète les
annexes du commentaire. Elle affirme dans cette lettre que des parents lui ont
raconté avoir eu des discussions avec les propriétaires du Centre de Ski le
samedi 10 mars, et qu'elle a vu, le dimanche 11 mars, des parents discuter
avec "des personnes soit de l'organisation des Jeux ou du Centre de Ski".

    REPLIQUE DES PLAIGNANTS

    Un des plaignants, M. De Stéphano, indique dans la réplique avoir bien
pris connaissance de l'erratum publié dans l'édition du 9 mai 2007. Cependant,
il soulève que "le contenu de l'erratum ne répond pas aux objets de notre
plainte, principalement au fait que le journaliste attribue aux propriétaires
de la station des propos non fondés et complètement erronés".

    DECISION

    M. Luke De Stéphano et Mme Cécile D'Amour, propriétaires du Centre de Ski
Mont Rigaud, portent plainte contre le journal L'Etoile et le journaliste M.
Yanick Michaud pour avoir rapporté des informations et des propos erronés à
leur sujet dans un article relatif à la tenue des Jeux olympiques spéciaux du
Québec à Salaberry-de-Valleyfield en mars 2007.
    Le contenu de l'article indiquait que les propriétaires du Centre de Ski
avaient confiné des familles de participants aux Jeux à l'intérieur du chalet
du Centre, et les avaient menacés de renvoi et de disqualification. Le
témoignage d'une proche d'une compétitrice venait étayer ces affirmations.
    Les propriétaires du Centre de Ski affirment qu'ils n'ont jamais eu le
comportement décrit par le journaliste et qu'ils n'ont jamais fait les
déclarations qui leur sont attribuées dans le témoignage rapporté dans
l'article. De leur côté, les mis-en-cause affirment que les informations
publiées sont véridiques.
    Le guide déontologique du Conseil prévoit que les journalistes ont le
devoir de livrer une information complète, rigoureuse et conforme aux faits et
aux événements.
    Après examen et devant les affirmations contradictoires des deux parties,
le Conseil ne peut statuer quant à l'exactitude des informations contenues
dans l'article. Dans cette situation, il est contraint de rejeter le grief.
    Les plaignants invoquaient aussi que leur version des faits
n'apparaissait pas dans l'article de M. Michaud. Les informations rapportées
dans l'article ainsi que la personne interrogée par le journaliste affirment
que ce sont les propriétaires qui ont agi de façon cavalière durant la
compétition. Mais les propriétaires n'ont pas eu la possibilité de donner leur
version des événements. L'équilibre de l'information s'en trouverait altéré.
    Si l'information fait nécessairement l'objet de choix, ceux-ci doivent
être faits dans un souci d'équité. Si les propos rapportés par le journaliste
ont pu être de bonne foi attribués par erreur aux propriétaires, cette
information aurait pu être rapidement corrigée après vérification auprès d'eux
ou à la suite de leurs premières interventions auprès de la direction. Le
grief est donc retenu.
    Les plaignants jugent finalement que le rectificatif publié par L'Etoile
était insatisfaisant : l'erratum ne mentionnant pas que les propriétaires
n'avaient jamais tenu les propos rapportés dans l'article; ce reproche étant
l'objet initial de la plainte.
    Le guide déontologique du Conseil prévoit que les rétractations et les
rectifications "devraient être faites de façon à remédier pleinement et avec
diligence au tort causé".
    Dans le cas présent, l'erratum publié par le journal L'Etoile corrige
certains faits relatifs à la tenue des compétitions des Jeux olympiques
spéciaux et comprend des excuses à l'attention des propriétaires du Centre. Le
Conseil estime toutefois que le rectificatif est incomplet puisqu'il ne
précise pas que les propos en litige ont été injustement attribués aux
plaignants. Il a de plus été publié dans un délai indu, soit deux mois après
la publication de l'article.
    Pour ces motifs, le Conseil retient partiellement la plainte de M. Luke
De Stéphano et de Mme Cécile D'Amour à l'encontre du journaliste M. Yanick
Michaud et de l'hebdomadaire L'Etoile.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

Profil de l'entreprise

Conseil de presse du Québec

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.