Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2007-02-066



    MONTREAL, le 19 oct. /CNW Telbec/ -


    
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    Numéro de dossier : D2007-02-066

    Plaignante          Mme Micheline Cabot

    et

    Mis-en-cause        Mme Marian Scott, journaliste
                        M. Raymond Brassard, directeur de la rédaction
                        Le quotidien The Gazette
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    RESUME DE LA PLAINTE

    Mme Micheline Cabot reprochait au quotidien The Gazette d'avoir accolé une
photo, la représentant en robe de mariée au bras de son père, à un article
paru le 18 novembre 2006. Cette photo ne serait qu'un élément sensationnaliste
qui porterait atteinte à sa vie privée et qui n'ajouterait rien à l'affaire
Coffin qui constitue le fond de l'article.

    GRIEFS DE LA PLAIGNANTE

    Par l'intermédiaire de l'avocat Me François Gendron, Mme Micheline Cabot
portait plainte à l'encontre du quotidien The Gazette en regard d'une photo
accolée à l'article "Was this man the real killer?" publié le 18 novembre
2006.
    Selon Me Gendron, cette illustration serait inspirée d'un sensationnalisme
de mauvais aloi et constituerait une atteinte à la réputation et à la vie
privée de Mme Cabot. Selon lui, le fait que Mme Cabot soit présentée en robe
de mariée avec son père, précisément l'homme qu'elle dénonce comme le
meurtrier de Wilbert Coffin, n'ajouterait rien aux prétendues révélations de
l'article et constituerait une faute professionnelle qu'un journaliste
normalement prudent n'aurait pas commise.
    Me Gendron conclut que la journaliste aurait publié la photo car Mme Cabot
lui aurait refusé une entrevue.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de M. Raymond Brassard, directeur de la rédaction
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    M. Raymond Brassard, directeur de la rédaction du quotidien The Gazette
rejette l'allégation selon laquelle la publication de la photo représentant
Mme Cabot serait une attaque à sa réputation et à sa vie privée pour les
raisons suivantes :

    1. Selon M. Brassard, Mme Cabot aurait donné des entrevues à d'autres
       organisations à la suite de l'article du 18 novembre 2006 qui
       confirmerait l'information rapportée dans cet article. De plus, elle
       aurait accordé une entrevue à la télévision nationale où elle aurait
       montré des photos de sa famille. Ceci invaliderait, selon le
       mis-en-cause l'invasion de la vie privée de Mme Cabot et sa
       réputation.

    2. M. Brassard juge que The Gazette était justifié de rapporter les
       allégations de Mme Cabot contre son père et de publier la photographie
       à cause de la gravité de ses accusations et le fait que cela constitue
       une nouvelle évidence dans le dossier de Wilbert Coffin. Cette affaire
       est une des plus grosses controverses dans l'histoire du système
       judiciaire canadien.

    3. Le mis-en-cause rejette l'allégation de Me Gendron selon laquelle la
       photo aurait été publiée parce que Mme Cabot aurait refusé une
       entrevue à la journaliste. De plus, il confirme que c'est le rédacteur
       en chef et le directeur artistique qui décident de la mise en page des
       photographies, selon les standards de l'éthique journalistique du
       journal, la journaliste n'est nullement responsable de ces choix.
    

    Il termine en soulignant que la décision de publier l'article et la
photographie a été prise sur des bases journalistiques en respect des
principes éthiques.

    REPLIQUE DE LA PLAIGNANTE

    Me Gendron souligne que ce n'est pas le fait d'avoir publié la photo de
Mme Cabot qui est une faute professionnelle, mais le fait de publier une photo
d'elle en robe de mariée, ce qui constituerait une atteinte à sa vie privée.
    Selon Me Gendron, cette photo, comme toutes les photos de mariages serait
un document privé qui ferait partie des archives familiales de Mme Cabot. La
journaliste l'aurait obtenue d'un tiers avec qui Mme Cabot serait en mauvais
terme, en l'occurrence sa fille. Mme Cabot n'aurait jamais donné son
consentement à ce qu'elle soit publiée. Il précise que la photo n'ajouterait
d'ailleurs rien à l'affaire Coffin et les démarches de la journaliste pour
obtenir la photo et la publier sont à son avis contraires aux normes de
l'éthique journalistique.
    Il confirme que Mme Cabot aurait présenté des photos de sa famille à
l'émission "Enjeux". Mais cela se serait fait avec le consentement de cette
dernière, contrairement à la présente plainte. De plus, ces photos ne la
représentaient pas en jeune mariée au bras d'un homme qu'elle allait dénoncer
plus tard comme un meurtrier.

    DECISION

    Le Conseil ne se prononcera pas sur les aspects légaux de ce dossier,
cela relève des tribunaux. Cependant, le Conseil se penchera sur l'éthique
journalistique, en regard de sa déontologie, exercée lors de la publication de
la photographie.
    Le guide Droits et responsabilités de la presse précise en regard de
l'intérêt public : "que ce soit lors de la collecte, du traitement ou de la
diffusion de l'information, les médias et les journalistes doivent se soucier
d'informer réellement le public, et doivent faire les distinctions qui
s'imposent entre ce qui est d'intérêt public et ce qui relève de la curiosité
publique".
    Au premier grief reproché par la plaignante, cette dernière considérait
que la photo juxtaposée à l'article était sensationnaliste et n'ajoutait rien
aux prétendues révélations de l'article. Selon le mis-en-cause, le fait que
Mme Cabot ait accordé une entrevue à la télévision où elle aurait présenté des
photos de sa famille, invaliderait la prétention à l'invasion de la vie privée
de cette dernière ainsi que sa réputation.
    La liberté rédactionnelle autorise les professionnels de l'information à
sélectionner les images qu'ils jugent le plus à propos pour illustrer
l'information qu'ils transmettent. Dans le présent dossier, le Conseil
considère que le texte dans son ensemble est respectueux des faits et des
personnes impliquées. En conséquence et considérant que la plaignante a choisi
de livrer publiquement et en toute connaissance de cause son témoignage en
regard de la possible culpabilité de son père dans cet important dossier
judiciaire, la publication de la photographie n'était pas sensationnaliste aux
yeux du Conseil. Le grief est rejeté.
    Au deuxième reproche, la plaignante dénonçait les démarches de la
journaliste, qui pour obtenir la photo en cause aurait contacté sa fille avec
qui elle serait en mauvais termes. Cette pratique serait à son avis contraire
à l'éthique journalistique. Le mis-en-cause considère que le journal était
justifié de publier la photo en regard de la gravité des accusations et le
fait que cela constituait une nouvelle information dans le dossier de Wilbert
Coffin.
    Tel que précisé dans le guide Droits et responsabilités de la presse, les
médias et les professionnels de l'information doivent être libres de
rechercher et de collecter les informations sur les faits et les événements
sans entrave, ni menace ou représailles. Toutefois, lors de la collecte
d'information, les journalistes doivent bien soupeser et mettre en équilibre
leur devoir d'informer et le respect des droits de la personne. C'est là une
question de probité et d'intégrité professionnelles. Le public, pour sa part,
a le droit d'être informé sur ce qui est d'intérêt public, et la presse a le
devoir de l'en informer. A cet égard, le Conseil ne saurait accuser la
journaliste d'avoir agi de mauvaise foi dans sa collecte d'information auprès
de la fille de Mme Cabot. Le grief est rejeté.
    En conséquence, le Conseil de presse rejette la plainte de Mme Micheline
Cabot à l'encontre du quotidien The Gazette sur le grief concernant la
publication d'une photographie.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du Comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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