Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2007-01-056



    MONTREAL, le 19 oct. /CNW Telbec/ -

    
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    Numéro de dossier : D2007-01-056

    Plaignants      Fédération des associations Canado-Philippines du
                    Québec inc.
                    M. James de la Paz, président

    et

    Mis-en-cause    M. Fred C. Magallanes, éditeur et rédacteur en chef
                    Le périodique The Filipino Forum
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    RESUME DE LA PLAINTE

    La Fédération des associations Canado-Philippines du Québec inc. (FACPQ)
porte plainte contre le périodique The Filipino Forum et son éditeur et
rédacteur en chef, M. Fred C. Magallanes, concernant la une de l'édition
d'août 2006, de même que l'article "Cabugao is likely to be fired as consul"
paru dans cette même édition ainsi que l'article "Hundreds register approval
of Cabugao's ouster", paru dans l'édition de novembre 2006. Les plaignants
reprochent au mis-en-cause d'avoir fait état d'informations et de statistiques
inexactes, d'avoir exprimé des opinions personnelles dans des textes
d'information et d'avoir présenté des informations diffamatoires à l'endroit
de M. Salvador Cabugao, consul honoraire des Philippines.

    GRIEFS DES PLAIGNANTS

    Le président de la Fédération des associations Canado-Philippines du
Québec inc. (FACPQ), M. James de la Paz, dépose une plainte contre le
périodique The Filipino Forum et son rédacteur en chef et éditeur, M. Fred C.
Magallanes, pour avoir rapporté des informations inexactes et diffamatoires.
    Les plaignants contestent d'abord la une de l'édition d'août 2006 du
périodique, intitulée "Cabugao likely to be fired" et présentant le sous-titre
"It is widely rumoured that revenue agents twice raided the consul's office at
the Victoria Avenue side of the Van Horne Shopping Centre in Côte-des-Neiges",
de même que l'article "Cabugao is likely to be fired as consul" paru en page 4
de cette même édition. La plainte touche également l'article "Hundreds
register approval of Cabugao's ouster", paru en page 10 du numéro de novembre
2006. Le plaignant déplore que ces titres et ces articles soient faux,
malveillants, incomplets et qu'ils renferment des insinuations ne reposant sur
aucun fait. Il dénonce également la confusion des genres à l'intérieur de ces
textes qui présenteraient à la fois des informations inexactes et des opinions
personnelles du mis-en-cause. Selon M. de la Paz, de tels articles ne
cherchaient qu'à miner la crédibilité et la réputation du consul honoraire, du
consulat et de l'ambassade des Philippines. Il ajoute que le plaignant
enfreint l'éthique journalistique par ses agissements, cherchant à se servir
de son médium d'information pour ses fins personnelles, en répandant des
rumeurs et en utilisant des mots tels que "probablement (probably, likely)"
dans des textes d'information. Le plaignant déplore enfin la négligence et
l'irrévérence de M. Magallanes pour les décisions précédentes du Conseil de
presse, dont il ne respecterait toujours pas les principes.
    M. de la Paz pose ensuite de façon plus précise ses doléances en regard
de chacun des titres et des articles en cause. Concernant le titre de la une
et de l'article de l'édition d'août 2006, il déplore qu'ils soient
diffamatoires et désobligeants envers M. Cabugao. Il en va de même de
l'utilisation du terme "probablement (likely)" qui permettrait au journaliste
de présenter des informations non établies en s'appuyant sur le conditionnel.
Le représentant de la FACPQ ajoute que l'expression "renvoyé comme consul
honoraire (fired as honorary consul)", utilisée dans ces titres, est
inappropriée parce que cette fonction ne comporte pas de rémunération. Ainsi,
M. Cabugao ne pourrait pas être considéré comme un employé du consulat. Le
plaignant ajoute avoir obtenu une confirmation de l'ambassade des Philippines
à Ottawa, à l'effet qu'un tel lien avec les fonctions de M. Cabugao était
erroné et diffamatoire.
    En regard du sous-titre de la une et du contenu de l'article d'août 2006,
M. de la Paz déplore que l'auteur ait utilisé l'expression "le bruit court que
(rumoured)" parce qu'il n'avait pas enquêté pour découvrir la vérité. Le
plaignant nie également le fait que des agents de l'Agence du revenu du Canada
aient "fait une incursion, une descente (raided)" dans les bureaux de M.
Cabugao, puisqu'il s'agirait plutôt de visites de routine pour vérifier des
dossiers.
    Le représentant de la FACPQ déplore aussi que le mis-en-cause n'ait pas
pris en considération le fait que ces vérifications, effectuées par des
fonctionnaires du gouvernement, sont personnelles et confidentielles, jusqu'à
ce que des accusations soient portées, ce qui n'était pas le cas. Il ajoute
que rien ne permet de savoir si des témoins ont rapporté au mis-en-cause avoir
vu des agents saisir des ordinateurs dans les bureaux de M. Cabugao et
qu'aucune information ne serait présentée au soutien de cette affirmation. Le
plaignant déplore également que le rédacteur en chef ait insinué que le consul
honoraire ne connaissait pas le protocole. M. de la Paz dénonce aussi
l'utilisation du terme "probablement (probably)" dans l'article, ce qui, tout
comme dans les titres, permettrait à M. Magallanes d'avoir recours à la
spéculation et de se protéger d'éventuelles poursuites en regard de ce
reportage, en s'appuyant sur la base du conditionnel.
    Le plaignant dénonce également l'extrait où le journaliste mentionne que
"le point de vue du Filipino Forum est qu'une personne tenant une position
honorifique pourrait être mise à pied pour simplement être soupçonnée (It is
the Filipino Forum's view that a person holding an honorary position could be
fired for merely being under a cloud of suspicion)". Il soutient que le
mis-en-cause utilise son journal pour exprimer une opinion personnelle. Il
ajoute qu'en aucun cas une telle opinion ne devrait apparaître dans un article
d'information, comme celui mis en cause.
    En regard de l'extrait de l'article dans lequel le rédacteur en chef
indique que les soupçons qui pèsent contre M. Cabugao suffisent à justifier
son renvoi, M. de la Paz souligne que le journaliste jette alors des doutes
sur la réputation du consul honoraire et cherche à le faire condamner sans
preuve, en se basant sur des rumeurs. Concernant la femme, dont M. Magallanes
fait mention dans l'article, qui serait intéressée par le poste de consul
honoraire et qui aurait déjà fait des démarches en ce sens, le plaignant
indique que son nom n'est jamais mentionné, afin d'alimenter les spéculations.
Il regrette également que les propos laissent entendre que l'ambassade des
Philippines et des "amis puissants (powerful friends)" puissent être
influencés par n'importe qui, sous-entendant une malhonnêteté de la part du
gouvernement philippin.
    Concernant la mention de M. Magallanes à l'effet que ce soit lui et Mme
Parado, par leurs démarches et leur travail, qui aient permis la nomination de
M. Cabugao au poste de consul honoraire, le plaignant croit que ces propos
démontrent la frustration du journaliste qui aurait souhaité que le consul
attribue publiquement sa nomination à son aide et à celle de Mme Parado, alors
qu'en fait l'ambassadeur aurait lui-même nommé M. Cabugao, en se basant sur
ses propres recherches et sur ses références personnelles.
    Toujours dans cet article, M. Magallanes mentionne que "(p)our 99 pour
cent des leaders de la communauté, Cabugao n'était pas le bon candidat pour le
travail (Cabugao was not the candidate for the job for 99 per cent of the
leaders in the community)". Le plaignant conteste cette affirmation, déplorant
l'utilisation de statistiques sans en indiquer la source et sans préciser
l'échantillon, c'est-à-dire le nombre de chefs de la communauté auxquels elle
réfère. Pour lui, ces chiffres auraient uniquement été inventés par le
rédacteur en chef.
    De même, le représentant de la partie plaignante soutient que le
mis-en-cause livre une opinion personnelle qui ne s'appuie sur aucun fait
crédible dans la conclusion du second article, lorsqu'il mentionne que M.
Cabugao n'était pas le candidat préféré de 99 % des leaders locaux, alors que
l'agente de voyage qui souhaitait se présenter pour le remplacer à ce poste
aurait un appui écrasant dans la communauté.
    L'article rapportait également qu'une leader de la communauté avait dit
qu'elle se couperait la tête si M. Cabugao était nommé consul honoraire, mais
qu'elle n'avait pas réitéré cette menace. En regard de ces propos, le
représentant des plaignants regrette que le mis-en-cause ne révèle pas le nom
de cette personne.
    Concernant l'article de novembre 2006, également mis en cause, le
plaignant conteste d'abord la référence, dans le titre et à l'intérieur de
l'article, au fait que "l'approbation de centaines de Philippins de Montréal
quant à l'éviction de Salvador Cabugao en tant que consul honoraire sera
confirmée à l'ambassade des Philippines à Ottawa la semaine prochaine où
l'ambassadeur Jose Brillantes se verra remettre une pétition exigeant le
remplacement du consul (The approval of hundreds of Montreal Filipinos to the
ouster of Salvador Cabugao as honorary consul will be registered with the
Philippine embassy in Ottawa next week when Ambassador Jose Brillantes is
handed a petition demanding the consul's replacement)". Il indique que
M. Magallanes se réfère, encore une fois, à des chiffres vagues et des
statistiques imprécises, afin de créer la confusion chez le public. Il ajoute
que c'était le groupe de M. Magallanes lui-même qui aurait écrit cette
pétition. Ainsi, les trois premiers signataires de la pétition seraient
Mme Parado, Mme Ogerio et M. Magallanes, tous liés au Filipino Forum.
    Concernant la citation de Mme Parado, reprise à l'intérieur de l'article,
à l'effet que le cas de M. Cabugao était connu à Manille, parce que des
lettres auraient été envoyées au secrétaire des affaires étrangères,
M. Alberto Romulo, M. de la Paz rétorque que le mis-en-cause utilise certains
témoignages pour appuyer ses propres opinions et présenter des informations
inexactes. Il soutient que le secrétaire des affaires étrangères de
l'ambassade n'aurait reçu qu'une seule lettre et émet des réserves sur la
crédibilité de son signataire. Le reportage de M. Magallanes serait donc
incomplet sur ce sujet et priverait le public d'une partie des faits.
    Ce second article rapporte également les propos de M. Felix Reyes,
déclarant que l'ambassade lui avait dit que M. Cabugao a terni l'image des
philippins, mais qu'il fallait remplir une plainte officielle pour demander
des actions concrètes sur cette affaire. Cependant, pour le plaignant, aucun
porte-parole de l'ambassade n'a pu tenir des propos d'une telle nature. De
même, il se demande si M. Reyes a réellement formulé cette déclaration erronée
ou si M. Magallanes l'a mal cité.
    M. de la Paz conclu que de toutes les causes et tous les problèmes vécus
par la communauté philippine, le mis-en-cause a choisi de s'attarder aux
rumeurs et à la pétition contre M. Cabugao, uniquement pour se venger
personnellement de ce dernier, qui aurait reconnu avoir aidé le plaignant, par
le passé, à répondre aux nombreux articles diffamatoires le concernant. Il
regrette enfin que M. Magallanes répète les mêmes informations erronées dans
les deux articles, croyant que la répétition de celles-ci poussera le public à
croire qu'elles sont vraies.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de M. Fred C. Magallanes, rédacteur en chef et éditeur
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    Le rédacteur en chef et éditeur du Filipino Forum répond à la plainte de
la FACPQ en indiquant d'abord qu'à son avis, les figures publiques devraient
avoir un dossier et une réputation sans tache. Ainsi, il ne devrait pas y
avoir le moindre doute concernant leur intégrité, ce qui ne serait pas le cas
du consul honoraire M. Salvador Cabugao, dont les bureaux auraient été
perquisitionnés par des agents de l'Agence du revenu du Canada et fait l'objet
de vérifications. C'est pourquoi M. Magallanes se dit étonné de voir cette
plainte portée devant le Conseil et ne comprend pas que les plaignants
soutiennent qu'il a présenté une fausse histoire et des informations
diffamatoires au sujet du consul honoraire.
    M. Magallanes déclare également que deux sources fiables, l'une provenant
des bureaux du consul honoraire et l'autre se trouvant à l'extérieur du centre
commercial Van Horne au moment de la première perquisition, lui auraient
déclaré que les agents du gouvernement avaient emporté l'ordinateur de M.
Cabugao. Selon le mis-en-cause, si ce dernier est sous enquête auprès des
autorités financières et que son ordinateur a été saisi, cela jette une ombre
sur l'intégrité de ses rapports professionnels. Bien qu'il reconnaisse que nul
n'est coupable jusqu'à preuve du contraire, le rédacteur en chef rappelle que
ceux qui occupent des fonctions d'importance, relevant de la confiance du
public, doivent être reconnus pour leur intégrité absolue. Il ajoute qu'il n'y
a pas de fumée sans feu.

    REPLIQUE DES PLAIGNANTS

    Les plaignants n'ont présenté aucune réplique.

    DECISION

    Cette plainte est la quatrième déposée au Conseil de presse contre le
Filipino Forum, par les plaignants ou par des personnes affiliées aux
plaignants. Ces plaintes portent toutes sur une situation de conflit
persistante qui se reflète dans les articles du périodique, desquels découlent
de nombreux griefs similaires d'une plainte à l'autre. A la lecture des
documents fournis par les parties, il est évident que la présente plainte est
à nouveau déposée dans un contexte de désaccord profond et de lutte sur la
place publique entre deux opposants de la communauté montréalaise d'origine
philippine, M. James de la Paz et M. Fred C. Magallanes et des personnes
appuyant chacun des deux camps. Le Conseil tient donc à rappeler qu'il rend
ses décisions uniquement dans un contexte d'éthique journalistique, reposant
sur le périodique The Filipino Forum et le travail journalistique qui y est
accompli, et que ses décisions ne peuvent en aucune façon être interprétées
comme un appui à l'une ou à l'autre des parties.
    M. de la Paz portait donc plainte, au nom de la Fédération des
associations Canado-Philippines du Québec (FACPQ) contre M. Fred C. Magallanes
et le périodique The Filipino Forum en regard de la une et de l'article
"Cabugao is likely to be fired as consul" parus dans l'édition d'août 2006 et
de l'article "Hundreds register approval of Cabugao's ouster", publié dans la
parution de novembre 2006. Pour fins d'analyse, les doléances exprimées par le
plaignant ont été regroupées en six principaux groupes de griefs.
    Le plaignant déplorait premièrement que le titre de la une d'août 2006 et
les titres des articles en cause présentaient des informations inexactes et
tendancieuses.
    Le Conseil a étudié chacun des éléments soulevés par le plaignant sur ce
point et a établi que, pour ce qui est du sous-titre de la une, se référant à
une rumeur concernant les perquisitions dans les bureaux du consul honoraire,
bien que cette information puisse sembler intéressante, il aurait été
pertinent que le journaliste la confirme auprès de l'Agence du revenu du
Canada, ce qui n'a pas été le cas. L'auteur s'appuyait donc sur des rumeurs et
des oui-dire pour présenter une nouvelle à la une du journal, ce qui est, aux
yeux du Conseil, inapproprié. Pour ce qui est du titre de l'article paru dans
l'édition de novembre 2006, le Conseil remarque que le chiffre qui y est
présenté, à savoir des centaines de personnes, est nébuleux et aurait eu
avantage à être précisé, afin de permettre au public d'avoir une idée concrète
de la situation. Le grief concernant l'inexactitude des titres et de la
présentation de l'information a donc été retenu en regard du sous-titre de la
une évoquant une rumeur et de l'imprécision du titre de l'article de novembre
2006, les autres motifs de plainte ont été rejetés sur ce point.
    Le représentant de la FACPQ déplorait ensuite que, pour chacun des
articles mis en cause, le rédacteur en chef et éditeur ait manqué de rigueur
en s'appuyant sur des rumeurs et des sources anonymes pour véhiculer de
l'information inexacte ou non établie.
    En regard de ce bloc de griefs, le plaignant contestait douze éléments
contenus dans les articles. Après examen de chacune de ces doléances, le
Conseil a retenu le bloc de griefs sur la base de certains des points soulevés
par le plaignant, à savoir le fait que le journaliste se fonde sur des rumeurs
pour établir une information, ce qu'il reconnaît dans les articles et qui ne
constitue pas une démarche journalistique responsable. Plusieurs statistiques
dérogent également des exigences éthiques en la matière, puisque le Conseil a
observé que, pour chacune d'elles, le journaliste ne mentionne en aucun temps
les sources, l'échantillonnage et les méthodes utilisées. De plus, certains
des chiffres présentés semblent reposer sur une appréciation personnelle du
journaliste. Le Conseil a donc relevé plusieurs inexactitudes dans les
éléments dénoncés par le plaignant. De plus, il constate qu'il y a eu un
manque de vérification des informations qui auraient pu être confirmées ou
expliquées en détails par l'Agence du revenu du Canada, par le consulat et par
l'ambassade des Philippines au Canada, alors que le journaliste se cantonnait
à rapporter des informations non confirmées. Ce second bloc de griefs a donc
été retenu.
    M. de la Paz déplorait troisièmement le manque d'équilibre de
l'information et invoquait une information incomplète reposant sur une
sélection des faits opérée par M. Magallanes, qui aurait choisi de taire la
version de l'ambassade et de M. Cabugao.
    A ce propos, la déontologie du Conseil indique que, dans les cas où une
nouvelle traite de situations ou de questions controversées, ou de conflits
entre des parties, un traitement équilibré doit être accordé aux éléments et
aux parties en opposition. Dans le présent cas, les deux articles soumis à
l'attention du Conseil réclament la destitution de M. Cabugao de son poste de
consul honoraire des Philippines. Cette nouvelle fait également la une de
l'édition d'août 2006. Le Conseil a cependant remarqué qu'en aucun temps les
articles en cause ne rapportent l'opinion du principal concerné. Ils ne lui
permettent pas non plus de présenter sa version des faits ou de répondre aux
rumeurs qui y sont rapportées. De plus, les personnes interrogées et les
statistiques présentées lui sont toutes défavorables. Le grief de manque
d'équilibre a dont été retenu.
    Le quatrième grief soulevé par le plaignant avait trait à la confusion
des genres dans les articles du Filipino Forum, à l'intérieur desquels le
rédacteur en chef et éditeur mélangerait la nouvelle et l'opinion.
    Le journalisme d'opinion et le journalisme d'information sont des genres
journalistiques distincts qui répondent à des libertés et des devoirs
différents. En ce qui concerne les articles mis en cause, il appert clairement
au Conseil qu'ils répondent au genre de la nouvelle. Relativement à ce genre
journalistique, le Conseil rappelle que les médias et les professionnels de
l'information doivent s'en tenir à rapporter les faits et à les situer dans
leur contexte sans les commenter. Cependant, dans l'article d'août 2006, le
journaliste livre le point de vue du Filipino Forum, selon lequel le consul
honoraire devrait être démis de ses fonctions, il exprime alors une opinion
personnelle dans un article d'information. Le grief de confusion des genres
est donc retenu.
    Le représentant de la FACPQ soutenait aussi que, si M. Magallanes avait
accordé une telle importance à cette nouvelle, c'était par pure vengeance,
puisque M. Cabugao avait déjà répondu au Filipino Forum au sujet d'articles
concernant M. de la Paz et parce qu'il n'avait pas attribué sa nomination à
M. Magallanes et à Mme Parado.
    Les médias et les professionnels de l'information contreviennent à leur
rôle dans la société et aux responsabilités qui en découlent lorsque, dans
leur façon d'aborder les événements, ils se laissent imposer une idéologie ou
un courant d'idées donné, ou lorsqu'ils taisent ou rapportent avec parti pris
l'information.
    Le Conseil constate d'abord que le plaignant n'a pas été en mesure de
prouver que M. Magallanes avait agi de façon partiale dans le débat, en
fonction de ses intérêts personnels ou par vengeance et donc ne saurait se
prononcer sur cet aspect du grief. Néanmoins, plusieurs éléments présents dans
les textes permettent au Conseil d'établir que le journaliste n'était pas
neutre à ce sujet. Ainsi, en plus de s'appuyer sur de nombreuses rumeurs, les
titres et les articles présentés par le Filipino Forum sont tendancieux et
indiquent que le consul honoraire devrait être démis de ses fonctions. Enfin,
M. Magallanes affirme, à l'intérieur de l'article d'août 2006, que lui et
Mme Parado ont travaillé et se sont battu pour la nomination de M. Cabugao. Le
journaliste semblait donc directement impliqué face à ce dernier et ne
disposait vraisemblablement pas de la neutralité requise par la profession,
qui exige un devoir de réserve des journalistes dans certaines activités,
notamment politiques, qui pourraient les faire paraître en conflit d'intérêts
et, à plus forte raison, de ne pas rédiger de textes sur ces sujets, car
ceux-ci se verraient privés de la neutralité essentielle à la profession. Le
Conseil retient donc le grief pour information tendancieuse.
    Pour l'ensemble de ces considérations, et notamment pour avoir fait
preuve d'ignorance ou de manque de respect à l'égard des principes
déontologiques reconnus et maintes fois répétés, le Conseil de presse retient
la plainte et blâme M. Fred C. Magallanes et le périodique The Filipino Forum.
    En raison du nombre important de plaintes portées à son attention et
impliquant les deux parties en cause, le Conseil tient à préciser que
M. Magallanes et le Filipino Forum se sont vu rappeler à maintes reprises les
principes de l'éthique journalistique et les comportements adéquats à adopter
pour les respecter. Il regrette que ces derniers n'aient toujours pas mis en
place les moyens nécessaires pour les appliquer.
    Néanmoins, le Conseil rappelle qu'il est un organisme
d'autoréglementation qui vise à informer les médias et les journalistes sur
leurs droits et leurs libertés et cherche à les accompagner dans la pratique
d'un sain journalisme. Ainsi, considérant que les mis-en-cause sont maintenant
largement renseignés sur ces principes, le Conseil les encourage encore une
fois à modifier leur politique éditoriale, mais ne voit pas la pertinence,
dans ce contexte, de traiter d'autres dossiers impliquant ces deux parties et
reposant sur des griefs similaires, avant d'avoir clairement observé une
évolution dans l'attitude du média. D'ici là, le Conseil déplore une nouvelle
fois les manquements des mis-en-cause en regard de l'éthique journalistique.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du Comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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