Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2006-09-016



    
    -------------------------------------------------------------------------
    Numéro de dossier : D2006-09-016

    Plaignant                M. Jacques Marchand

    et

    Mis-en-cause             M. Gilles Pétel, rédacteur en chef
                             M. Jean-François Guénette, directeur général
                             L'hebdomadaire Le Magazine de Saint-Lambert
    -------------------------------------------------------------------------
    

    MONTREAL, le 5 mars /CNW Telbec/ -

    RESUME DE LA PLAINTE

    M. Jacques Marchand porte plainte contre M. Gilles Pétel et Le Magazine
de Saint-Lambert pour avoir transmis une information inexacte issue de sources
privées dans un article intitulé "Racisme d'un animateur de FM 103.3? -
Michel Leroux, Eric Tétrault et Jacques Marchand s'excusent" paru le 18
janvier 2006.

    GRIEFS DU PLAIGNANT

    M. Jacques Marchand porte plainte contre M. Gilles Pétel et Le Magazine
de Saint-Lambert concernant un article paru le 18 janvier 2006 intitulé
"Racisme d'un animateur de FM 103.3? - Michel Leroux, Eric Tétrault et Jacques
Marchand s'excusent".
    Selon le plaignant, dans cet article publié en période électorale,
M. Pétel aurait tendancieusement déformé une information et dévoilé des
éléments confidentiels issus d'un échange de courriels entre M. Marchand, le
plaignant dans le présent dossier et M. Maka Kotto, alors député sortant de la
circonscription de Saint-Lambert. Le plaignant considère de plus que le
contenu de cette correspondance privée n'était pas d'intérêt public.
    M. Marchand explique qu'en ne retenant que le libellé d'une phrase du
courriel qu'il avait adressée à M. Kotto, tout en ignorant le contexte,
M. Pétel aurait déformé la nature de cette lettre en en inversant le sens et
en exploitant la thématique du racisme. Selon lui, M. Pétel aurait, par là
même, donné une connotation raciste à son propos envers M. Kotto alors que ce
n'était nullement son intention. De plus, il aurait utilisé une tournure
sensationnaliste pour transmettre l'information.
    Il ajoute que, même si M. Pétel avait antérieurement obtenu
l'autorisation de Mme Carole Thomas, alors attachée de presse de M. Kotto, de
divulguer le contenu de la lettre, l'éthique journalistique aurait exigé que
le journaliste obtienne aussi son approbation. Ainsi, selon le plaignant,
M. Pétel n'a pas favorisé la possibilité de M. Marchand de réagir à cette
information et de faire connaître sa version des faits, afin de permettre au
public de se faire son opinion.
    Par ailleurs, il précise que toutes les parties impliquées dans le
dossier, soit la direction de la station CHAA-FM, l'attachée de presse de
M. Kotto et lui-même avaient convenu de clore le dossier. Aussi, selon lui,
M. Pétel aurait violé le consensus entre les parties de maintenir toute la
confidentialité autour d'un document privé.
    Ainsi, le plaignant considère que l'information transmise par le
journaliste est incomplète, dans la mesure où elle ne couvre pas toutes les
facettes de l'affaire et où elle incite les lecteurs à une fausse
interprétation des faits tout en nuisant à sa réputation. Il ajoute que ces
fautes lui auraient porté préjudice à tel point qu'il aurait perdu son emploi
de journaliste à la radio communautaire CHAA-FM.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Le Conseil a fait la demande à plusieurs reprises aux mis-en-cause, afin
qu'ils répondent à cette plainte.
    Le Magazine de Saint-Lambert n'a cependant pas donné suite à la demande
du Conseil de communiquer sa version des faits.

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    Le plaignant n'a présenté aucune réplique.

    DECISION

    Dans sa plainte, M. Jacques Marchand reprochait d'abord à M. Gilles Pétel
d'avoir utilisé une information confidentielle contenue dans un document
privé, soit un courriel que M. Marchand avait envoyé au député de la
circonscription de Saint-Lambert, M. Maka Kotto.
    Le Conseil constate que ce courriel contenait des informations en grande
partie d'ordre professionnel et celles reprises dans l'article concernaient
directement la relation entre M. Marchand et M. Kotto dans le contexte de
l'organisation d'un débat public en campagne électorale. Le Conseil a estimé
que cette information était d'intérêt public, dans la mesure où elle
concernait des personnes appartenant à la sphère publique, soit un député et
un journaliste, mais aussi dans la mesure où elle était en lien avec un
événement public. De plus, ce courriel n'était pas confidentiel, puisque
M. Kotto avait donné son accord pour sa publication. Les griefs relatifs à
l'utilisation et à la diffusion d'informations confidentielles ont donc été
rejetés.
    Ensuite, M. Marchand considérait que l'information transmise dans
l'article était inexacte. La lettre adressée à M. Kotto par M. Marchand se
lisait comme suit : "Que vous soyez un souverainiste de circonstance ou un
véritable souverainiste, ou un Québécois d'adoption je n'ai aucune leçon à
recevoir de vous à cet égard. Je ne suis pas issu d'une république de banane
et la démocratie n'est pas un phénomène nouveau pour moi et c'est pourquoi je
comprends votre enthousiasme devant ce paradigme sociopolitique." Le
journaliste a repris, entre guillemets dans son article : "L'animateur Jacques
Marchand, dans une lettre qu'il lui faisait parvenir le 11 janvier, accusait
M. Kotto de "souverainiste de circonstance et de Québécois d'adoption, issu
d'une république de bananes"." Les propos entre guillemets ayant été mal
cités, l'information était inexacte et le grief a été retenu.
    En ce qui a trait au grief d'information incomplète, le Conseil a estimé
que l'article faisait état de la version des faits de M. Marchand en
mentionnant la lettre d'excuse de ce dernier. Par ailleurs, bien que le
journaliste ait fait un certain effort pour mettre l'information en contexte,
il aurait pu rappeler les événements ayant donné naissance au litige entre
l'animateur et le député. Toutefois, puisque cette omission n'affecte pas la
compréhension générale du lecteur, le grief n'a pas été retenu.
    De plus, le Conseil considère que la présentation de l'information et les
termes employés par le journaliste n'étaient pas sensationnalistes. Le Conseil
rejette donc le grief relatif au sensationnalisme.
    Enfin, le Conseil regrette la non-participation des mis-en-cause visés
par la plainte, ce qui est contraire à la ligne de conduite adoptée
habituellement par les médias et va à l'encontre de la responsabilité qu'ils
ont de répondre publiquement de leurs actions. Le Conseil insiste sur
l'importance pour tous les médias de participer aux mécanismes
d'autorégulation qui contribuent à la qualité de l'information et à la
protection de la liberté de presse. Cette collaboration constitue un moyen
privilégié pour eux de répondre publiquement de leur responsabilité d'informer
adéquatement les citoyens.
    Pour tous ces motifs, le Conseil retient partiellement la plainte de
M. Marchand contre M. Gilles Pétel et Le Magazine de Saint-Lambert sur le
motif d'avoir publié une information inexacte et déplore leur absence de
collaboration avec le Conseil dans l'étude de la plainte.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

Profil de l'entreprise

Conseil de presse du Québec

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.