Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2006-08-012



    MONTREAL, le 24 avril /CNW Telbec/ -

    
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    Numéro de dossier : D2006-08-012


    Plaignant              M. Alain Déry

    et

    Mis-en-cause           M. Serge Côté, rédacteur en chef
                           Le quotidien Le Journal de Québec
                           M. Jean Roy, vice-président aux services de
                           langues françaises
                           La Presse Canadienne
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    RESUME DE LA PLAINTE

    M. Alain Déry dénonce le titre "Le spectacle Le seigneur des anneaux
quitte l'affiche après trois mois seulement" qui selon lui contiendrait des
inexactitudes en rapport avec l'article paru dans l'édition du 29 juin 2006 du
Journal de Québec.

    GRIEFS DU PLAIGNANT

    M. Alain Déry reproche au Journal de Québec d'avoir coiffé un article
d'un titre qui ne représenterait pas les propos qui y sont tenus. Selon lui,
le titre de l'article "Le spectacle Le seigneur des anneaux quitte l'affiche
après trois mois seulement" serait inexact. Il souligne de plus le manque de
rigueur dans le sous-titre "Le billet coûtait 120 $".
    Le plaignant dit avoir envoyé un courriel au courrier des lecteurs pour
que le journal corrige l'erreur mais ce dernier n'aurait pas publié sa demande
de rectification.
    M. Déry explique que le titre annonçait : "le spectacle quitte l'affiche
dans trois mois" et que l'article précisait que le spectacle avait été
inauguré en mars 2006. Donc, cela fait trois mois, de mars à juin. Mais,
ajoute-t-il, il y est mentionné que "les représentations prendront fin le 3
septembre". Donc, selon M. Déry, il y aurait une erreur.
    Il souligne qu'il a vu le spectacle à Toronto au coût de 26.00 $. Il
s'étonne que le journal mentionne que le billet coûtait 120.00 $.
    Le plaignant déplore qu'un tel article paraisse au début de l'été, alors
que les gens choisissent leur destination de vacances. En mettant l'emphase
sur le coût des billets cela peut décourager les touristes d'aller voir le
spectacle.
    M. Déry conclut en soulignant que s'il s'était fié au titre de l'article,
il n'aurait probablement pas vu le spectacle.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de Me Bernard Pageau, avocat représentant le Journal de
    --------------------------------------------------------------------
    Québec
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    Me Bernard Pageau mentionne que le Journal de Québec publie tous les
jours des textes provenant de la Presse Canadienne qui est généralement
réputée pour sa rigueur et l'exactitude de ses faits. La Presse Canadienne
fournissant un nombre important de dépêches tous les jours, il souligne
l'impossibilité de vérifier l'exactitude de chacune de celle-ci.
    Le mis-en-cause ajoute que selon M. Déry, l'article contenait des erreurs
mais, souligne Me Pageau, ce sont des informations qu'ils ne pouvaient
vérifier par eux-mêmes.

    Commentaires de M. Jean Roy, vice-président aux services de langue
    ------------------------------------------------------------------
    française
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    M. Jean Roy dit ne pas comprendre le sens de la plainte de M. Déry. Dans
le texte, il est mentionné que la production quitte l'affiche après trois
mois, ce qui est exact, et non pas dans trois mois comme le prétend le
plaignant.
    Il ajoute que le texte précise que la production prendra fin le 3
septembre, ce qui est aussi exact et quant au prix du billet (120 $), c'est
une pratique courante dans les textes de spectacles de mentionner le prix le
plus élevé. Faire le contraire serait, selon M. Roy, induire le public en
erreur.
    En terminant, M. Roy précise que la Presse Canadienne s'est donnée des
règles de déontologie hautement reconnues dans le milieu journalistique, qui
sont décrites dans leur manuel interne "Guide de rédaction".

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    M. Alain Déry rappelle que le coeur de sa plainte porte sur le titre de
l'article qui ne correspondait pas au texte.  Il ajoute que l'article ne
comportait pas d'erreurs majeures.
    Il conclut en soulignant que le Journal de Québec n'a jamais fait
paraître sa lettre dans la rubrique "Opinions".

    DECISION

    Dans sa plainte, M. Alain Déry dénonce le titre : "Le spectacle Le
seigneur des anneaux quitte l'affiche après trois mois seulement", qui selon
lui serait inexact en rapport avec l'article paru dans l'édition du 29 juin
2006 du Journal de Québec, ainsi que le sous-titre "Le billet coûtait 120 $",
qui induirait le public en erreur.
    Le choix des manchettes et des titres, ainsi que des légendes qui
accompagnent les photos, les images et les illustrations, relève de la
prérogative de l'éditeur. Les manchettes et les titres doivent respecter le
sens, l'esprit et le contenu des textes auxquels ils renvoient.
    Dans le cas présent, bien que le plaignant ne remette pas en cause
l'article de la Presse Canadienne, le titre est extrait de l'amorce où se
retrouvait aussi l'erreur. Dans l'amorce, il y est mentionné que "L'imposante
production Le seigneur des anneaux quitte l'affiche à Toronto après trois mois
de représentations". Les représentations ont débuté en mars 2006 et l'article
a été écrit en juin 2006, cela fait trois mois. S'il n'en tenait qu'à ce fait,
le titre "Le spectacle Le seigneur des anneaux quitte l'affiche après trois
mois seulement" représenterait bien ces propos. Mais à la fin de l'article, il
y est indiqué que "les représentations prendront fin le 3 septembre", d'où la
confusion. Il aurait donc été plus compréhensible au lecteur que le titre
mentionne : "le spectacle quittera l'affiche dans trois mois".
    En regard du choix des titres coiffant les textes, la responsabilité
revient au Journal de Québec. Un titre doit respecter le contenu des textes
auxquels il renvoie et mettre le lecteur dans le contexte des événements. Le
Journal de Québec se devait d'être attentif pour ne pas répéter l'erreur
commise par la Presse Canadienne. Dans le présent cas, un lecteur pouvait
avoir des incertitudes, à la lecture du titre, sur le moment de la fin des
représentations du spectacle. Le grief est retenu.
    Au grief concernant le sous-titre, M. Jean Roy, de la Presse Canadienne,
soutient que c'est la pratique courante, dans ce type de couverture, de
mentionner le prix le plus élevé. Selon, lui, publier le contraire serait
induire le public en erreur.
    Après examen, bien que ce sous-titre pouvait dissuader certains
spectateurs, il n'en demeure pas moins qu'aucune erreur n'y a été relevée. Ce
grief est rejeté.
    Le Conseil de presse s'est maintes fois prononcé sur l'espace réservé aux
lecteurs. Bien qu'il soit du devoir des médias de favoriser l'accès des
citoyens à leurs pages, ces derniers restent libres de choisir les lettres qui
y seront publiées.
    Si le Journal de Québec avait reconnu qu'une erreur s'était produite dans
le titre de l'article et que cela avait pu induire le lecteur en erreur, un
simple erratum aurait pu corriger cette inexactitude. Le Conseil rappelle
qu'il est de la responsabilité des médias de trouver les meilleurs moyens pour
corriger leurs erreurs dans leurs productions journalistiques, cela permet de
remédier avec attention au tort causé. Comme l'erreur n'a pas été corrigée, le
grief est retenu.
    Compte tenu des éléments exposés ci-haut, le Conseil de presse retient la
plainte de M. Alain Déry à l'encontre du Journal de Québec en regard du
manquement au choix du titre de l'article et au manque de rectification. De
plus, bien que le plaignant ne visait pas la Presse Canadienne dans sa
plainte, le Conseil recommande à cette dernière, d'être plus vigilante dans la
formulation de ses amorces.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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