Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2006-08-005



    
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    Numéro de dossier : D2006-08-005

    Plaignants         M. Yves Sauvé
                       M. Michel Mathieu
                       M. Yves Gingras
                       M. Jacques Blais

    et

    Mis-en-cause       M. Maximilien Bradette, animateur
                       M. Alexandre Azoulay, propriétaire
                       La radio CJMS-AM
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    MONTREAL, le 5 mars /CNW Telbec/ -


    RESUME DE LA PLAINTE

    M. Yves Sauvé d'une part, et MM. Michel Mathieu, Yves Gingras et Jacques
Blais d'autre part, portent plainte contre M. Maximilien Bradette, animateur
de l'émission "Au maximum", et la radio CJMS-AM, pour ne pas avoir respecté
certaines normes radiophoniques s'appliquant aux tribunes téléphoniques. Les
extraits des émissions mis en cause ont été diffués les 23 et 26 juin 2006
entre 11 h 00 et 13 h 00.

    GRIEFS DES PLAIGNANTS

    M. Yves Sauvé d'une part, et MM. Michel Mathieu, Yves Gingras et Jacques
Blais d'autre part, portent plainte contre M. Maximilien Bradette et la radio
CJMS-AM de Saint-Constant. La plainte concerne précisément la tribune
téléphonique "Au maximum", diffusée du lundi au vendredi entre 11 h 00 et
13 h 00 et animée par M. Bradette.
    Les plaignants considèrent que les agissements de CJMS-AM sont
inacceptables. Selon eux, M. Bradette ignorerait tout des politiques du
Conseil de presse, principalement sur les règles entourant les tribunes
téléphoniques. Les extraits de l'émission "Au maximum" visés par la plainte
datent du 23 et du 26 juin et concernent un auditeur nommé M. Joseph et
plusieurs autres intervenants.
    Les plaignants considèrent que, dans ces extraits, M. Bradette
enfreindrait les règles de bon journalisme. Ils ajoutent que les propos de M.
Bradette seraient orduriers, diffamatoires, insultants et dégradants vis-à-vis
des participants à sa tribune téléphonique.
    Selon les plaignants, les commentaires de M. Bradette seraient aussi
provocateurs, grossiers et incendiaires. Ils estiment que le mis-en-cause
violerait l'essence même de la Loi sur la radiodiffusion canadienne qui
stipule que toute entité de radiodiffusion au Canada ne doit pas promouvoir
l'anarchie et la division.
    Aussi, les plaignants dénoncent les propos de M. Bradette à l'encontre de
M. Joseph, et la façon dont il a ridiculisé ce dernier alors qu'il exprimait
son opinion. M. Sauvé estime ainsi que M. Joseph aurait été insulté et
méprisé, alors que lui était poli et courtois envers M. Bradette.
    De plus, les plaignants reprochent à l'animateur d'utiliser des moyens
techniques discutables et de mauvais goût, comme le "bol de toilette", pour
éliminer en ondes des auditeurs qui ne partageraient pas ses idées politiques.
Ils ajoutent que M. Bradette, qui, selon eux, désirait se présenter lors des
élections partielles dans la circonscription électorale de
Pointe-aux-Trembles, à l'époque où les émissions concernées ont été diffusées,
aurait utilisé les ondes publiques de CJMS-AM et la tribune téléphonique pour
mousser sa propre campagne électorale.
    Aussi, M. Sauvé rappelle que l'utilisation des ondes publiques est un
privilège et non un droit, et que chaque radiodiffuseur est tenu d'offrir une
programmation de qualité. Pour lui, un animateur de tribune téléphonique doit
être à la fois responsable, professionnel et consciencieux, et respecter les
normes établies par le Code de déontologie de l'Association canadienne des
radiodiffuseurs et les normes du CCNR.
    Enfin, les plaignants demandent au Conseil, au nom de l'intérêt public,
de sévir contre le radiodiffuseur CJMS-AM et de le ramener à l'ordre.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

    Commentaires de M. Alexandre Azoulay, propriétaire de la station CJMS-AM
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    M. Azoulay considère que les plaintes de M. Mathieu contre CJMS-AM ne
visent qu'à porter préjudice à cette station de radio. Aussi, pour que ces
plaintes cessent, les participations de M. Bradette et M. Joseph ont été
retirés des émissions du matin.

    Commentaires de M. Maximilien Bradette, animateur de l'émission
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    "Au maximum"
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    M. Bradette se dit surpris par la plainte de M. Mathieu au sujet de M.
Joseph. Il précise que M. Joseph fait partie du show "Au maximum" et que ses
interventions sont généralement planifiées et orchestrées de façon à créer une
certaine controverse.
    Il ajoute que M. Joseph est un ami personnel et qu'il n'a jamais demandé
ou donné mandat, ni même contacté M. Mathieu, l'un des plaignants dans le
présent dossier.

    Commentaires de M. Joseph, participant à la tribune téléphonique
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    "Au maximum"
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    M. Joseph affirme ne jamais avoir mandaté M. Mathieu ou une autre
personne pour parler ou agir en son nom contre CJMS-AM et encore moins contre
M. Bradette. Ce dernier est à son avis un excellent animateur d'émission de
radio qui devrait continuer son émission.

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    M. Yves Sauvé précise qu'il maintient sa plainte.
    M. Michel Mathieu réplique aux commentaires des mis-en-cause, en son nom
et en ceux de MM. Yves Gingras et Jacques Blais.
    Il admet que plusieurs plaintes ont été adressées au CRTC, au CCNR et au
Conseil contre la station CJMS-AM, mais qu'elles n'avaient pas pour cible M.
Bradette personnellement. Par ailleurs, M. Mathieu atteste ne pas connaître M.
Joseph, et ne pas avoir reçu de mandat de sa part.
    Concernant les agissements de M. Bradette, M. Mathieu considère que ce
dernier est un artisan qui désire se faire une place dans le milieu des
médias, et que c'est son droit. Il ajoute cependant que le licencié d'une
entreprise de radio-télédiffusion, en l'occurrence M. Alexandre Azoulay, est
ultimement responsable des propos et des actes de son personnel tenus en
ondes.
    Il considère ainsi que M. Bradette n'était pas au courant des lois et
politiques du CRTC en matière de programmation balancée et de haute qualité,
ainsi que de la politique du CRTC en matière de diffusion de tribunes
téléphoniques. Selon lui la direction de CJMS-AM a profité de l'inexpérience
de M. Bradette pour mettre en oeuvre une politique de nivellement par le bas
en imitant une forme de "trash radio". En effet, selon le plaignant, la
direction de CJMS-AM aurait opté pour l'utilisation d'animateurs n'étant pas
informés de la façon dont ils peuvent émettre leurs opinions sans transgresser
les règles dictées par le CRTC, le CCNR ou le Conseil, afin que ces animateurs
orientent les débats vers la controverse, attirant ainsi les auditeurs et donc
les investissements publicitaires, dans l'objectif de régler des problèmes de
rentabilité.
    Aussi, M. Mathieu considère que les vrais responsables des fautes
professionnelles dénoncées dans sa plainte sont la direction de CJMS-AM , par
son président M. Alexandre Azoulay.

    COMMENTAIRES A LA REPLIQUE

    M. Azoulay dénonce une machination de la part de M. Mathieu, qu'il dit
être un ex-actionnaire de la station CJMS-AM qui, après avoir perdu plusieurs
causes contre CJMS-AM devant les tribunaux, continu de se venger en semant le
doute sur la compétence des actuels gestionnaires de la station. Aussi, selon
le mis-en-cause, les plaintes de M. Mathieu ont pour but de faire perdre la
licence accordée à CJMS-AM afin qu'il puisse reprendre le poste à son compte.
    Par ailleurs, selon lui, les plaintes de MM. Mathieu, Gingras, Sauvé et
Blais adressées au CRTC, au CCNR et au Conseil de presse visaient
personnellement M. Bradette et son émission, malgré ce que prétend M. Mathieu.
    M. Azoulay joint à ses commentaires une vingtaine de pièces jointes
tendant à montrer que M. Mathieu fait preuve de mauvaise foi dans les
accusations qu'il porte contre CJMS-AM et lui-même. Il précise qu'il met tout
en oeuvre pour être en ordre avec le CRTC.

    DECISION

    M. Yves Sauvé d'une part, et MM. Michel Mathieu, Yves Gingras et Jacques
Blais d'autre part, déposent une plainte contre M. Maximilien Bradette et la
radio CJMS-AM de Saint-Constant, en rapport à la diffusion, en juin 2006, de
l'émission "Au maximum" dans laquelle l'animateur n'aurait pas respecté les
règles déontologiques propres au genre journalistique des tribunes
téléphoniques.
    Après examen du dossier, le Conseil constate que l'émission visée par la
plainte peut être considérée comme un "spectacle radiophonique" et donc exclu
de sa juridiction et ce, conformément à l'avis émis par le Conseil en
septembre 1998 intitulé "Les tribunes téléphoniques : émissions d'information
ou spectacles médiatiques?". Le fait que les interventions de certains
auditeurs soient planifiées et mises en scène est d'ailleurs une manifestation
évidente de ce spectacle.
    Le Conseil met donc en garde le public contre tout procédé de
désinformation emprunté par ces émissions dans lesquelles leurs animateurs
adoptent les apparences ou les couleurs du journalisme pour induire l'auditeur
ou le spectateur en erreur sur l'information diffusée.
    Pour ces motifs, la plainte de MM. Yves Sauvé, Michel Mathieu, Yves
Gingras et Jacques Blais contre Maximilien Bradette et CJMS-AM est jugée
irrecevable.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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