Conseil de presse du Québec - Comité des plaintes et de l'éthique de l'information - Décision - Numéro de dossier : D2006-07-001



    MONTREAL, le 24 avril /CNW Telbec/ -

    
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    Numéro de dossier: D2006-07-001

    Plaignant No.                M. Timothy Clark

    et

    Mis-en-cause               Mme Constance Boudreault, présidente et
                               éditrice
                               L'hebdomadaire The First Informer
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    RESUME DE LA PLAINTE

    M. Timothy Clark soutient que Mme Constance Boudreault serait en conflit
d'intérêts car elle serait non seulement journaliste au First Informer, mais
aussi présidente, éditrice et responsable des ventes. De plus, il reproche au
journal de publier des informations inexactes et des lettres de lecteurs non
signées. Il invoque que le journal s'acharne indûment sur sa personne en
écrivant des articles le concernant sans jamais tenter d'obtenir sa version
des faits.

    GRIEFS DU PLAIGNANT

    M. Timothy Clark reproche à Mme Constance Boudreault, présidente et
éditrice de l'hebdomadaire The First Informer, de publier des lettres de
lecteurs anonymes et de l'information inexacte. De plus, il reproche au
journal d'avoir écrit plusieurs articles sur lui sans jamais avoir tenté
d'obtenir sa version des faits. Et finalement, M. Clark juge que Mme
Boudreault serait en conflit d'intérêts puisqu'elle occuperait les postes de
présidente, d'éditrice, de journaliste et de responsable des ventes.
    Il affirme que les noms des administrateurs du conseil d'administration du
First Informer apparaissant au Registraire des entreprises du Québec sont
inexacts. Ces membres ne seraient pas ceux qui y siègeraient présentement.

    Le plaignant fait une liste des griefs reprochés sur 15 articles.

        1.  L'article intitulé "Bang, Bang, Out Went the Borough, In With the
            New", publié dans l'édition du 21 octobre 2005 aurait été écrit
            hors contexte. Mme Boudreault aurait travesti l'information. Le
            plaignant affirme qu'il était présent lors de l'assemblée dont
            l'article fait état, il ajoute que Mme Boudreault n'aurait pas
            raconté ce qui se serait déroulé et aurait omis des informations
            vitales. M. Clark ajoute que d'autres personnes assistant à
            l'assemblée pourraient attester de sa version des faits. Ces
            personnes auraient d'ailleurs demandé au First Informer de
            réécrire l'article. A cette date, l'éditrice n'aurait pas répondu
            à leur demande.

        2.  Ce commentaire intitulé "The Bravado of the pack", publié dans
            l'édition du 21 octobre 2005 ferait référence à l'article du
            point 1 et ne serait pas signé. Le plaignant y voit un manque
            éthique. Un commentaire, selon lui, devrait être signé.

        3.  Cette lettre à l'éditeur publiée dans l'édition du 4 novembre
            2005, ne comporte aucune signature. M. Clark juge que les lettres
            à l'éditeur devraient être signées et mentionner le lieu de
            résidence du signataire.

        4.  L'article "Community Table Faces Complaint", publié dans
            l'édition du 18 février 2006 représenterait un conflit d'intérêts
            car, selon le plaignant, Mme Boudreault, auteure de l'article,
            ainsi que Douglas Clark (membre du conseil d'administration du
            First Informer) seraient membres de l'organisme cité dans
            l'article.

        5.  L'article "CEDEC Chairman - Asserts Leadership", publié dans
            l'édition du 28 mars 2006 concerne l'organisme le CEDEC, ce qui
            placerait Mme Boudreault, auteure de l'article, en conflit
            d'intérêts étant donné que cette dernière y siègerait; ce qui
            amènerait un doute sur l'impartialité de l'information.

        6.  L'article "Kids Pay Price for "Priceless" Municipality", publié
            dans l'édition du 3 mars 2006 n'est pas signé. Selon le
            plaignant, la phrase suivante serait fausse : "Municipality of
            Grosse Isle will not give the customary eight hundred dollar
            donation for the spring garbage pick-up to the student council"
            (La municipalité de Grosse-Ile ne donnera pas le 800 $ habituel
            pour l'événement du ramassage de déchets au printemps organisé
            par le conseil étudiant). Le plaignant est conseiller municipal
            et affirme que la municipalité donnera les 800 $ pour cet
            événement. Il considère que l'auteur de l'article aurait dû
            contacter la Ville pour vérifier les faits.

        7.  L'article "Presidents Report - 2005", publié dans l'édition du
            7 avril 2006 contiendrait de fausses affirmations. L'article
            mentionnerait "In 2005, paid subscribers to the paper was six
            hundred. (...) After several months of hard work, circulation was
            increased to 800" (En 2005 les abonnés au journal était au nombre
            de 600. Après plusieurs mois de travail, le tirage est passé à
            800 copies). Le plaignant souligne que cette information est
            fausse car le Canadian Community Newspaper Association - CCNA
            aurait enregistré 489 abonnés et 622 copies du journal en
            circulation. De plus, l'article rapportait de façon erronée le
            nombre des personnes qui auraient voté à cette assemblée.

            Le plaignant relève la phrase suivante : "The financial situation
            still remains unstable, as it has for many years". Cette
            information, dit-il, servira pour le grief soulevé au point 13,
            où le journal l'accuserait de l'instabilité financière du
            journal.

        8.  L'article "Marlene Boudreault Recalled To Work - Grosse Ile",
            publié dans l'édition du 5 mai 2006, représenterait un conflit
            d'intérêts, car selon le plaignant, Mme Constance Boudreault,
            l'auteure de l'article, serait la mère de Marlene Boudreault.

        9.  M. Clark déplore que la lettre à l'éditeur publiée dans l'édition
            du 5 mai 2006 ne soit pas signée, qu'elle soit diffamatoire
            envers certains dirigeants municipaux de la communauté en plus
            d'insinuer de la fraude électorale. Il s'insurge contre le fait
            que Mme Boudreault publie des lettres si calomnieuses.

       10.  Cet avis intitulé "To all readers and subscribers" inséré dans
            les pages de l'édition du 19 mai 2006 contenait l'adresse
            courriel du plaignant. De plus, Mme Boudreault qualifiait la
            rencontre du conseil d'administration du journal, de canular. Le
            plaignant souligne qu'il n'a jamais permis au journal de
            divulguer son adresse courriel et que la rencontre n'était pas un
            canular.

       11.  L'article intitulé "Mink Causes Stink in Chicken Coop" publié
            dans l'édition du 9 juin 2006 concerne la ferme d'élevage de
            visons appartenant au plaignant et à un associé. Mme Boudreault
            n'aurait pas contacté le plaignant, ni son associé et aurait
            ainsi publié de fausses informations. De plus, l'article ne
            mentionnerait pas plusieurs détails reliés à l'événement. Le
            plaignant souligne que Mme Boudreault aurait mal cité ses propos
            tenus au cours d'une entrevue accordée à une station
            radiophonique. Finalement, l'article donnerait beaucoup
            d'informations, sur les visons, qu'il juge non nécessaires pour
            l'intérêt public.

       11.1 Dans la même édition, le journal avait publié une lettre du
            plaignant. Ce dernier n'aurait jamais demandé à ce qu'elle soit
            publiée. De plus, l'éditrice a reproduit intégralement sa
            signature au bas de la lettre, ce qui ne se serait, à sa
            connaissance, jamais produit auparavant. En réplique à sa lettre,
            Mme Boudreault indiquait que la liste des membres du conseil
            d'administration du journal n'était pas disponible pour
            consultation. Cependant, selon le plaignant, la Loi sur les
            compagnies du Québec et le Code civil assurent que ces listes
            devraient être disponibles au public. Le plaignant dit douter
            qu'il y ait une vérification comptable des livres du journal, il
            n'y aurait, selon lui, qu'un relevé financier même si la
            présidente lui aurait déjà signalé que le journal payait pour la
            vérification de ses livres.

       12.  Une lettre à l'éditeur, publiée dans l'édition du 23 juin 2006,
            concernant le plaignant et son projet de ferme d'élevage de
            visons était signée GH. Pour publier une telle lettre contenant
            des insinuations malveillantes, le plaignant estime que le
            journal devrait exiger la signature de l'auteur. L'éditrice
            semblerait faire du favoritisme dans son choix de lettres
            publiées. A cet effet, le plaignant souligne que M. Gerard
            Huggins pourrait être le signataire de la lettre. Ce même
            M. Huggins serait aussi un employé du CEDEC et travaillerait avec
            Mme Boudreault qui siègerait aussi sur le CEDEC. Il y voit donc
            un conflit d'intérêts.

       13.  L'éditorial intitulé "Timothy Clark : A Whole Inappropriate
            Choice", publié dans l'édition du 30 juin 2006 est, selon le
            plaignant, le plus malicieux de tous les articles publié dans le
            journal et n'était pas signée. M. Clark considère l'éditrice
            responsable de cet article et invoque qu'elle aurait publié son
            opinion en se basant sur de fausses informations. Le plaignant
            explique que depuis qu'il est membre du conseil municipal, il a
            toujours fait part de son intérêt pour une ferme d'élevage de
            visons. En réponse aux accusations selon lesquelles sa ferme
            serait dommageable pour la communauté, ils les réfutent en
            soulignant qu'il n'a jamais eu de traitement de faveur parce
            qu'il était membre du conseil municipal.

            De plus, ajoute-t-il, Mme Boudreault l'accuserait de toutes les
            décisions prises par le Conseil, ainsi que de la situation
            financière instable du journal. Il dit être le seul conseiller
            municipal à être continuellement pointé du doigt. Il assure que
            les décisions du conseil ne sont pas prises à la légère; elles
            sont discutées et décidées par l'ensemble des élus. Afin de
            démontrer ses reproches, il relève la phrase suivante : "The
            financial situation still remains unstable, as it has for many
            years", où le journal, dans l'éditorial du 30 juin, l'accuserait
            de l'instabilité de ce dernier. Il se sent personnellement
            attaqué par cet éditorial. A la suite de ce dernier, il dit
            devoir se défendre devant les gens de sa communauté qui lui
            demandent de commenter.

       14.  Dans la même édition, une autre lettre à l'éditeur a été publiée
            sans signature et concernait la Community Table sur lequel le
            plaignant venait juste d'être nommé. C'est incroyable, ajoute-t-
            il, qu'à presque toutes les semaines, de telles "ordures" soient
            publiées; il demande à Mme Boudreault de justifier ses actions.

    En conclusion, il demande à ce que des mesures soient prises pour empêcher
et corriger le comportement journalistique contraire à l'éthique de la
présidente, éditrice, journaliste et responsable des ventes, Mme Constance
Boudreault. Il se dit victime d'une campagne de salissage.

    COMMENTAIRES DES MIS-EN-CAUSE

        Commentaires de M. Gerard Huggins, représentant la présidente et le
        conseil  d'administration
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    En premier lieu, M. Huggins souligne que cela appartient au First Informer
de décider de son contenu. Le journal publie des articles qui, croit- il,
devraient intéresser les lecteurs. Selon lui, il est évident que les lecteurs
ne sont pas toujours d'accord avec les textes du journal, et il considère que
c'est normal. Si un sujet est d'intérêt public, le journal en suivra de près
les développements. Dans ce cas-ci, l'installation d'une ferme d'élevage de
visons est un sujet qui doit être rapporté et publié.
    M. Huggins mentionne que dans ses politiques, le journal se réserve le
droit de ne pas divulguer le nom des gens qui envoient des lettres à
l'éditeur, pour les protéger de possible harcèlement étant donné la petite
taille de la communauté dans laquelle ils vivent.
    Selon lui, M. Timothy Clark a mentionné son rôle de conseiller municipal
et de membre du conseil d'administration de la Community Table pour légitimer
sa plainte. Le Conseil du First Informer aimerait voir les documents
permettant à ce dernier de se servir de ces organismes pour porter plainte au
Conseil de presse. Selon M. Huggins, M. Clark serait un imposteur, il se
serait lui-même nommé "President of The First Informer" dans une assemblée non
approuvée, le 11 juin 2006. Par la suite, M. Clark aurait téléphoné à la
présidente et lui aurait demandé de démissionner rapidement de son poste. La
présidente lui aurait alors demandé de mettre sa demande par écrit pour
qu'elle puisse en faire part au conseil d'administration. A cette date, 
M. Clark n'a pas donné suite.
    M. Huggins ajoute que M. Clark doit, sans doute, être motivé par le fait
que sa femme, Wendy Clark qui aurait par le passé travaillé de manière
saisonnière au First Informer, serait sous enquête, par la Sûreté du Québec,
pour tentative de fraude, après qu'elle ait essayé d'avoir accès à des
informations dans les ordinateurs du journal. Mme Clark ne travaillait pas au
journal à ce moment.
    En conclusion, le conseil d'administration du First Informer considère la
plainte de M. Clark frivole et non fondée.

    M. Huggins répondra point par point aux griefs avancés par le plaignant :

        1.  L'article relatait avec exactitude le déroulement de la réunion
            du conseil municipal, en rapportant qu'à la fin, un grand
            désordre y régnait à la suite des interventions de Christopher
            Clark (maire de Grosse Ile) et frère du plaignant, qui aurait
            interrompu les procédures. Cela aurait engendré une demande
            d'arrêt de la réunion, par Gerard Huggins, au président du
            conseil. Les discussions corsées qui s'ensuivirent obligèrent le
            président à mettre un terme à la séance.

            M. Huggins ajoute que M. Clark a envoyé une lettre au journal
            leur demandant de refaire l'article. Le First Informer a offert
            de publier le verbatim enregistré lors de l'assemblée. L'offre
            aurait été rejetée.

        2.  Bien que le First Informer n'ait pas de politique concernant les
            commentaires des lecteurs, le journal connaît toujours l'identité
            des auteurs et parfois publie ses propres commentaires.

        3.  Le First Informer a une politique concernant les lettres
            adressées à l'éditeur qui est publiée dans chaque édition.
            Cependant, le journal décide souvent de ne pas inscrire le nom
            des auteurs, à leur demande, pour les protéger du harcèlement
            qu'ils pourraient subir vu la petite communauté dans laquelle ils
            vivent. Les lettres originales sont conservées.

        4.  Selon M. Huggins, si M. Clark parle au nom de la Community Table,
            il demande à voir l'autorisation.

        5.  Même réponse qu'au point 4.

        6.  Les auteurs des articles ne sont pas toujours identifiés. En ce
            qui a trait aux reproches formulés par le plaignant à l'effet que
            la municipalité n'octroierait pas le montant de 800 $ prévu
            annuellement pour le conseil étudiant, il réfère au budget
            municipal de 2006. Le First Informer soutient l'exactitude de
            l'information qu'il publie.

        7.  M. Huggins affirme que le nombre d'abonnés et le nombre de copies
            en circulation sont exacts. Il réfère au CCNA.

        8.  Le First Informer rapporte des histoires qui vont intéresser ses
            lecteurs.

        9.  Même réponse qu'au point 3.

        10. Le conseil d'administration du First Informer n'a jamais autorisé
            une réunion le 11 juin 2006.

        11. Le First Informer a rapporté un incident qui s'est produit à
            Grande-Entrée, le 29 mai 2006. Les faits sont exacts. Selon M.
            Huggins, il n'est pas du ressort de M. Clark de décider de
            l'information que le public doit recevoir.

        11.1 Le First Informer a le droit de publier les correspondances des
            lettres adressées au journal si cela a de l'intérêt pour le
            lecteur.

        12. Même réponse qu'au point 3.

        13. Le First Informer maintient sa position éditoriale dans le texte
            intitulé "Timothy Clark : A Whole Inappropriate Choice".

        14. Selon M. Huggins, si M. Clark parle au nom de la Community Table,
            il demande à voir son mandat.

    REPLIQUE DU PLAIGNANT

    M. Timothy Clark soutient que la réunion des membres du journal a été
convoquée conformément aux procédures. Les membres souhaitaient exprimer leur
désaccord avec le contenu du journal et voulaient faire changer les façons de
faire. Il affirme avoir été élu président du journal à l'unanimité.
    Deuxièmement, M. Clark considère que les propos selon lesquels son épouse
serait sous enquête pour fraude sont une tentative pour la discréditer. Les
faits ont été portés à la connaissance des forces policières et ont été jugés
futiles et aucune accusation n'aurait été portée. M. Huggins aurait tout de
même publié cette histoire dans le journal. M. Clark réfère à la Sûreté du
Québec pour toutes informations concernant cette affaire.
    Le plaignant affirme que M. Huggins et Mme Boudreault essaient de le
discréditer ainsi que son épouse et tout cela pourrait être motivé par le fait
que M. Huggins aurait été mis à pied de la Community Table. Cependant, 
M. Clark précise que ce n'était pas sa décision, même si M. Huggins l'en
blâme.

    M. Clark répond aux points commentés par M. Huggins :

        1.  Il affirme que la réunion s'est déroulée telle qu'il l'a décrite
            dans sa plainte et que plusieurs témoins pourraient le certifier.
            Le plaignant doute que le verbatim proposé par M. Huggins soit
            complet, car au lendemain de la réunion, Mme Boudreault aurait
            demandé à Mme Wendy Clark ce qui s'était dit et par qui, car elle
            n'avait pu enregistrer toute la réunion.

        2.  M. Clark maintient que tous les commentaires devraient être
            signés par leurs auteurs.

        3.  M. Clark maintient que les lettres des lecteurs devraient aussi
            être signées. La secrétaire du conseil d'administration du
            journal, Mme Davies aurait demandé qui avait signé la lettre et
            Mme Boudreault aurait refusé de le lui dire, même si Mme Davies
            est membre du conseil d'administration.

        4. et 5. M. Clark mentionne qu'il n'a jamais dit qu'il parlait au nom
            de la Community Table et n'a aucune justification à donner à ce
            sujet. Dans cet article, il soulevait un conflit d'intérêts.

        6.  Le plaignant demandait seulement si les propos de l'article du
            point 6 était exacts.

        7.  Le plaignant maintient que l'information, tirée du CCNA,
            concernant le nombre exact de copies en circulation et d'abonnés
            sont justes. Il se demande si Mme Boudreault n'augmenterait pas
            volontairement le nombre d'abonnés pour pouvoir augmenter le prix
            des publicités. Il affirme qu'elle refuse de remettre la liste
            des abonnés, non seulement aux membres du conseil
            d'administration, mais aussi au CCNA.

        8.  M. Clark croit qu'une mère qui écrit un article sur sa fille est
            directement en conflit d'intérêts et spécialement lorsque cet
            article attaque les employeurs de sa fille.

        9.  Il trouve inadmissible qu'une lettre si outrageante puisse être
            publiée sans signataire.

       10.  Il maintient sa position à l'effet que son adresse courriel
            n'aurait pas dû se retrouver au bas de l'avis, sans sa
            permission.

       11.  M. Clark souligne que les faits rapportés dans l'article sont
            inexacts. Il aurait payé une compensation au propriétaire des
            poules et le journal ne l'aurait pas approché pour avoir sa
            version de l'histoire.

       11.1 Il se demande pourquoi Mme Boudreault a reproduit et publié sa
            signature. Il juge qu'il est le seul à pouvoir utiliser sa
            signature et décider s'il veut qu'elle apparaisse ou non sur des
            lettres qui peuvent être publiées.

       12.  Le First Informer publie peut-être une politique concernant les
            lettres des lecteurs, mais celle-ci semble changer dépendamment
            de l'auteur. La politique voulant que le journal protège l'auteur
            d'une lettre semble nouvelle, car son épouse ayant travaillé au
            journal pendant 12 ans, affirme qu'elle n'en a jamais entendu
            parler.

       13.  M. Clark réitère ses commentaires et dit croire qu'un
            éditorialiste doit être impartial et qu'un éditeur doit écrire
            les faits et non son opinion.

       14.  M. Clark mentionne qu'il n'a jamais dit qu'il parlait au nom de
            la Community Table et n'a aucune justification à donner à ce
            sujet. Il soulevait un conflit d'intérêts.


    DECISION

    L'attention que décident de porter les journalistes et les médias à un
sujet ou à un événement particulier relève de leur jugement rédactionnel. Le
choix et l'importance du sujet ou de l'événement, de même que la façon de le
traiter, sont des décisions qui leur appartiennent en propre.
    Cependant, ces choix doivent être uniquement faits en fonction du degré
d'intérêt public de la nouvelle, et ils ne sauraient être dictés par des
considérations étrangères au droit du public à une information exacte,
équilibrée et honnête. Dans ce contexte, les professionnels de l'information
ne doivent pas se laisser influencer par des inimitiés, des préjugés ou un
parti pris à l'égard de personnes, de groupes ou de mouvements susceptibles
d'être impliqués dans des événements d'intérêt public.
    M. Timothy Clark exprimait plusieurs reproches en regard de quinze textes
publiés par l'hebdomadaire The First Informer, parus entre octobre 2005 et
juin 2006. Pour fins d'analyse, ces griefs ont été regroupés en quatre groupes
: le manque d'exactitude, d'équilibre et de l'exhaustivité de l'information;
le conflit d'intérêts; la signature des textes et le respect de la réputation.
    Au premier grief, M. Clark reproche au First Informer de donner à ses
lecteurs une information inexacte, d'omettre des faits et de n'avoir pas tenté
d'obtenir sa version des faits. Les mis-en-cause soutiennent que l'information
publiée dans leur journal était exacte. Le Conseil constate que certains
articles comportent des erreurs qui auraient pu être évitées par une simple
vérification de la part des mis-en-cause.
    En ce qui à trait à l'équilibre et à la rigueur de l'information, le
Conseil rappelle que les journalistes doivent veiller à éviter les
insinuations, surtout celles qui risquent de porter préjudice à une personne.
Le Conseil a relevé que dans plusieurs textes la vision du plaignant n'est
jamais exposée. Le Conseil tient à souligner que lorsque des insinuations ou
accusations sont portées, il est nécessaire que le média s'assure de
recueillir les commentaires des personnes visées par l'article, par souci de
justice, d'équité et d'équilibre. Le grief est retenu.
    Le Conseil a examiné l'éditorial, "Timothy Clark : A Wholly Inappropriate
Choice". Il considère que, bien que soit reconnue une grande latitude aux
éditorialistes, il reste que ceux-ci ne sauraient se soustraire aux exigences
de rigueur et d'exactitude. Ils doivent éviter de laisser planer des
malentendus qui risquent de discréditer des personnes ou des groupes. Dans le
présent dossier, le fait de critiquer le pouvoir en place est acceptable mais
le fait de cibler à répétition une personne pour l'ensemble des décisions
prises par l'ensemble des élus du conseil municipal, va au-delà de la latitude
reconnue aux éditorialistes. Le grief est donc retenu.
    M. Clark soutient que Mme Constance Boudreault serait en conflit
d'intérêts, dû à son implication au sein de divers organismes, en plus,
d'avoir écrit un article sur sa fille. Le Conseil considère qu'il s'agit d'une
situation de conflit d'intérêts. Le grief est par conséquent retenu.
    M. Clark ajoute qu'elle serait non seulement journaliste au First
Informer, mais aussi présidente, éditrice et responsable des ventes; ce qui
nuirait à l'impartialité de l'information. Sur ces points le représentant du
journal, M. Gerard Huggins n'apporte aucun éclaircissement. Le grief est
retenu.
    Le Conseil, dans une décision rendue en décembre 2006, invitait le First
Informer à clarifier sa structure organisationnelle (Réf. : D2006-05-068). Le
Conseil réitère donc sa demande, en précisant qu'il serait nécessaire de
procéder à des modifications pour éviter toute confusion, pour le lecteur,
entre les activités commerciales et le traitement de l'information.
    En ce qui a trait à l'implication de Mme Boudreault au sein d'autres
organismes, le Conseil recommande aux entreprises de presse et aux
journalistes, de ne pas se faire les publicistes ou les promoteurs des
mouvements pour lesquels ils militent. Les entreprises de presse doivent
veiller elles-mêmes, à ce que, par leurs affectations, leurs journalistes ne
se retrouvent pas en situation de conflits d'intérêts.
    Bien que le Conseil soit sensible au fait que les affectations sont
difficiles pour les médias pourvus de petites équipes, il est impérieux de
préserver la confiance du public envers les organes de presse et les
journalistes, tout autant qu'envers l'information qu'ils transmettent au
public. Ce grief est donc retenu.
    Au troisième point relevé, M. Clark reproche au First Informer de publier
des commentaires, des éditoriaux et des lettres de lecteurs non signés.
    En ce qui concerne les éditoriaux ou commentaires, le Conseil mentionne
que le fait de ne pas signer certains textes n'élude toutefois pas la
responsabilité des médias face à ce qu'ils publient ou diffusent.
    En ce qui a trait aux lettres adressées à l'éditeur, le Conseil est à même
de remarquer que des cinq lettres soumises par M. Clark, quatre d'entre elles
ne sont pas signées et la 5e provenait du plaignant lui-même qui n'avait pas
demandé à la faire publier. La déontologie demande que les médias ne publient
ou ne diffusent pas de lettres anonymes. Bien que le fait d'habiter dans une
petite communauté puisse empêcher certaines personnes de s'exprimer, les
lettres doivent être identifiées du nom de leur signataire et du lieu de
résidence. Les seules exceptions à cette règle doivent tenir à des raisons
impérieuses qui empêcheraient la transmission, autrement, des informations ou
des opinions d'intérêt public.
    De plus, les médias doivent éviter que ces espaces rédactionnels ne
deviennent des tribunes pamphlétaires qui n'auraient d'autre effet que de
porter préjudice à certaines personnes. Cette situation pourrait porter le
lecteur à douter du bien-fondé des informations publiées dans l'ensemble de
l'hebdomadaire. Le grief est retenu.
    Finalement, M. Clark invoque l'atteinte à sa réputation causée par la
publication de différents articles, éditorial et lettres à l'éditeur. Le rôle
du Conseil n'est pas de déterminer le degré d'atteinte à la vie privée du
plaignant; cela relève des tribunaux. La décision du Conseil est prononcée
dans un contexte d'éthique journalistique seulement et ne porte donc que sur
le travail journalistique du First Informer.
    Des quinze textes (articles, éditorial, commentaire et lettres de lecteur)
soumis par M. Clark, onze le touchent de près ou de loin. A la lecture des
documents fournis par les parties, le Conseil se doit ici de constater que des
inimitiés profondes semblent s'être installées entre le plaignant et Mme
Constance Boudreault et regrette que celles-ci se traduisent par un recours
devant lui. Il apparaît à l'étude du dossier que Mme Boudreault ne s'est pas
prévalu de toute la rigueur intellectuelle et professionnelle que lui impose
sa profession.
    Au vu de l'analyse qui précède, la présidente, éditrice et journaliste
n'ayant pas accordé un traitement équilibré aux éléments et aux partis en
opposition, il est apparu vraisemblable que le plaignant ait reçu un
traitement inéquitable par le First Informer.
    En raison des motifs relevés plus haut, le Conseil retient donc la plainte
sur les manquements en regard de l'exactitude, l'équilibre et l'exhaustivité
de l'information; le conflit d'intérêts; la signature des textes et le respect
de la réputation et blâme la présidente, éditrice et journaliste, Mme
Constance Boudreault ainsi que l'hebdomadaire The First Informer.

    Nathalie Verge, secrétaire générale
    Au nom du comité des plaintes et de l'éthique de l'information
    




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818, info@conseildepresse.qc.ca

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