Conflit de travail au Journal de Québec - La CSQ croit qu'il faut arrêter les visées de l'empire Quebecor



    MONTREAL, le 25 avril /CNW Telbec/ - La Centrale des syndicats du Québec
(CSQ) tient à saluer le lancement du premier quotidien gratuit de la Capitale,
le journal MédiaMatin Québec, produit par les 280 salariés en lock-out du
Journal de Québec, et dénonce les risques dangereux, pour la libre circulation
des idées aux Québec, que représentent les orientations convergentes de
l'empire Quebecor.
    Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, soutient que la lutte qui
oppose les travailleuses et les travailleurs du Journal de Québec à leur
employeur, l'empire Quebecor, dépasse le conflit de travail traditionnel et
interpelle l'ensemble de la population québécoise.
    "Après avoir mis la main sur une grande part des médias écrits au Québec
et du Groupe TVA, en promettant de respecter l'indépendance des salles de
rédaction de ses divers médias, Quebecor renie maintenant ses engagements et
enclenche, avec le lock-out au Journal de Québec, son grand coup de force
visant à asservir ses journalistes aux seuls intérêts économiques de son
empire. La population doit manifester son opposition à une telle manoeuvre qui
dépasse largement les simples intérêts économiques d'un groupe de presse. Les
entreprises de presse ont un devoir fondamental à l'égard du droit du public à
l'information et il est clair que les visées de Quebecor enfreignent ce devoir
et menacent le respect de ce droit", affirme M. Réjean Parent.

    L'intention cachée de Quebecor

    Le président de la CSQ se dit convaincu que les enjeux qui se dessinent
derrière le conflit de travail au Journal de Québec vont bien au-delà de
simples questions de rentabilité pour un empire dont la voracité semble sans
limite.
    "Un empire ne décrète pas aussi sauvagement un lock-out contre ses
employés sous prétexte de rentabilité lorsque l'entreprise fait des profits
d'un demi-million $ par semaine et d'environ 26 millions $ par année. Il faut
voir une autre intention, cachée, qui elle nous concerne tous. C'est la
volonté de pousser encore plus loin la logique de la concentration des médias
pour en arriver à abattre les cloisons entre les salles de rédaction des
diverses entreprises médiatiques de l'empire, afin que le travail d'un seul
journaliste finisse par servir à l'ensemble du groupe", craint M. Parent.

    La qualité de l'information menacée

    "Si l'empire Quebecor parvenait à ses fins, cela signifierait que l'on
réduirait, du jour au lendemain au Québec, les sources d'information comme une
peau de chagrin. Ce qui est inacceptable parce que par le fait même, on
viendrait de porter un dur coup à la qualité et à la diversité de
l'information offerte à notre population", prévient le président de la CSQ.
    M. Réjean Parent interpelle les leaders au Québec, provenant de tous les
milieux, à se sentir concernés par ce qui se passe au Journal de Québec et à
prendre position dans le dossier. Il s'adresse particulièrement à l'ensemble
des députés siégeant au Parlement, membres du gouvernement, du parti au
pouvoir ou des partis de l'opposition.
    "Des sources d'information moins nombreuses ont un impact direct sur la
qualité du débat démocratique au sein d'une société. Les citoyennes et les
citoyens du Québec doivent donc s'opposer à une trop grande polyvalence des
journalistes des médias propriété de Quebecor parce que cela desservirait le
droit du public de recevoir une information de qualité", soutient le dirigeant
syndical.

    Un devoir social oublié

    M. Parent soupçonne les grands patrons de Quebecor d'avoir oublié la
raison d'être première de médias d'information.
    "Les entreprises médiatiques ne sont pas des entreprises comme les
autres. Leur raison d'être n'est pas la simple fabrication d'un produit à des
fins de vente et de profitabilité. Elles ont également un devoir social, celui
d'informer, qu'elles ne peuvent éviter. Et j'ajouterais de bien informer.
Malheureusement, il semble bien que certains personnes chez Quebecor ont
tendance à oublier cette mission de leurs entreprises, pour ne les voir que
comme des machines à fabriquer de l'argent sans autre égard", déplore M.
Réjean Parent.

    Une concentration nuisible aux régions du Québec

    Le président de la CSQ appuie également le combat des employés du Journal
de Québec contre une plus grande concentration de l'empire Quebecor à cause
des graves conséquences économiques que cela entraîne dans les régions où sont
établis les médias de Quebecor.
    "Ce n'est pas normal qu'un empire quel qu'il soit dont l'enrichissement
dépend de l'ensemble des régions du Québec, dont la Capitale, fasse tout ce
qu'il peut pour réduire sa présence dans ces mêmes régions en rapatriant le
plus possible ses activités dans un même lieu, au détriment de la santé
économique de ces régions et des gens qui y vivent. Une telle approche
ressemble plus à du vampirisme économique des régions par un empire qu'à un
sain apport à l'activité économique d'une communauté", n'hésite pas à dire M.
Réjean Parent.

    Un appel à la solidarité

    D'autre part, le président exhorte l'ensemble des journalistes de
l'empire Quebecor, et particulièrement ceux à l'emploi du Journal de Montréal,
à soutenir leurs collègues du Journal de Québec et à avoir le courage de
résister aux ambitions inquiétantes de leur employeur, au nom de ce droit du
public à l'information qu'ils disent tous servir.
    "Pour ma part, je tiens à assurer les travailleuses et les travailleurs
du Journal de Québec qu'ils peuvent compter sur la solidarité de la Centrale
des syndicats du Québec et de ses 175 000 membres. La CSQ profitera de ses
diverses instances pour encourager les travailleuses et les travailleurs
qu'elle représente, dont ses milliers de membres dans la région de Québec, à
soutenir le nouveau journal MédiaMatin Québec et ses artisans dans le combat
qu'ils osent livrer et dont l'issue nous affectera tous", conclut le président
de la CSQ, M. Réjean Parent.

    Profil de la CSQ

    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 175 000 membres,
dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant
dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la
santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse, CSQ, Tél. cell.: (514)
237-4432


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