Conditions de travail des professionnelles en soins - La FIQ constate qu'à ce rythme là, les prochaines années risquent d'être catastrophiques pour le réseau de santé public



    QUEBEC, le 13 mars /CNW Telbec/ - Les déléguées de la Fédération
interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ, réunies en Conseil Fédéral à
Saint-Hyacinthe, ont fait l'aller-retour à Québec afin de signifier aux chefs
aspirant au poste de premier ministre du Québec qu'au rythme où vont les
choses, les prochaines années risquent d'être catastrophiques pour le réseau
de santé public du Québec. "La Fédération doute que les chefs politiques
réalisent que la pénurie de main-d'oeuvre dans le réseau de la santé est un
enjeu majeur. La FIQ doute également que les chefs réalisent que ce qui se
passe en ce moment dans le processus de négociation locale risque fort
d'hypothéquer l'avenir du réseau de la santé à court, moyen et long terme", de
déclarer Lina Bonamie, présidente de la FIQ. Les professionnelles en soins
infirmiers et cardiorespiratoires ont donc voulu rappeler aux chefs politiques
que les "beaux" discours prononcés dans cette campagne électorale sont très
loin de la réalité.

    Après le décret, la négociation locale

    La manifestation est directement liée au processus de négociation locale
présentement en cours. Rappelons que le gouvernement libéral de Jean Charest a
modifié le processus de négociation de la convention collective en
décentralisant 26 matières. Ces 26 matières doivent être négociées localement
avec les employeurs. "En décembre 2005, le gouvernement libéral a décrété la
grande majorité des conditions de travail et salariales des professionnelles
en soins infirmiers et cardiorespiratoires. Selon lui, le processus de
négociation locale devait permettre de répondre aux besoins des
professionnelles. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que c'est loin d'être le
cas et qu'au contraire, les employeurs essaient de niveler vers le bas, les
conditions de travail des professionnelles en soins", poursuit madame Bonamie.
Ainsi, il devient de plus en plus difficile de croire qu'à moyen et long
terme, il sera possible de résorber la pénurie des professionnelles en soins.
"Donnons aux professionnelles des conditions de travail qui permettant de les
attirer dans le réseau, mais surtout, permettant de les retenir, ce qui,
actuellement, est loin d'être le cas", affirme la présidente.
    La Fédération en a également profité pour dénoncer les nombreuses sorties
publiques de madame Lise Denis, directrice générale de l'Association
québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS). "Encore
la fin de semaine dernière, dans une lettre ouverte publiée dans les journaux
et co-signée avec son président, madame Denis affirmait que l'AQESSS profitait
des négociations locales pour trouver, avec les employées, des façons de mieux
adapter le milieu aux besoins du personnel. Laissez-nous vous dire qu'aux
tables de négociation, on est bien loin de ces belles paroles", de dire madame
Bonamie.
    Pour la Fédération, les chiffres sont éloquents : sur les 155
négociations locales présentement en cours, seulement 16 ententes ont été
conclues. "Plusieurs employeurs veulent même aller en deçà du statu quo; c'est
inquiétant et tout à fait inacceptable. Les demandes patronales sont
nombreuses : déplacer les ressources comme bon leur semble, retirer la
stabilité des quarts de travail ou même afficher des postes principalement à
temps partiel alors que les besoins pour des postes à temps complet sont
évidents", poursuit madame Bonamie.

    Des promesses électorales qui ne tiendront pas la route

    La Fédération constate que plusieurs promesses électorales faites par les
partis politiques ne tiendront pas la route. "Les discours des politiciens
sont à des années- lumière du problème de pénurie de main-d'oeuvre. Le Parti
libéral du Québec promet plus d'infirmières. Mais dans les faits, il promet
quoi? Il promet que les personnes inscrites dans les établissements
académiques termineront leur cours. Et puis après? Si nous prenons pour
acquis, ce qui n'est pas réaliste, que toutes ces personnes termineront leur
formation, nous arrivons à peine à couvrir les départs à la retraite. Et là,
je ne vous parle même pas de celles qui, faute de conditions de travail
acceptables et humaines, se tourneront vers le privé ou changeront tout
simplement de profession. Nous le vivons déjà aujourd'hui et cela risque de
s'accentuer", souligne la présidente. Le Parti Québécois et l'Action
démocratique ne semblent pas plus sensibilisés aux défis actuels que ceux à
venir. "Le Parti Québécois est extrêmement discret quant aux solutions à
apporter à la pénurie de main-d'oeuvre. Comment un parti politique désirant
prendre le pouvoir peut demeure silencieux sur cette problématique?",
questionne madame Bonamie. Quant au parti de Mario Dumont, il prône un rôle
accru du secteur privé en santé. "La Fédération s'est toujours objectée à
l'ouverture au privé et nous maintenons notre position. Est-ce que monsieur
Dumont croit pouvoir "cloner" des professionnelles en soins pour oeuvrer dans
le réseau privé? Soyons réalistes, ce sont les ressources du réseau public qui
vont être drainées vers le privé".

    La Fédération espère que les différents acteurs prennent leurs
responsabilités et offrent, enfin, des conditions de travail adéquates aux
professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires. "L'alarme sonnée
aujourd'hui n'est pas un simple exercice de feu. La situation est critique et,
si elle ne s'améliore pas, la catastrophe est à crainte", de conclure la
présidente.

    Profil de la FIQ

    Le 1er décembre 2006, la Fédération des infirmières et infirmiers du
Québec (FIIQ) a adopté un nouveau nom soit, la Fédération interprofessionnelle
de la santé du Québec - FIQ. La FIQ représente 57 000 professionnelles en
soins infirmiers et cardiorespiratoires.




Renseignements :

Renseignements: Sandra Gagné, conseillère aux communications, FIIQ,
(514) 796-5093


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