Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois - Sécurité alimentaire et droit et devoir d'alerte vont de pair, affirme la CSN



    MONTREAL, le 6 sept. /CNW Telbec/ - Le droit à une alimentation
suffisante, de qualité, équilibrée, à prix abordable, propre à la consommation
et sans danger pour la population et l'environnement : c'est ce que la CSN
recommande d'adopter à travers une politique pour assurer la sécurité
alimentaire.
    C'est ce qui ressort du mémoire que la vice-présidente de la
Confédération des syndicats nationaux (CSN), Denise Boucher, a présenté, ce
matin à Montréal, lors des travaux de la Commission sur l'avenir de
l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois.
    Dans son mémoire De la ferme à la table : sécurité et bien-être pour
toutes les Québécoises et tous les Québécois, la centrale syndicale met en
avant 20 propositions ciblant l'ensemble des activités agricoles et
agroalimentaires.
    Participant à la commission avec le vice-président de la Fédération du
commerce de la CSN (FC-CSN), Normand Faubert, Denise Boucher a notamment
déclaré que le droit et le devoir d'alerte, un concept novateur, sont au coeur
des préoccupations de la CSN.
    Dans son mémoire, la CSN propose également des pistes de solution quant à
la souveraineté et l'autosuffisance alimentaires du Québec, des pistes qui
prennent en considération le contexte mondial.

    Le droit et le devoir d'alerte

    Pour renforcer le système de sécurité alimentaire du Québec et assurer
une meilleure protection de la population, la CSN propose donc au gouvernement
de reconnaître le droit et le devoir d'alerte en adoptant une loi à cette fin.
    L'objectif premier du droit et devoir d'alerte est de garantir à la
population du Québec et à celle des pays importateurs que les produits
québécois sont sains et peuvent être consommés en toute sécurité. Le droit
d'alerte peut être défini comme le pouvoir des travailleurs ainsi que de leurs
syndicats d'arrêter la production, la transformation et la distribution
d'aliments, d'alerter l'employeur et, si nécessaire, un organisme
réglementaire gouvernemental lors de situations qui risquent d'affecter la
qualité des produits et de nuire à la santé des consommateurs. Le devoir
d'alerte peut être défini, lui, comme la responsabilité des travailleuses et
des travailleurs ainsi que de leurs syndicats de s'assurer que les aliments
produits, transformés ou distribués sont propres à la consommation humaine.
    Un tel processus, selon la CSN, exige que les législateurs et les
employeurs reconnaissent le rôle clé de celles et de ceux qui travaillent dans
les activités agricoles et agroalimentaires. Si ce droit et ce devoir font
appel à un partenariat à trois (gouvernement, entreprises,
travailleurs/syndicats), ils commandent également une plus grande transparence
dans la gestion des entreprises, un meilleur partage de l'information et des
communications plus fréquentes.
    "Le droit et le devoir d'alerte sont des mesures exigeantes, autant pour
les gouvernements et les employeurs que pour les travailleuses et les
travailleurs et leurs syndicats. Mais nous n'y échappons pas, il s'agit d'un
enjeu de société important", a déclaré Denise Boucher.
    Si de telles clauses de droit et devoir d'alerte peuvent être négociées,
il n'en demeure pas moins que toutes les travailleuses et tous les
travailleurs du secteur agricole et agroalimentaire ne sont pas syndiqués.
Aussi, la CSN revendique-t-elle une loi reconnaissant l'exercice du droit et
du devoir d'alerte à l'ensemble du secteur.

    Souveraineté alimentaire

    "La fermeture de l'abattoir Z. Billette, à Saint-Louis-de-Gonzague,
illustre bien l'enjeu que constitue la souveraineté alimentaire au Québec
puisque c'est le seul abattoir de bovillons. La filière bovillon est
vulnérable. Assurer la souveraineté alimentaire du Québec est une mission que
doit se donner le gouvernement", a affirmé Normand Faubert. Le représentant de
la FC-CSN estime également que "la filière porcine doit revivre et trouver des
solutions pour qu'on sorte de la crise."

    Propositions

    D'autres propositions présentées par la CSN touchent la souveraineté
alimentaire et l'autosuffisance du Québec, le commerce international,
l'inspection et l'étiquetage, le développement durable, la qualité de l'eau,
les gaz à effet de serre, etc.
    Mentionnons également qu'une autre fédération affiliée à la CSN est
concernée par ce débat sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire.
Il s'agit de la Fédération des employées et employés de services publics de la
CSN (FEESP-CSN), qui représente des groupes de salarié-es de l'Union des
producteurs agricoles (UPA).

    La CSN compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les
types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur
public. La FC-CSN regroupe près d'une centaine de syndicats représentant
35 000 travailleuses et travailleurs, dont environ 10 000 oeuvrent dans le
secteur agroalimentaire. La FEESP-CSN réunit 402 syndicats et plus de
50 000 travailleuses et travailleurs.




Renseignements :

Renseignements: Michel Crête, CSN-Information, (514) 598-2454, cell.:
(514) 703-0775; Source: Confédération des syndicats nationaux (CSN)


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