Colombie - Les FARC tentent de soumettre les médias à leur propagande: un journaliste en fuite et sa radio fermée



    MONTREAL, le 7 fév. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières condamne les
menaces attribuées aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui
ont obligé, le 3 février 2008, José Joaquin Chavez, directeur de la radio
communautaire Accion Estéreo et journaliste du quotidien La Voz del Tolima
dans le département du même nom (Ouest), à quitter son lieu de résidence et à
mettre sa radio en sommeil. L'organisation constate une recrudescence des
intimidations de la guérilla envers les médias.
    "José Joaquin Chavez est le deuxième journaliste colombien contraint au
départ forcé depuis le début de l'année. Fidèles à leur réputation de
prédateurs de journalistes, au même titre que les paramilitaires, les FARC ont
cette particularité de vouloir soumettre les médias à leur propagande. Les
journalistes locaux, les plus exposés au conflit armé, sont les premiers à en
faire les frais. Les enquêtes sur ces menaces permettront difficilement d'en
punir les auteurs. A défaut, la protection des rédactions doit être
renforcée", a déclaré Reporters sans frontières.
    Le 16 janvier 2008, José Joaquin Chavez a reçu un appel sur le téléphone
de la rédaction le sommant de ne plus diffuser des appels de l'armée à la
démobilisation à l'attention des guérilleros. Le refus de José Joaquin Chavez
de se plier à cette exigence lui a valu plusieurs messages menaçants. Le
17 janvier, un correspondant prétendant s'appeler John a adressé à l'antenne
de Accion Estéreo des salutations "à la colonne Jacobo Prias Alape des FARC".
Le 1er février, le journaliste s'est vu fixer, par un interlocuteur anonyme,
un délai d'une heure pour fermer sa station sous peine de mort. Le 3 février,
il a pris la décision de quitter Anzoategui, où il réside, et Accion Estéreo a
cessé d'émettre.
    Deux autres affaires liées aux FARC ont été signalées durant la même
période. Le 25 janvier, Luis Suarez, directeur de programmes de la chaîne
locale Telemar Canal 2 à Buenaventura (Ouest), a reçu une "convocation" à un
rendez-vous avec Erminson Gutiérrez alias "Mincho", commandant du Bloc 30 de
la guérilla. Le journaliste a confié à l'organisation péruvienne IPYS
(Institut presse et société) avoir été conduit, le 27, par des guérilleros,
auprès d'un sexagénaire se présentant comme "Mincho", lequel lui a ordonné de
diffuser à l'antenne un message relatif aux plans des FARC pour l'année 2008.
Luis Suarez a raconté l'histoire et retransmis l'interview audio dans son
programme. Saisie de l'affaire, la police de Buenaventura a précisé, le
5 février, son intention d'analyser la voix de "Mincho", jusque-là donné pour
mort au combat. La rédaction a certifié qu'il s'agissait bien de sa voix.
    Enfin, le 4 février, jour d'une marche internationale contre les FARC,
Juan Gossain, directeur des informations de la radio privée nationale RCN à
Carthagène (Nord), a été averti d'attentats contre sa personne et contre
toutes les rédactions de son média si RCN se mêlait au cortège. RCN a
participé à la marche et Juan Gossain a fait savoir qu'il ne quitterait pas le
pays. Le journaliste a également été sommé d'arrêter de dénoncer des affaires
de corruption attribuées à différentes administrations de Carthagène.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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