Cliniques privées et médicaments : le ministre de la Santé doit clarifier les règles du jeu



    MONTREAL, le 25 oct. /CNW Telbec/ - La CSN demande au ministre de la
Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, de clarifier sa loi 33 qui
a ouvert la porte au secteur privé dans la prestation de services de santé au
Québec. "Nous avions anticipé ce qui se passe actuellement. Les cliniques
privées qui exigent des frais en contrepartie de services médicaux poussent
comme des champignons. Nous avons un nouvel exemple, encore ce matin, celui de
la clinique Elite qui, pour une somme de 400 $ à 700 $, promet à ses patients
qu'ils pourront rencontrer plus vite un médecin de famille", s'insurge la
présidente de la CSN.
    "Nous le répétons depuis un certain temps déjà, le gouvernement doit
clarifier rapidement l'ambiguité la plus totale qui règne à la suite de la
mise en place des dispositions de la loi 33. Même si la loi maintient
l'interdiction pour les médecins de travailler à la fois dans les secteurs
public et privé, c'est la confusion la plus totale. Les trous dans la loi
laissent place aux promoteurs du privé pour établir des systèmes plus ou moins
parallèles : projet Chaoulli, clinique Optima et Opmédic, partenariat entre la
clinique Rockland(MD) et l'hôpital Sacré-Coeur et j'en passe", ajoute
Claudette Carbonneau.
    "On ne le dira jamais assez : on ne réglera pas les problèmes d'accès aux
soins en s'arrachant les infirmières et les médecins pour les faire travailler
dans le privé. La privatisation ne multiplie pas les personnels. Au contraire,
elle dégarnit le système public."
    La CSN accueille favorablement la décision du ministre de demander à la
Régie de l'assurance-maladie du Québec de faire enquête, tout comme elle l'a
fait dans de nombreux autres cas similaires. "Il faut que cette surenchère de
projets privés cesse. Les blâmes de la RAMQ ne sont pas suffisants. Il existe
un problème de fond et c'est au ministre de clarifier les règles du jeu,
plutôt que de prendre chaque cas à la pièce, pour mettre un terme à la
prolifération d'un régime à deux vitesses au Québec", affirme la leader
syndicale.

    Marge de profit et politique du médicament

    La CSN reçoit, par ailleurs, la décision du ministre de geler à 6 % la
marge de profit des grossistes en produits pharmaceutiques. "Nous l'avions
prédit au moment du dépôt de la politique du médicament : le marché est
incapable de s'autoréguler", indique la vice-présidente de la CSN, Denise
Boucher. "Nous sommes heureux de voir que le ministre convient, finalement,
que les lois du marché ne s'appliquent pas au secteur du médicament."
    La CSN rappelle que la hausse du prix des médicaments est la principale
raison qui a fait exploser le coût des assurances.
    "Nous l'avons répété devant le comité Castonguay sur le financement de la
santé : le gouvernement veille au grain lorsqu'il s'agit du volet public du
régime d'assurance médicaments, mais il ne fait rien pour la majorité de la
population (56 %) assurée par le biais de régimes d'assurance collective qui
supportent intégralement les effets du dégel", de poursuivre Denise Boucher.
La CSN estime que ce dégel ajoute une augmentation supplémentaire annuelle de
2 % au coût de couverture des médicaments.
    "Pour minimiser l'impact du dégel, le ministre s'était empressé de
négocier des ristournes avec l'industrie pharmaceutique. Mais rien pour les
régimes collectifs. Les politiques gouvernementales devraient garantir que le
coût des médicaments d'ordonnance soit le même, quel que soit le volet du
régime général, public ou privé, marge de profit incluse", de conclure Denise
Boucher.

    La Confédération des syndicats nationaux compte plus de
300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail,
tant dans le secteur privé que dans le secteur public.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, bureau: (514) 598-2162, cellulaire: (514) 894-1326


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