Classement mondial de la liberté de la presse 2007 - Le Canada perd deux places au classement mondial de la liberté de la presse - L'Erythrée en dernière position pour la première fois, Les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie



    Les blogueurs sont désormais menacés avec la même force que les
    journalistes des médias traditionnels

    MONTREAL, le 16 oct. /CNW Telbec/ - Cette année, l'Erythrée remplace la
Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans
frontières, publié aujourd'hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré
de liberté de la presse dans 169 pays.
    "Cela n'a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté
de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui
précèdent immédiatement l'Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa
dernière place. La presse privée a été bannie du pays de l'autoritaire Issaias
Afeworki et les rares journalistes qui ont osé critiquer le régime ont été
jetés au bagne. Nous savons que quatre d'entre eux sont morts en prison et
nous avons toutes les raisons de croire que d'autres vont suivre", a déclaré
Reporters sans frontières.
    En dehors de l'Europe - d'où sont issus les quatorze premiers pays du
classement -, aucune région du monde n'est épargnée par la censure ou la
violence à l'égard des professionnels des médias.
    Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques
(Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5
africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du
Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l'ancien
espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).
    "Nous sommes particulièrement inquiets pour la situation en Birmanie
(164e position). La féroce répression des manifestations par la junte
militaire au pouvoir n'augure rien de bon pour l'avenir des libertés
fondamentales dans le pays. Les journalistes continuent de travailler sous le
joug d'une censure implacable à laquelle rien n'échappe, pas même les petites
annonces, a indiqué Reporters sans frontières. Nous regrettons également que
la Chine (163e) stagne dans les profondeurs de ce classement. A moins d'un an
des JO de Pékin 2008, les réformes et les libérations de journalistes tant de
fois promises par les autorités ne semblent plus qu'une vaine illusion."

    Les membres du G8 connaissent une légère amélioration, sauf la Russie

    Alors qu'ils ne cessaient de dégringoler au classement depuis trois
années, les pays membres du G8 ont regagné quelques positions. La France
(31e), par exemple, remonte de six places par rapport à l'an dernier. Les
journalistes ont été épargnés par les violences qui les avaient touchés fin
2005 lors d'un conflit syndical, en Corse, et pendant les manifestations dans
les banlieues. Cependant, de nombreuses inquiétudes demeurent en raison de cas
de censure persistants, de perquisitions dans des rédactions et d'un manque de
garanties concernant la protection du secret des sources.
    Aux Etats-Unis (48e), les violations de la liberté de la presse ont été
légèrement moins nombreuses. Le blogueur Josh Wolf a été libéré après 224
jours de détention et les atteintes répétées à la protection des sources
semblent s'être taries. En revanche, la détention sans charge, depuis le 13
juin 2002, du cameraman soudanais d'Al-Jazira, Sami Al-Haj, sur la base
militaire de Guantanamo, et l'assassinat de Chauncey Bailey à Oakland, en août
2007, empêchent toujours le pays d'accéder au peloton de tête.
    L'Italie (35e) a également stoppé sa descente, même si les journalistes
restent sous la menace de groupes mafieux qui les empêchent de faire leur
travail en toute sécurité. Au Japon (37e), un certain répit dans les attaques
de militants nationalistes à l'égard de la presse a permis au pays de regagner
quatorze places.
    "Ces évolutions sont une bonne nouvelle. Peut-être que les appels répétés
pour que ces démocraties se comportent de manière exemplaire commencent enfin
à porter leurs fruits. Il faut cependant rester prudents et vigilants. Rien
n'est jamais acquis et nous espérons que cette tendance va se maintenir et
même s'accentuer l'année prochaine. Nous regrettons tout de même que seuls
deux pays membres du G8, le Canada (18e) et l'Allemagne (20e), parviennent à
se hisser dans les vingt premiers", a indiqué Reporters sans frontières.
    La Russie (144e) ne progresse pas. L'assassinat d'Anna Politkovskaia, en
octobre 2006, l'impunité des assassins de journalistes et le manque toujours
criant de pluralisme dans les médias, notamment audiovisuels, pèsent
lourdement dans le bilan de la situation de la liberté d'expression dans le
pays.

    La Bulgarie et la Pologne, mauvais élèves de l'Europe

    Tous les pays membres de l'Union européenne, à l'exception de la Bulgarie
(51e) et de la Pologne (56e), figurent dans les cinquante premiers. A Sofia,
les journalistes peuvent être pris à partie physiquement pour leur travail. Le
climat a été encore assombri après l'abandon de toute poursuite à l'encontre
de policiers qui avaient agressé un journaliste, en mai dernier. De leur côté,
les autorités polonaises refusent de dépénaliser les délits de presse et la
justice condamne régulièrement des journalistes à des peines de prison avec
sursis. Depuis l'arrivée au pouvoir de Lech Kaczynski, en octobre 2005, puis
de son frère Jaroslaw, quelques mois plus tard, les poursuites contre la
presse polonaise se sont multipliées.
    Les pays d'Europe du Nord sont toujours ceux qui se comportent le mieux.
Un bémol tout de même pour les Pays-Bas (12e) qui ont reculé de douze places à
la suite du maintien en garde à vue pendant plus de deux jours de deux
journalistes du Telegraaf qui avaient refusé de révéler leurs sources à la
justice.

    L'inconstance des jeunes démocraties

    De nouveaux pays non-européens ont fait leur entrée dans les cinquante
premiers. C'est le cas de la Mauritanie (50e) - qui a gagné 88 places depuis
2004 -, de l'Uruguay (37e) et du Nicaragua (47e). "Nous espérons que ces
améliorations seront durables. L'an passé, la Bolivie (68e) avait opéré une
remontée spectaculaire. Malheureusement, il semble qu'il s'agissait d'un
simple répit conjoncturel et, dès cette année, elle a reperdu de nombreuses
places en raison de violations sérieuses de la liberté de la presse", a
expliqué l'organisation.
    De la même manière, des pays qui, traditionnellement, figuraient en bonne
position ont sensiblement reculé. C'est le cas du Bénin (53e) et du Mali
(52e). Pour la première fois depuis plusieurs années, des journalistes ont été
emprisonnés dans ces deux Etats africains après avoir été reconnus coupables
de "diffamation" ou "d'offense au chef de l'Etat". Sur le continent américain,
El Salvador (64e) a aussi quitté la première partie du classement, perdant 36
places en deux ans.

    Les blogueurs n'échappent plus à la répression

    Internet occupe de plus en plus de place dans le décompte des atteintes à
la liberté d'expression. Cette année, plusieurs pays ont reculé dans le
classement en raison de violations graves et répétées à la libre circulation
d'informations sur le Web.
    En Malaisie (124e), par exemple, mais aussi en Thailande (135e), au
Viêt-nam (162e) et en Egypte (146e), des blogueurs ont été appréhendés et des
sites d'informations ont été fermés ou rendus inaccesibles. "Nous sommes
inquiets de la multiplication des cas de censure sur la Toile. De plus en plus
de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer
Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux
moyens de censurer le Réseau. Les autorités des pays répressifs s'en prennent
désormais avec la même force aux blogueurs et aux journalistes en ligne qu'aux
employés des médias traditionnels", a expliqué Reporters sans frontières.
    Au moins 64 personnes sont emprisonnées dans le monde pour s'être
exprimées sur la Toile. La Chine conserve son leadership dans cette course à
la répression avec 50 cyberdissidents détenus. Huit autres sont en prison au
Viêt-nam. En Egypte, le jeune internaute Kareem Amer a été condamné à quatre
ans de réclusion pour avoir critiqué le chef de l'Etat sur son blog et dénoncé
la mainmise des islamistes sur les universités du pays.

    Guerre et paix

    La guerre est largement responsable de la mauvaise position de certains
pays. La recrudescence des combats en Somalie (159e) et au Sri Lanka (156e) a
rendu extrêmement éprouvantes les conditions de travail des journalistes.
Plusieurs d'entre eux ont été tués et la censure est renforcée lorsque les
affrontements sont quotidiens. Les belligérants ne reconnaissent aucun droit
aux professionels des médias qu'ils accusent de soutenir tel ou tel camp.
    Dans les Territoires palestiniens (158e), la bataille qui fait rage entre
le Hamas et le Fatah est la cause principale de l'accumulation d'atteintes
graves à la liberté d'expression. Prises d'otages, arrestations, agressions,
saccages de rédactions, etc., les médias palestiniens et les rares envoyés
spéciaux étrangers sont menacés de toutes parts.
    En revanche, comme annoncé l'an passé, le Népal (137e) a effectué une
vraie remontée dans le classement, gagnant plus de vingt places. La fin du
conflit et le retour d'un gouvernement démocratique ont immédiatement entraîné
un regain des libertés fondamentales et ouvert de nouveaux espaces pour les
médias.


    Pour établir ce classement, Reporters sans frontières a demandé à ses
organisations partenaires (15 associations de défense de la liberté
d'expression dispersées sur les cinq continents), à son réseau de 130
correspondants, à des journalistes, des chercheurs, des juristes ou des
militants des droits de l'homme de répondre à 50 questions permettant
d'évaluer la situation de la liberté de la presse dans un pays. 169 nations y
apparaissent, les autres sont absentes, par manque d'informations.

    Si vous désirez vous procurer l'index 2007, veuillez s'il-vous-plaît
contacter Hélène Fargues par courriel à rsfcanada3@rsf.org.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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