Chronique d'une catastrophe annoncée en Palestine



    "La crise actuelle constitue la conséquence directe du désengagement de
    la communauté internationale" - Alternatives

    MONTREAL, le 15 juin /CNW Telbec/ - Alternatives, l'une des rares
organisations non-gouvernementales canadiennes présentes en Palestine, estime
que la crise qui déchire Gaza et la Cisjordanie constitue la conséquence
directe de la politique extérieure catastrophique des pays occidentaux.
L'isolement dans lequel ont été maintenus les territoires palestiniens, en
particulier depuis la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier
2006, n'a fait qu'accroître la pauvreté, les tensions sociales et le
désespoir. L'interruption de l'aide internationale a créé un climat propice à
la violence et aux luttes fratricides. A Gaza, selon l'Agence des nations
unies pour les réfugiés de Palestine, 79% des habitants vivent désormais dans
la pauvreté, et 84% dans un dénuement extrême.
    La crise actuelle ne constituait pas une fatalité. Encore récemment, elle
aurait peut-être pu être évitée si les pays occidentaux, à commencer par les
Etats-Unis, avaient rétabli leur soutien financier au gouvernement d'unité
nationale palestinien formé en mars dernier. Mais au lieu d'accueillir
favorablement cette initiative de la dernière chance, susceptible d'éloigner
le spectre d'une guerre civile, bon nombre de pays ont poursuivi leur boycott,
sous prétexte que certains ministres du gouvernement appartenaient au
mouvement Hamas. Dans la plupart des cas, l'aide n'a pas été rétablie et les
membres du nouveau gouvernement ont continué à être traités comme des parias.
Le Canada, qui avait rejoint le boycott après la victoire du Hamas, a lui
aussi négligé de revoir sa politique après la formation du nouveau
gouvernement d'unité palestinien. En mars, à Ottawa, le gouvernement canadien
a ainsi refusé de rencontrer le tout nouveau ministre de l'Information de la
Palestine, Mustapha Barghouti, un homme pourtant peu suspect de sympathies
extrémistes.
    Au cours des dernières années, la communauté internationale aura permis,
par son indifférence et par son inaction, le lent naufrage des territoires
palestiniens. Elle aura regardé Israel construire un "mur de sécurité", qui
fragmente les territoires et qui empêche chaque jour des milliers de
travailleurs palestiniens de se rendre à leur travail. Mais c'est
véritablement au lendemain de la victoire du Hamas, en 2006, que la plupart
des pays occidentaux ont franchi un point de non-retour en suspendant leur
aide internationale. Du coup, ils ont supprimé l'une des dernières sources de
financement des services essentiels à la population, notamment en matière de
santé et d'éducation. Ils ont puni le peuple palestinien dans son ensemble, au
risque de le pousser dans les bras de ceux qui refusent tout compromis.
    Devant l'extrême gravité des événements en cours, Alternatives se joint à
plusieurs organisations palestiniennes de défense des droits humains pour
réclamer un cessez-le-feu entre le Hamas et le Fatah. Comme tous les amis de
la Palestine, l'organisation demande aux belligérants de reprendre leurs
esprits et de respecter les droits humains. Alternatives lance aussi un appel
à la vigilance internationale afin que la crise actuelle ne se transforme pas
en catastrophe humanitaire. La situation apparaît particulièrement
préoccupante dans la bande de Gaza, où la population civile se retrouve
pratiquement coupée du monde.
    Et après? Pour le gouvernement canadien et pour les pays occidentaux,
l'occasion serait bien choisie pour revoir enfin leur politique désastreuse à
l'endroit de la Palestine. Israel pourrait aussi en profiter pour rembourser à
l'Autorité palestinienne les centaines de millions de dollars de taxes et de
revenus de douane qu'elle retient en guise de sanction. Ces gestes de bonne
volonté ne résoudraient pas tout, mais ils constitueraient un premier pas vers
une solution de la crise. Car s'il y a une leçon à tirer de la tragédie en
cours, en regard des droits fondamentaux des populations civiles, c'est bien
que l'isolement peut parfois mener à la catastrophe.

    Fondée en 1994, Alternatives est une ONG de coopération internationale
qui travaille pour la justice sociale. Plus qu'une organisation de charité au
sens traditionnel, Alternatives est un mouvement, un réseau de solidarité.
Active dans une trentaine pays, l'organisation soutient les droits des
personnes ou des communautés touchées par la pauvreté, la discrimination,
l'exploitation et la violence.




Renseignements :

Renseignements: A Montréal: Marie-Hélène Bonin, Directrice générale,
(514) 982-6606, Cel: (514) 577-3469, mhbonin@alternatives.ca; A Jérusalem:
Catherine Pappas, Chargée de projet Moyen-Orient, 011 (972) 2 585-3552, Cel:
011 (972) 0 547336569, catherine@alternatives.ca


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