Chine - Un hebdomadaire économique fermé pendant trois mois pour un reportage sur une banque publique



    MONTREAL, le 29 sept. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières dénonce
l'interdiction pendant trois mois de l'hebdomadaire économique China Business
Post, accusé d'avoir violé la loi dans un article sur la Banque agricole de
Chine. Par ailleurs, le Département de la propagande continue de maintenir un
contrôle sur les informations liées au scandale du lait toxique. Et un
journaliste d'investigation a été censuré dès juillet sur ce sujet pour ne pas
gêner la tenue des Jeux olympiques de Pékin.
    "Alors que l'inquiétude grandit sur la crise bancaire internationale et
le scandale du lait toxique, il est déplorable que des responsables locaux et
nationaux tentent de censurer des médias qui ne font que remplir leur rôle
d'information envers le public. Nous demandons la levée de l'interdiction
temporaire du China Business Post et la fin de la censure sur le scandale du
lait. Si de telles mesures ne sont pas prises, c'est la crédibilité des
promesses gouvernementales de transparence qui sera de nouveau entachée", a
affirmé l'organisation de défense de la liberté de la presse.
    Le 8 septembre 2008, l'hebdomadaire économique China Business Post,
diffusé à quatre cent mille exemplaires, a été suspendu pour une durée de
trois mois, suite à une décision du Bureau de la presse et des publications de
Mongolie intérieure (Nord) où est enregistrée sa licence. Suite à des
négociations, le journal a pu publier son édition du 11 septembre, mais celle
du 18 septembre a été interdite. Cette sanction fait suite à des plaintes de
hauts responsables de la province du Hunan (Sud) et de la Banque agricole de
Chine. Le journal avait mis en cause, en juillet, le bureau de Changde
(province du Hunan) de cette banque publique pour sa mauvaise gestion
d'actifs.
    Selon les autorités, la rédaction, basée à Pékin, a violé une
réglementation qui interdit à un média de publier une enquête sur un événement
ayant eu lieu dans une province autre que celle où est enregistrée sa licence.
Les autorités ont également estimé que le China Business Post aurait dû
interroger la Banque agricole de Chine avant de publier l'article. Pour
justifier sa décision, les responsables de Mongolie intérieure ont cité
d'autres enquêtes du journal économique qui violeraient ces réglementations.
    Dans une déclaration au Financial Times, le magnat de la presse Bruno Wu,
propriétaire du China Business Post à travers le groupe Sun Media, a dénoncé
un "abus du pouvoir administratif". Le 24 septembre, il a annoncé aux employés
du journal qu'il avait décidé de suspendre indéfiniment la publication de
l'hebdomadaire pour protester contre cette décision. Une source au sein du
journal a affirmé à Reporters sans frontières qu'un recours avait été déposé
auprès des autorités compétentes.
    Au même moment, le Département de la propagande a renforcé son contrôle
sur les informations disponibles dans les médias et sur Internet à propos du
scandale du lait maternisé frelaté qui a provoqué l'intoxication de milliers
d'enfants chinois.
    Selon plusieurs journalistes chinois, il apparaît de plus en plus évident
que les autorités ont empêché, en juillet, la publication d'une enquête sur ce
lait toxique pour ne pas affecter l'image de la Chine avant les Jeux
olympiques. Ainsi, He Feng, journaliste de l'hebdomadaire Nanfang Zhoumo, a
été censuré en juillet alors qu'il avait recueilli des informations
préoccupantes sur l'impact sanitaire du lait produit par l'entreprise Sanlu.
De nouveau, le 13 septembre, un article de He Feng sur les responsabilités des
entreprises laitières a été supprimé par la direction de l'hebdomadaire.
    Le 12 septembre, une circulaire du Département de la propagande
avertissait qu'il était dans l'intérêt des médias et des sites Internet de
limiter la publication d'articles ou de commentaires sur le scandale des
produits laitiers.
    Enfin, l'organisation Chinese Human Rights Defenders a révélé que Qi
Yanchen, économiste qui a déjà été emprisonné de 1999 à 2003, a été convoqué
par la police après qu'il avait critiqué, sur les ondes de Radio Free Asia, la
gestion de ce scandale par les autorités.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada, (514) 521-4111, rsfcanada@rsf.org

Profil de l'entreprise

REPORTERS SANS FRONTIERES CANADA

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.