Chine - Trois journalistes suisses et une chinoise interpellés par la police



    MONTREAL, le 22 nov. /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières dénonce les
interpellations de trois journalistes étrangers et une camerawoman chinoise
dans les provinces du Hebei (Nord-Est) et du Hubei (Centre) le 20 novembre
2007. "Il est inadmissible que de telles pratiques aient encore cours en
Chine, malgré la mise en place de nouvelles régulations en janvier 2007, en
vue des Jeux olympiques", a déclaré l'organisation.
    Le 20 novembre 2007, Barbara Luthi, correspondante à Pékin de la chaîne
suisse Schweizer Fernsehen , et sa camerawoman de nationalité chinoise ont été
retenues pendant sept heures par les autorités du village de Shengyou, dans la
province du Hebei. Des policiers en civil se présentant comme des villageois
les ont malmenés. Leurs enregistrements ont été effacés par des officiels
alors que les journalistes procédaient à des interviews dans un village où une
révolte avait causé la mort de six personnes en 2005. "J'avais déjà été
interrogée par la police auparavant, mais c'était tout à fait différent. C'est
la première fois que je suis physiquement brutalisée", a déclaré Barbara Luthi
au Foreign Correspondents Club of China. Bousculée, la journaliste est tombée
au sol. Toutes deux ont finalement été libérées après l'intervention du bureau
local des Affaires étrangères. Le même jour, Mathias Braschler et Monika
Fischer, un couple de photographes suisses, ont été interpellés pendant trois
heures à Wuchang, au sud de la ville de Wuhan, dans la province du Hubei. Ils
réalisaient un reportage sur des habitants menacés et brutalisés en raison
d'un conflit foncier. Les deux photographes étaient en train de parler aux
habitants, sans matériel, lorsqu'un policier les a forcés à se rendre au
commissariat.
    "Au bout de deux heures, nous avons demandé à partir. Alors, le chef de
la police nous a très sérieusement menacés de nous retenir douze heures. Ils
voulaient vérifier nos identités. Une personne du bureau des Affaires
étrangères est venue dire que tout était en ordre et voulait nous inviter à
déjeuner pour "clarifier" certains points. Comme nous avons refusé, ils ont
commencé à vérifier nos bandes vidéo, notre matériel, nos notes... Je leur ai
demandé de nous relâcher sous peine d'appeler notre ambassade. Alors, ils nous
ont relâchés", a expliqué Mathias Braschler au Foreign Correspondents Club of
China.

    CHINE

    Les médias officiels chinois attaquent la presse étrangère et Reporters
    sans frontières

    Le 19 novembre 2007, l'agence de presse d'Etat Xinhua a diffusé sur son
site un article publié par un journal gouvernemental Huanqiu Shibao (Global
Times), lié au Remin Ribao (People's Daily) qui dénonce "l'acharnement
d'organisations qui relayent des préjugés" contre la Chine. Le pays serait
victime de rumeurs infondées venant d'organisations telles que Reporters sans
frontières. L'article cite notamment des articles publiés récemment sur le
fichage des journalistes étrangers par les autorités avant les Jeux
olympiques.
    L'article réfute une à une toutes les récentes informations des
différents journaux et organisations concernant les Jeux olympiques. Il nie
plus particulièrement le fichage des journalistes étrangers et accuse de
nombreux médias étrangers (Washington Post, International Herald Tribune, Die
Welt, Associated Press, Voice of America, etc.) de "répandre des rumeurs" pour
déstabiliser le régime. Selon un "expert des relations sino-allemandes",
Beixike, interviewé par le Huanqiu Shibao, ces "inventions" feraient partie
d'un plan visant à boycotter les Jeux olympiques.
    "A l'étranger, les journalistes chinois, mais également les étudiants
chinois, sont sévèrement contrôlés notamment pour l'obtention d'un visa ou
bien les entretiens d'embauche. Certains sont même accusés d'espionnage par
les services secrets étrangers avec des "preuves" qui pourraient très bien
être fabriquées. En réalité, ce sont les gouvernements étrangers qui
établissent d'énormes bases de données. Ces journaux publient des articles à
partir de sources peu fiables. Est-ce là la liberté de la presse dont ils font
l'éloge ?", conclut le journal gouvernemental.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Telec.: (514)
521-7771, rsfcanada@rsf.org

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