Chine - Deux nouvelles mesures de régulations inquiétantes avant les Jeux olympiques alors que le contrôle se renforce au Sichuan



    MONTREAL, le 10 juin /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières est alarmée
par l'adoption de deux nouvelles régulations destinées à renforcer le contrôle
sur les "fixeurs" chinois de journalistes étrangers et sur les étrangers en
général qui vont se rendre en Chine pendant les Jeux olympiques.
L'organisation dénonce également le contrôle policier accru à l'encontre des
journalistes étrangers qui enquêtent au Sichuan sur la colère des parents
d'enfants morts dans l'écroulement de leurs établissements scolaires.
    "Les espoirs de voir la Chine s'ouvrir au monde avant les Jeux olympiques
s'évanouissent peu à peu. Les autorités ont adopté des mesures de régulations
hostiles aux étrangers, suspectés de vouloir perturber les JO, et tentent
d'imposer plus de contrôles aux collaborateurs chinois des correspondants
étrangers. Le gouvernement, sous l'impulsion du Département de la propagande,
restreint également le travail de la presse chinoise et internationale au
Sichuan", a affirmé l'organisation.
    "A moins de deux mois de l'ouverture des Jeux à Pékin, ces mesures qui
frisent la paranoia sont bien éloignées du slogan One World, One Dream. Nous
demandons au Comité international olympique (CIO) de faire pression sur les
autorités de Pékin pour que ces dispositions soient annulées et que la presse
internationale puisse travailler librement au Sichuan", a ajouté Reporters
sans frontières.
    "Pour le moment, le CIO n'a pas réagi à ces régulations archaiques. Il a
préféré, au contraire, rappeler dans un mémo adressé en mai aux comités
olympiques nationaux que leurs athlètes ne devaient manifester d'aucune
manière sur les sites olympiques", a ajouté l'organisation.

    Contrôle des fixeurs chinois

    Des collaborateurs chinois de médias étrangers ont été priés de se plier
à une nouvelle disposition qui vise à les enregistrer auprès des autorités. Le
texte dont Reporters sans frontières a obtenu copie a été adressé par un
organisme d'Etat, le CIECCO, qui est chargé d'aider les entreprises
étrangères, notamment les médias, à recruter des employés chinois. Si le
comité organisateur des JO de Pékin (BOCOG) insiste depuis janvier 2007 pour
que les médias internationaux emploient des traducteurs choisis par des
intermédiaires officiels, cette régulation va plus loin. Elle propose aux
médias de "sélectionner et nommer les candidats appropriés." Si les
journalistes étrangers veulent présenter leur propre fixeur, ils devront
fournir un document d'identité, un CV, une preuve de casier judiciaire vierge
et un certificat médical. La régulation prévoit qu'un contrat sera établi
entre l'employeur et l'employé.
    Interrogé par Reporters sans frontières, le Club des correspondants de la
presse étrangère (FCCC) a affirmé que cet enregistrement des collaborateurs
chinois auprès d'agences gouvernementales "allait potentiellement augmenter la
bureaucratie, les dépenses et le contrôle par les autorités". Le FCCC a
souhaité que les médias étrangers puissent dans le futur embaucher des Chinois
comme journaliste ou photographe, ce qui est pour l'instant impossible.
    Par ailleurs, Reporters sans frontières a eu connaissance d'un document
envoyé par la division "Visa" du centre des médias du BOCOG qui prie les
journalistes d'envoyer des informations précises sur leurs projets de
couverture en Chine, telles que les lieux et les personnes à interviewer, afin
d'obtenir un visa J-2, c'est à dire pour arriver la veille ou l'avant veille
de la cérémonie d'ouverture. Le BOCOG demande également une lettre de
recommandation de l'employeur, excluant de fait les journalistes freelance.
    Cette nouvelle disposition intervient dans un contexte de restriction de
délivrance des visas à entrées multiples et l'augmentation du délai
d'obtention de visas "touriste" et "business", même à partir de Hong Kong. Les
autorités de Pékin refusent d'expliquer ces difficultés.

    Un rappel à l'ordre aux étrangers

    Par ailleurs, le 2 juin 2008, le BOCOG a rendu public un document en
chinois à l'intention des étrangers qui vont se rendre en Chine pendant les
JO. Sous la forme de questions-réponses, le BOCOG affirme que les étrangers
doivent respecter les "lois chinoises quand ils sont en Chine et ne doivent
pas menacer la sécurité nationale de la Chine et s'en prendre à la stabilité
sociale".
    Les autorités interdisent l'accès du territoire aux "terroristes",
"travailleurs du sexe", "trafiquants de drogue", malades du Sida ou de la
tuberculose et aux "subversifs". Plusieurs points de cette réglementation
visent directement ceux qui souhaiteraient manifester pendant les JO : "Les
rassemblements publics, les défilés et les manifestations ne peuvent avoir
lieu sans autorisation préalable de la police". Ces régulations visent
également à restreindre la liberté d'opinion. Il est ainsi interdit d'apporter
des documents, des disques ou des enregistrements audio critiques de la Chine.

    La presse entravée au Sichuan

    Confrontées à la colère des parents des enfants tués dans des écoles du
Sichuan, les autorités tendent à entraver le travail de la presse étrangère.
Le 6 juin, deux reporters de l'Agence France-Presse ont été empêchés d'entrer
dans Wufu, une ville où des manifestations ont eu lieu après l'écroulement
d'une école primaire. Le 5 juin, des envoyés spéciaux étrangers ont été
interpellés et expulsés de Juyuan et Hanwang, deux villes où des
établissements scolaires se sont effondrés. Le 3 juin déjà, des photographes
avaient été écartés d'un rassemblement d'une centaine de parents à Dujiangyan.
La police a retenu pendant quelques heures un reporter et un photographe de
l'agence japonaise Kyodo. Selon le FCCC, le 4 juin, deux correspondants
néerlandais ont été bloqués par des policiers alors qu'ils tentaient d'entrer
à Dujiangyan.
    La presse chinoise s'est vu interdire de couvrir librement ces
événements. Des journalistes chinois ont confirmé au New York Times que
l'ordre venait de Pékin. De même, le site China Media Project
(http://cmp.hku.hk/) a révélé que le chef de la propagande dans la province du
Guangdong (Sud) avait ordonné aux médias locaux de retirer leurs journalistes
du Sichuan. Le même site basé à Hong Kong a indiqué que le chef de la
propagande Li Changchun s'était rendu dans le Sichuan.
    La Sécurité publique a également été chargée de mettre fin aux
"rassemblements illégaux" et de faire pression sur les victimes pour qu'elles
ne parlent plus à la presse étrangère. Et les médias d'Etat continuent de
louer les efforts du gouvernement. Le site de la chaîne CCTV est allée jusqu'à
détourner les images d'une manifestation en hommage aux victimes du massacre
du 4 juin 1989 à Hong Kong pour en faire celles d'un rassemblement pour les
morts du tremblement de terre du 12 mai.
    Enfin, l'intransigeance sécuritaire des organisateurs de Pékin 2008
provoque de vives tensions avec les chaînes de télévision détentrices des
droits. L'agence Associated Press a révélé le 8 juin qu'une réunion tenue à
Pékin à la fin du mois de mai avait tourné à l'affrontement entre le BOCOG, le
CIO et des chaînes internationales. En effet, les autorités chinoises refusent
la couverture en direct de certains événements, notamment sur la place
Tiananmen et dans la Cité interdite, et tardent à accorder les permis
nécessaires à l'acheminement des équipements de retransmission.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

Profil de l'entreprise

Actualités - Médias

Renseignements sur cet organisme

REPORTERS SANS FRONTIERES

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.