Centre sportif de Gatineau - Un processus qui ne mène nulle part et qui fragilise l'industrie de la construction



    GATINEAU, QC, le 11 oct. /CNW Telbec/ - Le 31 mai dernier, la Ville de
Gatineau a lancé un appel d'offres pour la conception et la construction d'un
important centre sportif. Il s'agissait d'un projet en mode "design
construction" où les soumissionnaires devaient d'abord produire des plans et
devis à partir des besoins fonctionnels et spécifications techniques établis
par la Ville pour ensuite en évaluer les coûts. Ce qui exige un travail
colossal de la part des entreprises participantes par rapport à un appel
d'offres conventionnel où les entrepreneurs préparent leurs soumissions à
partir de plans et devis à leur disposition.
    Fait inusité : la Ville a fixé une condition essentielle pour la
recevabilité des soumissions. Toute soumission au dessus de 43,5 M$ était
déclarée automatiquement non conforme.
    Cinq entrepreneurs généraux parmi les plus importants au Québec ont
répondu à l'appel d'offres. Il s'agit de SNC-Lavalin, Verreault, Pomerleau,
Aecon et Decarel.
    Ces entreprises de construction et plusieurs firmes de professionnels se
sont investi dans ce processus sur la foi que le montant maximum établi par la
Ville reflétait ses exigences techniques. D'ailleurs, le peu de temps
qu'avaient les entrepreneurs pour déposer leurs soumissions ne leur permettait
pas de faire une analyse préalable du budget imposé par la Ville. Ils avaient
tout juste le temps de produire les plans, l'estimé du coût des travaux et les
nombreux documents exigés dans l'appel d'offres.
    Un minimum de dix firmes d'ingénieurs et cinq d'architectes ont dû
produire à leurs frais des plans et devis assez précis pour permettre aux
entrepreneurs généraux et spécialisés de préparer des estimations le plus
justes possibles au plus bas prix et certifiées par des garanties financières.
    Lors d'une première évaluation, quelques jours avant la date butoir, des
entrepreneurs réalisent que le budget de 43,5 M$ sera difficile à atteindre.
Certains d'entre eux ont dû refaire les plans et devis pour tenter d'atteindre
l'évaluation de la Ville. Cette dernière, informée de cette difficulté reporte
le dépôt des soumissions de deux semaines, mais ne révise pas son prix de
réserve, de sorte qu'aucun des cinq soumissionnaires n'est parvenu à déposer
une soumission en deçà de 43,5 M$ avec toutes les exigences de la Ville.
Quatre d'entre eux ont déposé des soumissions plus basses que 43,5 M$, pour
répondre à l'exigence financière, mais ont été dans l'obligation de retirer
des éléments jugés non essentiels à un centre sportif.
    Les équipes d'entrepreneur et professionnels ont appris par la voie des
journaux que la Ville de Gatineau a rejeté toutes les soumissions du revers de
la main pour non-conformité. La Ville n'a même pas eu la délicatesse de
rencontrer les entrepreneurs et les professionnels impliqués pour les informer
de sa décision, mais annonce du même coup qu'elle ajoute 4,4 M$ à son budget
et qu'elle reprendra l'exercice en mars prochain.
    Les entrepreneurs et les professionnels qui ont investi des sommes
importantes pour fournir gratuitement à la Ville de Gatineau cinq concepts,
des plans et devis, des études exhaustives sur les exigences Leed pour un
centre sportif et des estimations accepteront-ils de répondre de nouveau à un
tel appel d'offres ? L'objectif visé par les entrepreneurs n'était pas de
fournir gratuitement des plans et devis à la Ville de Gatineau, mais de
construire un centre sportif.
    Ce processus n'a mené nulle part du fait que le montant maximum imposé
sous peine de disqualification n'était pas en relation avec les exigences
techniques également imposées. Conséquence du processus : non seulement la
ville a reçu cinq soumissions non conformes, mais elle s'est également privée
de la possibilité d'octroi au plus bas soumissionnaire conforme en ajustant
son budget ou en retirant des éléments du projet. Ce processus fait en sorte
que la ville de Gatineau doit aujourd'hui tout recommencer.
    Habituellement il est rare qu'un appel d'offres soit annulé, à moins d'un
écart très important. Ce qui manifestement, n'était pas le cas à Gatineau.
    Suite à une telle expérience, quels entrepreneurs et professionnels
accepteront dans un processus similaire de toucher de nouveau à ce projet ?
Chose certaine, rein de garanti que la ville de Gatineau pourra bénéficier
encore une fois de l'expertise et la compétition de cinq des plus importantes
entreprises de construction du Québec. Dans ce contexte, il est loin d'être
évident que son budget supplémentaire annoncé de 4,4 M$ sera suffisant.
    La Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) demande à la
Ville de Gatineau de faire preuve de transparence et de rendre publiques les
estimations détaillées qui lui ont permis d'annoncer ce coût maximum de
43,5 M $ et faire investir en pure perte, entre 750 000 $ et 1M $ par ces
sociétés.
    La CEGQ est d'avis qu'il serait juste et raisonnable de compenser ces
entrepreneurs du fait que la méthode "design construction" exige un niveau de
préparation exceptionnel.
    De plus, la CEGQ met en garde les donneurs d'ouvrage publics à l'effet
que les entrepreneurs et les professionnels du Québec ne peuvent se permettre
ces échecs qui fragilisent l'industrie de la construction. Si on s'enligne de
cette façon au Québec, très peu d'entrepreneurs accepteront de participer à
ces projets en mode "design construction" ou PPP sans compensation financière.
Ce qui réduira considérablement la concurrence. C'est pourquoi la CEGQ demande
au gouvernement du Québec d'assujettir les importants projets municipaux au
nouveau cadre de gouvernance des marchés publics de construction qui sera
bientôt mis en place. Puisqu'il s'agit de fonds publics, une autorité
compétente doit s'assurer que les importants projets municipaux réalisés soit
en PPP ou en "design construction" résistent à l'analyse avant d'être mis de
l'avant.
    L'agence des PPP a déjà de la difficulté à identifier des entrepreneurs
du Québec pour répondre à ses projets. Quelle sera la situation si les
municipalités multiplient les échecs tel le complexe sportif de Gatineau ? Les
municipalités du Québec devront-elles adresser leurs appels d'offres aux
entreprises de construction hors Québec, pour finalement réaliser que cette
solution est beaucoup plus dispendieuse ?




Renseignements :

Renseignements: Luc Martin ing., Directeur général, (514) 325-8454 poste
1

Profil de l'entreprise

Corporation des Entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ)

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