Campagne électorale québécoise - La crise forestière absente du discours des partis, déplore la FTPF-CSN



    MONTREAL, le 15 mars /CNW Telbec/ - Alors que l'industrie forestière
québécoise traverse l'une des pires crises de son histoire et pousse vers le
chômage des milliers de travailleurs, aucun des partis politiques impliqués
dans la campagne électorale n'est encore intervenu sur cette question cruciale
pour notre économie. La Fédération des travailleurs et des travailleuses du
papier et de la forêt (FTPF-CSN) déplore ce mutisme et interpelle les
formations politiques sur ce qu'elles entendent faire pour soutenir les
travailleurs touchés par les fermetures d'usine, pour relancer ce secteur
névralgique et pour s'assurer de la pérennité de la ressource qui est, faut-il
le rappeler, publique.
    "La crise forestière peut s'expliquer de multiples façons, mais c'est
lorsqu'on regarde les drames humains qui en découlent que nous pouvons le
mieux mesurer son ampleur, a indiqué Sylvain Parent, président de la FTPF-CSN.
Depuis deux ans, plus de 10 000 travailleurs ont perdu leur emploi au Québec
et 118 usines ont fermé leurs portes de façon temporaire ou définitive.
Comment expliquer le silence de partis politiques qui prétendent vouloir
former le prochain gouvernement ?"
    Ce mutisme s'explique d'autant plus mal que plus de 250 municipalités
québécoises vivent de l'industrie forestière et que 31 d'entre elles sont
aujourd'hui privées de leur principale activité économique, causant insécurité
et inquiétude dans les communautés concernées.
    Lorsqu'une scierie est en difficulté, la compagnie est davantage pressée
de transférer le contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier
(CAAF), octroyé par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune,
dans une autre de ses usines plutôt que de laisser l'opportunité à la
communauté de développer des projets créateurs d'emplois dans la région
touchée. Les échanges entre le ministère et l'entreprise se déroulent en
catimini, une situation d'autant plus inacceptable que la forêt est publique.
La transparence serait plutôt de mise, considère la FTPF-CSN.

    Transparence demandée

    Cette dernière réclame entre autres l'adoption d'une procédure
d'information et de consultation comprenant notamment l'obligation faite au
ministère d'informer les travailleurs ainsi que les communautés de tous les
mouvements de bois les concernant lors de fermeture; l'obligation faite au
ministère de rendre publique toute demande de transfert de CAAF dès le moment
où celle-ci est faite ; la possibilité pour tout groupe intéressé de déposer
des projets pour l'exploitation des volumes de bois libérés qui impliquent les
communautés et les travailleurs.
    La FTPF estime que l'Etat doit également voir à ce que les entreprises
présentent un plan de main-d'oeuvre lorsqu'elles envisagent une fermeture
d'usine. "Dès le moment où une compagnie demande au ministère un transfert de
CAAF, il faudrait exiger de cette dernière qu'elle indique ce qu'elle entend
faire avec les travailleurs de chacune de ses usines, explique Sylvain Parent.
S'il y a des mises à pied, peut-on penser à une réduction par attrition ? La
relocalisation des travailleurs est-elle envisageable dans d'autres de ses
usines et comment ?
    "Les entreprises ont peu de responsabilités sociales au Québec. Il est
temps que les choses changent, surtout dans une industrie comme la nôtre où la
gestion de la forêt publique est donnée au secteur privé", précise le
porte-parole syndical.

    Des questions légitimes

    A l'occasion de la campagne électorale, les candidates et les candidats
en lice doivent avoir à l'esprit que le secteur forestier est vital pour
l'économie québécoise. Dans le cadre d'une campagne de sensibilisation qu'elle
mène auprès d'eux, et pour s'assurer que le dossier de la crise forestière
trouve sa place dans la campagne électorale, la FTPF-CSN leur a envoyé un
dossier qui fait état de la situation et explique les grandes revendications
qu'elle porte. Voici quelques questions que la fédération a adressées aux
candidates et candidats.

    
    - Allez-vous modifier la Loi sur la forêt pour y intégrer un processus
      d'information et de consultation des travailleuses et des travailleurs
      dans les cas de mouvement de bois ?

    - Dans les cas de fermeture, de fusion, d'acquisition d'usine impliquant
      des volumes de bois public, allez-vous vous servir du levier que
      représentent les droits de coupe pour exiger des entreprises
      exploitantes le dépôt de plan prévisionnel de main-d'oeuvre ?

    - Quelles politiques mettrez-vous en place pour changer les méthodes de
      sylviculture au Québec ?

    - Allez-vous améliorer les dispositions légales en matière de
      licenciement collectif ? De quelles façons ?

    - Quel est votre plan pour redresser l'industrie forestière ?
    

    La population québécoise, et en particulier celle vivant de l'industrie
forestière, est en droit d'obtenir des réponses aux questions fondamentales
qui se posent pour soutenir ce secteur vital au développement du Québec et de
ses régions, autant que les travailleurs qui y oeuvrent.

    La FTPF-CSN regroupe quelque 13 000 travailleuses et travailleurs du
secteur du papier, de la forêt et des imprimeries, dans 185 syndicats.




Renseignements :

Renseignements: Louis-Serge Houle, Service de l'information de la CSN,
(514) 598-2157; Source: Fédération des travailleurs et des travailleuses du
papier et de la forêt (CSN)


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