Campagne électorale : Le mouvement des femmes évalue les engagements des chefs



    MONTREAL, le 22 mars /CNW Telbec/ - Les représentantes de 16 groupes
nationaux de femmes ont récemment convié les chefs des partis politiques du
Québec afin de leur demander des engagements fermes en matière d'égalité, de
justice sociale et de lutte contre les discriminations. Alors que les partis
québécois, libéral, Vert et Québec solidaire ont accepté l'invitation qui leur
était lancée, l'Action démocratique du Québec n'a toujours pas donné suite à
l'invitation. Ainsi, M. Dumont, qui pourtant ne cesse depuis le début de sa
campagne de marteler que la famille est une des priorités majeures de son
parti, refuse d'en discuter avec les groupes de femmes. "C'est inconséquent et
inacceptable !", déclare Michèle Asselin, présidente de la Fédération des
femmes du Québec (FFQ).

    Les demandes et les engagements

    Du côté du Parti québécois et du Parti libéral, certains engagements ont
été pris, notamment en matière de maintien à domicile et de lutte contre les
violences. Cependant, leurs réponses sont très décevantes en matière de lutte
contre la pauvreté et la violence envers les femmes, d'éducation, d'accès aux
soins de santé et de développement économique. Les groupes déplorent également
le peu d'attention portée dans la présente campagne aux enjeux liés à
l'immigration et à l'intégration des communautés culturelles. En fait, le
Parti libéral a opté pour la continuité alors que nous souhaitions qu'il aille
beaucoup plus loin en prenant des engagements plus substantiels, notamment en
matière de lutte à la pauvreté et aux violences faites aux femmes. Suite au
dépôt du budget fédéral, M. Charest a choisi d'utiliser la marge de manoeuvre
dégagée par les transferts fédéraux du budget Flaherty pour baisser les impôts
plutôt que d'améliorer les conditions de vie des personnes en situation de
pauvreté. Minimalement, il aurait pu s'engager à indexer au coût de la vie
toutes les prestations d'aide sociale et ne plus récupérer les pensions
alimentaires versées aux enfants lorsque leur parent monoparental, en très
grande majorité des femmes, reçoit de l'aide sociale ou de l'aide financière
s'il est aux études ! Le Parti québécois n'a, quant à lui, pris aucun
engagement sur la question des pensions alimentaires versées aux enfants
déduites de la prestation de la sécurité du revenu et du programme de prêts et
bourses. Il s'est cependant engagé à indexer les prestations de la sécurité du
revenu.
    Par ailleurs, du côté de Québec solidaire, plusieurs demandes ont reçu un
écho favorable, notamment à propos de la lutte à la pauvreté, des violences
faites aux femmes, du gel des frais de scolarité, ainsi que de la mise en
place d'une politique familiale globale et cohérente. Quant au Parti vert,
bien que le contenu de sa plate-forme électorale fasse peu de place aux
préoccupations des groupes de femmes, le chef a été à l'écoute des demandes
exprimées.
    Quant à l'ADQ, bien que le parti n'ait pas donné suite à l'invitation qui
lui était lancée, certaines annonces récentes font craindre le pire. En effet,
la volonté exprimée de réformer l'aide sociale prévoit que 25 000 personnes
assistées sociales retourneront sur le marché du travail au cours des
9 premiers mois d'un gouvernement de l'ADQ; rien de moins ! Les groupes de
femmes jugent cette proposition totalement irréaliste et irresponsable.

    Violence envers les femmes, santé, emploi et services de garde

    Depuis des années, les groupes de femmes réclament une vaste campagne de
sensibilisation et d'éducation contre les violences envers les femmes. Le
Parti libéral et le Parti québécois s'y sont engagés. En effet, alors que les
groupes réclament un engagement de 25 M$ sur dix ans, le PQ s'engage à y
investir 5 M $. Le Parti libéral, pour sa part, ne promet pas d'argent neuf.
Quant à la question du financement des ressources qui viennent en aide aux
femmes victimes de violence, les engagements chiffrés obtenus sont partiels et
insuffisants ! Le Parti libéral s'engage à mieux financer les maisons
d'hébergement et les centres de femmes, tandis que le Parti québécois
augmentera le financement des centres d'aide et de lutte contre les agressions
à caractère sexuel. Toutefois, Québec solidaire appuiera les demandes de
financement des groupes. Soulignons que tous les partis se sont engagés à
régler, avec le gouvernement fédéral, la question de l'iniquité du financement
des maisons d'hébergement pour les femmes autochtones.
    Du côté de la santé, on observe des disparités importantes d'une région à
une autre. Les femmes n'ont pas accès aux mêmes services de santé partout au
Québec, notamment aux services d'avortement gratuit dans des délais
acceptables. Bien que les partis libéral et québécois se soient montrés
sensibles à cette situation, ils n'ont proposé aucune solution concrète. Les
groupes craignent l'accélération de la privatisation. Soulignons les
engagements positifs du PQ et du PLQ pour le développement de services de
maintien à domicile, un enjeu très important pour les femmes puisque plus de
80% des personnes qui viennent en aide à un proche en perte d'autonomie sont
des femmes.
    Le mouvement des femmes réclame également des politiques gouvernementales
actives ciblées qui donneront des résultats en termes de création d'emplois
stables, à salaires décents et accessibles aux femmes. Le Parti québécois
souscrit à la nécessité d'une intervention de l'Etat à ce titre mais, comme le
Parti libéral, ne s'engage pas fermement dans la voie de la création de
l'emploi.
    Du côté de la conciliation famille-travail-études, les partis québécois
et libéral s'engagent à un investissement de 200 M$ dans le réseau des
services de garde afin de créer 20 000 places. D'autre part, les groupes de
femmes s'opposent fermement à la stratégie développée par l'ADQ qui promet
100$ par semaine pour chaque enfant qui ne fréquente pas un service de garde
subventionné. Ils soulignent que plus des deux tiers des mères de jeunes
enfants sont sur le marché du travail. La priorité est donc d'accélérer le
développement de places pour répondre à l'ensemble des besoins. Soulignons que
l'aide aux familles devrait s'orienter vers les familles à revenus modestes et
celles de la classe moyenne et que la mesure la plus juste demeure la
fiscalité.

    Parce que le vote des femmes, ça compte à 100% !

    Rappelons que bien qu'ils soient politiquement engagés, les groupes de
femmes demeurent non partisans et n'accordent donc leur appui à aucun parti
politique. Ils encouragent plutôt toutes les Québécoises à juger elles-mêmes
des engagements des partis et à exercer leur droit de vote le 26 mars
prochain. "En exprimant notre choix, nous exerçons un droit essentiel acquis
grâce aux luttes menées par nos grands-mères suffragettes. Parce que le vote
des femmes, ça compte à 100% !", de conclure Mme Asselin.




Renseignements :

Renseignements: ou demande d'entrevue : Stéfany Ranger, LCOM
Communication, (514) 393-3178 ou Linda Lévesque, (514) 393-3178, cellulaire :
(514) 242-8909; Sources : Afeas; Centre de documentation sur l'éducation des
adultes et la condition féminine; Conseil d'intervention pour l'accès des
femmes au travail; Fédération des associations de familles monoparentales et 
recomposées du Québec; Fédération des femmes du Québec; Fédération de 
ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du  Québec;
Fédération du Québec pour le planning des naissances; L'R des  centres de
femmes du Québec; Nouveau Départ; Regroupement Naissance- Renaissance;
Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de  transition pour
femmes victimes de violence conjugale; Regroupement  québécois des centres
d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel; Relais-femmes;
Réseau des lesbiennes du Québec; Réseau des tables régionales de groupes de
femmes du Québec; Réseau québécois pour la santé des femmes

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Fédération des femmes du Québec

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