Avenir de l'industrie porcine - Le mandataire Guy Coulombe constate la difficulté de rallier les producteurs et les transformateurs autour d'un projet commun de relance de l'industrie



    QUEBEC, le 14 mars /CNW Telbec/ - Le mandataire du ministère de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation dans le dossier de la
production porcine, M. Guy Coulombe, a remis aux autorités du Ministère un
avis faisant suite à ses discussions avec les principaux acteurs de la filière
porcine.
    Le mandat confié à M. Coulombe visait l'établissement d'une vision
commune de l'avenir de l'industrie porcine afin d'en assurer la pérennité.
Cette industrie demeure un des piliers du secteur agroalimentaire et de
l'économie du Québec.
    Rappelons que la situation difficile que connaît l'industrie résulte,
entre autres choses, de l'absence d'une vision commune et d'un désaccord sur
les termes d'une nouvelle convention de mise en marché. En effet, depuis août
2005, deux demandes relatives au renouvellement de la convention de 2002 qui
définit les relations entre la Fédération des producteurs de porcs et les
transformateurs ont été acheminées à la Régie des marchés agricoles et
alimentaires du Québec. La première a été annulée à l'automne 2006 par les
parties et la seconde, qui en était à l'étape de la conciliation, a été
volontairement suspendue à la suite de la désignation du mandataire.
    Pour M. Coulombe, il s'agissait d'abord de faire un état de situation et
de présenter les éléments essentiels qui permettraient éventuellement au
secteur porcin de préparer un plan de relance. Les principes qui ont guidé
M. Coulombe dans ses discussions étaient que toute solution aux problèmes
jugés prioritaires devait être élaborée par les différents partenaires
eux-mêmes.
    Les discussions se sont révélées difficiles dans la mesure où ce secteur
traverse présentement une crise importante que définissent et vivent de façon
différente les partenaires. "J'ai cependant constaté qu'un large consensus
existe quant au fait que le secteur porcin fait face à un problème structurel
et non conjoncturel", a exprimé M. Coulombe.

    Les points de ralliement

    Les représentants rencontrés par le mandataire sont d'accord sur le fait
que la faible valeur historique du dollar canadien a joué pendant de
nombreuses années un rôle d'écran qui a eu pour effet de cacher des faiblesses
structurelles de cette industrie. De plus, l'appréciation rapide du dollar
canadien a engendré une baisse de rentabilité de la chaîne de production.
    Comme plus de 50 % de la production québécoise du porc est exportée, tous
les intéressés sont conscients de l'importance de devoir affronter la
concurrence internationale, dont notamment la présence accrue des Etats-Unis
sur nos marchés locaux. La nécessaire compétitivité qu'il faut renforcer pour
rayonner sur tous les marchés renvoie obligatoirement à l'augmentation de la
productivité des différents maillons de la chaîne industrielle porcine
québécoise. Par ailleurs, la seule exploitation des marchés de niche, comme le
marché de la viande biologique, ne pourra suffire à moyen terme à assurer la
pérennité de l'industrie .

    Les divergences

    Sur la question de la mise en marché du porc, les positions de la
Fédération des producteurs de porcs du Québec et celles d'une majorité de
transformateurs demeurent divergentes, malgré les efforts de conciliation
déployés de la part de M. Coulombe. "La simplicité apparente du système de
mise en marché des porcs vivants dissimule en fait des luttes de pouvoir et
des stratégies commerciales et économiques opposées entre les partenaires :
les intérêts collectifs versus les intérêts privés; l'encadrement législatif
versus les règles du marché. L'avenir de la filière porcine dépend de la
réponse à ces questions de base sur la mise en marché", a souligné
M. Coulombe.
    "Malgré la qualité des discussions et la courtoisie des rapports, il
manque la volonté d'accepter certains compromis de part et d'autre, compromis
qui doivent reposer sur quelques principes clairement définis et sur des
réalités opérationnelles qui satisferont les parties. Par ailleurs, le
maintien du statu quo exacerbera les tensions au sein de l'industrie", a
indiqué M. Coulombe.

    Des pistes de solution

    Le mandataire évalue que, dans les circonstances, un plan de
développement de l'industrie du porc complet, cohérent, opérationnel et
acceptable pour tous les partenaires ne pourra être dressé à court terme.
Toutefois, certains éléments pourraient faire l'objet éventuellement de
consensus, notamment :

    
    - la reconnaissance du rôle prépondérant du consommateur;
    - la modernisation des mécanismes de mise en marché;
    - l'acceptation de la diversité dans les gammes de produits;
    - une "direction" des produits assumée par un partenariat producteurs-
      transformateurs plutôt que par la prépondérance de l'un ou de l'autre;
    - une forme de relation contractuelle volontaire entre producteurs et
      transformateurs;
    - le partage équitable des retombées de la valeur ajoutée comme celui du
      risque encouru;
    - la transparence de l'information et la bonne communication entre les
      acteurs;
    - des relations établies sur une base d'affaires plutôt que sur des
      discussions réglementaires et des points de droit.
    

    "Il me semble essentiel que ce débat puisse se poursuivre entre les
parties au cours des prochains mois. Les dernières discussions m'ont en effet
montré que les organisations chefs de file, telles que La Coop fédérée,
l'Union des producteurs agricoles, la Fédération des producteurs de porcs du
Québec ainsi que les principaux industriels, souhaitent toujours en arriver à
une entente", de conclure M. Coulombe.




Renseignements :

Renseignements: Jack Roy, Attaché de presse, Cabinet du ministre de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, (418) 380-2525

Profil de l'entreprise

GUY COULOMBE

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