Au lendemain du 1er juillet, le FRAPRU voit des signes inquiétants pour l'avenir



    MONTREAL, le 2 juill. /CNW Telbec/ - Au lendemain du 1er juillet, le
Front d'action populaire en réaménagement urbain constate que la situation
demeure très tendue dans plusieurs régions, en particulier en Abitibi et en
Outaouais. Le FRAPRU voit par ailleurs des signes inquiétants pour l'avenir,
si le gouvernement québécois n'augmente pas ses investissements en logement
social et ne prend pas les moyens pour protéger plus adéquatement le parc de
logements locatifs à Montréal.
    Selon le FRAPRU, au moins 140 ménages font toujours l'objet d'un suivi de
la part des autorités municipales ou d'organismes communautaires, parce qu'ils
ne sont pas encore parvenus à louer un logement. C'est la région de l'Abitibi
qui est en proportion la plus durement touchée, avec une vingtaine de ménages
qui ne sont toujours pas parvenus à louer un logement à Rouyn-Noranda et une
douzaine à Val d'Or. A Gatineau, 39 familles, couples sans enfants et
personnes seules reçoivent toujours l'assistance d'un organisme communautaire,
les OEuvres Isidore-Ostiguy.
    En ce qui a trait à Montréal, le FRAPRU considère que la situation est
stable par rapport à 2007. Depuis l'ouverture officielle de la ligne d'urgence
(514-868-4002), le 16 juin, 95 ménages ont fait l'objet d'un suivi de la part
du service de l'Office municipal d'habitation, dont 64 qui n'ont toujours pas
trouvé de logement. Parmi ces derniers, 27 sont hébergés par la Ville de
Montréal et les autres chez des parents, des amis ou dans des abris de
fortune. Marie-José Corriveau, organisatrice du FRAPRU, admet que la situation
s'est améliorée par rapport aux années 2002, 2003 ou 2004. Elle s'inquiète
toutefois du très faible nombre de ménages, soit 6, qui ont été jusqu'ici
déclarés admissibles à un supplément au loyer d'urgence, cette aide financière
indispensable pour qu'ils aient accès aux logements toujours vacants, mais
dont le loyer est trop élevé par rapport à leurs moyens. Elle pense que les
critères très restrictifs adoptés encore cette année par le gouvernement
québécois sont à l'origine de ce problème.
    A Québec, une vingtaine de ménages ont frappé à la porte des groupes
communautaires avant le 1er juillet, dont une dizaine qui ne se seraient pas
encore loué un appartement. La Ville s'est doté d'un numéro d'urgence, mais
qui n'a pas du tout été publicisé. D'autres familles et personnes ont été ou
sont encore aidées dans des municipalités comme Sherbrooke, Rimouski, Laval et
Lévis.

    Montréal a perdu plus de 20 000 logements familiaux

    Le FRAPRU s'inquiète par ailleurs de deux phénomènes récents qui
pourraient avoir des conséquences pour les années à venir.
    Le premier est la diminution marquée du nombre de logements locatifs
recensés annuellement par la Société canadienne d'hypothèques et de logement
sur l'île de Montréal. Ce nombre qui était en progression constante jusqu'en
2003 a chuté dramatiquement au cours des quatre dernières années, passant de
376 970 à 367 888, pour une perte nette de 9082 appartements. C'est
essentiellement du côté des logements suffisamment grands pour des familles
que les pertes ont été enregistrées. Leur nombre a en effet diminué de pas
moins de 20 944 depuis 2003. En contrepartie, le nombre de plus petits
logements (studios et logements d'une chambre à coucher) a augmenté de 11 862.
    Le FRAPRU estime que de nombreuses raisons peuvent expliquer ce
phénomène, dont la forte progression de l'accès à la propriété et de la
location de courte durée, ainsi que le contournement des restrictions sur la
conversion de logements locatifs en copropriétés. Une voie de contournement
utilisée à large échelle ces toutes dernières années s'appelle la titrisation
ou, en d'autres mots, l'achat d'actions permettant d'acquérir le droit d'usage
exclusif sur un appartement.

    La pénurie s'aggrave dans les logements familiaux

    Le FRAPRU s'alarme également de la chute à l'échelle du Québec du taux de
logements inoccupés dans le cas des logements familiaux de trois chambres à
coucher et plus. Ce taux est passé de 1,9 % à 1,2 % depuis octobre 2006. C'est
très loin du taux d'équilibre qui est de 3 %. Si la rareté continuait à
s'accroître, l'organisme estime qu'un nombre beaucoup plus important de
familles pourrait se retrouver en difficulté que ce fut le cas, cette année.
    Le FRAPRU estime que la rareté est encore plus flagrante dans le cas des
logements familiaux à plus bas loyer. Ainsi, selon une étude récente de la
Communauté métropolitaine de Montréal, le taux de logements inoccupés est plus
bas dans le cas des logements familiaux à loyer faible ou intermédiaire que
dans ceux à loyer supérieur. A Laval par exemple, le taux de vacance des
logements de trois chambres à coucher et plus était de 0,5 % dans le cas des
logements à faible loyer à l'automne 2007, alors qu'il s'élevait à 4 % dans
ceux à loyer supérieur. Sur l'île de Montréal, le taux de vacance du même type
de logements était de 0,7 % dans le cas des logements à loyer intermédiaire,
alors qu'il atteignait 2,7 % dans les logements à loyer supérieur.
    Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, estime que "le
gouvernement québécois doit regarder au-delà du nombre de ménages aidés autour
du 1er juillet et prendre dès maintenant les moyens d'éviter une nouvelle
détérioration de la situation et ça, ça veut dire financer plus de logements
sociaux, principalement pour les familles, partout au Québec, mais aussi
réviser la loi pour protéger plus efficacement le parc actuel de logements
locatifs".




Renseignements :

Renseignements: François Saillant, (514) 919-2843 (cellulaire), (514)
522-1010; Marie-José Corriveau (514) 386-1040, (cellulaire), (514) 522-1010

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Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

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