Assemblée clinique annuelle de la SOGC, Ottawa, 21 au 26 juin 2007 - Message des obs.-gyn. aux provinces : Ne retardez pas la vaccination contre le VPH



    OTTAWA, le 20 juin /CNW Telbec/ - La Société des obstétriciens et
gynécologues du Canada (SOGC) exhorte les provinces et les territoires à
procéder rapidement à l'immunisation des filles de 9 à 26 ans contre le virus
du papillome humain (VPH), soit le virus pouvant causer le cancer du col
utérin. Les recommandations de la SOGC en ce sens font partie de la directive
clinique publiée aujourd'hui à Ottawa sur le diagnostic, la prise en charge et
la prévention du VPH.
    "Aujourd'hui, la décision de reporter à plus tard la mise en oeuvre de
l'immunisation aura pour effet, dans 10 ans, de condamner un plus grand nombre
de jeunes femmes au cancer du col utérin et de leur imposer, sans raison
valable, le fardeau de cette maladie. Et, oui, certaines d'entre elles
décéderont de ce cancer, soit un cancer qui aurait pu être prévenu si
l'immunisation avait été mise en oeuvre comme nous l'exigeons aujourd'hui", a
affirmé le Dr Guylaine Lefebvre, présidente de la Société des obstétriciens et
gynécologues du Canada. "Les gouvernements provinciaux et territoriaux peuvent
faire en sorte d'éviter cette issue tragique en mettant en oeuvre des
programmes d'immunisation dès maintenant. Le problème a déjà été analysé sous
toutes ses facettes; le temps est maintenant venu d'agir."

    Financement de la vaccination anti-VPH

    Le gouvernement fédéral s'est engagé à verser 300 millions de dollars
pour l'immunisation contre le VPH dans le cadre de son budget 2007. Les
provinces et les territoires peuvent obtenir accès, au cours des trois
prochaines années, à une partie de ce financement en fonction de leur nombre
d'habitants. A l'heure actuelle, seules la Nouvelle-Ecosse et
l'Ile-du-Prince-Edouard ont indiqué qu'elles utiliseraient ce fond du
gouvernement fédéral cette année. Au début du mois de juin, l'Alberta a
annoncé qu'elle ne lancerait pas de programme de vaccination anti-VPH avant la
fin 2008. Les autres provinces et territoires n'ont pas encore manifesté leurs
intentions.
    Les Canadiennes peuvent maintenant se procurer le vaccin sur ordonnance.
La vaccination anti-VPH nécessite trois injections en six mois, ce qui revient
à un total d'environ 400 $. Cependant, les femmes qui courent le plus de
risques de présenter un cancer du col utérin (puisqu'elles n'ont pas accès à
un dépistage régulier par test de Pap) ne bénéficieront pas de l'arrivée sur
le marché du vaccin tant et aussi longtemps que ce dernier ne sera pas offert
par l'intermédiaire d'un programme financé par l'Etat. Nous nous préoccupons
particulièrement du sort des immigrantes, des femmes autochtones et des femmes
à faible revenu, ainsi que de celui des femmes issues des populations rurales.
"Ces groupes courant des risques élevés seront laissés pour compte tant et
aussi longtemps que l'Etat ne financera pas le programme de vaccination", a
affirmé le Dr Lefebvre.

    Le fardeau de la maladie

    Près de 1 350 femmes recevront un diagnostic de cancer du col utérin
cette année; 400 autres en mourront. Des milliers d'autres femmes recevront un
diagnostic de lésions précancéreuses ou des résultats de frottis de Pap
anormaux, ou encore présenteront des verrues génitales (un autre résultat
possible de l'infection au VPH). Un nouveau vaccin est en mesure de prévenir
les types 16 et 18 du VPH, responsables d'environ 70 % des cancers du col
utérin, ainsi que les types 6 et 11, lesquels sont à l'origine de 90 % des
verrues génitales. "La vaccination anti-VPH présente le potentiel de
grandement réduire les effets considérablement négatifs de l'infection au VPH
pour des milliers de femmes et leur famille; cependant, pour y parvenir, elle
se doit d'être offerte à tous", a affirmé le Dr Lefebvre.

    Une directive clinique nationale sur le diagnostic, la prise en charge et
    la prévention du VPH

    L'appel en faveur d'un programme d'immunisation financé par les provinces
se fait entendre au moment même où la SOGC publie une directive clinique
nationale sur le VPH. Rédigée par la SOGC, en collaboration avec six
organisations nationales du domaine de la santé, cette directive clinique
exhaustive résulte d'une analyse approfondie des données scientifiques portant
sur la prise en charge et la prévention du VPH. Elle formule également, à
l'intention des professionnels de la santé, des recommandations claires quant
à l'utilisation du vaccin anti-VPH.
    De surcroît, cette directive clinique souligne l'importance du dépistage
régulier du cancer du col utérin pour toutes les femmes, y compris celles qui
ont déjà été vaccinées. Une autre des recommandations clés publiées
aujourd'hui exhorte les provinces et les territoires à mettre sur pied, dans
le cadre de programmes d'immunisation contre le VPH, des registres de tests de
Pap visant le dépistage du cancer du col utérin. De tels registres
permettraient d'améliorer le recrutement et le rappel des femmes en ce qui
concerne le dépistage, en plus d'améliorer le suivi des femmes ayant obtenu
des résultats de test de Pap anormaux.
    "Bien que les vaccins visant à prévenir le VPH constituent une percée
importante dans le domaine de la prévention du cancer, ils n'abolissent en
rien la nécessité de procéder régulièrement au dépistage par test de Pap", a
affirmé le Dr Lefebvre. "Les femmes et les filles doivent se le tenir pour
dit : il ne s'agit pas d'un choix entre le vaccin ou les tests de Pap, mais
bien de la nécessité d'avoir accès aux deux."
    La probabilité qu'une femme présente un cancer du col utérin connaît une
hausse spectaculaire si elle ne se prête pas régulièrement au dépistage par
test de Pap. Au Canada, les programmes de dépistage ont permis de réduire de
moitié le nombre de cas de cancer du col utérin au cours des 30 dernières
années; de plus, le taux de mortalité a également chuté d'environ 60 pour
cent. "Le vaccin nous aidera à parvenir enfin à l'éradication de cette
terrible maladie au Canada", a affirmé le Dr Lefebvre.

    Recommandations clés de la directive clinique :

    
    - Les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada devraient
      mettre en oeuvre un système de dépistage du cancer du col utérin
selon
      une approche en population générale et financé par l'Etat, et ce, afin
      de passer du dépistage opportuniste au dépistage organisé.

    - Une base de données sur la vaccination anti-VPH devrait être intégrée à
      une base de données sur le dépistage du cancer du col utérin, afin
      d'assurer l'évaluation de l'utilité de la vaccination au niveau de la
      population.

    - Les programmes de dépistage du cancer du col utérin devraient être axés
      sur la mise en oeuvre de stratégies novatrices et efficaces visant à
      accroître le recrutement des femmes au sein des populations qui
      présentent de faibles taux de dépistage, comme les groupes autochtones,
      les femmes âgées, les nouveaux arrivants au Canada et les femmes
      marginalisées.

    - Un plus grand nombre de recherches devraient être menées afin de mieux
      caractériser l'immunité naturelle et acquise à la suite de l'infection
      au VPH et de la vaccination anti-VPH, ainsi qu'afin de réviser les
      stratégies de dépistage de façon à les axer sur l'identification des
      femmes présentant une infection persistante.

    - L'abandon du tabagisme devrait être fortement recommandé aux femmes qui
      présentent une infection au VPH ou quelque stade que ce soit d'une
      maladie connexe.

    - La vaccination anti-VPH (visant les types 16 et 18 du VPH, lesquels
      sont associés à des risques élevés) est recommandée aux femmes de 9 à
      26 ans aux fins de la prévention du cancer du col utérin.

    Partenaires :

    La nouvelle directive clinique sur l'immunisation contre le VPH a été
rédigée par la SOGC, en collaboration avec :

    - Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie Canada
      (AMMI Canada)
    - Association canadienne de dermatologie (ACD)
    - Comité canadien sur l'obstétrique-gynécologie pédiatrique et de
      l'adolescence (CANPAGO)
    - Société canadienne de pédiatrie
    - Collège des médecins de famille du Canada (CMFC)
    - Santé Canada
    - Société canadienne des colposcopistes (SCC)
    - Société des gynécologues oncologues du Canada (GOC)
    

    A propos du VPH

    Le virus du papillome humain est un virus transmissible sexuellement qui
est fortement contagieux. Puisqu'il est transmis par le contact de la peau
dans le cadre de relations sexuelles, ce virus peut affecter quiconque ayant
déjà eu une relation sexuelle, même sans pénétration. Puisque le VPH n'est
souvent accompagné d'aucun symptôme, il est possible d'en être atteint sans le
savoir.
    Le VPH est la principale cause de cancer du col utérin et de l'anus chez
les femmes; il est facilement transmis par le contact de la peau dans le cadre
de relations sexuelles. Bien que l'utilisation de condoms constitue une bonne
stratégie de protection, elle n'assure pas une protection intégrale contre la
transmission du VPH, puisqu'il est possible que la région infectée ne soit pas
entièrement couverte par le condom.
    Le VPH est très répandu : bien que plus de 80 types de VPH aient été
identifiés de façon fiable, les chercheurs estiment qu'il est probable qu'il
en existe plus de 200. La plupart du temps, le VPH disparaît de lui-même.
Toutefois, certains types de VPH peuvent causer des verrues cutanées et
plantaires (verrues apparaissant sur la plante des pieds) banales, tandis que
plus de 30 autres types de VPH peuvent affecter le tractus anogénital (région
située entre l'anus et les organes génitaux).
    Les souches de VPH sont classées selon le risque de causer le cancer et
des verrues qui leur est associé. Les souches de VPH associées à un risque
élevé (telles que les types 16 et 18) peuvent causer des lésions
précancéreuses, le cancer du col utérin, ainsi que des cancers affectant la
vulve, le vagin et d'autres organes génitaux. Les souches de VPH associées à
un faible risque (telles que les types 6 et 11) peuvent causer l'apparition de
verrues anales et génitales, ainsi que contribuer à l'obtention de résultats
anormaux dans le cadre du test de Pap et à la présence d'une papillomatose
respiratoire récurrente.
    Pour plus de renseignements sur le VPH et le cancer du col utérin,
consultez les sites suivants :

    Société des obstétriciens et gynécologues du Canada - Info VPH
    www.infovph.ca

    Santé Canada, Votre santé et vous - VPH
    http://www.hc-sc.gc.ca/iyh-vsv/diseases-maladies/hpv-vph_f.html

    Center for Disease Control - STD Facts - HPV (E.-U., en anglais
    seulement)
    http://www.cdc.gov/std/HPV/STDFact-HPV.htm

    Société canadienne du cancer - Encyclopédie canadienne du cancer
    http://info.cancer.ca/F/CCE/cceexplorer.asp

    A propos de la SOGC

    La SOGC est l'une des plus anciennes organisations nationales de
spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir
l'excellence dans la pratique de l'obstétrique-gynécologie et la santé des
femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de
contact et l'éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des
omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels
paramédicaux oeuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Pour
plus de renseignements, consultez le site Web www.sogc.org.




Renseignements :

Renseignements: Ou pour organiser des entrevues sur ces sujets ou
d'autres sujets liés à la santé des femmes: Andrée Paige, (613) 745-2312,
Cell.: (613) 863-1828

Profil de l'entreprise

Société des obstétriciens et gynécologues du Canada

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.