Arménie - Médias bloqués, sites inacessibles: "L'état d'urgence doit être levé" selon Reporters sans frontières



    MONTREAL, le 5 mars /CNW Telbec/ - "L'instauration de l'état d'urgence à
Erevan pèse lourdement sur l'activité des médias. Cette décision autoritaire
est de nature à renforcer le sentiment d'une partie de la population quant à
l'absence de réelle liberté d'expression dans le pays. Nous appelons les
autorités à lever l'état d'urgence pour permettre la reprise d'une activité
normale des médias et à enquêter sur les conditions dans lesquelles la force a
été utilisée lors des affrontements qui ont fait huit morts et plus de
130 blessés", a déclaré Reporters sans frontières.
    Selon les informations recueillies par l'organisation, en plus des
restrictions prévues par l'état d'urgence - tous les médias sont tenus, dans
leur couverture de la situation intérieure, de ne diffuser que les
informations officielles - plusieurs sites d'informations sont devenus
inaccessibles. Leur provider, Arminco Ltd, sur décision des services de
sécurité, ne permet plus leur consultation. Il s'agit notamment du site de
l'agence A1+ (www.a1plus.am), du journal d'opposition Haykakan Jamanak.
(www.azatutyun.am), mais aussi de celui du quotidien Aravot (www.aravot.am).
Les programmes de Radio Free Europe, seule radio étrangère émettant en
arménien, ont été remplacés par de la musique et le site de la station est
également inaccessible.
    Quelques quotidiens favorables au gouvernement ont continué de paraître.
Il s'agit de Azg, Hayastani Hanrapetutyun et Hayots Ashxar. L'un des titres
les plus populaires, Aravot, était absent des kiosques, le 4 mars. Il avait
déjà envoyé sa maquette à l'imprimerie pour publication, quand celle-ci a été
interdite par les services de sécurité. En signe de protestation, la rédaction
a décidé de n'imprimer que des pages blanches. Ce geste de défiance a
également été empêché. D'autres titres tels que Haykakan Jamanak et 168 Zham,
n'ont pas non plus été publiés.
    A Gyumri, deuxième ville du pays (125 kms au nord d'Erevan), une plainte
a été déposée contre Levon Barseghyan, président du club des journalistes
"Asparez". Il est accusé d'avoir organisé des rassemblements illégaux, ce
qu'il a démenti. Ses déclarations sont appuyées par plusieurs témoins. Son
procès devrait débuter dans les prochains jours.
    Dans cette même ville, au moins trois journalistes ont eu maille à partir
avec la police. Satenik Vantsyan correspondante de Radio Free Europe, a reçu
des coups de la part de policiers. Nune Arevshatyan, de Aravot, a été malmenée
par les forces de l'ordre et privée de son appareil photo. Le 2 mars, Armine
Vardanyan, de la télévision locale Gala TV, a été interpellée pendant qu'elle
tournait un reportage et son matériel, comprenant les images tournées juste
avant son arrestation, lui a été confisqué.
    De nombreux professionnels des médias dénoncent la directive qui interdit
la diffusion d'information non officielle tant la définition en est imprécise.
Tout cela complique leur activité. De ce fait, lorsque les journalistes
interviewent, par exemple, des membres du gouvernement, ils se trouvent dans
l'incapacité de savoir si cette information est publiable ou non.
    Les chaînes de télévision sont particulièrement surveillées. Les
reportages et les informations consacrés à l'actualité nationale diffusés sont
en fait transmis par les officiers de presse de la police. Il en résulte une
uniformité des images, mais aussi des analyses et des commentaires.
    Le 1er mars 2008, à la suite d'affrontements à Erevan entre les forces de
l'ordre et les manifestants contestant le résultat de la récente élection
présidentielle, le président de la République, Robert Kotcharian, a signé un
décret instaurant l'état d'urgence dans la capitale pour vingt jours.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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