Après les excuses du premier ministre Harper - Les Premières Nations du Québec demandent des gestes concrets



    MONTREAL, le 11 juin /CNW Telbec/ - Les Chefs des Premières Nations du
Québec et du Labrador, réunis en Assemblée régulière à Montréal, ont pris acte
des excuses prononcées par le premier ministre du Canada, Stephen Harper, pour
les torts causés aux victimes des écoles résidentielles, communément appelés
"pensionnats indiens". Après une minute de silence observée pour l'ensemble
des familles et communautés touchées, le Chef de l'Assemblée des Premières
Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a lu une
déclaration officielle.
    "Si le gouvernement n'adopte pas des mesures concrètes, principalement
envers nos jeunes, ses excuses n'auront aucun sens", a déclaré le Chef Picard,
accompagné de plusieurs autres Chefs ayant fréquenté les pensionnats.
    "Les victimes des pensionnats ne sont pas seulement celles qui y ont
vécu. Beaucoup de personnes ont souffert et souffrent encore même si elles
n'ont jamais fréquenté ces endroits. La douleur, la haine, la colère et
l'incompréhension se transfèrent d'une génération à l'autre", a aussi déclaré
le Chef Picard.

    A propos de l'APNQL

    L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador est
l'organisme régional qui regroupe les Chefs des Premières Nations du Québec et
du Labrador.

    Une copie de la Déclaration de l'APNQL est disponible à :
    www.apnql-afnql.com


    EXCUSES DU PREMIER MINISTRE POUR LES TORTS CAUSES PAR LES PENSIONNATS
    INDIENS

    DECLARATION DE L'APNQL

    11 juin 2008

    Aujourd'hui, le Premier ministre du Canada a présenté ses excuses aux
survivants des pensionnats indiens en raison des abus que ceux-ci ont subis.
Ces abus sont bien connus et méritent certainement des excuses du gouvernement
canadien.
    Plus de 15 000 personnes des Premières Nations du Québec ont connu cette
période tragique, ont été arrachées de leur famille dès l'âge de 7 ans, pour
être transportées dans un pensionnat, où elles devaient rester dix mois par
année. L'objectif, clair et avoué, était d'assimiler le jeune autochtone à la
société canadienne. La méthode était catégorique et cruelle. Les punitions
physiques étaient fréquentes et atteignaient souvent des proportions
inacceptables. Plusieurs y ont même perdu la vie.
    Rapidement, les autorités des pensionnats ont réussi à instaurer chez ces
enfants la honte d'être issus d'une Première Nation, d'être ce qu'ils sont.
Leurs parents ont aussi développé la honte et le désarroi.
    Les pensionnats ont laissé des traces importantes. Ses effets
dévastateurs sont perceptibles dans plusieurs communautés.
    Les victimes des pensionnats ne sont donc pas seulement celles qui y ont
vécu. Beaucoup de personnes ont souffert et souffrent encore même si elles
n'ont jamais fréquenté ces endroits. La douleur, la haine, la colère et
l'incompréhension se transfèrent d'une génération à l'autre.
    Est-il besoin de rappeler que les pensionnats font partie d'une stratégie
globale d'assimilation, dont la pièce maîtresse est la Loi sur les Indiens,
une loi toujours en vigueur aujourd'hui? Les valeurs derrière le système des
pensionnats sont encore présentes aujourd'hui dans les actions du gouvernement
canadien qui tente, depuis tout ce temps, de contrôler toutes les facettes de
notre mode de vie, de la naissance à la mort, en passant par l'éducation.
    Les Premières Nations du Québec et du Labrador se demandent comment le
premier ministre peut s'excuser pour le scandale des pensionnats tout en
ignorant totalement les situations de crise qui existent en ce moment même, et
qui relèvent de la même politique ayant justifié la création des pensionnats.
    Comment justifier, par exemple, le sous-financement chronique de
l'éducation des Premières Nations, la clef de l'avenir de notre jeunesse?
Comment justifier le sous-financement de nos services sociaux? Comment peut-on
ignorer le grand nombre d'enfants qui sont placés hors de leur communauté
parce qu'il n'existe aucun service de prévention au sein des communautés? Nos
communautés souffrent de problèmes importants, ayant un lien direct avec le
scandale des pensionnats. Pourtant, le gouvernement ne fournit pas les
ressources utiles pour contrer la situation de crise. Il refuse toujours de
verser à nos communautés des sommes comparables au reste de la population.
Tandis que le Canada occupe le 4e rang selon l'Indice de développement humain,
nos Premières Nations se situent au 68e rang.
    Est-ce que le premier ministre s'excuse aussi pour cette situation?
    Surtout, nous invitons aujourd'hui le gouvernement canadien à passer de
la parole aux actes.
    Si le gouvernement n'adopte pas des mesures concrètes, principalement
envers nos jeunes, ses excuses n'auront aucun sens.




Renseignements :

Renseignements: Alain Garon, agent d'information et des communications,
APNQL, (418) 842-5020, Cell.: (418) 956-5720


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