Annonce des Statistiques canadiennes sur le cancer 2009 par la Société canadienne du cancer



    
       Le cancer en hausse à cause du vieillissement de la population

       Un espoir : l'incidence et la mortalité par cancer sont stables
                                 ou en baisse
    

    MONTREAL, le 16 avr. /CNW Telbec/ - Première cause de mortalité au
Québec, le cancer continue de progresser partout au pays. Les nouvelles
statistiques canadiennes sur le cancer estiment qu'en 2009, au Québec, il y
aura 44 200 nouveaux cas de cancer (171 000 au Canada) et 20 100 décès
attribuables à cette maladie (75 300 au Canada).

    
    Faits saillants : Statistiques canadiennes sur le cancer 2009

    - Le taux de survie relative à 5 ans pour tous les cancers confondus
      s'élève à 62 % - ce qui représente une amélioration de 4,5 % par
      rapport à la période écoulée de 1992 à 1994.
    - Environ 40 % des femmes canadiennes et 45 pour cent des hommes
      canadiens contracteront le cancer au cours de leur vie.
    - Environ 24 % des femmes et 29 % des hommes, soit environ 1 Canadien sur
      4 mourront du cancer.
    - Les taux d'incidence et de mortalité pour la plupart des cancers sont
      stables ou ont chuté au cours de la dernière décennie. Ceci signifie
      que le risque personnel que court un individu de contracter le cancer
      demeure stable. Toutefois, le nombre de nouveaux cas de cancer et de
      décès attribuables au cancer connaît une croissance soutenue compte
      tenu que la population canadienne augmente et prend de l'âge(1).
    - Le cancer est une maladie qui frappe surtout les Canadiens âgés de
      50 ans et plus. Les estimations pour 2009 montrent que 150 050 nouveaux
      cas (88 %) et 71 230 décès dus au cancer (95 %) surviendront au sein de
      la population canadienne âgée de 50 ans et plus (34 % de la population
      au Canada).

    Thématique spéciale : le cancer chez les jeunes adultes

    Par ailleurs, selon le volet spécial du livret des Statistiques
canadiennes sur le cancer 2009 publiées aujourd'hui par la Société canadienne
du cancer (SCC), plus de jeunes gens survivent eux aussi à un cancer. Par
contre on observe un besoin grandissant de faire plus pour mieux épauler ces
jeunes patients aux prises avec des difficultés qui leur sont propres.
    "Le cancer est une maladie dévastatrice pour quiconque, mais il peut se
révéler particulièrement difficile pour une jeune personne, a affirmé Dr
Gilles Pineau, conseiller scientifique de la Société canadienne du cancer,
Division du Québec. Ces jeunes gens fréquentent l'école secondaire ou
l'université, entreprennent une carrière ou élèvent une famille. Ils
s'attendent à tout sauf à être touchés par le cancer à cette étape de leur
vie."
    Chaque année, environ 538 jeunes Québécois (2 075 Canada) âgés de 15 à 29
ans reçoivent un diagnostic de cancer, et environ 60 n'y survivront pas (326
au Canada)(2). Dans ce groupe d'âge, la survie à 5 ans atteint 85 %, ce qui
représente une augmentation de 5 % comparativement à la période de 1992 à
1995(3).
    Pour la SCC, l'augmentation du nombre de survivants constitue une bonne
nouvelle, mais il existe un besoin pour plus d'information au sujet du cancer
dans ce groupe d'âge et des difficultés uniques que ces jeunes patients
doivent surmonter si on veut faire davantage pour eux.
    "Le nombre relativement faible de jeunes gens atteints du cancer tend à
faire oublier les répercussions incommensurables de cette maladie tant chez
ceux-ci que chez les membres de leur famille et au sein de la société, a
déclaré Dr Mark Karanofsky, ominipraticien pour le Programme d'oncologie pour
adolescents et jeunes adultes affilié à l'Université McGill. La dernière chose
à laquelle une jeune personne s'attend, c'est de se trouver devant une maladie
dévastatrice qui peut l'atteindre à la fois physiquement et émotionnellement
pendant plusieurs années."

    Des défis uniques

    Voici certains des défis psychosociaux que doivent relever les jeunes gens
atteints du cancer :

    - vivre avec les changements physiques provoqués par les effets
      secondaires du traitement, soit la chute des cheveux, l'acné, la prise
      de poids et les répercussions au chapitre de la sexualité et de la
      fertilité;
    - éprouver un sentiment d'isolement et d'incapacité à obtenir un soutien
      émotionnel de leurs pairs;
    - se sentir dépassé lorsqu'il s'agit de naviguer dans un monde de cancers
      qui n'est pas conçu pour des jeunes personnes.

    Les autres enjeux particuliers comprennent :

    - des diagnostics tardifs parce que bien des jeunes se sentent
      invincibles et ils tardent à solliciter de l'aide médicale; des
      professionnels de la santé qui pourraient être moins familiers avec les
      symptômes du cancer chez les jeunes gens et qui pourraient ne pas
      songer à établir un diagnostic de cancer;
    - une réponse différente au traitement mis en oeuvre pour d'autres
groupes
      d'âge;
    - à cet âge, ils peuvent être aussi touchés par des cancers pédiatriques
      (leucémie) ou pour adultes (comme le sein);
    - une participation plus faible des jeunes aux essais cliniques, ce qui
      fait que les progrès au chapitre de la survie sont plus lents (environ
      10 à 20 % des adolescents plus âgés prennent part aux essais cliniques
      alors que 80 % des enfants y participent);
    - des protocoles pour le traitement des cancers chez l'enfant différents
      de ceux réservés aux adultes, alors que les adolescents et les jeunes
      adultes se situent entre ces deux groupes d'âge;
    - la possibilité limitée de faire de la prévention, car actuellement, les
      connaissances sont restreintes sur les facteurs de risque des cancers
      les plus répandus chez les jeunes;
    - la possibilité d'éprouver des problèmes de santé (nommés séquelles),
      provoqués par le cancer ou par le traitement.

    Implications et recommandations

    Pour mieux satisfaire les besoins des jeunes gens atteints du cancer,
certaines recommandations ont déjà été formulées(4) :

    - augmenter la sensibilisation au cancer parmi les jeunes gens et les
      professionnels de la santé;
    - améliorer le financement de la recherche, de même que les programmes et
      les services de soutien offerts aux jeunes atteints du cancer;
    - mettre au point des lignes directrices de la pratique clinique pour
      toutes les étapes du traitement contre le cancer pour ce groupe d'âge,
      y compris le suivi à long terme.

    Lutte au cancer : les enjeux

    Selon la SCC, divers enjeux et actions sont nécessaires à court et moyen
terme pour lutter contre le cancer :

    - La lutte continue contre le tabac (responsable de 30 % de tous les cas
      de cancer et de 85 % des cas de cancer du poumon). Cette année, il y
      aura 6 500 décès liés au cancer du poumon au Québec : 2 800 femmes et
      3 700 hommes, soit 31,5 % de tous les décès liés au cancer du poumon au
      pays (20 600 décès au Canada : 9 400 femmes et 11 200 hommes). Le poids
      démographique du QC est de 23 %. Il y a 1,1 million de Québécois qui
      fument (19 % de la population âgée de 15 ans et plus)(5).
      - La SCC milite en faveur de lois visant à abolir toute forme de
        publicité des produits du tabac auprès des jeunes. La SCC appuie donc
        sans réserve les efforts de la Coalition québécoise pour le contrôle
        du tabac qui exige du gouvernement l'interdiction de la publicité de
        tabac.
      - La SCC souhaite aussi une loi provinciale qui permettrait
        l'interdiction des saveurs dans les produits du tabac, notamment dans
        les cigarillos aromatisés (les sondages démontrent désormais que les
        élèves du secondaire fument surtout des cigares et des cigarillos).
        Ces petits cigares aromatisés aux saveurs de bonbons et de fruits
        vendus à l'unité constituent une menace réelle pour la santé des
        jeunes, car malgré les fausses perceptions, les cigarillos sont aussi
        dangereux que les cigarettes. La fumée des cigarillos dégage autant
        sinon plus de nicotine et significativement plus de goudron que la
        fumée de cigarette.
      - D'autre part, la SCC et ses 20 000 bénévoles québécois s'inquiètent
        du phénomène croissant du commerce illégal de tabac et elle demande
        l'intervention musclée des gouvernements pour stopper cette plaie
        sociale. L'accessibilité à du tabac illégal à rabais menace
        grandement le contrôle du tabagisme et la santé publique. En raison
        de leur prix modique, les produits de contrebande encouragent
        l'adoption du tabagisme, surtout chez les jeunes adultes, et
        dissuadent les fumeurs de cesser de fumer.
    - La SCC demande l'instauration imminente d'un programme organisé pour le
      dépistage du cancer colorectal. En fait, c'est un domaine où le Québec
      doit accélérer le pas. Le ministère de la Santé et des Services sociaux
      tarde à faire l'annonce d'un programme de dépistage organisé pour le
      cancer colorectal - au Québec, 2e cause de décès par cancer chez les
      hommes, 3e chez les femmes. La SCC s'inquiète de cette situation car
      une majorité de provinces canadiennes ont déjà lancé ou amorcé des
      initiatives en ce sens(6).
    - La SCC travaille activement pour inciter plus de Québécoises âgées de
      50 à 69 ans à participer au Programme québécois de dépistage du cancer
      du sein. Actuellement seulement 54 % des Québécoises de cet âge
      participent officiellement au programme(7).
    - Fichier des tumeurs du Québec : à titre d'organisme qui collabore
      annuellement à la compilation des Statistiques canadiennes sur le
      cancer, la SCC est d'avis qu'un registre central de cancer est un
      instrument essentiel de tout programme national de lutte contre le
      cancer. La SCC appuie l'implantation d'un Registre québécois du cancer
      (RQC) qui dotera le ministère de la Santé et des Services sociaux d'un
      système en lien avec les normes établies dans les autres provinces
      canadiennes. La SCC estime que faire migrer l'actuel Fichier des
      tumeurs en un véritable Registre québécois de cancer - où seront
      déclarés tous les cas de cancer de la province et où on ajoutera des
      variables supplémentaires sur le stade des cancers - permettra une
      meilleure analyse statistique et permettra d'améliorer les soins et
      services en cancer.

    "La SCC mise aussi beaucoup sur la prévention et le dépistage précoce car
ils constituent de précieux outils pour renverser l'accroissement de
l'incidence du cancer. Si nous arrivons à motiver plus de gens à changer
certains comportements - surtout les baby-boomers - le cancer finira par
toucher de moins en moins de Québécoises et de Québécois(8)", a déclaré Mme
Suzanne Dubois, directrice générale de la Société canadienne du cancer,
Division du Québec.
    "Le Québec a plusieurs défis en matière de santé à relever qui nécessitent
de multiples ressources financières. Mais on ne peut ignorer la réalité :
uniquement cette année, 44 000 de nos concitoyens - proches, amis et collègues
- apprendront qu'ils sont atteints d'un cancer. Une annonce qui changera
radicalement leur vie et leur quotidien mais aussi ceux de leurs proches. Pour
la SCC, il est primordial que la société québécoise se dote d'un plan national
de mobilisation contre le cancer afin de répondre aux besoins des patients, de
leurs proches et des professionnels qui prennent en charge les personnes
atteintes de cette maladie", a conclu Mme Dubois.
    Le rapport des Statistiques canadiennes sur le cancer 2009 est préparé,
imprimé et distribué grâce à la collaboration de la Société canadienne du
cancer, de l'Agence de la santé publique du Canada, de Statistique Canada, des
registres du cancer provinciaux et territoriaux, de même que de chercheurs du
milieu universitaire et du milieu des agences du cancer provinciales et
territoriales.

    La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à
caractère communautaire, dont la mission est l'éradication du cancer et
l'amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour
en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre
Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888
939-3333.

    - Pour plus de renseignements sur les Statistiques canadiennes sur le
      cancer 2009, visitez le site Web de la Société au www.cancer.ca.

    ---------------------
    (1) L'âge médian au Québec est actuellement d'environ 41,5 ans, il était
        de 27 ans en 1975 et les démographes estiment qu'il sera de 49 ans
        d'ici 2050.
    (2) Les chiffres pour le Québec sont ceux de 2006 pour les nouveaux cas
        et de 2004 pour les décès. La moyenne canadienne est basée sur les
        années 1992 à 2005 pour les nouveaux cas et 1991 à 2004 pour les
        décès.
    (3) Les lymphomes constituent le type de cancer le plus fréquemment
        diagnostiqué chez les deux sexes, de même que le cancer de la
        thyroide chez les femmes et le cancer du testicule chez les hommes.
        La leucémie fauche le plus de vie chez les deux sexes.
    (4) Ces recommandations émanent d'un rapport canadien majeur publié en
        2006 sur le cancer chez les jeunes adultes (âgés de 20 à 44 ans)
        ainsi que des rapports du National Cancer Institute des E.-U. et du
        programme Surveillance, Epidemiology and End Results.
    (5) Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC),
        1ère phase 2008.
    (6) Plus de 90 % des cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chez des
        Canadiens de plus de 50 ans. Les données scientifiques estiment aussi
        qu'on pourrait enregistrer une réduction d'environ 17 % du nombre de
        décès par cancer colorectal si 70 % des Canadiens de 50 à 74 ans
        passaient un test de recherche de sang occulte dans les selles tous
        les deux ans.
    (7) On estime que l'on pourrait réduire jusqu'à 25 % le nombre de décès
        par cancer du sein si 70 % des Canadiennes de 50 à 69 ans passaient
        une mammographie préventive tous les 2 ans.
    (8) Les recherches montrent que l'on pourrait prévenir de 30 % à 35 % des
        cas de cancer par l'activité physique, la saine alimentation et le
        maintien d'un poids santé.
    




Renseignements :

Renseignements: André Beaulieu, porte-parole et conseiller principal,
Relations publiques, Société canadienne du cancer, Division du Québec, (514)
393-3444, abeaulieu@quebec.cancer.ca


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